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Daniel Johnson fils (1944-) Homme politique

Ce fils aîné de l'ex-premier ministre du Québec Daniel Johnson fait d'abord carrière dans le monde des affaires, notamment comme vice-président de Power Corporation. Il entre à l'Assemblée nationale en 1981 sous la bannière libérale et siège sur les banquettes de l'opposition. L'année suivante, il participe à la course au leadership visant à trouver un successeur à Claude Ryan. Il termine troisième, derrière Pierre Paradis et Robert Bourassa qui ramène le Parti libéral (PLQ) au pouvoir en décembre 1985. Daniel Johnson fils est alors nommé ministre de l'Industrie et du Commerce. Il passe ensuite cinq années à la présidence du Conseil du trésor (1988-1993), un des postes les plus en vue du gouvernement, particulièrement pendant la récession économique du début des années 1990. Lorsque la maladie entraîne le départ de Robert Bourassa, il est choisi sans opposition pour lui succéder en janvier 1994. Il devient ainsi le troisième membre de sa famille, après son père Daniel et son frère Pierre Marc, à occuper le poste de premier ministre du Québec. Éprouvé par un difficile contexte économique et une situation budgétaire précaire, il perd les élections générales de 1994 contre le Parti québécois de Jacques Parizeau. Dans l'opposition, il préside le comité pour le Non lors du référendum d'octobre 1995. Sa démission comme chef du PLQ, en 1998, ouvre la porte à la venue de Jean Charest sur la scène provinciale.


En référence: L'Encyclopédie du Canada: édition 2000, Montréal, Stanké, 2000, p. 1321. Jean Cournoyer, La Mémoire du Québec de 1534 à nos jours, Montréal, Stanké, 2001, p. 694.
Compléments biographiques

Né à Montréal, le 24 décembre 1944

Candidat du Parti libéral du Québec élu à l'Assemblée nationale dans Vaudreuil-Soulanges (1981, 1985) et Vaudreuil (1989, 1994)

Candidat défait à la direction du Parti libéral du Québec (15 octobre 1983)

Gouvernement de Robert Bourassa
Vice-président de la Commission du budget et de l'administration (15 mars 1984 - 23 octobre 1985)
Ministre de l'Industrie et du Commerce (12 décembre 1985 - 23 juin 1988)
Leader adjoint du gouvernement (16 décembre 1985 - 17 novembre 1993)
Ministre délégué à l'Administration (23 juin 1988 - 11 octobre 1989)
Ministre délégué à l'Administration et à la Fonction publique (11 octobre 1989 - 11 janvier 1994)
Président du Conseil du trésor (23 juin 1988 - 11 janvier 1994)

Élu chef du Parti libéral du Québec (14 décembre 1993)

Premier ministre du Québec et président du Conseil exécutif (11 janvier - 26 septembre 1994)

Chef de l'opposition officielle (26 septembre 1994 - 12 mai 1998)
Chef du Comité pour le Non lors du référendum sur la souveraineté (30 octobre 1995)

Lorsqu'il devient premier ministre : 49 ans et 18 jours
Lorsqu'il quitte : 49 ans, 9 mois et 2 jours
Il est premier ministre pendant : 8 mois et 15 jours (1994)
Référence : site de l'Assemblée nationale du Québec http://www.assnat.qc.ca/fr/deputes/johnson-(fils)-daniel-3723/biographie.html

Dans les médias

«...En d'autres temps et sous d'autres auspices, Daniel Johnson aurait pu être le bon chef pour le Parti libéral du Québec. Mais ses aptitudes n'étaient pas celles qu'exigeait la situation piégée où doivent survivre les fédéralistes québécois dont les pires adversaires sont souvent leurs pseudo-alliés à Ottawa, plutôt que le gouvernement souverainiste du Québec. La position de chef du PLQ est intenable et le demeurera, selon toute vraisemblance, pour son successeur. On l'a vu quand il fut brièvement premier ministre, M. Johnson préférait la gestion quotidienne à la définition de stratégies de gouvernement et de développement. Sa constance et sa discipline lui ont mérité de l'honneur dans la défaite électorale de 1994 où il talonna de très près le Parti québécois en nombre de suffrages. Mais son style allait le desservir terriblement dans son rôle de chef de l'opposition. En tous domaines, M. Johnson n'a jamais pu aller plus loin qu'une critique à la petite semaine des politiques gouvernementales, il n'a jamais su formuler de solutions de rechange qui aient quelque ampleur ou crédibilité. »

Lise Bissonnette, « Le moment de M. Johnson », Le Devoir, 3 mars 1998, p. A8.


«...M. Johnson est un homme intelligent et intègre qui, lorsqu'il était ministre, a manifesté de réels talents d'administrateur public. Mais le Québec traverse une période cruciale de son histoire qui exige de ses leaders des qualités et des talents qui sortent de l'ordinaire, et que M. Johnson n'a pas. Le chef du Parti libéral du Québec n'est pas seulement le chef de l'opposition et l'éventuel premier ministre. Il doit également proposer une alternative au courant souverainiste, être capable d'affronter Lucien Bouchard - un politicien immensément populaire - aux prochaines élections, et aussi dans un possible référendum. Cette fonction de rempart contre la souveraineté et de porte-étendard du projet fédéraliste lui donnait une responsabilité historique extrêmement lourde. Plus que des talents de « debater », cela exige la capacité de formuler un discours capable de concilier l'appartenance au Canada et les aspirations québécoises, rassembler les divers courants de la grande famille fédéraliste, des anglophones aux nationalistes, et surtout, proposer un projet d'adhésion à la fédération canadienne capable de mobiliser les Québécois. Bien plus que du charisme, ce qui manquait à Daniel Johnson, c'était une vision cohérente et la capacité de la communiquer. »

Alain Dubuc, « Savoir partir », La Presse, 3 mars 1998, p. B2.


«...Malgré ses erreurs politiques, Daniel Johnson a toujours été un fédéraliste inconditionnel. Il l'a démontré encore hier en parlant à ses « compatriotes du fond du coeur » et en leur réitérant sa conviction qu'ils paient un prix économique très élevé pour leurs querelles. La lecture de son message ne devrait pas s'arrêter là. Sur le même ton, il a réitéré à ses compatriotes du Canada « qu'il y a une tâche à compléter », et « qu'il faut s'y adonner pour permettre à la grande majorité des Québécois de bonne volonté de se joindre aux autres Canadiens pour continuer à bâtir un pays qui assure la liberté et la prospérité ». Ce court testament politique est lourd de signification: la venue d'un leader plus charismatique ou plus acceptable à Ottawa et aux ultra-fédéralistes ne videra pas la question québécoise. Daniel Johnson a eu ses failles. Il était mauvais communicateur. Mais il a également été victime d'une situation politique intenable, alimentée par l'arrogance de ses alliés fédéraux et l'incapacité de ses amis canadiens de s'entendre sur l'avenir de ce pays. »

Gilbert Lavoie, « Le legs de Daniel Johnson », Le Soleil, 3 mars 1998, p. B8.


«...Mr. Johnson's achievements remain considerable. He put jobs and economic growth on the agenda during the two campaigns he waged and deftly exposed the economic dangers of separation. His role in promoting the Calgary Declaration on national unity has paid surprising dividends : nine provincial legislatures and the federal government are set to support the statement, which recognizes the unique character of Quebec and its particular responsibilities in preserving and promoting French language and culture. But in the end, Mr. Johnson's failure to articulate a vision that could rally federalists of all stripes in Quebec was his undoing. The Liberal Party's constant flirtation with the Quebec nationalist vote has left many committed federalists in this province feeling abandoned. Mr. Johnson's refusal to support the federal government's Plan B offensive, especially its reference to the Supreme Court on the legality of unilateral secession, was a bitter disappointment to anyone who values the rule of law. Federalists waited in vain for Mr. Johnson to sound like a passionate Canadian patriot. Too often, he sounded like a bean-counter, defending Canada only because it was « a good deal » for Quebec. »

« The right time to resign », The Gazette, 3 mars 1998, p. B2.


«...Daniel Johnson made a generous, honourable and practical decision yesterday to resign as leader of the Quebec Liberal Party. Regrettably, Ottawa's misguided Supreme Court reference and an assertion by two senior federal ministers that they would play an aggressive role in the next Quebec election cut Mr. Johnson off at the political knees in recent weeks. But Mr. Johnson also knew that his personal appeal to Quebec voters had its limits against the charisma of Lucien Bouchard. The latest federal attack on Mr. Johnson's was the bale of straw that broke the camel's back. (...) Mr. Johnson should be seen as something of a hero. He came within a whisker of winning the last Quebec election against the Parti Québécois, which was riding a wave of nationalism after the Charlottetown accord. Since then, Mr. Johnson kept the Liberals within striking distance even of Lucien Bouchard because of his relentless logic in attacking the PQ on provincial issues and his forceful decency in standing up for Canada. In return, Mr. Johnson earned public contempt from federal Liberals, who derided his political skills and doubted his Canadian commitment. »

« Johnson leaves and the landscape changes », The Globe and Mail, 3 mars 1998, p. A14.



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