La crise économique des années 30 et la Seconde Guerre mondiale

 

La crise économique des années 30 et la Seconde Guerre mondiale

Nancy Deslauriers
Ce document a été généré dynamiquement par le Bilan du siècle.
Université de Sherbrooke - 2002-10-05
Images

Une manifestation anticonscriptionniste dans les rues de Montréal

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© Archives nationales du Canada.

Une file d'attente de chômeurs devant l'entrée du refuge Meurling à Montréal lors de la crise économique des années 1930

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© Ville de Montréal. Gestion des documents et archives.

Défrichage de la terre par des colons, à Val d'or en Abitibi

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© Historica

Travaux publics pendant la crise économique

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© nd

Caricature illustrant le soulagement de King après le vote sur la conscription

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© Archives nationales du Canada

Avis de mobilisation nationale

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© Historica

Affiche de recrutement destinée aux francophones

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© Historica

Affiche pour l'effort de guerre, lors de la Deuxième Guerre mondiale

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© Charles Fainmel

Débarquement sur les plages de Normandie

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© Archives nationales du Canada. Département de la défense nationale, Bernières-sur-mer

Événements

29 octobre 1929 - Effondrement des cours à la Bourse de New York
L'indice boursier atteint un nouveau plancher à New York. Ce krach sème l'inquiétude dans les milieux financiers. Il marque également le début d'une profonde dépression qui va affecter l'économie occidentale tout au long des années 30. [détails]

29 octobre 1929 - Effondrement de la Bourse de Montréal
Dans le sillage de la chute de la Bourse de New York, la Bourse de Montréal connaît une journée difficile. Un nombre record de 382 521 actions est négocié, certains titres perdant jusqu'à 40 points.

Cette chute spectaculaire met fin à une période de spéculation sans précédent que Joseph Bouchard, un témoin de l'époque, décrit ainsi: «...Dans les tramways, dans les salons, dans la rue, les gens formaient des groupes et ne parlaient que des parts. «As-tu acheté des parts?» Même les gens ordinaires, les travailleurs en achetaient. Tout le monde était riche, était censé être riche. Même ceux qui n'avaient pas d'argent achetaient des parts «sur marge»; c'était à crédit ni plus ni moins. Ils payaient plus tard quand ils faisaient des profits. Quand «ça» (la crise) a déclenché, c'était comme une bombe à retardement parce que les dettes s'accumulaient. «Ça» a fini comme un crac (krash): le soir le monde était heureux et le lendemain plus rien. Ceux qui avaient acheté des parts à crédit devaient payer.» En 1940, la Commission Rowell-Sirois analysera de la façon suivante la phase initiale de la crise au Canada : «Plusieurs circonstances particulières ont aggravé l'état de vulnérabilité générale du Canada au début de la crise économique. Les marchés de nos deux principales denrées d'exportation, le blé et le papier à journal, étaient particulièrement inactifs (...) Attendu que le Canada fournissait 40 % des exportations mondiales de blé et 65 % des exportations de papier à journal, il devait s'attendre à subir à plein le contrecoup des événements défavorables (...) La diminution des recettes d'exportation frappa donc, en premier lieu, les producteurs de denrées d'exportation et les métiers du bâtiment et du génie. De là, le mal se répandit dans toute l'économie.» Les répercussions sociales de la crise sont telles que les gouvernements tenteront de les atténuer en adoptant des mesures comme le financement de travaux publics, les secours directs et une aide accrue à la colonisation. Malgré ces différentes interventions des deux paliers de gouvernement, le chômage et la pauvreté atteindront des sommets. Au cours de la décennie, l'économie québécoise connaîtra quelques périodes plus profitables. Mais ce n'est qu'avec le déclenchement de la Deuxième Guerre mondiale, en 1939, que prendra définitivement fin la crise économique des années 30. [détails]

3 avril 1930 - Discours du premier ministre William Lyon Mackenzie King sur la situation économique du pays
Quelques mois après l'effondrement de la Bourse de New York, le premier ministre William Lyon Mackenzie King défend à la Chambre des communes sa position sur le rôle que son gouvernement entend jouer pour aider les chômeurs.

Le discours que tient le premier ministre est révélateur des appréhensions qu'ont les gouvernements en Amérique à intervenir pour solutionner le problème du chômage. King déclare notamment : «Pour ce qui est d'accorder des fonds du Trésor fédéral à un quelconque gouvernement conservateur de ce pays pour combattre le prétendu problème du chômage, et considérant la position des divers gouvernements d'aujourd'hui, dont la politique est diamétralement opposée à celle de ce gouvernement, je n'accorderais même pas une pièce de cinq cents.» Pendant la campagne électorale de l'été 1930, le chef conservateur Richard Bennett attaquera cette position, déclarant : «Le parti conservateur va trouver du travail pour tous ceux qui veulent travailler, dût-il périr s'il échoue.» [détails]

8 septembre 1930 - Début d'une session d'urgence à Ottawa
Devant la montée du chômage causé par la mauvaise situation économique, les gouvernements sont pressés d'agir. Richard B. Bennett, premier ministre du Canada, convoque ses homologues d'urgence à Ottawa. À ce moment, le Canada compte 117 000 chômeurs et les autorités en prévoient 177 000 pour l'hiver.

Pour corriger cette situation épineuse, plusieurs recommandations sont faites au premier ministre, comme l'établissement de la journée de travail à 8 heures, la création d'une assurance contre le chômage et des restrictions limitant l'immigration de la main-d'oeuvre étrangère. Pour sa part, Bennett propose de débloquer 20 millions de dollars pour les travaux publics. La Commission des chemins de fer à déjà reçu une forte somme pour l'élimination des traverses à niveau. Défenseur d'une approche protectionniste, le premier ministre veut relever le tarif douanier dans le but d'éviter le «dumping», de même que l'importation de produits à bas prix qui empêchent les industriels canadiens de confronter la concurrence étrangère. D'ici quelques semaines, le gouvernement Bennett prévoit offrir du travail à 25 000, peut-être même 30 000 chômeurs. [détails]

11 décembre 1930 - Sanction de la Loi d'aide aux chômeurs
Cette loi prévoit la remise de sommes d'argent aux municipalités. Elles serviront à la mise en chantier de travaux publics, ce qui permettra de soulager temporairement le problème du chômage, conséquence du ralentissement de l'économie nord-américaine.

La Loi relative à l'aide aux chômeurs s'inscrit dans le contexte de la crise qui affecte l'économie de la plupart des pays occidentaux. Le gouvernement met sur pied une série de travaux publics -édifices, routes, etc.- qui s'adressent avant tout aux pères de familles nombreuses. Un de ceux qui ont profité de ces mesures, Armand Goulet, raconte «...on nous prenait le matin vers 7 h 30 avec un camion. On «embarquait» dans la boîte. Pour nous abrier, une toile, qui nous cachait du gros vent. Nous faisions à peu près 5 ou 6 milles pour travailler à l'élargissement d'un chemin, après que la terre était gelée et nous faisions cela au petit pic et à la petite pelle. Le midi, on dînait sur les lieux avec un feu pour nous donner un peu de chaleur. Le soir, nous revenions vers 5 h. Nous étions payés une piastre par jour. «Ça» a duré deux ou trois mois durant les plus gros froids d'hiver, afin que les gens aient un peu d'argent (...) Bien sûr, le travail qu'on faisait, on le trouvait ridicule, parce que ça ne rapportait rien. En réalité, c'était tout simplement pour employer du monde, pour dire qu'on ne leur donne pas l'argent sans qu'on ait quelque chose en retour.» Les femmes et les célibataires sont pratiquement exclus de ces emplois. Rapidement, l'aide aux chômeurs devient insuffisante et le gouvernement n'aura d'autres choix que d'avoir recours aux secours directs pour soulager la misère des plus démunis. [détails]

1931 - Versement d'aide sous forme de secours directs à des familles québécoises
Après avoir mis en branle des travaux publics destinés à aider les chômeurs, les trois paliers de gouvernement (fédéral, provincial, municipal) décident de recourir au secour direct pour subvenir aux besoins essentiels des chômeurs et des indigents dont le nombre se multiplie.

La crise économique de 1929 entraîne une montée vertigineuse du taux de chômage qui atteint un record au Québec (plus de 27 % en 1933!). D'abord pris au dépourvu par la crise, les gouvernements réagissent en 1931 en mettant sur pied une série de mesures comme l'octoi d'aide financière pour l'alimentation, l'habillement, le logement et le combustible des nombreux chômeurs. Au début, l'aide est accordée sous forme de coupons échangeables dans des commerces désignés. Devant la rigidité de ce système et les pressions des commerçants, les coupons sont alors remplacés par des chèques. Lorsque le gouvernement libéral de Louis-Alexandre Taschereau fait adopter cette mesure à l'automne 1931, il devient le premier au Québec à donner une aide financière à des citoyens aptes à travailler, sans exiger un travail en retour. [détails]

20 août 1940 - Sanction de la Loi sur l'enrôlement obligatoire
En vertu de la Loi sur l'enrôlement obligatoire, tous les hommes de plus de 21 ans, aptes à devenir militaires, seront enregistrés.

Dès le dépôt de la Loi sur l'enrôlement, les «enregistreurs» circulent à travers le Canada pour faire passer les examens médicaux qui détermineront l'aptitude de chacun à prendre les armes. Si le gouvernement impose l'enregistrement obligatoire, il promet de n'envoyer que les volontaires outre-mer. Mais les besoins en hommes se feront de plus en plus pressants sur les champs de bataille, amenant le premier ministre William Lyon Mackenzie King à tenir un plébiscite, le 27 avril 1942, par lequel il demandera aux Canadiens de le délier de sa promesse de ne pas tenir la conscription. [détails]

19 septembre 1940 - Enregistrement de tous les Canadiens de 14 à 60 ans
Une semaine après l'annonce de l'entrée en guerre du Canada, le gouvernement fédéral demande à tous les Canadiens de s'enregistrer.

Les données recueillies à cette occasion serviront à la création d'une carte d'enregistrement que les individus devront utiliser dans leurs rapports avec les services administratifs. [détails]

9 octobre 1940 - Début de l'entraînement militaire obligatoire pour les célibataires
Un premier groupe de 29 500 conscrits, la plupart entre 21 et 23 ans, participe à cet entraînement obligatoire.

L'isolement de la Grande-Bretagne à la suite de la défaite française accélère ses besoins en aide de la part de ses alliés, dont le Canada. Lors de cet entraînement obligatoire, les concrits font du conditionnement physique, suivent des cours et sont initiés au maniement de différentes armes. On prévoit qu'un second groupe commencera sa formation le 27 novembre 1940. [détails]

6 juin 1944 - Participation canadienne au débarquement en Normandie
En préparation à une vaste opération d'encerclement, 110 bateaux de la Marine royale canadienne et 33 escadrilles de l'Aviation royale canadienne participent au débarquement en Normandie. En tout, 130 000 hommes, dont 15 000 Canadiens, qui se déplacent à bord de 7 000 embarcations, prennent part à cette opération baptisée «Overlord», dont le but consiste à établir la présence alliée en sol français.

Parmi les milliers de soldats canadiens qui entrent en action, soulignons plusieurs régiments à forte concentration canadienne-française dont les Fusiliers Mont-Royal, le Régiment de Maisonneuve et le Régiment de la Chaudière. Un témoin du débarquement, Gérard Bouchard, raconte: «Pendant la traversée vers l'Angleterre, on n'avait pas tellement peur. La discipline était forte. Les bateaux et les avions qui nous escortaient nous rassuraient. J'ai participé au débarquement de Normandie, le 6 juin 1944. Cela faisait soixante jours que l'on se faisait réveiller la nuit pour «pratiquer». Quand on est parti, on ne savait pas que c'était la vraie attaque. Au milieu de la Manche, ils nous ont dit que c'était pour vrai et «bonne chance». On a serré les dents!...Le débarquement était fait sur une base de «sauts de grenouilles». On débarquait, on devait courir 1000 pieds puis se creuser une tranchée de l'épaisseur de notre corps. Une deuxième vague passait par-dessus nous autres puis faisait pareil. Les bateaux de guerre pilonnaient le terrain en avant de nous pour nous protéger. Une troisième vague faisait la même chose puis on recommençait. On a gagné le terrain pas par pas. C'était l'enfer!» Au prix de nombreuses vies humaines, les Canadiens progresseront de quelques dizaines de kilomètres quelques jours à peine après le débarquement. [détails]

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