Les premiers ministres du Québec

 

Les premiers ministres du Québec

Pierre Binette
Ce document a été généré dynamiquement par le Bilan du siècle.
Université de Sherbrooke - 2002-01-31
Images

Simon-Napoléon Parent, premier ministre du Québec

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© Archives nationales du Québec.

Lomer Gouin, premier ministre du Québec

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Louis-Alexandre Taschereau, premier ministre du Québec

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Maurice Duplessis, premier ministre du Québec

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Adélard Godbout, premier ministre du Québec

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Paul Sauvé, premier ministre du Québec

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Antonio Barrette, premier ministre du Québec

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Jean Lesage, premier ministre du Québec

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Jean Lesage lors d'une allocution

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© Gouvernement du Québec

Daniel Johnson, premier ministre du Québec

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Jean-Jacques Bertrand, premier ministre du Québec

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René Lévesque, premier ministre du Québec

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Pierre Marc Johnson, premier ministre du Québec

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Robert Bourassa, premier ministre du Québec

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Daniel Johnson (fils), premier ministre du Québec

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Jacques Parizeau, homme politique

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© Parti québécois

Événements

7 décembre 1900 - Élection des libéraux de Simon-Napoléon Parent à l'Assemblée législative du Québec
Les libéraux de Simon-Napoléon Parent remportent les élections générales avec 53,1 % des voix. Ils font élire 67 députés à l'Assemblée législative du Québec contre seulement sept pour leurs plus proches rivaux, les conservateurs d'Edmund-James Flynn.

Il s'agit d'une première victoire pour Simon-Napoléon Parent depuis qu'il a remplacé Félix-Gabriel Marchard au poste de premier ministre, le 3 octobre 1900. Celui-ci est décédé le 25 septembre alors qu'il était en fonction. Marchand profite de la popularité des libéraux fédéraux et du premier ministre Wilfrid Laurier qui a obtenu la confiance des électeurs canadiens lors des élections du 7 novembre. Les résultats du vote démontrent une légère progression des libéraux à l'Assemblée législative, puisqu'ils avaient remporté 51 sièges, avec 54,3 % des voix, lors des élections générales de 1897. [détails]

15 février 1904 - Réélection de Simon-Napoléon Parent à la mairie de Québec
Le premier ministre du Québec, Simon-Napoléon Parent , remporte facilement les élections municipales de Québec en défaisant son collègue libéral à l'Assemblée législative, Jules-Alfred Lane.

Il s'agira d'un dernier mandat pour Parent qui a été élu à la mairie de Québec pour la première fois en 1894. Il quittera la politique en 1905 pour devenir président du Transcontinental. [détails]

25 novembre 1904 - Réélection des libéraux de Simon-Napoléon Parent à l'Assemblée législative du Québec
Les libéraux de Simon-Napoléon Parent remportent les élections générales avec 55,4% des voix. Ils font élire 67 députés à l'Assemblée législative du Québec contre sept pour leur plus proches rivaux, les conservateurs d'Edmund-James Flynn.

Malgré la présence de plusieurs candidats indépendants issus de leur parti, il s'agit d'une troisième victoire électorale consécutive pour les libéraux. C'est toutefois la dernière pour le premier ministre Simon-Napoléon Parent qui est contesté dans son propre parti. Parent sera d'ailleurs rapidement poussé à la démission par un groupe de ministres qui s'opposent à lui. Au sein de ce groupe figure son successeur, Lomer Gouin . [détails]

23 mars 1905 - Assermentation de Lomer Gouin au poste de premier ministre du Québec
À la suite de la démission de Simon-Napoléon Parent , c'est l'ex-ministre de la Colonisation et des Travaux publics, le libéral Lomer Gouin , qui devient premier ministre du Québec. Celui-ci se fait fort de rassurer le clergé quant à ses intentions de ne pas laïciser l'enseignement au Québec.

Commissaire des Travaux publics de 1900 à 1901, puis ministre de la Colonisation et des Travaux Publics de 1901 à 1905 dans le cabinet de Simon-Napoléon Parent , Lomer Gouin a mené avec Adélard Turgeon et William Alexander Weir le mouvement de contestation qui entraîna la démission de Simon-Napoléon Parent . Après son assermentation comme premier ministre, Lomer Gouin devient également ministre de la Justice, un poste qu'il conservera de 1905 à 1920. Fait inusité, il sera défait par le leader nationaliste Henri Bourassa dans Saint-Jacques, en 1908, mais restera député grâce à son élection dans Portneuf (à cette époque, il est possible d'être candidat dans plusieurs circonscriptions). [détails]

8 juin 1908 - Élection des libéraux de Lomer Gouin à l'Assemblée législative du Québec
Les libéraux de Lomer Gouin remportent les élections générales avec 55,5 % des voix. Ils font élire 57 députés à l'Assemblée législative du Québec contre 14 pour leurs plus proches rivaux, les conservateurs d'Évariste Leblanc.

C'est la première victoire pour Lomer Gouin comme premier ministre et la troisième consécutive pour le Parti libéral du Québec depuis 1900 (1900, 1904, 1908). Les résultats marquent néanmoins une nette progression pour les conservateurs qui recueillent 39,9 % du vote, contre 26,7 % en 1904, et font élire 14 députés, sept de plus qu'en 1904. Une part importante de cette remontée s'explique par la contribution des nationalistes qui sont au coeur de la campagne électorale. Ceux-ci remportent trois sièges grâce à la victoire d'Armand Lavergne, dans Montmagny, et à celles de Henri Bourassa dans Saint-Hyacinthe et Saint-Jacques, une des deux circonscriptions du premier ministre Lomer Gouin . [détails]

15 mai 1912 - Réélection des libéraux de Lomer Gouin à l'Assemblée législative du Québec
Les libéraux de Lomer Gouin remportent les élections générales avec 53,5 % des voix. Ils font élire 62 députés à l'Assemblée législative contre 16 pour leurs plus proches rivaux, les conservateurs de Joseph-Mathias Tellier.

Il s'agit d'une cinquième victoire consécutive pour le Parti libéral du Québec et d'une deuxième pour le premier ministre Lomer Gouin . Les résultats démontrent néanmoins une certaine progression pour le Parti conservateur qui a obtenu 43,0 % des voix, comparativement à 39,9 % lors des élections précédentes. Un des thèmes les plus discutés de la campagne a été l'affaire «du Keewatin», une controverse impliquant les francophones du Manitoba qui veulent que leurs enfants reçoivent une éducation en français. Gouin considérait cette polémique comme un atout puisque les conservateurs, au pouvoir à Ottawa depuis 1911, ont été critiqués pour leur inaction dans ce dossier. Cette impopularité a joué contre les conservateurs provinciaux, particulièrement auprès des électeurs francophones. [détails]

22 mai 1916 - Réélection des libéraux de Lomer Gouin à l'Assemblée législative du Québec
Les libéraux de Lomer Gouin remportent les élections générales avec 60,6% des voix. Ils font élire 75 députés à l'Assemblée législative contre seulement 6 pour leurs plus proches rivaux, les conservateurs de Philémon Cousineau.

Cette sixième victoire consécutive pour les libéraux, la troisième pour Lomer Gouin , est la moins contestée au Québec depuis les élections générales de 1904. La baisse de popularité des conservateurs, qui passent de 43,0% à 35,1% des voix par rapport au scrutin de 1912, est particulièrement évidente. Elle s'explique en partie par les prises de position du premier ministre Gouin contre le règlement 17 qui discrimine contre l'usage du français dans les écoles ontariennes. Ce règlement avait été adopté par le gouvernement conservateur à Ottawa, ce qui a joué contre les conservateurs.provinciaux, particulièrement auprès de l'électorat francophone. [détails]

23 juin 1919 - Réélection des libéraux de Lomer Gouin à l'Assemblée législative du Québec
Les libéraux de Lomer Gouin remportent les élections générales avec 51,9% des voix. Ils font élire 74 députés à l'Assemblée législative contre seulement cinq pour leurs plus proches rivaux, les conservateurs d'Arthur Sauvé .

Cette victoire, la septième consécutive pour les libéraux au Québec, est remportée par une marge très prononcée. Le Parti libéral récolte en effet 51,9% des voix contre seulement 17,0% pour le Parti conservateur. La loi conscriptionniste adoptée par les conservateurs fédéraux explique en partie cette domination du Parti libéral qui aurait été encore pire si de nombreux libéraux ne s'étaient présentés sous d'autres bannières. Les candidats ouvriers obtiennent même 9,7% des voix, alors que deux d'entre eux sont élus. Il s'agit des dernières élections générales pour le premier ministre Lomer Gouin qui abandonnera son poste en 1920. [détails]

16 mai 1927 - Réélection des libéraux de Louis-Alexandre Taschereau à l'Assemblée législative du Québec
Les libéraux de Louis-Alexandre Taschereau remportent les élections générales avec 59,3% des voix. Ils font élire 74 députés à l'Assemblée législative contre neuf pour leurs plus proches rivaux, les conservateurs d'Arthur Sauvé .

Il s'agit d'une neuvième victoire consécutive pour le Parti libéral qui détient le pouvoir à Québec depuis 1897. Pour Louis-Alexandre Taschereau , qui siège à l'Assemblée législative depuis 1900, il s'agit d'une réélection convaincante au poste de premier ministre. L'écart entre sa formation et le Parti conservateur d'Arthur Sauvé est en effet passé de 12% à 25% des intentions de vote depuis les élections générales de 1923. Pour Sauvé, à qui Camillien Houde succédera éventuellement à la tête des conservateurs, il s'agit d'une dernière participation à des élections générales provinciales. Son passage sur la scène fédérale, toujours sous la bannière conservatrice, sera marqué par une victoire lors des élections générales du 28 juillet 1930. [détails]

24 août 1931 - Réélection des libéraux de Louis-Alexandre Taschereau à l'Assemblée législative du Québec
Les libéraux de Louis-Alexandre-Taschereau remportent les élections générales avec 54,9% des voix. Ils font élire 79 députés à l'Assemblée législative contre 11 pour leurs plus proches rivaux, les conservateurs de Camillien Houde .

C'est en pleine crise économique que le premier ministre Taschereau déclenche les élections qui vont lui donner sa troisième victoire consécutive. Comme le reste du monde, le Québec est touché par le chômage et les faillites. Taschereau préconise un retour à la terre pour résorber la misère. De son côté, le maire de Montréal, Camillien Houde, organise l'opposition conservatrice. Celle-ci propose un programme agressif : politique axée sur la famille, prêt agricole à 2 %, contrôle des trusts, pensions sociales, allocations familiales et salaire minimum. Les libéraux remportent la victoire, malgré une bonne performance des conservateurs qui recueillent 43,5% des votes et 11 sièges. C'est la dixième victoire consécutive des libéraux qui ont remporté toutes les élections générales provinciales disputées depuis le début du XXe siècle. [détails]

25 novembre 1935 - Réélection des libéraux de Louis-Alexandre Taschereau à l'Assemblée législative du Québec
Les libéraux de Louis-Alexandre Taschereau remportent les élections générales avec 46,8% des voix. Ils font élire 48 députés à l'Assemblée législative contre 42 pour leurs plus proches rivaux, la coalition formée des conservateurs de Maurice Duplessis et de l'Action libérale nationale (ALN) de Paul Gouin .

La coalition entre le Parti conservateur et l'Action libérale nationale, qui est annoncée en cours de campagne, constitue la plus sérieuse menace à l'hégémonie libérale à Québec depuis 1897. Il s'agit néanmoins d'une onzième victoire consécutive pour le Parti libéral du Québec, un record qu'aucune formation politique ne réussira à approcher au cours du XXe siècle. Les élections de 1935 seront les dernières pour le premier ministre Louis-Alexandre Taschereau qui cédera son poste à Adélard Gdbout en 1936. Du côté de l'opposition, on retrouvera 42 députés, dont 26 de l'ALN et 16 conservateurs. Le succès de cette coalition mènera, l'année suivante, à la création d'une nouvelle formation politique : l'Union nationale. [détails]

17 août 1936 - Élection de l'Union nationale de Maurice Duplessis à l'Assemblée législative du Québec
Les unionistes de Maurice Duplessis remportent les élections générales avec 56,9 % des voix. Ils font élire 76 députés à l'Assemblée législative contre 14 pour leurs plus proches rivaux, les libéraux d'Adélard Godbout .

La réunion des forces d'opposition au gouvernement libéral dans une seule formation, l'Union nationale, en juin 1936, mène à la première défaite électorale des libéraux depuis la fin du XIXe siècle. Chef du Parti libéral depuis la démission de Louis-Alexandre Taschereau, Adélard Godbout n'a eu que quelques mois pour tenter de faire oublier les déboires des siens devant le Comité des comptes publics. Pour sa part, le chef de l'Union nationale, Maurice Duplessis, a réussi à miner la crédibilité du régime en place, tout en manoeuvrant habilement pour satisfaire à la fois les revendications de ses conservateurs et celles de plusieurs éléments progressistes de l'Action libérale nationale. Cette stratégie lui permet d'obtenir un succès inespéré en enlevant 76 comtés sur 90. Puisque les libéraux gagnent les 14 autres sièges en jeu, cela signifie que seulement deux partis seront représentés à l'Assemblée législative lors de l'ouverture de la session parlementaire, le 7 octobre 1936. [détails]

25 octobre 1939 - Élection des libéraux d'Adélard Godbout à l'Assemblée législative du Québec
Les libéraux d'Adélard Godbout remportent les élections générales avec 54,1% des voix. Ils font élire 70 députés à l'Assemblée législative contre 15 pour leurs plus proches rivaux, les unionistes de Maurice Duplessis.

Avec le déclenchement de la guerre en Europe, le thème de la conscription est au centre de la campagne. Le 30 septembre, le chef libéral Adélard Godbout déclare : «Je vous affirme avec toute la force dont je suis capable que le gouvernement d'Ottawa ne décrétera jamais la conscription militaire tant que vous laisserez la politique libérale diriger vos destinées.» Ce à quoi il ajoute : «Je m'engage sur l'honneur, en pesant chacun de ces mots, à quitter mon parti et même à le combattre, si un seul Canadien français, d'ici la fin des hostilités en Europe, est mobilisé contre son gré sous un régime libéral, ou même un régime provisoire auxquels participeraient nos ministres actuels dans le cabinet de M.King.» Le 4 octobre, à Trois-Rivières, le premier ministre Duplessis lui réplique : «un vote pour Maurice Duplessis, c'est un vote pour l'autonomie...contre la conscription.» Incapable de satisfaire les attentes exprimées en 1936, l'Union nationale subit néanmoins une chute importante dans les intentions de vote qui passent de 56,9%, en 1936, à 39,1%. Les libéraux profitent pour leur part de l'impopularité des unionistes et du support de leurs collègues fédéraux, qui s'élèvent contre une éventuelle conscription pour service outre-mer, pour rallier 54,1% des électeurs. [détails]

8 août 1944 - Élection de l'Union nationale de Maurice Duplessis à l'Assemblée législative du Québec
L'Union nationale de Maurice Duplessis remporte les élections générales avec 38,0% des voix. Elle fait élire 48 députés à l'Assemblée législative contre 37 pour ses plus proches rivaux, les libéraux d'Adélard Godbout.

Les élections de 1944 suivent un mandat chargé au cours duquel les libéraux ont adopté plusieurs lois importantes, accordant le droit le vote aux femmes et créant la société d'État Hydro-Québec. Ils subissent néanmoins la défaite, et ce malgré le fait qu'ils obtiennent 39,3% des voix, soit 1,3% de plus que le parti victorieux, l'Union nationale. Cet échec relègue le premier ministre sortant, Adélard Godbout, au rôle de chef de l'opposition. Pour le gagnant, Maurice Duplessis , il s'agit d'un retour au pouvoir après un premier mandat qui a eu lieu de 1936 à 1939. Soulignons en terminant la performance d'un autre parti, le Bloc populaire. Née en réaction à la conscrption, cette formation dirigée par André Laurendeau obtient 14,4% des voix et fait élire quatre candidats, dont Laurendeau lui-même. [détails]

28 juillet 1948 - Élection de l'Union nationale de Maurice Duplessis à l'Assemblée législative du Québec
Les unionistes de Maurice Duplessis remportent les élections générales avec 51,2% des voix. Ils font élire 82 députés à l'Assemblée législative contre 8 pour leurs plus proches rivaux, les libéraux d'Adélard Godbout.

Il s'agit d'une nette progression pour l'Union nationale par rapport aux élections générales de 1944. Le parti de Maurice Duplessis avait alors obtenu 38,0% des voix. La grande surprise du scrutin est probablement la performance de l'Union des électeurs qui obtient environ 9% des voix. Cette formation, qui sera à l'origine du futur Parti crédit social, n'enlève toutefois aucun comté. Le chef libéral Adélard Godbout quittera son poste de chef de l'opposition l'année suivante. Il siégera au Sénat de 1949 à 1956. [détails]

16 juillet 1952 - Élection de l'Union nationale de Maurice Duplessis à l'Assemblée législative du Québec
Les unionistes de Maurice Duplessis remportent les élections générales avec 50,5 % des voix. Ils font élire 68 députés à l'Assemblée législative contre 23 pour leurs plus proches rivaux, les libéraux de Georges-Émile Lapalme.

L'écart entre le Parti libéral et l'Union nationale s'est sensiblement resserré depuis le scrutin de 1948. Les libéraux obtiennent en effet 15 sièges et 8% de voix de plus qu'à cette occasion. La majorité demeure néanmoins entre les mains de l'Union nationale et de son chef, sur qui le thème de la campagne a été centré («Duplessis donne à sa province»). Les tiers partis ne reçoivent pour leur part qu'un appui marginal puisque seulement 2,5% des électeurs votent pour eux. [détails]

20 juin 1956 - Réélection des unionistes de Maurice Duplessis à l'Assemblée législative du Québec
Les unionistes de Maurice Duplessis remportent les élections générales avec 51,8% des voix. Ils font élire 72 députés à l'Assemblée législative contre 20 pour leurs plus proches rivaux, les libéraux de Georges-Émile Lapalme.

Il s'agit d'une quatrième victoire consécutive pour les unionistes et pour le premier ministre Maurice Duplessis. Encore une fois, la marge qui sépare les deux partis (51,9% contre 44,9%) est accentuée au niveau de la répartition des sièges à cause des inégalités de la carte électrorale. On peut aussi noter que la polarisation du vote entre unionistes et libéraux laisse peu de place aux tiers partis qui ne font élire aucun candidat. Ce sera la dernière victoire pour le premier ministre Duplessis qui décédera en septembre 1959. [détails]

22 juin 1960 - Élection des libéraux de Jean Lesage à l'Assemblée législative du Québec
Les libéraux de Jean Lesage remportent les élections générales avec 51,4 % des voix. Ils font élire 51 députés à l'Assemblée législative contre 43 pour leurs plus proches rivaux, les unionistes d'Antonio Barrette.

L'arrivée au pouvoir du Parti libéral, en 1960, met un terme aux seize années de pouvoir de l'Union nationale et à la carrière politique d'Antonio Barrette qui se retirera quelques mois plus tard. L'élection des libéraux marque un tournant historique pour le Québec. Le slogan de l'«équipe du tonnerre» était d'ailleurs «C'est l'temps qu'ça change». Cette nouvelle phase, qu'un journaliste baptisera plus tard «Révolution tranquille», sera marquée par un rôle accru de l'État québécois, que ce soit dans le secteur de l'économie, de la santé ou de l'éducation. Il est à noter que, dans la défaite, l'Union nationale réussit néanmoins à obtenir les faveurs de 46,6% de l'électorat. Parmi les députés élus que la presse perçoit comme ministrables, soulignons les noms de Paul-Gérin Lajoie, de René Lévesque et de l'ancien chef du Parti libéral, Georges-Émile Lapalme. [détails]

14 novembre 1962 - Réélection des libéraux de Jean Lesage à l'Assemblée législative du Québec
Les libéraux de Jean Lesage remportent les élections générales avec 56,4 % des voix. Ils font élire 63 députés à l'Assemblée législative contre 31 pour leurs plus proches rivaux, les unionistes de Daniel Johnson.

Le thème de la nationalisation de l'électricité, qui est le prétexte pour le déclenchement de ces élections précipitées, profite aux libéraux. Ils améliorent nettement leur résultat de 1960, passant de 51,4% à 56,4% des votes exprimés. L'Union nationale (UN), menée pour la première fois par Daniel Johnson, voit pour sa part son soutien chuter de 46,6% à 42,2 % des intentions de vote. Ce recul signifie que l'UN ne sera plus représentée que par 31 députés à l'Assemblée législative, sa plus faible récolte depuis l'élection générale de 1939. Cette domination des deux formations les plus en vue de la scène politique québécoise ne laisse que 1,3% des suffrages exprimés aux tiers partis. Soulignons aussi que la campagne est marquée, le 11 novembre, par le premier débat télévisé entre les chefs des deux principales formations, le Parti libéral et l'Union nationale, sur les rangs. [détails]

18 avril 1966 - Annonce d'élections générales par le premier ministre Jean Lesage
Le premier ministre du Québec, Jean Lesage , annonce la prorogation de la législature et la tenue d'élections générales pour le 5 juin.

Lesage déclare à cette occasion: «Le gouvernement du Québec doit obtenir de la population un mandat précis qui le guidera dans ses négociations avec Ottawa et les autres provinces en vue d'un nouveau partage de la fiscalité.» Le 5 juin 1966, ce sont toutefois les Unionistes de Daniel Johnson qui remporteront l'élection générale, malgré le fait que les Libéraux récolteront un plus fort pourcentage du vote. [détails]

29 avril 1970 - Élection des libéraux de Robert Bourassa à l'Assemblée nationale du Québec
Les libéraux de Robert Bourassa remportent les élections générales avec 45,4 % des voix. Ils font élire 72 députés à l'Assemblée nationale contre 17 pour leurs plus proches rivaux, les unionistes de Jean-Jacques Bertrand.

Le partage des votes entre quatre formations (Parti libéral, Union nationale, Ralliement créditiste, Parti québécois) permet aux libéraux de faire élire 72 députés avec 45,4% des voix. Quatre ans auparavant, la Parti libéral n'avait fait élire que 50 députés malgré le support de 47,2% des électeurs. Le verdict de la population est particulièrement dur pour l'Union nationale (UN). Après quatre années au gouvernement, le parti de Jean-Jacques Bertrand ne reçoit en effet l'appui que de 19,6% des électeurs, une baisse spectaculaire par rapport aux 40,8% obtenus en 1966. La présence de deux partis qui en sont à leur première participation aux élections provinciales, le Ralliement créditiste (RC) et le Parti québécois (PQ), est en partie responsable de cette baisse de popularité de l'UN. Le RC de Camil Samson fait élire 12 députés avec 11,2% du vote alors que le PQ de René Lévesque, qui ne réussit à faire élire que sept députés, termine deuxième au niveau du nombre d'électeurs avec 23,1% des voix. Cette victoire libérale fait de Robert Bourassa, un économiste de 36 ans, le plus jeune premier ministre de l'histoire du Québec. [détails]

29 octobre 1973 - Réélection des libéraux de Robert Bourassa à l'Assemblée nationale du Québec
Les libéraux de Robert Bourassa remportent les élections générales avec 54,7% des voix. Ils font élire 102 députés à l'Assemblée nationale contre six pour leurs plus proches rivaux, les péquistes de René Lévesque.

Le déclenchement prématuré des élections générales profite au premier ministre Robert Bourassa qui mène le Parti libéral à une éclatante victoire. Seuls le Parti québécois, avec six sièges, et le Ralliement créditiste, avec deux, parviennent à empêcher les libéraux de monopoliser les 110 circonscriptions du Québec. Le scrutin de 1973 marque un net recul pour l'Union nationale (UN) qui, en plus de chuter à 4,9% des intentions de vote, ne parvient pas à faire élire un seul candidat. Il s'agit d'une première pour l'UN depuis sa fondation en 1936. Enfin, le Parti québécois (PQ) de René Lévesque obtient maintenant le support de 30,2% de l'électorat, une progression qui ne lui permet cependant pas de faire une percée importante à l'Assemblée nationale puisque sa représentation passe de sept à six députés. Lévesque lui-même est défait dans Dorion, un sort que partagent plusieurs têtes d'affiche du parti, dont Jacques Parizeau et Claude Morin. [détails]

15 novembre 1976 - Élection du Parti québécois de René Lévesque à l'Assemblée nationale du Québec
Le Parti québécois, dirigé par René Lévesque, remporte les élections générales avec 41,4% des voix. Il fait élire 71 députés à l'Assemblée nationale contre 26 pour ses plus proches rivaux, les libéraux de Robert Bourassa.

Plus de trois millions de Québécois se rendent aux urnes lors de ces élections générales, les premières qui portent un gouvernement souverainiste au pouvoir. Les marchés boursiers et la classe politique canadienne attendent maintenant de voir quelles orientations le nouveau gouvernement adoptera au début de ce mandat qui s'annonce mouvementé. Par rapport au scrutin de 1973, les libéraux de Robert Bourassa subissent une perte de plus de 20% des voix et de 76 sièges. Bourassa lui-même est défait dans sa circonscription de Mercier. L'Union nationale, sous la gouverne de Rodrigue Biron, effectue quant à elle un gain de 13% et de 11 sièges. Un partisan du Parti québécois, Laurent Leclerc, résume en ces mots le courant d'enthousiasme qui accompagne la victoire du PQ : «C'était l'espoir. On avait l'impression que tout pouvait arriver. On avait le sentiment qu'on faisait arriver les choses (...) C'était la démence, la folie, et on voyait les résultats rentrer!» Il est toutefois entendu qu'une éventuelle accession du Québec à la souveraineté devra d'abord passer par la tenue d'un référendum qui sera tenu au cours du prochain mandat. Le 25 novembre, René Lévesque sera assermenté au poste de premier ministre. [détails]

13 avril 1981 - Réélection du Parti québécois dirigé par René Lévesque à l'Assemblée nationale du Québec
Le Parti québécois, dirigé par René Lévesque, remporte les élections générales avec 49,3% des voix. Il fait élire 80 députés à l'Assemblée nationale contre 42 pour son plus proche rival, le Parti libéral de Claude Ryan.

Imprévisible un an auparavant, à la suite de la défaite du «Oui» lors de la campagne référendaire, la victoire du Parti québécois (PQ) marque la polarisation de la scène politique québécoise entre cette formation et le Parti libéral (PLQ) de Claude Ryan. Le PLQ obtient en effet 46,1% des voix et fait élire 42 députés, ce qui signifie que tous les autres partis réunis, dont l'Union nationale dirigée par Roch Lasalle, ont récolté moins de 5% des voix et n'ont pu faire élire un seul candidat à l'Assemblée nationale. La défaite des libéraux sera suivie, en 1982, par la démission de leur chef, Claude Ryan. L'ex-premier ministre Robert Bourassa lui succédera. Le PQ conservera le pouvoir jusqu'en 1985, année de la démission de son chef René Lévesque à qui Pierre Marc Johnson succédera. [détails]

2 décembre 1985 - Élection des libéraux de Robert Bourassa à l'Assemblée nationale du Québec
Les libéraux de Robert Bourassa remportent les élections générales avec 56,0% des voix. Ils font élire 99 députés à l'Assemblée nationale contre 23 pour leurs plus proches rivaux, les péquistes de Pierre Marc Johnson.

La victoire du Parti libéral (PLQ) couronne un des plus beaux retours de l'histoire de la politique québécoise. Malgré sa défaite personnelle dans la circonscription de Bertrand, Robert Bourassa a réussi à ramener les libéraux au pouvoir après neuf années de gouvernement péquiste. Le Parti québécois voit d'ailleurs sa représentation chuter brutalement par rapport au scrutin de 1981. En effet, il ne lui reste plus que 23 députés, comparativement aux 80 qu'il avait fait élire quatre ans auparavant. Les élections de 1985 seront les seules auxquelles participera Pierre Marc Johnson comme chef du Parti québécois (PQ). Sa démission, en 1987, ouvrira la voie au retour de Jacques Parizeau. Enfin, le vote de 1985 confirme la polarisation entre les deux grands partis, puisque le PQ et le PLQ ont récolté environ 95 % des voix exprimées. [détails]

25 septembre 1989 - Réélection des libéraux de Robert Bourassa à l'Assemblée nationale du Québec
Les libéraux de Robert Bourassa remportent les élections générales avec 49,9% des voix. Ils font élire 92 députés à l'Assemblée nationale contre 29 pour leurs plus proches rivaux, les péquistes de Jacques Parizeau.

Malgré un recul de quelques sièges pour les libéraux, il s'agit d'une deuxième victoire consécutive, et une quatrième en carrière, pour Robert Bourassa . Il défait cette fois Jacques Parizeau qui avait pris la tête du Parti québécois après le départ de Pierre Marc Johnson . Comme en 1985, ces deux partis se partagent la grande majorité des voix. Une nouvelle formation, le Parti Égalité, vient cependant brouiller les cartes dans l'Ouest de Montréal en faisant élire quatre candidats (Robert Libman, Gordon Atkinson, Richard Holden, Neil Cameron). Ces gains, qui se font aux dépens du Parti libéral, se veulent une réaction à l'endroit des lois linguistiques adoptées par le gouvernement de Robert Bourassa l'année précédente. [détails]

12 septembre 1994 - Élection du Parti québécois de Jacques Parizeau à l'Assemblée nationale du Québec
Le Parti québécois (PQ), dirigé par Jacques Parizeau , remporte les élections générales avec 44,7% des voix. Il fait élire 77 députés à l'Assemblée nationale contre 47 pour son plus proche rival, le Parti libéral (PLQ) de Daniel Johnson fils.

Même si les résultats du vote populaire sont extrêmement serrés (44,7% contre 44,4%), la répartition plus équilibrée des appuis au PQ à travers la province lui permet d'obtenir une nette majorité au niveau des sièges (77 contre 47). Le chef victorieux, Jacques Parizeau, parle dès le soir de la victoire d'enclencher au cours de l'année à venir les mécanismes qui mèneront à la tenue d'un référendum sur la souveraienté. Devant ses partisans réunis au théâtre Le Capitole de Québec, il déclare : «La campagne qui se termine a été marquée, évidemment, par un débat fondamental entre libéraux et souverainistes. C'est un débat qui est un grand débat. Et en attendant le rendez-vous de 1995, je sais cependant qu'entre gens de bonne volonté au Québec, on sera capables de s'entendre, d'avoir une sorte de trêve, au moins pour assurer le relèvement du Québec, qu'il se sorte des ornières dans lequel il est tombé depuis trop longtemps.» Le scrutin de 1994 est marqué par l'apparition d'une nouvelle formation : l'Action démocratique du Québec. Celle-ci ne récolte environ que 6,5% des voix, mais elle réussit à faire élire son jeune chef, Mario Dumont, dans la circonscription de Rivière-du-Loup. Il s'agit d'une troisième victoire électorale pour le PQ qui avait remporté les élections générales de 1976 et 1981 sous René Lévesque. Le chef libéral, Daniel Johnson fils, dirigera l'opposition jusqu'à ce qu'il se retire de la politique en 1998. [détails]

30 novembre 1998 - Réélection du Parti québécois de Lucien Bouchard à l'Assemblée nationale du Québec
Le Parti québécois (PQ), dirigé par Lucien Bouchard, remporte les élections générales avec 42,9% des voix. Il fait élire 77 députés à l'Assemblée nationale contre 46 pour son plus proche rival, le Parti libéral (PLQ) de Jean Charest.

La lutte s'avère intéressante entre deux anciens ministres conservateurs fédéraux, Bouchard et Charest, maintenant à la tête de deux formations oeuvrant sur la scène provinciale. C'est la première fois depuis 1966 que la parti qui récolte le plus de voix ne remporte pas les élections générales au Québec. Le PLQ obtient en effet 43,6% des votes, contre 42,9% pour le PQ, mais ne réussit à faire élire que 46 députés. Ce résultat constitue une surprise car les sondages réalisés au cours de la campagne donnaient le PQ de Lucien Bouchard favori, tant au niveau des intentions de vote que de la répartition des sièges. L'Action démocratique du Québec (ADQ), dirigée par Mario Dumont, reçoit pour sa part l'appui de 11,8% des électeurs inscrits, mais ne fait élire qu'un seul député, soit le chef Mario Dumont. En tout, 77% des électeurs admissibles se prévalent de leur droit de vote, un pourcentage plutôt bas pour des élections générales au Québec. [détails]

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