
Natif de Saint-Coeur-de-Marie, cet avocat participe à la Commission Cliche (1974-1975), chargée d'enquêter sur la violence et la corruption dans l'industrie de la construction au Québec, et représente le gouvernement dans ses négociations avec les syndicats du secteur public. Nommé ambassadeur du Canada en France par le premier ministre Brian Mulroney, en 1985, il défend avec succès les couleurs du Parti progressiste-conservateur (PCC) lors d'une élection complémentaire et de l'élection générale de 1988. Il occupe les fonctions de Secrétaire d'État, puis de ministre de l'Environnement, avant de démissionner du gouvernement, en 1990, peu de temps avant l'échec final de l'Accord du lac Meech. Avec un groupe de députés nationalistes, il forme le Bloc québécois (BQ), un nouveau parti chargé de défendre les intérêts du Québec à Ottawa. Avec lui à sa tête, le BQ, qui ne présente des candidats qu'au Québec, recueille 54 sièges et forme l'opposition officielle. Une myosite nécrosante force l'amputation de sa jambe gauche, en 1994, ce qui ne l'empêche pas de jouer un rôle de premier plan pour le camp du «Oui» lors de la campagne référendaire de 1995. Il devient premier ministre du Québec en 1996, quelques mois après la démission de Jacques Parizeau. Laissant de côté la question constitutionnelle, il met de l'avant une politique d'austérité qui permet à son gouvernement d'atteindre l'objectif du déficit zéro. Des négociations tendues avec les employés du secteur public et des tiraillements continuels avec Ottawa ponctuent son premier mandat qui se solde par une victoire serrée -aux sièges, mais pas au vote populaire- aux élections de 1998.
En complément: Michel Vastel, Lucien Bouchard : en attendant la suite... , Outremont, Lanctôt Éditeur, 1996, 253 p.
