Littérature

 

Littérature

Vicky Gagnon
Ce document a été généré dynamiquement par le Bilan du siècle.
Université de Sherbrooke - 2004-04-18
Événements

1904 - Publication du roman «Marie Calumet» de Rodolphe Girard
Dans son roman «Marie Calumet», Rodolphe Girard brosse un portrait des moeurs d'un village québécois et de ses habitants. Léger mais empreint d'une certaine ironie, notamment à l'égard du clergé, le récit choque grandement l'évêque de Montréal, Mgr Paul Bruchési, qui condamne l'ouvrage dès sa publication.

Le roman raconte l'histoire d'une femme dans la quarantaine qui s'installe dans le village de Saint-Illdefonse [sic]. Engagée au presbytère du curé Flavel, elle ne tarde pas à se tailler une place dans le paysage, bouleversant la vie du presbytère et de la paroisse. Les autorités cléricales de l'époque reprochent à l'auteur de profaner l'activité sacerdotale en décrivant le quotidien d'un presbytère de manière triviale et blasphématoire, ceci en partie en raison d'un passage où l'héroïne du roman aura montré malencontreusement ses fesses à l'ensemble de la communauté. La critique, quant à elle, souligne le caractère grostesque de l'oeuvre, son ridicule et son écart par rapport au roman du terroir. On reproche à Girard de déformer les moeurs campagnardes et d'atteindre à la pudeur par quelques furtives allusions à la sexualité. [détails]

1904 - Publication du livre «Émile Nelligan et son oeuvre»
Louis Dantin, ami et mentor d'Émile Nelligan, fait paraître le recueil «Émile Nelligan et son oeuvre». Cet ouvrage contribue à faire connaître le jeune poète qu'on a interné en août 1899 et qui n'a jusque-là publié que 33 poèmes dans diverses revues. Ce recueil, en plus de marquer son époque, fera l'objet de trois rééditions au cours du XXe siècle.

Riche d'une longue préface, le recueil d'Émile Nelligan retient de l'oeuvre 107 poèmes, tout ce qui, selon Dantin, «peut servir la gloire de nos lettres et celle de notre malheureux ami». On dira du travail de Louis Dantin qu'il a contribué largement à la naissance du mythe entourant la vie et l'oeuvre du poète de 19 ans, figure alors associée à l'École littéraire de Montréal. Mais Nelligan est bien plus qu'un mythe: en effet, il marque un tournant important dans l'histoire de la poésie québécoise en osant dépasser les bornes étroites du patriotisme et de l'éloge à la terre. Teintés des oeuvres d'auteurs tels Baudelaire et Verlaine, les poèmes de Nelligan suivent deux tendances particulières soit la personnification et le symbolisme. La thématique que Nelligan développe gravite autour de trois pôles majeurs: la musique, l'enfance, la femme et cette étrange tristesse qui se transformera peu à peu en abîme au fil de l'écriture. Fortement empreint d'amertume et de colère, le lyrisme particulier du jeune poète se révèle souvent très sombre. Avec Nelligan, c'est donc l'émergence au Québec d'une poésie assurément moderne, symboliste par le fond et parnassienne par la forme. [détails]

1907 - Publication de l'ouvrage «Essai sur la littérature canadienne» par l'abbé Camille Roy
Ce livre est le premier consacré à la critique littéraire publié au Québec. Il démontre l'existence d'une littérature nationale chez les Canadiens français.

Cette oeuvre de l'abbé Camille Roy se veut un panorama de la littérature des années 1900 à 1911. L'abbé fait notamment la promotion d'une littérature typiquement québécoise, exhortant les écrivains à ne pas imiter le style français. [détails]

1914 - Publication du roman «Le Débutant» d'Arsène Bessette
Arsène Bessette tire profit de ses expériences professionnelles et sentimentales dans son ouvrage «Le Débutant». Ce roman de moeurs sera condamné par l'Église en raison des vues libérales et novatrices de son auteur.

Empreint d'humour et de fantaisie, «Le Débutant» offre une réflexion sur les moeurs électorales québécoises au début du XXe siècle, de même que sur les obstacles rencontrés par un jeune écrivain canadien-français dans sa quête d'épanouissement personnel. [détails]

27 janvier 1914 - Publication du roman «Maria Chapdelaine» en feuilleton
C'est en feuilleton, dans les pages du quotidien parisien «Le Temps», que paraît en 1914 le roman de Louis Hémon «Maria Chapdeleine. Récit du Canada français». Deux ans plus tard, l'éditeur montréalais Joseph-Alphonse Lefebvre consent à publier le roman, passé jusqu'alors inaperçu. En 1921, ce sont les Éditions Grasset qui rachèteront les droits d'auteur et feront paraître la première véritable édition française de «Maria Chapdeleine». Elle connaîtra un succès retentissant que l'auteur, décédé en 1913, n'aura malheureusement pas le plaisir de savourer.

Authentique roman du terroir, «Maria Chapdeleine» brosse un portrait des moeurs à Péribonka, au Saguenay, à l'époque de la colonisation. L'action est centrée autour de Maria, l'aînée de la famille Chapdeleine, et de ses trois prétendants : François Paradis, Lorenzo Surprenant, Eutrope Gagnon. Ce dernier obtiendra finalement les faveurs de la belle. À travers les ans, la vie de cette jeune paysanne deviendra un véritable symbole de la Famille, de la Patrie, de la Religion, une incarnation des valeurs conservatrices. Le roman «Maria Chapdelaine» sera réédité à maintes reprises, traduit dans une vingtaine de langues et adapté pour la scène et la radio et le cinéma (Duvivier, 1934; Allégret, 1950; Carle, 1983). [détails]

13 septembre 1915 - Inauguration de la Bibliothèque de Saint-Sulpice de Montréal
Un «nouveau palais des livres» ouvre ses portes sur la rue Saint-Denis, à Montréal, alors que la cérémonie d'ouverture de la Bibliothèque de Saint-Sulpice accueille plusieurs personnalités publiques.

La cérémonie d'ouverture de la Bibliothèque de Saint-Sulpice de Montréal se tient en après-midi en présence du lieutenant-gouverneur du Québec, Evariste Leblanc. Le discours d'ouverture est prononcé par l'abbé Lecocq, supérieur des Sulpiciens. Assistent aussi à l'inauguration, Mgr Paul Bruchési, archevêque de Montréal, le ministre fédéral de la justice, Charles Doherty, le premier ministre du Québec, Lomer Glouin, l'échevin J.-B. Saint-Pierre, le maire de la ville de Montréal, Médéric Martin, ainsi que le conservateur de la bibliothèque, M. Aegidius. [détails]

1918 - Publication de «La Scouine» par Albert Laberge
La publication du roman «La Scouine» d'Albert Laberge s'échelonne sur plusieurs années, compte tenu des craintes de l'auteur face à d'éventuelles condamnations de la part de la critique officielle et des élites dirigeantes. Les premiers chapitres du roman ont paru dans divers périodiques dès 1903. Ils s'adressaient à un cercle de lecteurs relativement restreint.

En 1918, c'est à compte d'auteur qu'une soixantaine d'exemplaires sont publiés, résultat de l'assemblage des différentes scènes composant le roman. Celui-ci dépeint les moeurs paysannes, mais au lieu d'en présenter une image idéalisée, l'auteur choisit de mettre l'emphase sur des aspects plus sombres comme la misère des ménages, l'exploitation des cultivateurs et la mainmise de l'Église sur les consciences. L'histoire raconte la vie de la famille Deschamps et s'articule principalement autour de la Scouine, une jeune femme cruelle et sadique. Ce portrait plutôt sinistre, dans lequel Laberge inclut un épisode de jouissance solitaire, méritera à l'auteur une vive réprobation de la part de monseigneur Paul Bruchési, l'archevêque de Montréal, qui qualifiera le texte d'«ignoble pornographie». Il faudra attendre la réédition de 1972 pour que le public québécois puisse enfin redécouvrir «La Scouine». [détails]

1922 - Publication du roman «L'appel de la race» de l'abbé Lionel Groulx
Sous le nom d'Alonié de Lestres, l'abbé Lionel Groulx , professeur d'histoire à l'Université de Montréal, publie le roman «L'appel de la race».

Le roman raconte la vie de Jules Lantagnac, un avocat franco-ontarien déchiré par la crise des écoles qui bouleverse la minorité francophone en Ontario. Cette histoire à forte saveur nationaliste reflète les opinions politiques de son auteur, ce qui suscite de vives réactions tant chez les partisans que les détracteurs de l'abbé Groulx. [détails]

1925 - Publication du recueil de poésie «À travers les vents» de Robert Choquette
À 20 ans, Robert Choquette publie un premier recueil de poésie intitulé «À travers les vents». Bien accueilli par la critique, ce recueil vaudra le prix David à son auteur, en 1926.

Dans cette oeuvre, on peut remarquer l'influence de Victor Hugo. On dit toutefois de Choquette que «même s'il a retenu la leçon respiratoire de Victor Hugo, (il) a sû donner à ses vers de jeunesse une frénésie bien personnelle. Les images abondent et elles sont hugoliennes». Cet ouvrage marque le début de la carrière littéraire de Robert Choquette qui, en plus d'écrire de la poésie et des romans, produira des feuilletons radiophoniques et des séries pour la télévision. [détails]

1926 - Acquisition par Albert Lévesque de la Bibliothèque de l'Action française
Albert Lévesque devient le premier éditeur professionnel de littérature générale au Québec. Entre 1926 et 1937, sa maison publiera plus de 240 titres.

Collaborateur de la Bibliothèque de l'Action française, Albert Lévesque prend en flagrant délit de fraude Victor Hermann, le gérant de la Librairie, propriété de la Ligue de l'Action française. Pour étouffer un scandale et éviter la faillite, la Ligue de l'action française vend la librairie et la bibliothèque à Lévesque pour une somme symbolique. Seule condition de la vente : Lévesque devra poursuivre pendant trois ans la publication de l'«Almanach de la langue française» et de la revue «L'Action française». Au terme de l'expiration du contrat et de sa rupture avec la ligue, Lévesque commencera à publier sous son propre nom. Les Éditions Albert Lévesque seront dirigées par Lévesque lui-même de 1926 à 1937. Il deviendra ainsi le premier éditeur professionnel de littérature générale au Québec. Lui et Louis Carrier, des Éditions du Mercure, seront les premiers à séparer leurs activités éditoriales des domaines de la librairie et de l'imprimerie. À des auteurs nationalistes tels que Olivier Maurault, Jean Bruchési, Lionel Groulx et Édouard Montpetit , s'ajouteront des auteurs plus «individualistes»: Albert Pelletier, Claude-Henri Grignon , Lucien Parizeau, Éva Senécal, Jovette Bernier et Alice Lemieux. À propos de la collection «Romans de la jeune génération», lancée en 1930, Albert Lévesque écrit: «Cette série a été inaugurée dans le dessein de modifier l'orientation de nos oeuvres romanesques. Jusqu'ici nos écrivains semblaient limiter leur inspiration aux sources historiques et régionalistes, sinon apologétiques, voire romans à thèses nationales ou religieuses. En se confinant à ce genre, nos romans n'avaient guère la chance d'intéresser les étrangers ni même notre public cultivé. D'aucuns se demandaient s'il était interdit aux Canadiens français d'exploiter les richesses universelles du coeur humain, tout en s'inspirant des expériences, des moeurs et des tempéraments canadiens. La psychologie de nos individus ou celle de nos classes sociales ne mérite-t-elle pas d'être étudiée? Trouverait-on un éditeur assez audacieux pour prendre les risques de lancer de tels ouvrages, qui ne manqueraient pas de susciter une réaction? Nous avons été choisi comme instrument.» [détails]

1930 - Publication du recueil «À l'ombre de l'Orford» d'Alfred DesRochers
Dans son recueil de poésie «À l'ombre de l'Orford», Alfred Desrochers poursuit un idéal de perfection formelle amorcé avec «L'Offrande aux vierges folles», son premier recueil publié onze mois auparavant. Fortement imprégnée de l'esthétique parnassienne, la poétique de DesRochers dresse un portrait mi-réaliste, mi-romantique de la campagne des Cantons de l'Est. L'oeuvre, qui est accueillie favorablement, recevra le prix de l'Action canadienne-française de la jeunesse catholique.

La qualité du recueil s'explique notamment par l'irréprochable alignement de trente-trois sonnets finement ciselés, rivalisant avec ceux de maîtres tels Émile Nelligan et Paul Morin. Fort d'un élan lyrique vif et emporté, Alfred DesRochers loue la grandeur des ancêtres, la gloire du passé, retraçant la vie dans les chantiers, les différents travaux de la ferme, les fêtes champêtres, les paysages, les paysans, etc. La parution du recueil « À l'ombre de l'Orford » ne passe pas inaperçue. Elle méritera à son auteur les éloges de ses contemporains et une place unique parmi les poètes québécois du XXe siècle. [détails]

1933 - Publication du roman «Un Homme et son péché» de Claude-Henri Grignon
Le roman «Un homme et son péché» de Claude-Henri Grignon raconte les tribulations de Séraphin Poudrier, avare notoire qui, grâce à ses fonctions de maire et d'agent de la colonisation, exerce un certain contrôle sur les habitants d'un village des Hautes-Laurentides. Honoré du prix David en 1935, ce roman fera l'objet de multiples adaptations, tant à la radio, qu'au cinéma et à la télévision.

L'histoire de Séraphin Poudrier et de sa femme Donalda, qui se déroule à la fin du XIXe siècle, raconte la vie d'un homme prêt à tout sacrifier pour accroître sa richesse. Le roman se présente en deux parties : la première fixe la relation dominant/dominé qui régit les rapports entre Séraphin et Donalda, la deuxième montre un Séraphin qui s'engloutit tout entier dans son vice, quitte à y perdre son âme et sa raison. Après sa parution en 1933, le roman fera l'objet de près de dix rééditions. [détails]

26 avril 1934 - Mise à l'index du roman «Les Demi-civilisés» de Jean-Charles Harvey
Dans son roman «Les Demi-civilisés», Jean-Charles Harvey livre une critique acerbe de l'idéologie de conservation mise de l'avant par le clergé et les élites canadiennes-françaises. Moins d'un mois après sa parution, l'archevêque de Québec, le cardinal Rodrigue Villeneuve, déclare la mise à l'index formelle du roman, beaucoup trop audacieux pour son temps.

«Les Demi-civilisés» est le deuxième roman d'un auteur déjà confirmé dans sa trajectoire contestataire. Rédacteur en chef au quotidien «Le Soleil » de Québec, Jean-Charles Harvey n'avait jusque-là pas manqué d'écorcher à l'occasion tant les membres du clergé catholique que ceux qu'il nomme avec mépris les «barbares en smoking», dont il récupère le symbole dans l'appellation des «demi-civilisés». Dans ce roman, c'est toute la vision sociale de l'auteur qui s'exprime : un idéal de liberté où l'individu aurait enfin tout le loisir de bâtir ses propres lois, sa propre morale. Mais Harvey devra payer cher son hardiesse, puisque immédiatement après la condamnation publique des «Demi-civilisés», la direction du «Soleil» exigera sa démission. Ses amis du Parti libéral tenteront bien de lui trouver un emploi dans la fonction publique mais, une fois encore, le cardinal Villeneuve interviendra et c'est au poste de directeur du Bureau de la statistique qu'aboutira l'irrévérencieux auteur. [détails]

1937 - Publication du recueil «Regards et jeux dans l'espace» de Hector de Saint-Denys Garneau
Écrit en vers libres dans un style tout à fait original, le recueil de poésie «Regards et jeux dans l'espace» de Hector de Saint-Denys Garneau reçoit un accueil si mitigé qu'il amène l'auteur à retirer du marché le reste de ses exemplaires.

«Regards et jeux dans l'espace» est un recueil de 28 poèmes. La lecture linéaire de l'oeuvre illustre les divers moments de l'itinéraire psychologique de l'auteur. Des moments d'euphorie imprègnent parfois le chemin emprunté par Garneau, comme la fascination des jeux d'eau et de lumière, la griserie des espaces aériens, les yeux rassasiés de beauté, et surtout l'enfant créateur de mondes merveilleux. Néanmoins, tout est si fragile, évanescent et ambigu dans cet univers que le regard de l'auteur en devient brouillé et les jeux dérangés. Il est alors condamné au spleen et à l'idéal, à la recherche d'un équilibre, un peu comme Baudelaire. Considéré comme un poète moderne grâce à l'invention d'une écriture et par son travail novateur sur le langage, Garneau traduit une angoisse insurmontable et une solitude infinie parce que la quête d'une identité ne peut franchir la distance infranchissable du sujet lui-même. Enfin, comme Nelligan, Saint-Denys Garneau a contribué à enrichir l'imagination québécoise par la fascination qu'exerce sa mort prématurée. [détails]

1937 - Publication du roman «Menaud maître-draveur» de Félix-Antoine Savard
Considéré comme un des derniers romans du terroir, «Menaud, maître-draveur» de Félix-Antoine Savard obtient un succès retentissant. Dix ans après sa parution, en 1947, il fera même l'objet d'une traduction anglaise sous le titre «Boss of the River».

Le roman raconte l'histoire de Menaud, un personnage veuf et âgé d'une soixantaine d'années qui conduit dans la montagne un convoi de draveurs pour le compte des Anglais. Cette ascension est marquée par de nombreux incidents qui, pour Savard, sont prétexte à aborder des thèmes comme l'amour, la vengence et la folie. Les critiques ne manqueront pas de souligner la ressemblance frappante entre ce roman et «Maria Chapdelaine» de Louis Hémon. [détails]

1938 - Publication du roman «Trente arpents» de Ringuet
«Trente arpents» de Philippe Panneton (Ringuet), est souvent considéré comme le roman «qui clôt la littérature du terroir». L'auteur trace un portrait des réalités changeantes de la société québécoise à travers la vie de son personnage principal, un cultivateur qui quitte la terre familiale pour aller vivre aux États-Unis.

«Trente arpents» est un roman divisé en quatre parties qui correspondent aux quatre saisons de l'année. Il raconte la vie d'Euchariste Moisan, un cultivateur qui, après avoir consacré sa vie à la terre et à sa famille, en vient, après quelques mésaventures, à céder sa terre à son fils Étienne. Il s'exile ensuite chez un autre de ses fils dans une petite ville de la Nouvelle-Angleterre, White-Falls, où il devient gardien de garage, mais sans jamais se sentir vraiment chez lui. [détails]

1938 - Publication du roman «Les Engagés du Grand Portage» de Léo-Paul Desrosiers
Dans son roman «Les Engagés du Grand Portage», Léo-Paul Desrosiers entraîne ses lecteurs dans l'univers du commerce des fourrures au début du XIXe siècle.

Dans «Les Engagés du Grand Portage», Léo-Paul Desrosiers raconte la dure réalité des voyageurs tentés par la conquête du nord-ouest québécois et le commerce des fourrures au début du XIXe siècle. [détails]

1944 - Publication du roman «Au pied de la Pente douce» de Roger Lemelin
Avec «Au pied de la Pente douce», Roger Lemelin écrit un des premiers grands romans québécois dont l'action se situe en milieu urbain. Avec ironie, il trace le portrait d'une communauté paroissiale défavorisée de la ville de Québec à travers la vie quotidienne de trois adolescents.

Ce premier roman de Lemelin reçoit un accueil très favorable de la critique. Il méritera à son auteur de nombreuses distinctions, dont le prix David et le Prix de la langue française. [détails]

Mai 1944 - Publication du livre «Les Îles de la nuit» d'Alain Grandbois
Ce recueil de poésie d'Alain Grandbois s'inscrit dans un courant d'oeuvres littéraires novatrices au Québec qui reflètent une plus grande ouverture «à la modernité».

Les «Îles de la nuit» contient 28 poèmes accompagnés de cinq dessins du peintre Alfred Pellan. D'un dynamisme créateur et déroutant par les formes qu'il adopte et par l'univers thématique d'une richesse inhabituelle, ce recueil montre une angoisse, une expérience et une inquiétude qui s'inscrivent à l'origine de la conscience poétique de Grandbois. [détails]

1945 - Publication du roman «Le Survenant» de Germaine Guèvremont
Dans son roman «Le Survenant», Germaine Guèvremont présente un portrait de la vie rurale qui tranche avec celui des romans traditionnels du terroir. Le livre connaîtra un beau succès auprès des critiques. Il inspirera un radio-feuilleton et une série télévisée qui seront très populaires auprès du public.

L'action de ce roman se déroule au Chenal du Moine, village perturbé par l'arrivée d'un mystérieux étranger : le Survenant. Celui-ci loge et travaille chez les Beauchemin, une famille qui n'a qu'un fils, Amable, malade et sans endurance. Homme de plusieurs talents, le Survenant gagne le coeur d'Angélina qu'il quittera éventuellement, tout comme la terre des Beauchemin. «Le Survenant» est, avec «Marie-Didace», un des rares romans québécois écrit par une femme à avoir reçu un accueil positif de la critique. [détails]

Juin 1945 - Publication du roman «Bonheur d'occasion» de Gabrielle Roy
Pour raconter la vie d'une famille ouvrière de Saint-Henri au milieu de la Deuxième Guerre mondiale, Gabrielle Roy opte pour une approche réaliste et urbaine. L'ouvrage est un succès commercial immédiat pour la romancière qui en est à son tout premier livre. Traduit en plusieurs langues, acclamé par la critique, «Bonheur d'occasion» roman vaut à son auteure la célébrité.

François Ricard, biographe de Gabrielle Roy et professeur de lettres fançaises à l'Université McGill, écrira : «Bonheur d'occasion est un événement majeur dans l'histoire de la littérature québécoise et canadienne, où il représente une rupture décisive que la critique a abondamment commentée.» En 1974, Gabrielle Roy expliquera comment la rédaction a été précédée d'enquêtes minutieuses sur le terrain : «je m'y promenai je ne sais combien de fois, des centaine de fois sans doute, à toutes les heures du jour et même de la nuit.» Le roman, d'abord publié en deux tomes, raconte l'histoire de la famille Lacasse. Azarius, un peu rêveur, est un ouvrier qui perd son emploi. La maisonnée, pleine d'enfants, est minée par la maladie et la mort. Portrait des conditions de vie, l'ouvrage constitue une dénonciation de la situation des classes laborieuses durement affectées par la crise économique et la crise du logement qui sévit à Montréal. Au coeur du roman : le couple Florentine Lacasse et Jean Lévesque, l'histoire complexe et déchirante d'une jeune femme qui doit faire des choix difficiles. L'ouvrage fera l'objet d'une adaptation cinématographique au cours des années 80. [détails]

1946 - Publication du livre «Pieds nus dans l'aube» de Félix Leclerc
Dans «Pieds nus dans l'aube», Félix Leclerc décrit la société villageoise en Haute-Mauricie telle qu'il l'a connue lors de son adolescence, au cours des années 20.

La parution de «Pieds nus dans l'aube», un récit autobiographique signé Félix Leclerc , soulève une véritable polémique chez les critiques littéraires de l'époque. Le roman renferme les réflexions et les états d'âme d'un narrateur qui retourne dans le passé, plus précisément à l'âge de ses douze ans, pour y décrire sa vision du monde empreinte de pureté d'innocence. [détails]

1946 - Présentation de la première montréalaise de la pièce «Huis clos» de Jean-Paul Sartre
La troupe de L'Équipe de Pierre Dagenais présente la pièce «Huis clos», de Jean-Paul Sartre, en première montréalaise. L'oeuvre met en en évidence Muriel Guilbault et Jean Saint-Denis dans les rôles principaux.

Après la Deuxième Guerre mondiale, le théâtre est en pleine révolution au Québec. Si la majorité des troupes jouent encore Molière et Shakespeare, on découvre également Cocteau, Shaw ou les jeunes créateurs québécois. C'est avec cette soif de découverte et d'expérimentation que de nombreuses troupes se créent à cette époque. Dans le cas de «Huis clos», le risque de présenter une nouveauté se transforme bientôt en succès et Jean-Paul Sartre lui-même, vient à Montréal et a droit à une représentation de nuit, en son honneur. La première mondiale de «Huis clos» avait eu lieu deux ans auparavant, en mai 1944, en France, au théâtre du Vieux-Colombier. [détails]

1948 - Publication du recueil de poésie «Le Vierge incendié» de Paul-Marie Lapointe
Après des études à l'École des Beaux-Arts de Montréal, Paul-Marie Lapointe publie un recueil de poésie «pénétrant et violemment surréaliste» : «Le Vierge incendié». Lapointe délaisse ensuite la poésie pour se consacrer au journalisme. Il fera un retour remarqué au début des années 60, publiant des oeuvres qui récolteront de nombreux prix.

Inspiré par la lecture de Rimbaud et d'Éluard, Paul-Marie Lapointe offre 100 textes, 79 poèmes en prose, 18 en vers libres et 3 en vers rimés, répartis en 5 parties qui rendent compte de la thématique de l'oeuvre : «Crânes scalpés», «Vos ventres lisses», «On dévaste mon coeur», «Il y a des rêves», et «La création du monde». Les tableaux du poète peuvent s'interpréter par des figures et des sonorités puis suggérer le temps et l'espace par des fonctions et des représentations. Autre trait notoire chez Lapointe : Éros et Thanatos apparaissent comme des images fondamentales, rejoignant ainsi les thèmes de l'amour et de la mort. Ces thèmes s'expriment dans une poésie de révolte et de violence, mais contribuent à la création d'un monde nouveau par les forces révolutionnaires du rêve. [détails]

1948 - Publication du roman «Au-delà des visages» d'André Giroux
En retrait du champ romanesque traditionnel en raison de l'absence du personnage principal, «Au-delà des visages» se présente comme une série de réflexions, par personnes interposées, au sujet de Jacques Langlet, le meurtrier d'une jeune femme.

Cette oeuvre d'André Giroux est constituée de quinze chapitres offrant autant de perspectives spécifiques sur le personnage principal, pourtant absent de l'intrigue. Pour y parvenir, l'auteur varie les styles : descriptions externes, soliloques, dialogues, formes épistolaires et même éditorial de journal. Ces scènes se rapportent pour la plupart à des personnages aux types sociaux relativement différents mais en lien avec le héros, Jacques Langlet. [détails]

1948 - Publication du roman «Les Plouffe» de Roger Lemelin
Couronné par l'Académie des arts et des lettres, en 1954, le roman «Les Plouffe» de Roger Lemelin est adapté pour la télévision à partir de 1953. Il fera également l'objet d'un long-métrage au cours des années 70.

Écrit par Roger Lemelin , le roman «Les Plouffe» raconte l'histoire d'une famille ouvrière de la ville de Québec dont les membres (le père Théophile, la mère Joséphine, les enfants Guillaume, Napoléon, Cécile et Ovide) connaissent succès et déboires. [détails]

9 août 1948 - Publication du «Refus global» par Paul-Émile Borduas
On procède à la publication de 400 exemplaires du «Refus global». Ce manifeste, signé par 15 membres du groupe automatiste, dont Paul-Émile Borduas, Claude Gauvreau et Jean-Paul Riopelle, questionne les valeurs traditionnelles et rejette l'immobilisme de la société québécoise. La participation de Borduas au manifeste lui coûtera son emploi à l'École du meuble.

Le «Refus global» comprend neuf textes et plusieurs illustrations signés par Paul-Émile Borduas, Claude Gauvreau , Jean-Paul Riopelle, Bruno Cormier, Françoise Sullivan, Fernand Leduc, Pierre Gauvreau, Claude Gauvreau , Jean-Paul Mousseau, Marcelle Ferron, Madeleine Arbour, Thérèse Leduc, Maurice Perron, Françoise Riopelle et Muriel Guilbault. Le manifeste du «Refus global» est l'aboutissement de réflexions, d'échanges et de projets qui ont tenu les automatistes en haleine pendant plusieurs années. Sa parution a l'effet d'un coup de foudre au Québec. Appel à la créativité, au dépassement, ce document se veut aussi une dénonciation de la situation actuelle, notamment du pouvoir de l'Église -«Un petit peuple serré de près aux soutanes restées les seules dépositaires de la foi, du savoir, de la vérité et de la richesse nationale. Tenu à l'écart de l'évolution universelle de la pensée pleine de risques et de dangers, éduqué sans mauvaise volonté, mais sans contrôle, dans le faux jugement des grands faits de l'histoire quand l'ignorance complète est impraticable.» Ce passage, et bien d'autres, expliquent le fait que, de façon presque unanime, journaux, revues et hommes d'Église rejetteront le texte. [détails]

1949 - Publication du roman «Mathieu» de Françoise Loranger
À travers le personnage de Mathieu Normand, Françoise Loranger illustre les difficultés qu'éprouve une personne marginale à s'accepter dans la société québécoise de la fin des années 40. Le roman sera acclamé par la critique.

Mathieu Normand est l'enfant unique d'un père inconnu, exilé aux États-Unis avec une autre femme, et d'une mère ruinée qui déteste son fils en raison de sa laideur. Tous les deux habitent un pitoyable appartement de l'Est de Montréal. [détails]

1950 - Publication du roman «La petite poule d'eau» de Gabrielle Roy
Dans son second roman, «La petite poule d'eau», Gabrielle Roy génère un vent de fraîcheur littéraire. Elle aborde les thèmes de la solidarité et de la quête d'un monde idéal à travers l'histoire des Tousignant, une famille habitant en région éloignée au nord du Manitoba.

Gabrielle Roy s'inspire d'un séjour d'un mois en cette région sauvage dite de la Poule-d'Eau, dans le nord du Manitoba, alors qu'elle y agissait à titre d'institutrice, à l'été 1937, tout juste avant son premier voyage en Europe. Le roman, publié à Montréal treize ans plus tard, se divise en trois parties distinctes, mais implicitement reliées entre elles, qui permettent de suivre le cheminement de la famille Tousignant. Dans «La Petite Poule d'Eau», Gabrielle Roy évoque des thèmes - la nature, l'enfance et l'éducation - qui reviendront fréquemment dans son oeuvre. [détails]

1950 - Publication du recueil de poésie «Le torrent» d'Anne Hébert
Huit ans après la publication de son premier recueil de poèmes, «Les songes en équilibre», Anne Hébert signe «Le torrent», un recueil de contes en prose qui fera époque. [détails]

1953 - Publication du roman «Poussière sur la ville» d'André Langevin
Dans son roman «Poussière sur la ville», André Langevin aborde le thème de la solitude de l'être humain et de ses rapports avec la société. Inspirée par le courant existentialiste, son écriture tranche avec le roman traditionnel et donne un aperçu des bouleversements qui vont secouer la société québécoise.

Le personnage central du roman est Alain Dubois, un jeune médecin qui sombre dans le désespoir après s'être établi avec son épouse dans une petite ville minière du nom de Macklin. Considéré comme un des romans québécois les plus importants de son époque, «Poussière sur la ville» fera l'objet d'une adaptation cinématographique en 1967. [détails]

1953 - Publication du recueil de poèmes «Le Tombeau des rois» d'Anne Hébert
«Le Tombeau des rois» contient 27 poèmes. Sa publication survient plus d'une décennie après celle du premier recueil d'Anne Hébert, «Les Songes en équilibre». [détails]

1954 - Première publication de la maison d'édition de l'Hexagone
Cette maison d'édition sera un «foyer d'animation et de création poétique» pour plusieurs auteurs comme Gaston Miron , Jean-Guy Pilon, Paul-Marie Lapointe, Pierre Trottier, Rina Lasnier, Jacques Godbout et Wilfrid Lemoine.

La réunion de fondation de l'Hexagone a lieu en janvier 1953, mais la première publication de cette maison d'édition, «Deux sangs», date de 1954. [détails]

1956 - Publication de la pièce de théâtre «Les insolites» de Jacques Languirand
Cette pièce, la première de Jacques Languirand, méritera à son auteur un prix au Festival national d'art dramatique. [détails]

1956 - Publication du recueil de poésie «Présence de l'absence» de Rina Lasnier
De retour d'un séjour en Europe, Rina Lasnier publie «Présence de l'absence», un recueil de poésie qui se veut une «expression symbolique du chagrin et du déchirement intérieur».

Ce recueil de Rina Lasnier contient 41 poèmes et huit chansons. L'auteure y aborde des thèmes tels que la nécessité du dépouillement et de la solitude pour permettre à l'esprit qui sommeille de se réveiller. [détails]

1957 - Publication des «Grands départs» de Jacques Languirand
Écrite par Jacques Languirand, la pièce «Les Grands départs» est présentée à la télévision en 1957 et jouée ensuite à travers le monde. L'écriture de cette pièce d'avant-garde survient peu de temps après «Les immortelles», une autre oeuvre de Languirand qui a été bien accueillie par la critique.

Brève pièce en trois actes, «Les Grands départs» respecte la règle classique des trois unités : unité de lieu (salle commune d'un modeste appartement), unité de temps (action se passe en une seule nuit) et unité d'action qui se traduit par l'attente des camionneurs. L'intrigue du premier acte, qui donne le ton à la pièce, présente cinq personnages et les liens qui régissent leurs rapports familiaux, leurs disputes, leurs regrets et leurs récriminations. [détails]

1957 - Présentation de la pièce «Un Simple soldat» de Marcel Dubé
Écrite par Marcel Dubé, la pièce «Un simple soldat» est présentée à la télé, en 1957, puis au théâtre, l'année suivante. Dans cette oeuvre, Dubé décrit la révolte d'un soldat démobilisé qui n'arrive à trouver sa place ni dans sa famille, ni dans la société.

La guerre constitue la toile de fond à cette pièce dont l'intrigue est centrée autour de Joseph Latour, un soldat démobilisé, qui se retrouve en chômage. Aucun travail ordinaire ne semblant convenir aux désirs confus qu'il entretient dans son coeur, il manifeste son incapacité à s'adapter à la vie ordinaire des civils et finit par se réengager dans l'armée. Il part donc pour la Corée où il trouve la mort. [détails]

27 septembre 1957 - Tenue de la première Rencontre des poètes et des écrivains
Gaston Miron et Jean-Guy Pilon, deux poètes associés à la maison d'édition de l'Hexagone, organisent la première Rencontre des poètes et des écrivains.

Cette rencontre de trois jours qui se déroule à Montmorency sera reprise sur une base annuelle jusqu'en 1961. La maison d'édition de l'Hexagone publiera en 1958 les communications livrées lors de la première rencontre dans un ouvrage intitulé «La Poésie et nous». Au cours de son existence, la Rencontre des poètes et des écrivains attirera plusieurs auteurs de renommée internationale. [détails]

1958 - Publication du roman «Les Chambres de bois» d'Anne Hébert
Après avoir écrit plusieurs recueils de poésie, Anne Hébert publie un premier roman, «Les Chambres de bois». Il raconte les joies et les déboires de Catherine, une femme issue d'une famille modeste du Nord de la France, qui épouse Michel, un jeune seigneur. [détails]

1958 - Publication du roman «Agaguk» d'Yves Thériault
Dans son roman «Agaguk», Yves Thériault illustre les difficultés de la vie dans une communauté autochtone. Traduit en plusieurs langues, cet ouvrage rendra son auteur célèbre. Au fil des ans, l'oeuvre de Thériault sera récompensée par de nombreux prix littéraires.

Ce roman d'Yves Thériault est centré autour du personnage d'Agaguk, fils du chef Ramook, qui vit avec un terrible secret : le meurtre d'un trafiquant qui sera à l'origine de nombreuses péripéties. [détails]

1959 - Publication de «Bousille et les justes» de Gratien Gélinas
Écrit par Gratien Gélinas , «Bousille et les justes» fait l'objet de plusieurs adaptations à l'étranger. La pièce est une satire des superstitions religieuses, de l'égoïsme familial et de la corruption à l'époque duplessiste.

Cette pièce en quatre actes met en évidence un faible d'esprit, Bousille, et une famille soucieuse de bien paraître : les justes. L'objet de leur affrontement résulte d'un assaut mortel commis par un des membres de la famille Vezeau et dont Bousille a été le seul témoin. L'enjeu du drame devient ainsi le témoignage que Bousille doit donner en cour et qui pourra innocenter ou condamner l'accusé. L'action se passe dans une chambre d'hôtel de Montréal, où la famille s'établit à l'occasion du procès. Le premier acte sert à présenter les membres de la famille et à donner un aperçu du procès à venir. Le deuxième acte met de l'avant Bousille dont le témoignage risque d'accabler l'accusé. Au troisième acte, par la pression morale et physique, les justes obtiennent le parjure du malheureux témoin. Dans le dernier acte, on assiste d'abord au triomphe de la famille dont l'honneur est sauf. Mais cet effet s'estompe vite avec la nouvelle du suicide de Bousille. Sur ce fond dramatique et même tragique, Gélinas parvient à ajouter de nombreuses touches humoristiques. [détails]

1960 - Publication du roman «La corde au cou» de Claude Jasmin
Un homme prend la fuite après avoir assassiné son amante. Tout au long de son escapade, le meurtrier ressasse certains épisodes de sa vie, à l'aube du geste fatal.

Lors d'une somptueuse réception tenue dans un chalet de la région des Laurentides, un homme assassine son amante infidèle. Le meurtrier prend alors la fuite pour chercher secours à la ferme d'un vieux paysan, le père Ubald, qu'il connaît bien depuis sa tendre enfance. [détails]

1960 - Publication du roman «Le libraire» de Gérard Bessette
Dans son roman «Le libraire», Gérard Bessette se livre à une critique du traditionnalisme de la société québécoise en racontant l'histoire d'un petit village où l'on pratique encore la censure des livres.

Hervé Jodoin, ex-travailleur au collège Saint-Étienne, se rend au Bureau de placement gouvernemental pour se trouver un nouvel emploi. Son ami Martin Nault, qui y travaille, lui propose un poste à la librairie Léon de Saint-Joachin. C'est ce petit village encore soumis à l'Église qui constitue la toile de fond de ce récit divisé en dix chapitres. [détails]

1961 - Publication du roman «La Montagne secrète» de Gabrielle Roy
Dans le roman «La Montagne secrète», Gabrielle Roy raconte l'histoire de Pierre Cadorai, un peintre autodidacte dont le lecteur suit l'évolution de l'âge de trente ans jusqu'à sa mort. La beauté du Nord canadien et québécois sert de toile de fond à cette histoire qui a été inspirée à Gabrielle Roy par ses rencontres avec le peintre René Richard.

«La Montagne secrète» se présente comme une réflexion sur la vie de l'artiste, un être seul, en marge d'un environnement culturel auquel il ne peut s'intégrer. L'exemple du personnage principal tend à démontrer cette nécessité pour l'artiste de rompre avec le conformisme social afin de donner libre cours à une authentique force créatrice. [détails]

1961 - Publication du roman «Laure Clouet» d'Adrienne Choquette
À travers la vie de son personnage principal, Adrienne Choquette jette un regard sur l'évolution de la société québécoise, en transition entre les valeurs conservatrices héritées du passé et le désir de changement qui habite les générations montantes. [détails]

1962 - Publication du roman «Cotnoir» de Jacques Ferron
L'insolite docteur Cotnoir imagine une thérapie bizarre pour venir en aide à Emmanuel, un jeune exhibitionniste tout juste sorti de la prison de Bordeaux.

Un organisme confie la garde d'Emmanuel, un exhibitionniste apparemment guéri de son état maladif, à la famille d'un cousin habitant la rive sud de Montréal, le charbonnier Aubertin. C'est finalement le docteur Cotnoir, un alcoolique endurci qui prendra en charge Emmanuel en lui proposant une thérapie des plus insolites : se rendre travailler sur les grands chantiers où, selon le docteur, il trouvera un environnement social plus propice à sa guérison. [détails]

1963 - Publication du recueil de poésie «Ode au St-Laurent» de Gatien Lapointe
Le recueil «Ode au St-Laurent» connaît un tel succès qu'il sera traduit dans une quinzaine de langues. L'oeuvre remportera le prix littéraire de la province de Québec, le prix Du Maurier et le prix du gouverneur général.

Gatien Lapointe hérite de l'influence du surréalisme français et de l'automatisme québécois. Son recueil comprend trois groupes de textes : «J'appartiens à la terre», «Le chevalier de neige», et «Ode au Saint-Laurent». Ici, la poésie de Lapointe se fait chant de confiance et d'espoir en l'homme. On y présente la même vision grandiose d'un monde à construire, le même sens de l'effort collectif. De plus, particulièrement avec le poème «Ode au Saint-Laurent», on remarque les grands thèmes de l'identification du poète à la nature et de l'appartenance à un pays. Le travail du poète se situe à la jonction de deux inspirations, lyrique et épique, et de deux traditions, universelle et nationale. [détails]

1964 - Publication du roman «Le Cassé» de Jacques Renaud
Écrit par Jacques Renaud, «Le Cassé», premier roman publié aux Éditions Parti pris, est également le premier à utiliser la langue populaire. Il fera l'objet d'une seconde édition, en 1977, à laquelle l'auteur ajoutera quelques nouvelles.

L'histoire du Cassé est celle de Ti-Jean, chômeur sans le sou, dépourvu d'instruction, qui tourne en rond dans une chambre misérable, une prison au coeur d'une ville hostile et étrangère. [détails]

1964 - Publication du roman «Le Cabochon» d'André Major
Après avoir participé à l'écriture d'un recueil de nouvelles et d'un recueil de poésie, André Major publie «Le Cabochon». C'est l'histoire d'Antoine, surnommé le Cabochon par sa mère, qui tente de se forger une identité en dépit d'une vie familiale contraignante dans un quartier misérable. Le jeune homme découvrira dans l'écriture l'essence même de son existence.

«Le Cabochon», qui jette un regard critique sur le Québec du début des années soixante, provoque un léger scandale dans le monde clérical à la suite d'une impitoyable analyse de la part d'un expert théologien. Pour André Major, «Le Cabochon» s'avère pourtant une oeuvre inoffensive. L'auteur y raconte l'histoire d'un étudiant qui cherche à fuir la banalité et la misère. [détails]

1964 - Publication du recueil de poésie «Terre Québec» de Paul Chamberland
Écrit par Paul Chamberland, «Terre Québec» remporte le prix Du Maurier et le prix de littérature de la province de Québec. En plus d'exprimer une ferveur nationaliste, l'ouvrage dénonce le silence du peuple et l'incite à prendre la parole.

Le recueil «Terre Québec» est divisé en trois parties : «Terre Québec», «Femme quotidienne» et «Domaine de l'aveugle». Chamberland est un des porte-parole les plus originaux des idées politiques des années soixante. L'usage qu'il fait du joual constitue à cet égard une manifestation de son esthétisme et un reflet de son engagement politique. [détails]

1964 - Publication du roman «Éthel et le terroriste» de Claude Jasmin
Pour son roman «Éthel et le terroriste», Claude Jasmin s'inspire d'un attentat meurtrier survenu à Montréal, au mois d'avril 1963. Après avoir posé une bombe, Paul quitte la métropole avec sa maîtresse afin de rejoindre certains «frères d'armes» à New York.

Claude Jasmin s'inspire d'une tragédie pour en faire le noyau de l'intrigue d'un nouveau roman, son quatrième. Au contexte politique se greffe une histoire d'amour entre Paul, le terroriste, et sa maîtresse Éthel. Le roman «Éthel et le terroriste» vaudra le prix France-Québec à son auteur. [détails]

Août 1964 - Dévoilement de statistiques sur l'industrie du livre au Canada
Le Service des lettres du ministère des Affaires culturelles s'est penché sur la situation de l'édition des livres de langue française au Canada en 1963.

Durant cette année, 276 auteurs ont publié un ouvrage en français au Canada. Il existe 47 maisons d'édition qui se situent dans huit villes : Montréal, Sherbrooke, Québec, Hull, Drummondville, Montmagny, Saint-Hyacinthe, Alma et Ottawa. Au total, 360 ouvrages ont été produit en 1963. [détails]

1965 - Publication du roman «Une Saison dans la vie d'Emmanuel» de Marie-Claire Blais
L'écrivaine Marie-Claire Blais, remporte le prix Médicis et le prix France-Canada pour «Une saison dans la vie d'Emmanuel». Ce roman, traduit dans une quinzaine de langues, est une des oeuvres québécoises les plus lues à travers le monde.

Le roman commence avec la naissance d'Emmanuel, un petit garçon dont s'occupera sa grand-mère Antoinette. Femme autoritaire, celle-ci domine la famille, reléguant à l'arrière-plan le père et la mère. Se détachent de ce récit plusieurs personnages intéressants : Jean-Le Maigre, Héloïse, Antoinette et monsieur le curé, des insoumis qui refusent de mener une vie de misère. [détails]

1965 - Publication du roman «Prochain épisode» de Hubert Aquin
Il s'agit d'un premier roman pour Hubert Aquin qui raconte dans «Prochain épisode» l'histoire d'un révolutionnaire emprisonné. Militant pour l'indépendance du Québec, Aquin vit lui-même, à ce moment, une période mouvementée marquée par une arrestation et une détention de quelques mois en institut psychiatrique.

«Prochain Épisode» prend l'allure d'un roman d'espionnage dont l'histoire se déroule à Lausanne et à Montréal. La narrateur est le héros de ce récit qui implique également d'autres personnages comme «K», une révolutionnaire québécoise, et un dénommé Carl von Ryndt (ou H. de Heutz), que «K» doit abattre. [détails]

1965 - Publication du recueil de poésie «Mémoire» de Jacques Brault
Le recueil de poésie «Mémoire» de Jacques Brault lui rapportera le prix de poésie du Québec, en 1965, et le prix France-Canada, en 1968.

Mémoire de Jacques Brault contient trois parties : «Quotidiennes», «Suite fraternelle», et «Mémoire». Ce recueil montre une quotidienneté joyeusement consentie à l'existence, une fraternisation dans le courage pour tenter de vaincre cette mort qui pénètre nos vies. [détails]

1965 - Publication du roman «Les remparts de Québec» d'Andrée Maillet
Une adolescente, insurgée contre les valeurs conservatrices de la société, exprime sa révolte en posant un geste contestataire. Par une nuit de juillet, elle décide de se balader nue sur les Plaines d'Abraham, à Québec.

Pour plusieurs, Andrée Maillet demeure l'une des écrivaines québécoises les plus méconnues. Le roman «Les remparts de Québec» s'ajoute à une oeuvre des plus diversifiées, allant de poèmes aux contes pour enfants en passant par des nouvelles et des oeuvres destinées à la radio et à la télévision. Paru lors de la Révolution tranquille, période de bouleversements et de remises en question, le roman «Les remparts de Québec» constitue une ardente dénonciation des valeurs transmises aux jeunes Québécois. [détails]

1965 - Publication du recueil «L'Âge de la parole» de Roland Giguère
Le recueil de poésie «L'Âge de la parole» mérite à Roland Giguère le prix France-Canada, le prix de poésie des Concours littéraires du Québec et le Grand Prix littéraire de la ville de Montréal.

«L'Âge de la parole» contient 82 poèmes écrits entre 1949 et 1960 et répartis en huit parties inégales. La poésie de Giguère est profondément engagée dans l'histoire, criant le drame et le destin du peuple québécois. Par contre, le poète sait tourner le dos au passé dans l'urgence qu'il a de vivre mieux. C'est par les thèmes récurrents et ambivalents de la main, du feu, de l'eau, du vent, etc., qu'il affirme son désir de se projeter dans un futur neuf. [détails]

1965 - Publication du roman «Pleure pas, Germaine» de Claude Jasmin
Dans son cinquième roman, Claude Jasmin raconte l'histoire de Gilles Bédard, un père de famille qui se rend en Gaspésie pour retrouver l'homme qu'il croit être le meurtrier de sa fille.

«Pleure pas, Germaine», le cinquième roman de Claude Jasmin, tourne autour du personnage de Gilles Bédard, un chômeur dépourvu d'instruction pour qui les perspectives d'avenir n'annoncent rien de positif. Son existence monotone et instable se voit radicalement transformée avec le décès soudain de Rolande, l'aînée de ses quatre enfants. [détails]

1966 - Publication du roman «L'Avalée des avalés» de Réjean Ducharme
Le roman «L'avalée des avalés» méritera à son auteur, Réjean Ducharme, le prix du gouverneur général. Traduit dans plusieurs langues dès sa sortie, ce grand succès de la littérature québécoise reflète à sa façon le changement de valeurs qui souffle sur le Québec des années 60.

L'intrigue de «L'Avalée des avalés» tourne autour de Bérénice Einberg, une jeune femme qui rejette les valeurs de ses parents. Animée de la passion d'un amour total, celle-ci ne craint pas de dénoncer, d'exploiter, d'abandonner et de compromettre. [détails]

1966 - Publication du roman «L'Insoumise» de Marie-Claire Blais
Madeleine vit avec ses enfants et son mari. Sa vie, que rien ne semble perturber, se met soudainement à changer lorsqu'elle devient le jouet du journal de Paul, son fils adolescent, qu'elle lit en cachette. Et cette fiction, désormais, gouverne sa vie. [détails]

1967 - Publication du roman «Salut Galarneau!» de Jacques Godbout
L'écrivain Jacques Godbout remportera le prix du gouverneur général pour son roman «Salut Galarneau!»

L'histoire se développe autour des aventures du Roi du hot dog, François Galarneau. Ce roi d'un stand à patates frites évoque en deux cahiers, par le biais de l'écriture, ses souvenirs depuis l'instruction qu'il a «subie», jusqu'à la «vécriture» qu'il pratique dans sa maison. [détails]

1968 - Publication du poème «Speak White» de Michèle Lalonde
Dans son poème «Speak White», Michèle Lalonde dénonce la situation du français au Québec. L'auteure fera la lecture de son poème lors de la Nuit de la poésie, en 1970.

Poème-affiche, «Speak White» contient 108 lignes et montre un ton enflammé d'un texte qui se présente sous des allures évidentes de manifeste. De plus, le poème adopte vaguement la forme de la complainte, sorte de monologue adressé à un interlocuteur absent. Le poème sous-tend la question de la dignité humaine par un langage brutal et exprime un état d'âme et les causes de son désarroi. Mais cette complainte relève non pas d'un individu mais bien d'une collectivité. La poétesse se perçoit comme la porte-parole d'une communauté, le texte étant construit sur le mode d'une alternance entre deux points de vue : d'une part, un «nous» bafoué dans ses droits fondamentaux et d'autre part, la voix de l'autorité, un «vous» répressif où l'on voit un rapport évident de dominant-dominé. Le poème se termine sur une note d'espoir qui invite les francophones à prendre conscience de leur réalité de colonisés. [détails]

1968 - Publication du livre «Nègres Blancs d'Amérique» de Pierre Vallières
Dans cet ouvrage qui tient à la fois de l'essai et de l'autobiographie, Pierre Vallières aborde le thème de l'asservissement du peuple québécois en décrivant le cheminement qui l'a amené à militer pour le socialisme et l'indépendance politique du Québec.

Pierre Vallières commence à écrire son essai en prison. Il formule l'espoir de transformer radicalement le système capitaliste en système socialiste, ce qui soulève une vive polémique. Dans son ouvrage, Vallières compare la condition des Canadiens français du Québec à celle des Noirs américains (de là le titre). L'argumentation de l'auteur tient à ce que les Canadiens français ont été les serviteurs de l'impérialisme métropolitain français, anglais et américain. Du point de vue de Vallières, l'histoire du Québec est marquée par la volonté des milieux financiers de garder le peuple le plus loin possible de la conduite de sa destinée. Une seule solution existe alors pour transformer la société : le terrorisme révolutionnaire, dont le Front de libération du Québec (FLQ) se réclame. La prise du pouvoir qui en résultera devra mener à la création d'une économie québécoise où propriétaires et producteurs exploiteront collectivement les moyens de production et la circulation des biens de consommation selon une finalité qu'ils choisiront eux-mêmes d'après leurs libertés, leurs droits et leurs besoins. Considéré comme un des ouvrages qui illustre le mieux le Québec bouillonnant des années 60, «Nègres blancs d'Amérique» fera l'objet de plusieurs rééditions. [détails]

1968 - Publication du roman «La Guerre, yes sir !» de Roch Carrier
Le retour du corps d'un soldat décédé lors de la Deuxième Guerre mondiale devient l'occasion d'une inoubliable veillée dans un village du Québec. Les festivités dégénèrent et une violente bagarre éclate entre les soldats anglais qui montent la garde et les campagnards francophones.

Dans les années 40, la guerre éclate en Europe. La conscription de Canadiens français de divers milieux, journaliers, paysans ou autres, donne lieu à différentes situations. Le succès de «La Guerre, yes sir!», contribuera à faire connaître son auteur, Roch Carrier, au-delà des frontières du Québec. [détails]

24 juin 1968 - Affrontements entre policiers et manifestants lors du défilé de la Saint-Jean-Baptiste à Montréal
Le défilé de la Saint-Jean-Baptiste dans les rues de Montréal est marquée par une violente altercation entre policiers et manifestants indépendantistes. Cette journée entrera dans l'histoire du Québec comme le «Lundi de la matraque»

La tenue d'une élection fédérale, le 25 juin, donne une coloration bien particulière à ce défilé de la Saint-Jean-Baptiste. Les mouvements nationalistes y participent massivement, manifestant (sur la rue Sherbrooke, en face de la Bibliothèque municipale de Montréal) leur insatisfaction à l'endroit du premier ministre du Canada, Pierre Elliott Trudeau , qui siège à l'estrade d'honneur avec le maire Jean Drapeau et d'autres dignitaires. Le premier ministre, dont l'hostilité pour la thèse indépendantiste est bien connue, devient rapidement la cible des manifestants qui scandent «Trudeau traître, Trudeau vendu, à bas Trudeau». En peu de temps, l'émeute éclate. Des drapeaux canadiens sont brûlés, des voitures de police renversées et des projectiles sont même lancés en direction de Pierre Elliott Trudeau . Les policiers perdent rapidement le contrôle de la situation et chargent sans distinction sur tout ceux qui semblent manifester : hommes, femmes, enfants, personnes âgées. Les événements de la soirée mènent à 290 arrestations alors que plus de 125 manifestants, spectateurs et policiers sont blessés. Dans son autobiographie, Pierre Elliott Trudeau relate ainsi l'événement : «Il y eut dans l'estrade des «mouvements divers», comme disent les comptes rendus d'assemblées, peut-être même un début de panique quand presque tous les notables se levèrent pour sortir. Un agent préposé à ma sécurité personnelle tenta aussi de me faire battre en retraite, mais sans succès. Je n'avais pas du tout envie d'obéir à une violence aussi saugrenue. Je déteste la violence. Démocrate, je n'admets pas qu'une infime minorité d'agitateurs tente de chasser à coups de pierres les invités de la majorité.» À la grandeur du pays, la télévision diffuse des images de la manifestation et de la résistance du premier ministre. Le lendemain, le Parti libéral qu'il dirige sortira victorieux de l'élection générale. [détails]

1969 - Publication du roman «Jimmy» de Jacques Poulin
Dans son roman «Jimmy», Jacques Poulin raconte l'histoire d'un enfant de onze ans qui constate avec désarroi la dégradation des rapports qu'entretiennent ses parents.

La famille de Jimmy profite des vacances estivales pour se rendre à la plage Saint-Laurent de Cap-Rouge. Cependant, Papou, psychothérapeute, néglige totalement son épouse et son fils car il consacre la majeure partie de son temps à la rédaction d'une étude sur Ernest Hemingway. [détails]

1970 - Publication du roman «Race de monde!» de Victor-Lévy Beaulieu
Dans son roman «Race de monde», Victor-Lévy Beaulieu, raconte l'histoire des Beauchemin, une famille qui habite le Bas-du-Fleuve. L'ouvrage de Beaulieu fera l'objet d'une adaptation télévisée qui sera présentée par Radio-Canada entre 1978 et 1981.

Ce roman décrit les tribulations d'une famille québécoise et catholique, celle des Beauchemin, émigrée de Saint-Jean-de-Dieu de Trois-Pistoles à Morial-Mort. Deux personnages principaux sont en évidence : Abel, le futur romancier, surnommé Bibi-La-gomme, dévoyé, paresseux et cynique, pour lequel le sexe fournit presque autant d'interrogations que le travail et l'écriture; et Steven, son frère, le futur poète, un peu illuminé, qui travaille avec ténacité à se tailler une place honorable dans le monde des lettres. [détails]

1970 - Publication du roman «Le dernier havre» de Yves Thériault
Dans le roman «Le dernier havre», Yves Thériault raconte l'histoire d'un pêcheur octogénaire, relégué à l'oubli par la société, qui caresse le projet de remettre à flot une barque échouée.

Un vieil homme vivant dans la péninsule gaspésienne s'insurge contre un ordre social qui tend progressivement à l'exclure, à le mettre au rancart. Sans en informer qui que ce soit, il renfloue tant bien que mal une barque qui s'était échouée dans l'anse à la Vieille, non loin du village. Cette initiative se terminera par un naufrage, entraînant le vieil homme dans la mort. [détails]

1970 - Publication de «Médium Saignant» de Françoise Loranger
Le roman «Médium saignant» de Françoise Loranger traite des différends linguistiques à l'époque où le débat sur la langue d'enseignement est au coeur de l'actualité.

Alors que des jeunes animateurs préparent un spectacle pour fêter le Mardi Gras dans le Centre culturel d'une banlieue de Montréal, les membres du Conseil municipal surviennent à l'improviste pour tenir une séance spéciale dont l'ordre du jour semble avoir été peu publicisé. Rapidement, la configuration des forces en présence se dessine et le débat s'engage sur la liberté de choix de la langue d'enseignement des enfants, une question particulièrement discutée au Québec avec l'adoption de la Loi 63 par le gouvernement de Jean-Jacques Bertrand en 1969. [détails]

1970 - Publication du roman «Les morts» de Claire Martin
Ce roman, le dernier de Claire Martin, sera adapté et mis en scène par le Théâtre du Rideau Vert en 1972.

«Les morts» s'inspire de différents styles littéraires, tels le roman, le théâtre et l'essai. L'intrigue tourne autour d'un dialogue établi entre deux personnages féminins dont l'identité respective demeure relativement incertaine. [détails]

1970 - Publication du roman «Kamouraska» d'Anne Hébert
Écrit par Anne Hébert, le roman «Kamouraska» mérite à son auteur le prix des Libraires de France. Cette histoire basée sur un fait survenu au XIXe siècle fera l'objet de plusieurs traductions et d'un long-métrage réalisé par Claude Jutra en 1973.

Le roman «Kamoursaka» a comme toile de fond la rébellion des Patriotes en 1837-38. Mariée depuis 18 ans, l'héroïne Élisabeth d'Aulnières est au chevet de son mari agonisant. Dans ses pensées, elle revit les événements troublants de son passé, notamment son mariage à l'âge de seize ans, sa passion dévorante pour le médecin George Nelson, les circonstances dramatiques entourant la mort de son premier mari et le procès qui suivit. [détails]

1970 - Publication du recueil de poésie «L'Homme rapaillé» de Gaston Miron
Le recueil «L'Homme rapaillé» de Gaston Miron , mérite à son auteur de nombreux prix au Québec et en Europe.

Écrits au cours des années 60, les poèmes qui constituent «L'Homme rapaillé» sont divisés en six parties. On y voit le passage de la conformité sociale à la prise de possession d'une langue (opposée à l'anglais à au français international) et d'une terre, identifiée au pays réel de cette langue. Ce recueil montre la traversée mythique du poète, traversée solidaire où le poète refuse un salut personnel. Tout ce parcours s'effectue dans la conscience nationale, vivifiée par la culture. [détails]

1970 - Publication du roman «L'Amélanchier» de Jacques Ferron
«L'Amélanchier» de Jacques Ferron raconte l'histoire d'une enfance perdue et retrouvée, d'un réel orienté et racheté par la lucidité du rêve. Des observateurs disent de cette oeuvre qu'elle est la métaphore d'un peuple à la recherche de son indépendance.

«L'Amélanchier» raconte l'enfance de Tinamer, fille de Léon de Portanqueu et d'Etan, qui écoule une enfance heureuse dans le bois situé derrière sa maison où l'on retrouve sérénité, chants d'oiseaux et un amélanchier. Tinamer doit cependant quitter un jour pour découvrir la vie et ses difficultés, un cheminement qui l'éloigne petit à petit de ce monde idéal et de son enfance. [détails]

Février 1970 - Publication du premier numéro du journal littéraire «L'Illettré»
Ce journal est dirigé par Victor-Lévy Beaulieu, Pierre Turgeon, Jean-Marie Poupart, Michel Beaulieu et Jean-Claude Germain. Il n'existera que pendant un an. [détails]

1971 - Publication du livre «Actes retrouvés» de Fernand Ouellette
Écrit par Fernand Ouellette, «Les Actes retrouvés» est récompensé par le prix du gouverneur général, prix que Ouellette refuse par fidélité à ses engagements politiques. Cet essai contient une vingtaine de textes écrits entre 1956 et 1970.

«Les Actes retrouvés» contient une vingtaine d'essais regroupés en quatre parties, écrits entre 1956 et 1970, et publiés pour la plupart dans la revue «Liberté». Le titre de l'ouvrage décrit les positions successives prises par l'auteur en face d'événements ou d'oeuvres littéraires et artistiques qui ont provoqué sa réflexion et inspiré son écriture. [détails]

1972 - Publication de la pièce «La Sagouine» d'Antonine Maillet
La pièce «La Sagouine» d'Antonine Maillet est jouée pour la première fois en octobre 1972 au théâtre du Rideau Vert. À travers son personnage central, l'auteur fait entendre «la voix du peuple acadien face à sa condition».

«La Sagouine» est composée de seize monologues relatés par le personnage principal, la Sagouine, une Acadienne de l'Île-du-Prince-Édouard née avant la Première Guerre mondiale dont on ne saura jamais le vrai nom. Elle appartient à une famille pauvre qui possède une petite terre autour de la maison. Maintenant âgée de 72 ans, elle se souvient de la vie simple d'enfant qu'elle menait à la campagne. Sa jeunesse fut dure, elle devint fille à matelots pour gagner de quoi vivre. Puis, elle rencontre Gapi avec qui elle se marie malgré le refus du curé de bénir leur union à cause de leur lien de parenté. Ils vont chez le ministre où le père Nap les unit devant Dieu. La Sagouine se retrouve en ville pour gagner sa vie, laissant deviner qu'elle devient prostituée. Maintenant à l'approche de sa mort, elle parle d'elle-même, de la vie, de l'amour, de la misère, de la société, de l'au-delà, avec des mots et un accent particuliers. Les monologues de la Sagouine n'ont pas de suite logique. On peut cependant les regrouper selon quelques lignes de force : les rapports entre les pauvres et les riches, la religion et la dureté de la vie, etc.. [détails]

1972 - Publication du recueil de poésie «Signaux pour les voyants» de Gilles Hénault
Le recueil de poésie «Signaux pour les voyants» de Gilles Hénault regroupe en sept parties une série de poèmes écrits entre 1941 et 1962.

Le recueil «Signaux pour les voyants» contient sept parties. La poésie de Hénault, qui laisse des cicatrices dans la mémoire, tente de remonter aux origines de l'être et de se prolonger au-delà de l'actuel et du prévisible. Des thèmes comme l'exil, la maladie, les blessures indicibles, les injustices et la médiocrité sont en évidence dans ce recueil. Poète au regard intérieur, Gilles Hénault réussit à combiner heureusement des hasards objectifs, des états seconds, des errances de parole et des trajectoires lumineuses. [détails]

1972 - Publication du roman «Le Saint-Élias» de Jacques Ferron
Dans ce roman, Jacques Ferron raconte l'histoire du Saint-Élias, un voilier grandiose qui est abandonné sur la rivière Batiscan avec l'avènement des navires à vapeur. D'une génération à l'autre, les membres de la famille Cossette voudront redonner au grand trois-mâts sa noblesse d'antan.

À l'instar d'autres romans signés Jacques Ferron, «Le Saint-Élias» renvoie à une figure dominante : un majestueux voilier à trois mâts. L'histoire de cette embarcation, baptisée en hommage au chanoine Élias Tourigny, permet de découvrir celle de différents personnages. C'est le cas des époux Cossette, Philippe et Marguerite, dont la vie est liée à l'existence du Saint-Élias. [détails]

1973 - Publication de l'essai «Le Joual de Troie» de Jean-Marcel Paquette
L'essai «Le Joual de Troie» mérite à Jean-Marcel Paquette le prix France-Québec en 1974. Dans cet ouvrage, l'auteur tisse des liens entre la langue, la politique et la condition sociale et économique des Québécois.

Jean-Marcel Paquette compare la situation du Québec avec le cheval de Troie : la ruse, c'est l'idéologie selon laquelle le Québec a sa propre langue, sa propre culture, adaptés au contexte nord-américain, et que cette fausse sécurité conduira les Québécois à une assimilation efficace en les privant de toute combativité. Le cadeau des Grecs c'est la flatterie empoisonnée des Québécois à propos de leur culture, de leur langue. Dans cet essai, l'auteur traite du champ complexe de la linguistique et de ses rapports avec la politique. Pour lui : «il ne s'agit pas de parler comme les Français mais de parler français avec l'exercice plein et entier de toutes ses possibilités [...] Pour tout dire, le fait de parler une langue française commune avec d'autres cultures, ne nous condamne nullement à renoncer à notre originalité.» [détails]

1974 - Publication du livre «Quatre à quatre» de Michel Garneau
Écrite par Michel Garneau, «Quatre à quatre» est une pièce où se rejoignent réalisme et poésie, fable historique, mythique et épique.

«Quatre à quatre» réunit quatre femmes liées par le sang, mais séparées par le temps et les expériences de vie. Il y a la fille Anouk, la mère Céline, la grand-mère Pauline et l'aïeule Annei. Dans cet arbre généalogique au féminin, les hommes sont aussi absents que typés. Le dramaturge a choisi de marquer les temps à l'aide de quatre instruments de musique ou de communication qui sont typiques de chacune des quatre époques représentées. [détails]

1974 - Publication du roman «Une chaîne dans le parc» d'André Langevin
Dans le roman «Une chaîne dans le parc», André Langevin présente Pierrot, un jeune orphelin qui profite d'une période transitoire entre deux institutions pour expérimenter la vie et la liberté. La dure réalité d'un quartier défavorisé de Montréal dissipera en partie ses illusions.

«Une chaîne dans le parc», le cinquième roman d'André Langevin, présente huit jours dans l'existence de Pierrot, un jeune orphelin qui découvre les subtilités de la vie quotidienne lorsqu'il est hébergé temporairement par son oncle et ses tantes. Dans l'attente d'un retour en institution, le jeune garçon doit faire face à la dure réalité qui afflige les habitants d'un quartier défavorisé, à Montréal, au printemps de l'année 1944. [détails]

1975 - Publication de «La Plus belle île» de Michel Garneau
Dans «La Plus belle île», Michel Garneau montre une écriture enthousiaste. L'auteur raconte ses rapports avec le quotidien, dans ses gestes les plus simples, associant le plaisir de lire à la découverte de la saveur des mots simples. [détails]

1976 - Publication du roman «L'Euguélionne» de Louky Bersianik
Écrit par Louky Bersianik (Lucile Durand), «L'Euguélionne» est un des premiers romans qui dénonce la condition des femmes. Il devient en quelque sort un porte-étendard du féminisme et connaît un grand retentissement auprès du public.

L'Euguélionne est une femme qui vient d'une autre planète pour voir comment évolue notre monde. Elle y fait de nombreuses rencontres et s'aperçoit que la femme y est traitée comme un objet. Ce roman reste un témoignage incisif de la conscience féminine et des forces neuves de création qu'elle a engendrées. [détails]

1976 - Publication de la pièce «Un Pays dont la devise est je m'oublie» de Jean-Claude Germain
Dans la pièce «Un Pays dont la devise est je m'oublie», Jean-Claude Germain revoit l'histoire du Québec à sa façon, le rire servant de moyen de distance à l'égard de l'aliénation du passé.

On voit un robineux de bonne race, Épisode Surprenant, associé au Canadien errant, tour à tour bûcheron, chasseur, habitant, coureur, naïf et libertin. Il a un compère, Berthelot Petitboire, autodidacte qui joue aussi au découvreur, à l'intendant et au général. Dans la seconde partie, Surprenant et Petitboire jouent au candidat et à l'organisateur d'élections, au curé et au béret-blanc, au monsignor et au curé. Lors d'un jeu de la Passion du Christ, Surprenant et Petitboire réapparaissent sous leur propre nom, devenant l'envers du décor, aussi bien le refoulé de l'histoire. Ils sont le vrai monde, le vrai théâtre en pleine rue. Dans les deux derniers tableaux de la pièce, on voit Louis Cyr et Maurice Richard qui conversent et dont la devise pourrait être l'oubli personnel comme mémoire collective. Cette pièce pose le problème des ombres, des intermittences de la mémoire. [détails]

1978 - Publication du roman «Les grandes Marées» de Jacques Poulin
Écrit par Jacques Poulin, le roman «Les Grandes marées» remporte le prix du gouverneur général en 1979.

Teddy Bear, le personnage principal, vit seul dans l'île Madame avec son chat Matousalem. Mais bientôt débarquent dans l'île une foule de personnages qui transformeront ce havre de paix en un lieu fort peuplé où règnent l'incompréhension et les intérêts particuliers. [détails]

1978 - Publication de «La Grosse femme d'à côté est enceinte» de Michel Tremblay
Écrit par Michel Tremblay, «La Grosse femme d'à côté est enceinte» inaugure les Chroniques du Plateau Mont-Royal. L'auteur y décrit une société prolétaire qui vit dans un quartier populaire de Montréal.

L'histoire se déroule à Montréal, sur la rue Fabre. Pendant la Deuxième Guerre mondiale, sur le balcon d'une maison abandonnée, Rose, Mauve, Violette et leur mère Florence (personnages fantômes) tricotent, parlent et surveillent le destin des habitants de la maison d'à côté. Toute la vie du quartier fait l'objet de ce roman de Tremblay, une des composantes de ses «chroniques» du Plateau Mont-Royal. [détails]

1980 - Publication du roman «La Vie en prose» de Yolande Villemaire
Le roman «La Vie en prose» de Yolande Villemaire est couronné par le Prix des jeunes écrivains du «Journal de Montréal». Ce roman féministe offre une réflexion sur l'écriture et les relations amoureuses.

La scène d'ouverture du roman introduit une douzaine de personnages féminins qui animent ensemble une maison d'édition. Réunies pour juger de la valeur d'un manuscrit, elles établissent des liens qui servent de moteur au récit. Toutes auteurs, leurs textes s'entrecroisent avec leurs propos pour constituer la matière première du roman de Yolande Villemaire. [détails]

1980 - Publication du recueil «Nécessairement putain» de France Théoret
«Nécessairement putain» est le deuxième recueil de poésie de France Théoret.

Ce court recueil de 52 pages est le quatrième livre écrit par France Théoret. Cette poésie nous fait pénétrer dans le monde de l'auteur, sa subjectivité empêchée exprimée dans une écriture romantique faite d'enchantement et d'amour. Néanmoins, l'auteure se décrit comme informe, violée, dominée et poursuivie. La poésie de Théoret montre donc le parcours d'une jeune servante endormie qui devient guerrière par la force des choses. Cette exploration radicale, indécente et parfois négative amène cette femme devant un choix : écrire ou ne pas écrire. [détails]

1980 - Publication du livre «Les Plaisirs de la mélancolie» de Gilles Archambault
Écrit par Gilles Archambault, «Les Plaisirs de la mélancolie» est une réflexion sur le métier d'écrivain et sur la vie.

«Les Plaisirs de la mélancolie» contient une cinquantaine de textes parus dans divers périodiques et répartis en trois parties : «Humeurs», «Justifications», et «Murmures». Le but de l'auteur semble être de s'amuser de ses travers et de promener sur le monde un regard amusé. La plupart des textes parlent du métier d'écrivain, de ses avatars et de l'attitude fataliste et résignée, angoissée et traumatisée de l'auteur devant la mort et l'absurde condition humaine. [détails]

1981 - Publication du roman «Le Canard de bois» de Louis Caron
Écrit par Louis Caron, «Le Canard de bois» est le premier volume de la trilogie des Fils de la liberté. Ce roman historique se déroule à l'époque de la Rébellion de 1837-1838.

Deux histoires se chevauchent et s'unissent grâce au canard de bois, objet transmis de génération en génération dans la famille Bellerose. Il y a d'abord celle de Hyacinthe Bellerose qui, mêlé à la révolte des Patriotes de 1837-1838, doit subir l'exil en Australie avant de revenir au pays. Vient ensuite l'histoire de Bruno Bellerose, le descendant de Hyacinthe, qui a 15 ans et qui travaille dans un chantier des Pays d'en haut. Il retournera dans son village pour voir son père. Celui-ci lui remettra alors le canard de bois avant de mourir, symbole des générations qui se perpétuent. [détails]

1981 - Publication du roman «Le Matou» de Yves Beauchemin
Écrit par Yves Beauchemin, «Le Matou» reçoit le Prix des jeunes écrivains. Devenu best-seller, il sera traduit dans une quinzaine de langues et fera l'objet d'une adaptation pour le cinéma et à la télévision.

L'intrigue du roman «Le Matou» tourne autour de Florent et Élise, un jeune couple, ainsi que d'un jeune vagabond, monsieur Émile. Florent et Élise caressent le projet d'avoir un restaurant, mais ils feront face à plusieurs embûches. Plusieurs personnages -Ratablavasky, Slipskin- se mêleront à l'intrigue qui connaîtra de nombreux rebondissements avant que le roman ne se termine avec le décès de monsieur Émile, tombé d'un toit en voulant rattraper son chat. [détails]

1982 - Publication du roman «Nous parlerons comme on écrit» de France Théoret
Dans le roman «Nous parlerons comme on écrit», France Théoret raconte la vie d'une jeune femme qui cherche à affirmer son identité à travers les contraintes sociales et les embûches de la vie quotidienne.

Ce roman de France Théoret emprunte à plusieurs genres, de la poésie au journal intime, en passant par l'essai et le roman. L'action, qui se déroule entre Montréal et Mexico, de la salle des professeurs aux bars dégradants, nous permet de suivre à travers différents détours et épisodes le cheminement d'une jeune femme qui cherche à trouver sa voie. [détails]

1983 - Publication du recueil «Une certaine fin de siècle» de Claude Beausoleil
Le recueil «Une Certaine fin de siècle» de Claude Beausoleil contient 132 poèmes en vers et en prose.

L'auteur utilise une écriture qui déjoue la linéarité et qui montre un contrepoint lyrique entre le texte, le corps et la ville. [détails]

1983 - Publication du roman «Laura Laur» de Suzanne Jacob
Pour son roman «Laura Laur», Suzanne Jacob, recevra le prix du gouverneur général et le prix Québec-Paris.

Le roman «Laura Laur» parle d'une femme spéciale dont l'histoire est racontée par quatre hommes : Jean, le frère de Laura, Gilles, l'amant de Laura qui a 50 ans, Pascal, son amoureux depuis trois ans, et Serge, son frère aîné. Tous nous permettent de suivre le cheminement de Laura jusqu'à son décès. [détails]

1983 - Publication du roman «La Québécoite» de Régine Robin
Dans le roman «La Québécoite» Régine Robin s'attarde à la dure réalité de l'immigration.

Ce roman se déroule en trois parties qui représentent chacune un espace (Snowdown, Outremont et le Marché Jean-Talon). Il fait le récit d'une jeune intellectuelle récemment immigrée à Montréal qui se tourne vert l'écriture pour recouvrer sa parole occultée. [détails]

1984 - Publication du recueil «Kaléidoscope ou les Aléas du corps grave» de Michel Beaulieu
«Kaléidoscope ou les Aléas du corps grave» est le dernier ouvrage de Michel Beaulieu. Ce recueil qui contient 31 poèmes méritera le prix Gatien-Lapointe à son auteur.

Ce recueil de Michel Beaulieu comprend une suite de poèmes parfois elliptiques, parfois longs, écrits entre mars 1981 et juin 1982. La poésie de Michel Beaulieu se réclame de l'instant présent même si l'auteur fait quelques allusions au passé et au futur. Les thèmes de l'amour, de la femme, du corps et de la ville apparaissent dans tous ses poèmes, tout comme le langage qui, en un certain sens, participe de ce réseau thématique en l'exprimant et en l'alimentant. [détails]

1984 - Publication du roman «Volkswagen Blues» de Jacques Poulin
«Volkwagen Blues» de Jacques Poulin rappelle quelque peu le roman «Sur la route» de Jack Kerouac. Les thèmes du voyage et de l'américanité y sont abordés à travers les péripéties du personnage principal.

Jack Waterman est un écrivain qui part de Gaspé à la recherche de son frère Théo. Le voyage, qui l'amène à traverser l'Amérique, le conduira jusqu'à San Francisco où il retrouve Théo qui se déplace en chaise roulante. Ce roman de Jacques Poulin est parsemé de références historiques retraçant la vie des pionniers, des Indiens et des grands héros américains, mythes qui sont déconstruits tout au long du voyage par les nombreuses lectures que font Jack et sa compagne. Jack en arrive d'ailleurs à la conclusion que son frère Théo, qu'il avait mythifié, n'est guère mieux que ces grands héros, avec ses forces et ses faiblesses. [détails]

1985 - Publication du livre «La Lettre aérienne» de Nicole Brossard
Dans le recueil de textes et d'essais «La Lettre aérienne», Nicole Brossard s'intéresse aux difficultés de la condition féminine et propose des solutions pour sortir la femme de son rôle de dominée.

Cet essai féministe comprend douze textes écrits depuis 1975. Dans cette oeuvre, on retrouve l'essentiel de la réflexion de l'auteure sur l'écriture, la modernité, l'émergence et la condition lesbienne, tout cela, d'un point de vue féminin. «La Lettre aérienne» a pour objectif, selon l'écrivaine, de comprendre la réalité patriarcale et son fonctionnement pour y déceler les effets négatifs sur les femmes, autant dans la vie que dans l'esprit. L'écriture de Nicole Brossard contient dix années de révolte, de colère, de conviction et de certitude. On y trouve le combat mené contre le patricarcat et une solution toute féminine qui est celle de la spirale. [détails]

1985 - Publication du livre «Une Littérature contre elle-même» de François Ricard
Écrit par François Ricard, «Une Littérature contre elle-même» se mérite le prix du gouverneur-général. Ce recueil d'essais met en lumière la facilité et l'idéalisme de la poésie en opposition à la méfiance et l'ironie de la prose.

La «Littérature contre elle-même» regroupe une trentaine d'essais inspirés par les oeuvres d'écrivains contemporains. Livre fragmentaire et circonspect, il aborde différents thèmes liés à la culture et à l'histoire québécoise, s'attardant à des auteurs aussi divers que Calvino, Roth, Kerouac et Fuentes. [détails]

1985 - Publication du roman «Comment faire l'amour avec un nègre sans se fatiguer» de Dany Laferrière
Le roman «Comment faire l'amour avec un nègre sans se fatiguer» de Dany Laferrière sera adapté pour le cinéma.

Ce roman est centré autour de deux personnages de race noire qui vivent ensemble dans un appartement minable du carré Saint-Louis : Bouba et le narrateur (dont nous ignorons le nom). Ce dernier tente d'écrire un roman qu'il se propose d'intituler «Paradis du dragueur nègre». [détails]

1986 - Publication du recueil «Les Heures» de Fernand Ouellette
Dans son recueil «Les Heures», le poète Fernand Ouellette explore les voies de la réconciliation entre le temps et la passion, entre la vie et la mort.

Écrit du 23 janvier au 23 février 1986, «Les Heures» contient 81 poèmes. Ce recueil, que Fernand Ouellette adresse à son père, aborde avec sensibilité le thème du passage du temps. [détails]

1987 - Publication du livre «La petite noirceur» de Jean Larose
Écrit par Jean Larose, «La petite noirceur» est un recueil d'essais qui porte un regard critique sur la société québécoise. Il brosse un portrait de l'après-référendum et trace un parallèle avec la morosité qui régnait avant la Révolution tranquille.

L'essai de Jean Larose regroupe 13 textes dont la plupart ont été publiés dans la revue «Liberté». L'auteur s'intéresse surtout à la marginalité en parlant de féminisme, d'homosexualité, de joual et d'ethnies. Son essai le plus important s'intitule «Le Pas gagné, de l'avenir du français au Québec». Il y traite du référendum sur la séparation du Québec. Larose s'efforce de démontrer les causes de l'échec indépendantiste en brossant un portrait de la bataille sur la langue française et propose une approche active, et non pas de repli et de tolérance, à l'endroit de ceux qui ne parlent pas français. Enfin, Jean Larose affiche une attitude pessimiste dans ses textes, témoignant d'une identité vacillante. Avec une écriture incisive, l'auteur de «La petite noirceur» nous offre un bilan de notre société ponctué d'une lucidité féroce. [détails]

10 septembre 1987 - Première présentation de la pièce «Les feluettes ou La répétition d'un drame romantique» de Michel Marc Bouchard
Écrite par Michel Marc Bouchard, la pièce «Les feluettes ou La répétition d'un drame romantique» est jouée le 10 septembre 1987 par le Théâtre Petit à Petit.

«Les feluettes ou La répétition d'un drame romantique» se déroule dans un milieux d'ex-prisonniers qui préparent une pièce de théâtre. L'action se passe à Roberval, en 1912, dans un hôtel fréquenté par de riches touristes et des aristocrates dont la vie sera bouleversée par un drame. L'homosexualité est au coeur de cette intrigue qui connaîtra plusieurs rebondissements, dont un incendie qui cause la mort de Vallier, un des personnages principaux de la pièce. [détails]

1988 - Publication du roman «Vamp» de Christian Mistral
Le roman «Vamp» de Christian Mistral est le premier tome du cycle Vortex Violet. Salué par la critique pour le regard neuf qu'il apporte, ce roman décrit l'univers de personnages aux horizons limités qui rêvent de grandeur.

L'oeuvre que nous présente ici Christian Mistral tient du roman autobiographique puisqu'il se met lui-même en scène, racontant une courte période de sa vie. Plutôt sombre, l'intrigue met en évidence le personnage de Mistral, rebelle désillusionné qui a conservé l'ambition d'écrire un livre. [détails]

1988 - Publication du livre «Écrire dans la maison du père» de Patricia Smart
Le livre «Écrire dans la maison du père» de Patricia Smart mérite à son auteur le prix du gouverneur général. Cet essai littéraire féministe déconstruit les classiques de notre littérature en y apportant un regard de femme.

«Écrire dans la maison du père» analyse l'émergence du féminin dans la tradition littéraire du Québec. L'oeuvre contient neuf parties à l'intérieur desquelles l'auteure propose une vision neuve des principaux classiques de la littérature québécoise en y appliquant une épistémologie féministe. [détails]

1989 - Publication du roman «La rage» de Louis Hamelin
Le roman «La rage» méritera à son auteur, Louis Hamelin, le prix du gouverneur général. Ce roman montre la détresse d'une jeunesse dépossédée, qui n'a pour bien que sa solitude et une violence qui est sur le point de se manifester.

L'intrigue de «La rage» tourne autour du personnage d'Édouard Malarmé. Animé d'instincts d'une rare violence, celui-ci réagit avec brutalité aux frustations qui marquent sa vie, allant jusqu'à tuer pour assouvir sa vengeance. [détails]

1989 - Publication du roman «La chair de pierre» de Jacques-Folch Ribas
Écrit par Jacques Folch-Ribas, «La chair de pierre» est un roman qui se veut à la fois biographique et historique. L'auteur développe les thèmes de l'exil et de la double appartenance au Vieux et au Nouveau monde.

L'intrigue de «La chair de pierre» tourne autour du personnage de Claude Baillif, un orphelin qui vit en vagabond à Paris. Initié à l'architecture, il oublie une liaison malheureuse en décidant de venir vivre en Nouvelle-France où il participe notamment à la construction de Notre-Dame de Québec et de Notre-Dame de la Victoire. Une nouvelle vie, qui comportera sa part d'embûches, s'ouvre devant lui. [détails]

1989 - Publication du roman «Copies Conformes» de Monique Larue
Écrit par Monique Larue, «Copies Conformes» est un roman d'espionnage centré autour du monde de l'informatique.

Dans «copies conformes», Monique Larue nous entraîne dans l'univers de Claire Dubé, l'épouse d'un spécialiste en informatique dont les travaux sont au coeur d'une histoire d'espionnage. [détails]

1989 - Publication de l'essai «L'Oeil américain» de Pierre Morency
«L'Oeil américain» fait partie d'une série d'ouvrages dans lesquels l'auteur traite de ses expériences de naturaliste («Lumière des oiseaux», «La Vie entière»).

«L'Oeil américain» contient 23 textes, dont une série d'entretiens radiophoniques que Pierre Morency a réunis et réécrits. Ils parlent de la relation qu'entretient l'auteur avec la nature de son pays. Dans ces essais, Morency nous invite à découvrir les marais, les lacs, les forêts, les champs, les îles du fleuve, les rivages, à observer les arbres, à fouiller l'intimité des insectes, etc. Pour lui, l'oeil américain, c'est la capacité de voir et d'entendre ce que personne ne remarque à première vue, c'est la capacité à sortir de soi et d'aller à la rencontre des choses de la nature. Enfin, L'Oeil américain est un précis de connaissance rédigé dans un style poétique, qui raconte une histoire d'amour, celle de l'auteur avec la nature. [détails]

1989 - Publication de l'essai «Voleur de parcours» de Simon Harel
Dans «Voleur de parcours», Simon Harel s'intéresse à l'arrivée de la figure de «l'étranger» dans la littérature québécoise. Son essai traite de l'ambiguïté de l'immigrant et de l'impact qu'il a sur les personnages québécois. [détails]

1993 - Publication du roman «Les lettres chinoises» de Ying Chen
Écrit par Ying Chen, «Les lettres chinoises» prennent la forme d'un roman épistolaire. Les thèmes dominants sont le déracinement, la quête d'identité d'un immigrant et la difficulté de vivre un amour à distance.

L'amour et les difficultés d'adaptation qu'éprouvent de jeunes immigrants chinois nouvellement arrivés au Québec sont au coeur de l'intrigue du livre «Les lettres chinoises», un roman de Ying Chen empreint d'une profonde sensibilité. [détails]

1993 - Publication du roman «Un homme invisible à la fenêtre» de Monique Proulx
Écrit par Monique Proulx, le roman «Un homme invisible à la fenêtre» fera l'objet d'une adaptation cinématographique.

L'intrigue du roman «Un homme invisible à la fenêtre» est centrée autour de la vie de Max, un peintre qui vit seul dans un appartement après avoir subi un accident qui lui a fait perdre l'usage de ses jambes. [détails]

1994 - Publication du roman «Pavillon des miroirs» de Sergio Kokis
Écrit par Sergio Kokis, «Le Pavillon des miroirs» remporte plusieurs prix. Ce roman raconte l'histoire d'un être déraciné de son pays qui essaie de ne plus vivre dans ses souvenirs.

«Le Pavillon des miroirs» raconte l'histoire d'un Brésilien qui immigre au Québec. Les différents chapitres oscillent entre la voix de l'homme que le personnage principal est devenu et la voix de l'enfant qu'il a été au Brésil. [détails]

9 octobre 1996 - Publication de la biographie «Gabrielle Roy, une vie» de François Ricard
Écrite par François Ricard, la biographie «Gabrielle Roy, une vie» gagne le prix Jean-Éthier Blais de critique littéraire, en 1997, le prix Drainie-Taylor, en 1999, et le prix Maxime-Raymond, la même année.

Dans ce volumineux ouvrage de plus de 600 pages, François Ricard retrace la carrière de Gabrielle Roy, figure majeure de la littérature québécoise. Cette biographie décrit le parcours de cette écrivaine originaire du Manitoba, s'attardant aux moments marquants de sa vie privée, au contenu de ses oeuvres ainsi qu'à l'accueil qu'en a fait la critique. [détails]

16 mai 2001 - Lancement d'une biographie de l'ex-premier ministre Jacques Parizeau
L'auteur Pierre Duchesne est présent au lancement de sa biographie de l'ex-premier ministre Jacques Parizeau qui se déroule à la Bibliothèque nationale.

Le journaliste Pierre Duchesne a mis près de quatre années de travail pour produire ce livre sur la vie de Jacques Parizeau, chef du Parti québécois de 1988 à 1996 et premier ministre du Québec de 1994 à 1996. L'ouvrage qu'il présente est le premier de trois tomes. Il couvre la période s'échelonnant de 1930 à 1970. L'élaboration de cette biographie a nécessité à l'auteur plus de 150 heures d'entrevue avec Jacques Parizeau, de même qu'avec 150 personnes qui ont bien connu le politicien. Duchesne a également eu accès aux archives personnelles de l'ex-premier ministre. Ce document de plus de 600 pages contient des révélations sur l'enfance et l'adolescence de Parizeau, sur son premier mariage avec Alice Poznanska et ses débuts en politique. [détails]

19 août 2003 - Lancement en français du roman «L'histoire de Pi» de Yann Martel
La traduction, et le lancement en français du roman «La vie de Pi» (The Life of Pi) de l'auteur québécois Yann Martel, retient l'attention de la presse. Après avoir figuré sur la liste des prix du gouverneur-général du Canada en 2001, ce livre a obtenu le prestigieux Man Booker Prize en 2002.

Natif d'Espagne, Martel est un fils de diplomate qui a beaucoup voyagé autour du monde avant de se consacrer à l'écriture. Dans «La vie de Pi», il raconte l'histoire d'un adolescent qui se retrouve sur un radeau en compagnie d'une hyène, d'un orang-outan, d'un zèbre et d'un tigre. Depuis qu'il a remporté le Man Booker Prize, ce roman, le deuxième de Martel, a été traduit en plusieurs langues et s'est vendu à des millions d'exemplaires à travers le monde. Il ne faudra que quelques jours avant que le tirage de 14 000 exemplaires ne soit épuisé, ce qui constitue un succès retentissant dans le monde de l'édition québécoise. Une adaptation cinématographique devrait être réalisée éventuellement. [détails]

Commentaire

Selon certains intervenants, la littérature québécoise jusqu'en 1960 était marquée par un nationalisme défensif, de survivance, orienté vers la religion. C’est ce qu’on appel souvent la littérature du terroir. D’après moi, il est faux de dire que ce type de littérature dure jusque dans les années soixante. Elle disparaît progressivement cers la fin des années 30 et on ne la retrouve presque plus dans la période d’après guerre.





La littérature du terroir est conservatrice. Son but est donc d’assurer la survivance du peuple canadien-français en émouvant les lecteurs par la représentation d'une vie ardue mais libre. On présente alors des romans dans lesquels on démontre que la vie paysanne est supérieure à toutes les autres. Au début du siècle on peut alors parler d’œuvre tel « Marie Calumet» de Rodolphe Girard en 1904, ce roman dépeint la vie dans les campagnes tout en faisant preuve d’ironie envers le clergé. En 1914 c’est la publication du roman «Maria Chapdelaine» de Louis Hémon qui est lui aussi un récit de la vie canadienne française. Un peu plus tard, dans les années 30 le recueil «À l'ombre de l'Orford» d'Alfred DesRochers entre aussi dans cette catégorie. Contrairement à ses autres écrits ce recueil est considéré comme un œuvre du terroir. En 1933 «Un Homme et son péché » de Claude-Henri Grignon est publié. Par la suite, après les années 1935, les romans oubliés sont considérés comme les derniers romans du terroir.




On compte aussi en 1837 «Menaud maître-draveur» de Félix-Antoine Savard et «Trente arpents» de Ringuet. «Les Engagés du Grand Portage» de Léo-Paul Desrosiers est quant à lui différent puisque son roman est plutôt à saveur historique. Il entraîne ses lecteurs dans l'univers du commerce des fourrures au début du XIXe siècle. Dans la dernière lignée de ce style d’écriture on retrouve aussi «Pieds nus dans l'aube» de Félix Leclerc publié en 1946 et «Les Plouffe» de Roger Lemelin en 1948.





À la même époque, des œuvres tranchent avec cette littérature du terroir. Par exemple, dès 1904 le livre «Émile Nelligan et son oeuvre» marque un tournant important dans l'histoire de la poésie québécoise en osant dépasser les bornes étroites du patriotisme et de l'éloge à la terre. En 1914, le roman «Le Débutant» d'Arsène Bessette est publié, ce roman de mœurs sera condamné par l'Église en raison des vues libérales et novatrices de son auteur. Il faut ajouter en 1918 «La Scouine» de Albert Laberge. Celui-ci dépeint alors les mœurs paysannes, mais au lieu d'en présenter une image idéalisée, l’auteur choisit de mettre l'emphase sur des aspects plus sombres. Plus tard, en 1934, Le roman «Les Demi-civilisés» de Jean-Charles Harvey sera mis à l’index puisqu’il critique l’idéologie de conservation mise de l’avant par le clergé et les élites canadiennes-françaises. Hector de Saint-Denys Garneau, en 1937, publie son recueil «Regards et jeux dans l'espace» qui est considéré comme une œuvre moderne dans son style. Dans l’année 1944, on peut aussi inclure «Au pied de la Pente douce» de Roger Lemelin ainsi que «Les Îles de la nuit» d'Alain Grandbois qui s'inscrit dans un courant d’œuvres littéraires novatrices au Québec qui reflètent une plus grande ouverture «à la modernité». En 1945 c’est la publication du roman «Le Survenant» de Germaine Guèvremont qui se situe au centre des deux visions. L’auteure présente un portrait de la vie rurale qui tranche avec celui des romans traditionnels du terroir.





Ainsi, à partir de 1945, le courant littéraire se modifie et devient par alors plus moderne. En 1945, «Bonheur d'occasion» de Gabrielle Roy est publié. L’auteure traite de la vie urbaine contrastant ainsi avec la littérature du terroir. En 1948, le recueil de poésie «La Vierge incendiée» de Paul-Marie Lapointe sort sur le marché. Durant la même année est publié le fameux « Refus global» par Paul-Émile Borduas. Ce manifeste avait été signé par 15 membres du groupe automatiste. Finalement, en 1949, c’est la publication du roman «Mathieu» de Françoise Loranger. Elle illustre les difficultés qu'éprouve une personne marginale à s'accepter dans la société québécoise de la fin des années 40.





L’un des auteurs que j’ai mentionné plus haut est Hector de Saint-Denys Garneau. Il est né en 1912 et meurt en 1943. Ce poète est souvent cité de nos jours et est reconnu dans son domaine comme un précurseur et ce, puisqu’il n’a pas eu de maître. Il se distingue alors nettement des autres auteurs de la même époque. Son travail est souvent considéré comme novateur et traduit une angoisse insurmontable et une solitude infinie parce que la quête d'une identité ne peut franchir la distance infranchissable du sujet lui-même. L’auteur est souvent comparé à Émile Nelligan et, entre les deux, à Alfred Des Rochers.





Pour ce qui est des institutions, à l’aide des graphiques et des évènements, on remarque qu’à partir des années cinquante et ce, jusque dans les années 70, le nombre des bibliothèques augmente suivant ainsi la courbe de la population. Dans les années soixante-dix, on remarque alors une stagnation. La courbe reprend sa course vers 1975, en augmentant régulièrement jusqu’en 1985 suivant, là aussi, la courbe de la population. À partir de 1985, il y a un boom de création des bibliothèques, croissant finalement plus rapidement que la courbe de la population.



Le nombre de livres et de brochures augmentent toujours, exception faite d’une petite baisse dans les années 90. c’est aussi à cette même date que les dépenses dans les bibliothèques commencent à chuter. Pour ce qui est des employés, ils augmentent au même rythme que le nombre de bibliothèque. Par contre, le boom d’augmentation des employer s’effectue dans les années 75 alors que celui des bibliothèques en 1985. Les deux courbes stagnent tout de même en même temps, dans les années 90.


 

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