les 100 mariages jocistes

 

les 100 mariages jocistes

Jean-Philippe Garneau
Ce document a été généré dynamiquement par le Bilan du siècle.
Université de Sherbrooke - 2004-05-08
Images

Le Père Albert Sanschagrin, responsable de la préparation canonique et religieuse des Cent Mariages Jocistes

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Arrivée des fiancés au Stade Delorimier, le 23 juillet 1939.

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Les 105 couples qui se sont mariés au stade Delorimier, le 23 juillet 1939

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Page couverture du livre religieux de la célébration des 100 mariages.

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Couple Couture-Cabana, l'un des 105 couples du 23 juillet 1939

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Bénédiction du Pape Pie XII accordée aux mariés de cet événement.

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Disposition des tables des mariés lors du repas de noces à l'île Ste-Hélène.

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Baiser traditionnel des nouveaux mariés échangé lors de l'événement

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Couples Fortin et Couture lors de la réception sur l'île Ste-Hélène

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Couple Couture à la cérémonie sur l'île Ste-Hélène.

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Couple Fortin, l'un des 105 couples de l'événement du 23 juillet, à l'île Ste-Hélène.

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Père Henri Roy, responsable de la JOC au Québec.

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Père J. Leblanc de la congrégation des Eudis, est l'un des 105 prêtres à avoir participer aux mariages jocistes du 23 juillet.

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Mgr. Georges Gauthier, archevêque de Montréal lors des 100 mariages jocistes. Il a d'ailleurs bénit l'un des mariges et prononcer un discours lors de l'événement. (la date de l'image est approximative)

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© Diocèse de Montréal

Dixième anniversaire des 100 mariages.

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Les recommandations faites aux jeunes couples jocistes, lors des cours de préparation au mariage, article tiré de la revue McLean.

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© Revue McLean 1958

Vingtième anniversaire des 100 mariages.

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Une famille issue des 105 mariages de juillet 1939.

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Vingt-cinquième anniversaire des 100 mariages de 1939, célébré au Cap de la Madeleine.

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Vue aérienne de l'Expo 67, autrefois site où les 105 couples jocistes on célébré leur mariage (après la cérémonie), de même que leur trentième anniversaire de mariage en 1969.

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Trentième anniversaire des 100 mariages, célébré à «Terre des Hommes» le site où tout à commencé en 1939.

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Gâteau du trentième anniversaire des 100 mariages jocistes.

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Les organisateurs du trentième anniversaire des 100 mariages jocistes, à Terre des Hommes, entourant le couple Couture, marié lors de cet événement.

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Trois couples de Granby, mariés lors des 100 mariages jocistes.

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Article et photo sur le cinquantième anniversaire des 100 mariages de 1939.

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Article de la Voix de l'Est sur le cinquantième anniversaire des 100 couples jocistes.

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Photo de la Presse, la famille Pratte cherchant à réunir le maximun de couples de juillet 1939 pour fêter les noces d'or.

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Mgr. Albert Sanschagrin, évêque de St-Hyacinthe, il était le responsable de la logistique des 100 mariages jocistes de 1939.

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Photo et entrevue avec la première fiancée à être entrée dans le stade Delorimier le 23 juillet 1939.

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Photo et article en deux parties, de l'un des couples jocistes de 1939, fêtant leur soixantième anniversaire de mariage.

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Témoignage d'un couple, uni lors des 100 mariages jocistes, fêtant leur soixantième anniversaire

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Bénédiction de Jean Paul II donnée au couple Couture pour leur commémorer le soixantième anniversaire de mariage jociste de 1939.

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Marie-Berthe Couture, l'une des 105 mariées jocistes du 23 juillet 1939 en compagnie d'Albert Sanschagrin, anciennement évêque de St-Hyacinthe et responsable de la logistique des 105 mariages.

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Commentaire

La J.O.C. canadienne, à l'occasion de son deuxième congrès national, célébrait solennellement 105 mariages à Montréal, à la suite d'une année d'étude de l'encyclique "Casti Connubii" de Pie XI. De cette célébration et des études qui l'ont précédée sont nés les Cours de Préparation au Mariage, lesquels se sont répandus par la suite de par le monde.

La J.O.C. est née en Belgique, vers les années 125, de la réflexion et du zèle apostolique du chanoine Joseph Cardijn, face à la situation religieuse et sociale des jeunes ouvriers et des jeunes ouvrières de son pays. Son mouvement reçut la sanction du Pape Pie XI: "Les premiers apôtres des ouvriers sont les ouvriers eux mêmes."
La J.O.C. émigra au Canada dans les années '30, grâce à l'initiative du Père Henri Roy, oblat, avec l'appui de Mgr Georges Gauthier, archevêque coadjuteur de Montréal.
La J.O.C., elle, limite son action à la jeunesse masculine et féminine du milieu ouvrier et elle poursuit des objectifs religieux et apostoliques, ne touchant à d'autres domaines qu'en autant que ses objectifs y sont impliqués.
La J.O.C. se répandit très rapidement au niveau des paroisses de langue française du Canada et du Nord Est américain. Un premier congrès réunissait à Montréal, en 1935, plusieurs milliers de jocistes.
Le deuxième congrès, en 1939, celui des Cent Mariages jocistes, amenait quelque 8,000 jocistes, de l'extérieur, en plus des jocistes de Montréal même.
La spécialisation de l'Action catholique selon les milieux de vie, a été un élément important dans l'expansion rapide de la J.O.C. Mais les principes qui la guidaient, comme la méthode qu'elle employait, l'ont grandement aidée. Formation par l'action! La formation jociste n'est pas d'abord intellectuelle. C'est dans l'action, selon la méthode du Voir, Juger, Agir, que le jeune forme sa personnalité et affirme ses convictions humaines et chrétiennes. Et la révision collective de vie et d'action, qui s'en suit, raffermit ses convictions.
1938 39 La J.O.C. existait alors depuis six années environ. Elle comptait déjà près de 35,000 membres, rassemblés en 548 sections. Toutes les paroisses ouvrières de grandes ou petites villes avaient leurs sections masculines et/ou féminines. On venait de vivre la crise économique des années '30 et tout ce qu'elle comportait pour les jeunes On sentait venir la guerre. Les jeunes ouvriers sentaient le besoin de se regrouper en un mouvement qui leur permettrait de se prendre en main et de rayonner dans leur milieu de vie. Le tout dans un sens chrétien et apostolique.

L’idée des 100 mariages : La Session Intensive de Sherbrooke:

La Session Intensive était, l'instance supérieure du mouvement. Chaque année, au cours de l'été, les dirigeants et aumôniers nationaux, diocésains et régionaux des secteurs masculins et féminins se rencontraient pour fixer et élaborer le programme d'étude et d'action du mouvement. En août 1938, la Session Intensive se tenait à Sherbrooke. A l'ordre du jour, le programme d'étude proposé: le mariage et la famille chez les jeunes ouvriers à la lumière de l'encyclique « Casti Connubii » du Pape Pie XI. Ce sont les comités nationaux de la J.O.C. et de la J.O.C.F., sous l'inspiration du Père Henri Roy, qui avaient choisi le thème à l'étude. C'est qu'on commençait déjà à ressentir une désintégration de la famille, qui s'accentuera dans les années suivantes par le travail des femmes pendant la guerre. La conclusion, qui amena l'adhésion de tous: notre société est sûrement en voie de déchristianisation.
L'annonce des Cent Mariages:

La Session Intensive se déroula du vendredi soir au dimanche après midi. On y releva l'actualité des problèmes qui se posaient aux jeunes face au mariage, la façon qu'il fallait aborder la question en regard de l'encyclique selon la méthode du Voir, Juger, Agir, etc... Puis le Père Roy tira les conclusions. C'est alors qu'il proposa une action bien concrète pour l'été suivant, à savoir la célébration le même jour, au même endroit, de vingt cinq mariages, recrutés parmi les jocistes qui devaient se marier cette année là et qui auraient suivi les quelques quarante cercles d'études hebdomadaires portant sur le mariage, à la lumière de l'encyclique. Dans l'enthousiasme, le Père Roy promit non plus la célébration de vingt cinq mariages, mais la célébration de cinquante, puis de 100 !
Le Père Albert Sanschagrin reçu l’ordre du Père Roy de préparer l’aspect légal et religieux de l’événement, tandis que la préparation matérielle et fonctionnelle était la responsabilité des jocistes.
Pourquoi 105 mariages? De fait, 106 couples s'étaient inscrits; un couple manqua au rendez vous, vraisemblablement pour raison de santé. Les jocistes avaient tenu à ce a dépassé quelque peu le chiffre de cent, pour être bien sûrs, d'avoir cent mariages ce jour là.
L'enregistrement des mariages:
La cérémonie des Cent Mariages devait avoir lieu à la basilique Notre Dame, la plus grande église de Montréal. Les registres religieux et civils furent donc authentiqués comme relevant de la basilique Notre Dame. Mais comment en arriver à ce que 525 personnes (les deux mariés, les deux témoins, le prêtre) puissent signer une première fois le registre religieux et une deuxième fois le registre civil, sans que la chose prenne trop de temps? En tout, 1050 signatures! Mais voilà que tous réalisent que la basilique Notre Dame ne sera pas assez grande pour accueillir tous ceux qui voudront assister à la cérémonie. Les dirigeants se tournèrent alors vers le stade de baseball (alors) de la rue Delorimier. Le stade pouvait recevoir quelque 25,000 personnes dans ses estrades, en plus des 525 mariés qui prendront place sur la pelouse, autour de l'autel, monté pour la circonstance.
LA PRESSE reproduisait la lettre d'une jociste, présidente de la fédération Montréal Centre de la J.O.C.F., écrite au moment où elle allait se marier au président national de la J.O.C. Il s'agit de Thérèse Séguin qui, le matin du 23 juillet, unissait son sort à celui d'Henri Séguin, et dont le mariage fut bénit, par Mgr Georges Gauthier lui même, archevêque de Montréal. Elle voulait témoigner de sa reconnaissance envers la J.O.C.

"Jociste de la première heure, une des premières dirigeantes de ma section, j'ai vu grandir et progresser le mouvement. A dix huit ans, on me confie la charge de la section, comme présidente. Là, je compris davantage mes responsabilités et je constatai tout le bien qu'il y avait à faire parmi les jeunes. Pendant cinq ans, j'occupai la même charge. Cinq années de travail pénible, mais aussi, cinq années de bonheur. "C'est encore celle qui a beaucoup donné qui reçoit le plus. A la J.O.C., j'ai reçu une formation sociale et chrétienne qui m'aidera certes, dans la vie, dont voici le tournant. Je remercie la J.O.C. pour toutes les belles heures qu'elle m'a données et d'avance pour ces années que j'entrevois si belles, profitant de la formation acquise. "Je la remercie surtout pour le fiancé qu'elle m'a permis de rencontrer dans ses rangs, dont elle a formé le coeur et l'âme. Et soyez assurés que cette formation, tous les deux, nous continuerons à la transmettre sur notre nouvelle route. "Vivent les dirigeantes et les militantes actuelles qui font de la classe ouvrière une classe vraiment chrétienne! Vive le Père Roy, qui nous adonné la J.O.C.!
(Signé) Thérèse"


LA JOURNÉE DU 23 JUILLET

Le grand jour est arrivé. Le soleil levant nous promet une belle journée. Les trains spéciaux arrivent en gare, déversant dans la métropole quelque 6,000 jocistes. De bonne heure, le matin du 23 juillet, il y eut messe et communion à la cathédrale de Montréal, auxquelles participèrent les mariés et leurs témoins. Puis, c'est le déjeuner à l'hôtel Windsor, tout à côté. Le déjeuner terminé, on remit à chaque mariée une gerbe de fleur, dont elle ne se sépara pas de la journée. Cent cinq automobiles de luxe, fournies par une des grandes compagnies de fabrication d'auto, transportèrent les mariés et leurs témoins à travers les rues de Montréal jusqu'au Stade de la rue Delorimier, coin Ontario, où se déroulera la cérémonie. Chaque auto numérotée est conduite par un chauffeur en livrée.
Au Stade, la procession d'entrée s'organise. Un long tapis rouge s'étend de la sortie des salles jusqu'à l'autel monumentale construit au centre du terrain. Devant l'autel, les prie Dieu et les chaises destinés aux mariés, à leurs témoins, et aux prêtres devant recevoir les consentements.
La procession des mariés et des témoins se met en marche au son des orgues. Une phalange de robes blanches et d'habits endimanchés s'avance vers l'autel, aux applaudissements des 20,000 jocistes, parents et amis, logés dans les estrades. Après avoir salué l'autel, chaque couple va prendre position à la place que lui indiquait son numéro. Tout cela était dirigé impeccablement par les jocistes. Les prêtres entrent ensuite deux par deux, en surplis et en étole, suivis de six évêques et de Mgr Gauthier. Tous saluent l'autel et vont prendre place devant les mariés qui leur étaient assignés. Suite à la cérémonie, fut la bénédiction des alliances. Mais ici encore, la J.O.C. a innové. La coutume voulait que les hommes ne portent pas d'alliance. Aucun signe ne révélait alors qu'un homme était lié par le mariage. la femme, elle, était tenue de porter son alliance. La J.O.C. fit donc cadeau aux hommes d'une alliance; le mari, par contre, donnait l'alliance à son épouse. Et Mgr Gauthier bénit toutes les alliances, que le mari passait au doigt de son épouse, et que l'épouse passait au doigt de son époux. Puis le prêtre président remit à chaque couple un crucifix souvenir. Par la suite, les mariés, leurs témoins et leurs prêtres se rendirent à l'Ile Sainte Hélène, où avait lieu le banquet de noces. Les jocistes les précèdent ou les suivent. Chaque couple avait une table pour 25 invités, mais avait la liberté de recevoir plus au tarif de $3.00 par tête.
Début septembre, quelques semaines aprés le 23 juillet, la guerre éclatait. Le Canada entrait dans la lutte. La réaction de la J.O.C.: la création de son Service du Soldat, qui devint la priorité du mouvement pour les quelques années à venir. Beaucoup de Jeunes chômeurs devinrent soldats. On favorisa l'enrôlement d'aumôniers jocistes. Avec eux, les responsables jocistes regroupaient les volontaires, et plus tard les conscrits, pour les préparer à la vie qui les attendait. Ayant été nommé assistant de l'aumônier national, chargé plus particulièrement de la branche féminine, je me suis demandé ce que les jocistes féminines pourraient faire dans les circonstances. Le besoin a été exprimé par les soldats eux mêmes: avoir des correspondantes pour soutenir leur moral. C'est ainsi que la JOÛF organisa une service de correspondance entre jeunes filles et soldats, service qui connut un succès inespéré. J'ai recueilli des jeunes filles des centaines et des centaines de lettres de jeunes soldats, que j'ai classifiées et que j'ai fait imprimer en trois volumes, sous le titre: "Sous les Drapeaux!"
A la mi juillet 1940, un an après les Cent Mariages, le gouvernement canadien décrète la conscription pour tout jeune célibataire. Ce fut une course au mariage; des centaines et des milliers de jeunes se marieront en hâte pour éviter le service militaire obligatoire. Quel fut le sérieux et la durée de ces mariages? Mais on en vint, au fil des ans, à confondre ces mariages, ceux de juillet 1939, et ceux de juillet 1940. Et aujourd'hui encore on parle des Cent Mariages comme s'il s'agissait de la course aux mariages, à l'occasion de la conscription. Au point qu'il y a quelques années, la télévision de Radio Canada faisait comparaître Albert Sanschagrin pour expliquer au public que les Cent Mariages jocistes étaient tout autres, sous tous les aspects, que la course aux mariages à l'occasion de la conscription. Les cent couples mariés le 23 juillet 1939 ont tenu à célébrer les anniversaires de leur mariage: le cinquième à l'oratoire; le dixième, à l’Ile Saint-Hélène; le vingt cinquième au sanctuaire marial du Cap de la Madeleine; le trentième à la Place des Nations de Terre des Hommes; le quarantième a l’église St Jean Baptiste de Montréal, le cinquantième à St-Hyacinthe.

CONCLUSION
Les Cent Mariages furent à la fois un point d'arrivée et un point de départ. Le point d'arrivée d'une année d'étude et d'action sur le mariage, qui aboutit à cette grande célébration. Le point de départ du.Service de Préparation au Mariage, que la J.O.C. donnait à l’Église universelle et aux jeunes du Canada et du monde.


 

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