Jacques Normand (1922-1998) Interprète, animateur

 

De son vrai nom Raymond Chouinard, ce jeune animateur originaire de Québec est engagé par la station CHRC de Québec en 1941. Ses talents d'animateur, de chanteur et de fantaisiste font de lui un personnage reconnu et demandé dans les différentes stations radiophoniques ou dans les boîtes de nuit. En 1944, il tient l'affiche plusieurs mois au Bal Tabarin à New York, interprétant des chansons de Maurice Chevalier. Au cours de la période d'après-guerre, le Québec est en ébullition et la chanson populaire est de plus en plus influencée par la musique anglophone issue des États-Unis. L'ouverture des cabarets vers la fin des années 40 constitue une forme d'alternative à ce phénomène. En 1949, notre animateur devient «l'âme des nuits de Montréal», en ouvrant un des plus importants cabarets de cette période : le Faisan Doré. Cette boîte de nuit permet à de nombreux artistes français de s'y produire. C'est ainsi que les Québécois découvrent le duo Charles Aznavour et Pierre Roche, les frères Jacques et Charles Trenet, auxquels s'ajouteront peu à peu de jeunes auteurs ou interprètes du Québec tels qu'Aglaé, Estelle Caron, Fernand Gignac, Raymond Lévesque, Monique Leyrac, Dominique Michel, Muriel Millard et Serge Deyglun. Animateur de renom, chanteur à ses heures, il laissera en héritage «Les nuits de Montréal» qui représente bien cette période d'effervescence à laquelle succédera l'affirmation de la chanson québécoise.


En référence:

Robert Thérien, Isabelle D'Amours, Dictionnaire de la musique populaire au Québec 1955-1992, éd. IQRC, 1992. // Robert Giroux, Constance Havard, Rock La Palme, Le guide de la chanson québécoise, éd. Triptyque, 1991. Robert Léger, La chanson québécoise en question, Coll. «En question», Montréal, Québec/Amérique, 2003, p.35-36.

En complément:

Robert Gauthier, Jacques Normand, l'enfant terrible, Montréal, Éditions de l'Homme, 1998, 276 p.


  ©  Tous droits réservés - Bilan du Siècle Perspective monde