
Ce jeune correspondant de guerre pour l'armée américaine (1944-1945) se distingue comme journaliste au cours des années 1950, notamment par son travail à l'émission télévisée « Point de mire ». Après avoir élu député libéral en 1960, le premier ministre Jean Lesage lui confie le portefeuille des Travaux publics, ainsi que le ministère des Ressources hydrauliques, puis celui des Richesses naturelles. Il en profite pour piloter le dossier de la nationalisation des compagnies d'électricité qui est au coeur des élections de 1962. Sa vision des questions constitutionnelles, qu'il définit dans l'ouvrage « Option Québec », l'amène à quitter le Parti libéral et à fonder le Mouvement Souveraineté-Association, puis le Parti québécois (PQ), en 1968. Son expérience crédibilise le projet indépendantiste et permet au PQ de recueillir 23 % des voix lors des élections de 1970. Des défaites personnelles en 1970 et 1973 ébranlent son leadership avant que la victoire du 15 novembre 1976 ne lui permette de former le premier gouvernement du PQ. Imprégné de l'idéologie sociale-démocrate, celui-ci adopte une série de lois progressistes - zonage agricole, contrôle du financement électoral, assurance-automobile, etc. - et fait du français la langue officielle du Québec. Un an après avoir clairement rejeté le projet de souveraineté-association (mai 1980), les Québécois reportent René Lévesque et le PQ au pouvoir en avril 1981. Mais l'épisode du rapatriement de la Constitution, la crise économique ainsi que les décrets imposés aux travailleurs des secteurs public et parapublic entament la popularité gouvernement. De plus, la décision de Lévesque de donner une chance au gouvernement progressiste-conservateur de Brian Mulroney - le « beau risque » - entraîne des divisions internes qui déchirent le PQ. Il quitte la politique active en 1985. L'intérêt pour ses mémoires et les réactions à son décès, en 1987, reflètent sa place unique dans l'histoire du Québec contemporain.
En référence:
L'Encyclopédie du Canada: édition 2000, Montréal, Stanké, 2000, p. 1407. Bibliothèque de la législature, Répertoire des parlementaires québécois, 1867-1978, Québec, 1980, p. 362-363. Paul-André Linteau, René Durocher, Jean-Claude Robert, François Ricard, Histoire du Québec contemporain: le Québec depuis 1930, Montréal, Boréal, 1986, p. 655-659.
En complément:Peter Desbarats, René Levesque : ou, Le projet inachevé, Montréal, Fides, 1977, 270 p. René Lévesque, Chroniques de René Lévesque, Montréal, Québec/Amériques, 1987, 458 p. René Lévesque, René Lévesque par lui-même : 1963-1984, Montréal, Guérin Littérature, 1988, 412 p. Pierre Godin, René Lévesque, Montréal, Boréal, 1994, 3 v. René Lévesque, Attendez que je me rappelle..., Montréal, Québec/Amérique, 1988, 525 p. http://www.oricom.ca/richardmarceau/ren%C3%A9.htm http://agora.qc.ca/mot.nsf/Dossiers/Rene_Levesque http://www.canadianheritage.org/reproductions/21068.htm
Compléments biographiques
Né à Campbellton (Nouveau-Brunswick), le 24 août 1922
Candidat du Parti libéral élu à l'Assemblée législative dans Montréal-Laurier (1960, 1962) et Laurier (1966)
Candidat du Parti québécois élu à l'Assemblée nationale dans Taillon (1976, 1981)
Défait dans Laurier (1970) et Dorion (1973)
Gouvernement de Jean Lesage
Ministre des Ressources hydrauliques et ministre des Travaux publics (5 juillet 1960 - 28 mars 1961)
Ministre des Richesses naturelles (28 mars 1961 - 19 janvier 1966)
Ministre de la Famille et du Bien-être social (14 octobre 1965 - 16 juin 1966)
Siège comme député indépendant (octobre 1967 - 1970)
Fondateur du Mouvement souveraineté-association (19 novembre 1967)
Président du Parti québécois (14 octobre 1968 - 20 juin 1985)
Premier ministre du Québec et président du Conseil exécutif (25 novembre 1976 - 3 octobre 1985)
Ministre des Affaires intergouvernementales par intérim (8 janvier au 17 février 1982) Ministre délégué à la Condition féminine par intérim (27 novembre 1984 - 16 janvier 1985)
Président du comité du Oui dans le cadre du référendum sur la souveraineté-association (20 mai 1980)
Décédé à Montréal, le 1er novembre 1987
Lorsqu'il devient premier ministre : 54 ans, 3 mois et 1 jour
Lorsqu'il quitte : 63 ans, 1 mois et 9 jours
Il a été premier ministre pendant : 8 ans, 10 mois et 8 jours (1976-1985)
Référence : site internet de l'Assemblée nationale du Québec http://www.assnat.qc.ca/fr/deputes/levesque-rene-4219/biographie.html
Dans les médias
| «...Depuis 25 ans, René Lévesque a incarné la volonté de changement du Québec. Sans moyen dans les longues périodes d'échec politique, fort des ressources combinées de son parti et de l'État depuis près d'une décennie, il a mis au service de ses objectifs toutes ses ressources qui sont considérables. Cette manière unique aussi de fixer dans les mots l'impatience, la passion et les émotions qu'il lançait en toute direction, tels des messages toujours urgents. René Lévesque a rassemblé et divisé, construit et ébranlé, séduit et choqué. Mais, de chaque côté de la route qui fut la sienne, des institutions et des politiques témoignent et témoigneront longtemps de son passage. Dans un grand nombre de domaines, il a fait avancer le Québec. Il l'a conduit loin aussi du côté de la revendication politique pour découvrir que cette espèce d'affection particulière des Québécois à son endroit, ce rapport privilégié construit avec eux ne les laissait pas sans autonomie et sans jugement propre. D'une certaine manière, son opiniâtreté et sa force de résistance ont trouvé leur double dans ce peuple qui l'a suivi en bien des directions mais ne s'est pas reconnu dans son rêve politique. »
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