Louis-Alexandre Taschereau (1867-1952) Homme politique

 

Fils d'un juge à la Cour suprême du Canada, ce natif de Québec est descendant d'une famille qui s'est distinguée au sein des institutions juridiques et politiques de la province. Conseiller municipal de la ville de Québec, député libéral à l'Assemblée législative à partir de 1900, il se voit confier le ministère des Travaux publics et du Travail par le premier ministre Lomer Gouin, de 1907 à 1919. Il succède à ce dernier au poste de premier ministre l'année suivante et continue la domination libérale, entreprise en 1897, jusqu'en 1936. Pendant ses seize années au pouvoir, il adopte la Loi de l'assistance publique et voit à la création de la Commission des liqueurs. Sur le plan économique, il mise essentiellement sur le capital étranger pour développer l'industrie québécoise et endiguer l'émigration vers les États-Unis. L'impuissance du gouvernement à atténuer l'impact de la crise des années 30 entraîne le départ d'un groupe de libéraux réformistes qui, en 1934, se réunissent au sein d'une nouvelle formation politique: l'Action libérale nationale (ALN). Ceux-ci se joignent aux Conservateurs pour fonder l'Union nationale, en 1936. Ensemble, ils accentuent la pression sur le premier ministre qu'ils accusent de népotisme. La démission de ce dernier, en juin 1936, laisse peu de temps à son successeur, Adélard Godbout, pour redresser la situation. De fait, la victoire de l'Union nationale lors de l'élection d'août 1936 met fin à près de 40 ans de règne libéral à Québec. En tout, il a siégé plus de 35 ans à l'Assemblée législative, un record de longévité qui ne sera battu qu'au cours des années 90.


En référence: L'Encyclopédie du Canada: édition 2000, Montréal, Stanké, 2000, p.2385. Bibliothèque de la législature, Répertoire des parlementaires québécois, 1867-1978, Québec, 1980, p.548-549, Paul-André Linteau, René Durocher, Jean-Claude Robert, Histoire du Québec contemporain: de la Confédération à la crise (1867-1929), Montréal, Boréal Express, 1979, p.584-587.
En complément: Paul E. Parent, En commémoration des trente-cinq ans de vie publique de l'honorable Louis-Alexandre Taschereau, Montréal, s.n, 1935, 91 p. Bernard L. Vigod, Taschereau, Québec, Septentrion, 1996, 392 p.

  ©  Tous droits réservés - Bilan du Siècle - Directeur: Jean-Herman Guay Perspective monde