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Bernard Landry (1937-) Homme politique

Ce diplômé de droit et en économie milite activement au sein du mouvement étudiant, présidant notamment le Comité de fondation de l'Union générale des étudiants du Québec (1962-63). Un des fondateurs de la Ligue des droits de l'homme au Québec, il joint les rangs du Parti québécois (PQ) par la suite et tente l'aventure politique. Défait en 1970 et 1973, il est finalement élu député de Fabre lors du scrutin du 15 novembre 1976. L'ardeur de ce spécialiste des questions économiques est mise à profit par le premier ministre René Lévesque qui lui confie le ministère d'État au Développement économique, puis le portefeuille du Commerce extérieur. On le retrouve par la suite à la tête du ministère des Relations internationales, en 1984, et de celui des Finances, l'année suivante. Défait, comme son parti, lors des élections de 1985, il se tourne vers l'enseignement avant que le Parti québécois ne reprenne le pouvoir en 1994. Homme fort des cabinets de Jacques Parizeau, puis de Lucien Bouchard, il occupe des fonctions - vice-premier ministre, ministre des Affaires extérieures, ministre de l'Immigration et des Communautés culturelles, ministre des Finances, du Revenu, de l'Industrie et du Commerce - qui lui permettent d'oeuvrer à la modernisation de l'économie québécoise, un objectif qu'il poursuit depuis son entrée en politique. Sa feuille de route en fait rapidement le principal candidat à la succession de Lucien Bouchard qui démissionne en 2001. Aucun adversaire ne s'étant manifesté, il devient premier ministre du Québec en mars 2001. Battu lors des élections générales d'avril 2003, il continue de diriger l'opposition à l'Assemblée nationale. En 2004, la France le fait commandeur de l'Ordre de la légion d'honneur. L'année suivante, le 4 juin 2005, il étonne en démissionnant de son poste à la suite d'un vote de confiance des militants de son parti qu'il juge insatisfaisant.


En référence: L'Encyclopédie du Canada: édition 2000, Montréal, Stanké, 2000, p. 1372-1373. Bibliothèque de la législature, Répertoire des parlementaires québécois, 1867-1978, Québec, p. 321.
En complément: Michel Vastel, Landry : Le grand dérangeant, Montréal, Éditions de l'homme, 2001, 434 p.
Compléments biographiques

Né à Saint-Jacques (Lanaudière), le 9 mars 1937

Candidat du Parti québécois élu à l'Assemblée nationale dans Fabre (1976), Laval-des-Rapides (1981) et Verchères (1994, 1998, 2003)
Défait dans Joliette (1970), Joliette-Montcalm (1973) et Laval-des-Rapides (1985).

Gouvernement de René Lévesque
Membre du Conseil exécutif (26 novembre 1976)
Ministre d'État au Développement économique (2 février 1977 - 9 septembre 1982)
Ministre délégué au Commerce extérieur (9 septembre 1982 - 12 janvier 1983)

Gouvernements de René Lévesque et Pierre Marc Johnson
Ministre du Commerce extérieur (12 janvier 1983 - 16 octobre 1985)
Ministre des Relations internationales (5 mars 1984 - 16 octobre 1985)

Gouvernement de Pierre Marc Johnson
Ministre des Finances (16 octobre au 12 décembre 1985)

Gouvernement de Jacques Parizeau
Vice-premier ministre du Québec (26 septembre 1994 - 2 novembre 1995)
Ministre des Affaires internationales, de l'Immigration et des Communautés culturelles (26 septembre 1994 - 2 novembre 1995)
Ministre des Affaires internationales (3 novembre 1995 - 28 janvier 1996)

Gouvernement de Lucien Bouchard
Vice-premier ministre du Québec (29 janvier 1996 - 8 mars 2001)
Vice-président du Conseil exécutif (29 janvier 1996 - 8 mars 2001)
Ministre d'État à l'Économie et aux Finances (29 janvier 1996 - 8 mars 2001) Ministre de l'Industrie, du Commerce, de la Science et de la Technologie (29 janvier 1996 - 23 septembre 1998)
Ministre de l'Industrie et du Commerce (15 décembre 1998 - 8 mars 2001)
Ministre des Finances (29 janvier 1996 - 8 mars 2001)
Ministre du Revenu (29 janvier 1996 - 15 décembre 1998, 28 avril au 10 novembre 1999)

Chef du Parti québécois (2 mars 2001 - 6 juin 2005)

Premier ministre du Québec et président du Conseil exécutif (8 mars 2001 - 29 avril 2003)

Chef de l'opposition officielle (29 avril 2003 - 6 juin 2005)

Démissionne de ses fonctions (6 juin 2005)

Lorsqu'il devient premier ministre : 63 ans, 11 mois et 27 jours
Lorsqu'il quitte : 66 ans, 1 mois et 20 jours
Il est premier ministre pendant : 2 ans, 1 mois et 21 jours (2001-2003)
Référence : site internet de l'Assemblée nationale du Québec http://www.assnat.qc.ca/fr/deputes/landry-bernard-3937/biographie.html

Dans les médias

«...Politicien au style bouillant et au verbe éloquent, orateur et débatteur de grand talent, homme de conviction à la foi souverainiste inébranlable au fil des années, collectionneur de portefeuilles ministériels, Bernard Landry aura consacré toute sa carrière publique au service d'une cause qu'il n'a cessé de défendre depuis 40 ans, et pour le bien-être de laquelle il a choisi samedi de s'éclipser de l'arène politique. Les divers commentaires émis hier et l'onde de choc provoquée par sa démission l'indiquent bien: Bernard Landry laisse une empreinte profonde dans le paysage politique québécois. À la fois impulsif et pragmatique, sensible et autoritaire, colérique (comme on l'aura vu dans le documentaire de Jean-Claude Labrecque, À hauteur d'homme) mais aussi rationnel, Landry avait de la stature, reconnaît-on à gauche comme à droite. Un homme d'État, qui plaçait «la cause avant le parti et le parti avant l'homme». »

Guillaume Bourgault-Côté, « L'homme d'une cause », Le Devoir, 6 juin 2005, p. A4.


«...Le départ de Lucien Bouchard, le bien-aimé, résulta de son incapacité à convaincre les Québécois de la nécessité de la souveraineté; Bernard Landry, lui, part parce qu'il n'en peut plus d'être le mal-aimé de son parti et de son peuple, pendant qu'installée en tête des sondages, la souveraineté est à nouveau porteuse d'espoir pour beaucoup de Québécois. Depuis un an, on a tous vu Bernard Landry durement critiqué par tout ce qui compte en politique québécoise, contesté au sein de son parti de façon plus ou moins ouverte par les grands ténors Pauline Marois et François Legault, ridiculisé dans l'opinion publique comme un pathétique dinosaure s'accrochant au pouvoir. (...) Alors que ses opposants étaient au plancher, que le parti et l'option redémarraient en force, Landry aurait pu rester avec ces 76 % d'appui dont avait dû se contenter Lucien Bouchard. Mais même les hommes d'État qui semblent les plus forts sont fragiles. Ce 76 % fut l'humiliation de trop, la goutte d'eau qui a fait déborder le vase pour ce mal-aimé de la politique québécoise qui sera si difficile à remplacer. »

Christian Dufour, « Le mal-aimé », La Presse, 6 juin 2005, p. A23.


«...Car il a travaillé fort, ce chef péquiste, depuis qu'il a remplacé Lucien Bouchard à pied levé. Rarement aura-t-on vu un premier ministre lancer autant de projets et demander autant de plans d'action à ses ministres que pendant son court règne à la tête du gouvernement. Et rarement aura-t-on vu un chef de parti déployer autant d'efforts pour gagner la confiance de ses militants. Il a été de tous les congrès régionaux, il a visité les cégeps, les universités, il a courtisé les associations de circonscription. Bernard Landry a tenu un tel rythme qu'il a dissuadé Pauline Marois et François Legault de contester officiellement son leadership au vote d'hier. Il a gagné cette bataille, mais ce n'était pas suffisant. Pas suffisant pour le quart des délégués qui lui ont dit non. Les péquistes prétendent faire la souveraineté avec une majorité simple, mais cette règle démocratique ne s'applique plus lorsqu'il s'agit de leur chef. Bernard Landry connaît trop bien ce parti. Il savait qu'avec 76 % des voix, ses critiques continueraient de le harceler. »

Gilbert Lavoie, « Qui donc osera prendre la relève ? », Le Soleil, 5 juin 2005, p. A6.


«...Posterity will rank him as one of Quebec's lesser premiers. It's no great distinction that he appointed the largest cabinet in Quebec history, whose 36 members amounted to more than half the PQ caucus. More memorable in the long run, might be his government's Paix des Braves agreement with Quebec's northern Cree, which earned Landry a historic endorsement in the last election campaign from Ted Moses, the grand chief of the Cree nation. He rallied a depleted and dispirited Parti Quebecois to a respectable finish in the last provincial election after it had fallen to third place in the polls, prompting speculation that it was doomed to disintegration or third-party status. He was the least charismatic of PQ leaders and the public never gave him either the respect or affection accorded his predecessors. It was something of which he was keenly aware. His ultimate misfortune was that he loved Quebec more than it ever loved him back. »

Hubert Bauch, « Landry toiled in the shadow of Quebec's mightiest leaders », The Gazette, 6 juin 2005, p. A4.


«...His party is leading in the polls. His Liberal Party rivals are in deep trouble, both federally and provincially. Support for sovereignty is at its highest point in years. It is a curious time for Bernard Landry to quit as leader of the Parti Québécois. Why did he do it ? One reason is that things are not nearly as rosy for his movement as they seem. The good news for Canada is that it will probably be years before his party can make another serious bid for Quebec independence and, even then, the prospects of success are doubtful. Mr. Landry must have known this when he made the dramatic announcement on Saturday night that he would step down... (...) Mr. Landry is 68. He has been a separatist stalwart since being elected with the first PQ government under René Lévesque in 1976. Quebec Premier Jean Charest does not need to hold an election until 2008, though the polls show he is in bad odour with voters. Even if Mr. Landry held on until then, won the election and became premier again, what were the chances of fulfilling his dream of leading Quebec to independence ? Very small. »

« Separatism's future after Bernard Landry », The Globe and Mail, 6 juin 2005, p. A14.



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