Le Québec, état providence
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Université de Sherbrooke - 2005-04-18
28 octobre 1959 - Annonce d'une hausse salariale pour les fonctionnaires
Le premier ministre du Québec, Paul Sauvé
, annonce une hausse salariale pour les fonctionnaires régis par la Commission du service civil.
Les 19 169 fonctionnaires recevront au total une somme de 7 millions de dollars, ce qui équivaut à une augmentation globale par personne de 394 $. Sauvé annonce en même temps une nouvelle classification des tâches. [détails]
2 janvier 1960 - Décès du premier ministre du Québec, Paul Sauvé
La mort du premier ministre Paul Sauvé , à lâge de 52 ans, suscite une crise de leadership au sein de l'Union nationale. C'est le ministre du Travail, Antonio Barrette
, qui lui succédera. Barrette sera assermenté le 8 janvier 1960.
Paul Sauvé était député de la circonscription de Deux-Montagnes depuis 1930. Son décès subit, qui survient un peu moins de quatre mois après celui de son prédécesseur, Maurice Duplessis , marque une nouvelle étape pour l'Union nationale. Pendant le court règne de Sauvé -environ 100 jours-, plusieurs entrevoyaient déjà des ouvertures susceptibles de mener à une série de réformes, ce qui aurait pu changer significativement le visage de la politique québécoise et donner une autre forme à la Révolution tranquille qui sera entreprise par les Libéraux à la suite de l'élection du 22 juin 1960. À cette occasion, c'est l'ex-ministre du Travail Antonio Barrette qui sera à la tête de l'Union nationale. [détails]
22 juin 1960 - Élection des Libéraux de Jean Lesage à l'Assemblée législative du Québec
Les Libéraux de Jean Lesage
remportent l'élection générale avec 51,3 % des voix. Ils font élire 51 députés à l'Assemblée législative contre 43 pour leurs plus proches rivaux, les Unionistes d'Antonio Barrette
.
L'arrivée au pouvoir du Parti libéral, en 1960, met un terme aux seize années de pouvoir de l'Union nationale et à la carrière politique d'Antonio Barrette qui se retirera quelques mois plus tard. L'élection des Libéraux marque un tournant historique pour le Québec. Le slogan de l'«équipe du tonnerre» était d'ailleurs «C'est le temps que ça change». Cette nouvelle phase, qu'un journaliste baptisera plus tard «Révolution tranquille», sera marquée par un rôle accru de l'État québécois, que ce soit dans le secteur de l'économie, de la santé ou de l'éducation. Il est à noter que dans la défaite l'Union nationale réussit néanmoins à obtenir les faveurs de 46,6 % de l'électorat. Parmi les députés élus que la presse perçoit comme ministrables, soulignons les noms de Paul-Gérin Lajoie, de René Lévesque et de l'ancien chef du Parti libéral, Georges-Émile Lapalme. [détails]
6 juillet 1960 - Annonce du transfert de la responsabilité des budgets de l'instruction publique au ministre de la Jeunesse
Le gouvernement libéral de Jean Lesage
confie au ministre de la Jeunesse la responsabilité exclusive de l'instruction publique et l'administration des budgets provinciaux consacrés à cette fin.
Jusque là, le budget consacré à l'éducation relevait du secrétaire de la province et était administré, à toutes fins pratiques, par le Surintendant du département de l'Instruction publique. [détails]
12 décembre 1960 - Adoption par l'Assemblée législative d'une loi sur l'assurance-hospitalisation
Donnant suite aux recommandations de la Commission Favreau mise sur pied en janvier, le gouvernement libéral de Jean Lesage
adopte un projet de loi sur l'assurance-hospitalisation. Il entrera en vigueur le 1er janvier 1961.
L'article 27 du programme adopté par le Parti libéral du Québec, en 1960, proposait «l'institution immédiate, en collaboration avec la profession médicale, les professions et les services connexes, d'un système gouvernemental d'assurance-hospitalisation.» Le gouvernement remplit cet engagement dès la première année de son mandat, ce qui permet aux Québécois d'obtenir, dès 1961, un service d'hospitalisation gratuit comme celui dont bénéficient les Canadiens des autres provinces. Cette mesure exige une implication directe de l'État dans la gestion des hôpitaux. En peu de temps, la facture de l'assurance-hospitalisation connaîtra une croissance vertigineuse, passant de 139 millions de dollars en 1961 à 343 millions de dollars en 1966. Le programme s'avère néanmoins profitable pour les Québécois : lors d'une conférence qu'il prononcera le 15 décembre 1961, le premier ministre Lesage annoncera qu'environ 650 000 personnes l'ont utilisé au cours de sa première année d'application. [détails]
15 février 1961 - Dévoilement des résultats d'un sondage sur l'établissement d'une loterie provinciale
Le journal «La Presse» et la station radiophonique CKAC tiennent une consultation populaire visant à tâter le pouls du public sur la question de l'implantation d'une loterie provinciale. Ce sondage, qui n'a pas de prétention scientifique, tend à démontrer que les Québécois sont favorables à la mise sur pied d'une telle mesure.
Près de 100 000 personnes -98 790 pour être précis- répondent Oui à la question «Pour ou contre une loterie provinciale ?», alors que seulement 149 personnes s'affichent contre. Cette volonté se veut le reflet d'un certain consensus qui existe au Québec sur cette question, et ce même au sein de la classe politique. Jean-Louis Gagnon de «La Presse» écrit à ce sujet : «Si chaque province est libre de légiférer comme elle l'entend en ce qui concerne le commerce des alcools, pourquoi en serait-il autrement quand il s'agit d'une loterie ?» Rappelons que la mise sur pied d'une loterie provinciale est prohibée par l'article 179 du Code pénal. [détails]
Juin 1962 - Modification de la loi sur l'essence
Dans la foulée de l'Ontario, le gouvernement du Québec décide de percevoir une taxe qui porte le prix du gallon d'essence de 13 à 18,5 cents.
Selon les prévisions, le prélèvement de ces sommes permettra de renflouer les coffres du gouvernement de 1,5 millions de dollars. [détails]
12 juin 1962 - Création de la Société générale de financement
La mise sur pied de cet organisme fut suggérée en 1960 par la Fédération des Sociétés Saint-Jean Baptiste du Québec. Son objectif est de donner un coup de pouce à l'économie québécoise par la mise en valeur des ressources naturelles et la création de nouvelles entreprises.
La création de la Société générale de financement (SGF) s'inscrit dans la vision du gouvernement libéral de Jean Lesage qui veut moderniser l'économie québécoise et permettre à des entrepreneurs locaux d'y jouer un rôle plus actif. À ses débuts, la SGF reçoit son financement de l'État, d'institutions financières et d'entreprises privées. Au cours des années 60, elle épaulera plusieurs initiatives industrielles, notamment dans le domaine de la sidérurgie ou de l'industrie automobile, avant de faire l'objet de réformes importantes au cours des années 70. [détails]
23 avril 1963 - Acceptation de l'offre de l'Hydro-Québec par les actionnaires des compagnies d'électricité
Le premier ministre Jean Lesage
annonce que 90 % des actionnaires de sept compagnies d'électricité nationalisées ont accepté l'offre formulée le 22 février pour l'achat de leur actions.
Cete annonce marque une étape décisive dans la prise de possession des sociétés d'électricité nationalisées. Le 1er mai, elles passent aux mains de la Commission hydroélectrique de Québec (Hydro-Québec) dont le nombre d'employés augmente de 10 000 à 15 000. [détails]
26 avril 1967 - Institution d'un régime québécois d'allocations familiales
Le gouvernement unioniste de Daniel Johnson instaure un régime québécois d'allocations familiales.
Le gouvernement fédéral verse des allocations aux familles canadiennes depuis 1945. [détails]
29 août 1967 - Manifestation en faveur d'un meilleur système d'aide sociale
Plus de 500 assistés sociaux, prêtres, animateurs sociaux, et gens de toutes religions et races, se rassemblent devant le bureau chef du bien-être social de Montréal, rue du Champ-de-Mars. Ils demandent une meilleure administration du système d'aide sociale et une reconnaissance des assistés sociaux en tant que citoyens à part entière.
Le groupe, qui exige une réponse immédiate à toute demande d'enquête, a d'autres revendications comme une large diffusion des textes de lois et des mécanismes de l'assistance publique. Il réclame également la présence d'enquêteurs et de fonctionnaires formés à une politique commune et en mesure de répondre adéquatement aux questions, ainsi qu'une justification de toute coupure et toute suspension. Enfin, les manifestants demandent que le service du bien-être social de Montréal fasse pression auprès du gouvernement québécois afin que ce dernier augmente immédiatement le montant des prestations de façon à ce qu'elles soient ajustées à la hausse croissante du coût de la vie. Sept mouvements de citoyens non-identifiés sont à l'origine de la manifestation. «Le Devoir» écrit dans son compte rendu des activités que, pour la première fois, «les locataires de la rue Champ-de-Mars, accrochés à leurs balcons ou aux fenêtres, ont vu le spectacle, sans précédent à Montréal, d'assistés sociaux non plus patientant devant le bien-être social, mais réclamant avec force, slogans et pancartes, que soient changées les méthodes de l'administration à leur égard et que soient haussées les prestations notamment pour les médicaments.» [détails]
22 février 1968 - Annonce de la création de Radio-Québec
Le premier ministre du Québec, Daniel Johnson, utilise une loi de 1945 pour procéder à la création d'un service provincial de radio-diffusion : Radio-Québec.
Ce geste du premier ministre est interprété par plusieurs comme une manifestation autonomiste face à Ottawa dans le domaine de l'éducation et des communications. Les studios de Radio-Québec sont situés sur la rue Fullum, à Montréal. Au début, on y fait seulement de la production d'émissions dont le contenu est souvent éducatif. Ce n'est qu'en 1972 que Radio-Québec télédiffusera sa propre programmation. [détails]
18 décembre 1968 - Création du réseau des Universités du Québec
La Loi 88, adoptée le 14 décembre, permet de créer des Universités du Québec à Montréal, Trois-Rivières et Chicoutimi. Par après, s'ajouteront celles de Rimouski, Hull et Rouyn. Il s'agit d'un réseau d'universités publiques dont la naissance s'inscrit dans la vaste réforme des institutions d'enseignement en cours depuis le début de la Révolution tranquille.
L'adoption de la Loi 57 par l'Assemblée législative a permis au gouvernement unioniste de Jean-Jacques Bertrand de créer un Conseil des Universités du Québec. Quelques jours après, l'Assemblée législative adopte la loi constituant les Universités du Québec. Plusieurs instituts se grefferont à ce réseau dont l'Institut Armand-Frappier, l'École nationale d'administration publique et l'Institut nationale de recherche scientifique. La Télé-Université est également liée à ce réseau. La création de ce réseau d'universités francophones, qui comprend l'Université du Québec à Montréal (UQAM), répond à une revendication de vieille date des milieux universitaires québécois. [détails]
28 novembre 1969 - Création du ministère de la Fonction publique du Québec
Le premier ministre Jean-Jacques Bertrand
choisira le député de Saint-Jacques, Jean Cournoyer, pour devenir le premier titulaire du portefeuille de la Fonction publique, le 23 décembre 1969.
En vertu des articles 17 et 26 de la Loi C-44, la nomination, la rémunération et la permutation des fonctionnaires et employés du gouvernement seront désormais soustraites au contrôle administratif du Conseil de la trésorerie. [détails]
12 décembre 1969 - Adoption de la Loi sur l'aide sociale
La Loi sur l'aide sociale, qui fait suite aux recommandations du rapport Boucher, définit la notion de famille, de «chef de famille» et d'enfant à charge, ce qui aura une incidence importante sur les femmes monoparentales. Elle prendra effet à partir du 1er novembre 1970.
Au cours des décennies précédentes, diverses mesures d'aide financière aux personnes nécessiteuses ont été implantées. Celles-ci sont toutes intégrées par la nouvelle Loi sur l'aide sociale que fait adopter le gouvernement de l'Union nationale. Cette loi établit le droit à l'assistance pour tout individu dans le besoin, quelle que soit la cause de sa situation. Cependant, les jeunes de moins de 30 ans qui sont aptes au travail reçoivent une allocation nettement inférieure à celle de leurs aînés. En 1974, la Loi sur l'aide sociale sera amendée pour tenir compte de l'augmentation des allocations familiales accordées par le gouvernement fédéral. [détails]
14 mars 1970 - Présentation du premier tirage de Loto-Québec
Le premier tirage de Loto-Québec permet à 160 personnes de se partager des montants allant de 100 $ à 125 000 $ (250 000 $ en tout). Un spectacle de variété, télédiffusé en direct du théâtre Saint-Denis, accompagne le dévoilement des numéros gagnants.
Le 22 décembre 1969, la Cour suprême se prononce sur l'illégalité de la loterie dite de la «taxe volontaire», instaurée par le maire de Montréal, Jean Drapeau. S'appuyant sur les dispositions d'une loi fédérale adoptée en mai 1969, le gouvernement du Québec adopte le 23 décembre une loi qui permet la création de deux Sociétés d'État : la Régie des loteries et courses du Québec et la Société d'exploitation des loteries et courses du Québec. L'ex-député unioniste Maurice Custeau assume la présidence de Loto-Québec qui voit officiellement le jour en janvier 1970. Le premier tirage, qui a lieu le 14 mars 1970, est un événement d'envergure qui fait l'objet d'une soirée de gala au théâtre Saint-Denis. Elle est retransmise sur les ondes du réseau Télé-Métropole. À cette occasion, Antoine Scaff et Dimitriakis Efstratios se partagent le grand prix de 125 000 $. Il déclare à la presse : «Nous avons pris des tranquillisants, mais cela ne nous a pas aidés à dormir.» Grâce à ses tirages, Loto-Québec réussira à augmenter les revenus du gouvernement de plusieurs millions de dollars à chaque année. Pour ce seul tirage de mars 1970, on estime que la vente de billets à 2 $ aurait permis d'amasser des recettes de 1 250 000 $ Au début des années 1970, Loto-Québec verse 18 millions $ annuellement au gouvernement, alors qu'en 1986, ses tirages permettront à la Société d'État d'engranger des profits d'environ 300 millions $. [détails]
22 décembre 1970 - Création du ministère des Affaires sociales
L'entrée en vigueur de la Loi du ministère des Affaires sociales consacre la création de ce ministère à partir de la fusion du ministère de la Famille et du Bien-être et du ministère de la Santé.
En réorganisant de la sorte son appareil administratif, le gouvernement libéral souhaite implanter un système intégré, coordonné et décentralisé de soins de santé et de services sociaux : «Cette politique d'accessibilité pour tous à des soins et des services complets, continus, complémentaires et de qualité est centrée sur la nécessité de l'accessibilité géographique et sociale aux services. L'intégration des services aux niveaux local et régional permettra d'envisager l'ensemble des problèmes de l'individu et du milieu.» Le ministre des Affaires sociales, Claude Castonguay , applique ainsi certaines recommandations du rapport de la Commission d'enquête sur la santé et le bien-être social, dont il était le président. L'autre volet important de la politique sociale formulée dans le rapport présenté par Castonguay en 1967 est la mise en place d'une politique globale et intégrée de sécurité du revenu. Cette recommandation a donné lieu à l'adoption de la Loi de l'aide sociale en 1969. [détails]
Nous pouvons affirmer que nous assistons au développement de l'état providence avec l'avènement de la révolution tranquille. Nous désignons par état providence, que l'état s'émiscse plus dans la vie des gens en offrant divers services à la population qu'il dessert. Cet accroissement de l'état providence se poursuivra jusqu'au année 1980.
Premièrement l'état providence fut créer par le remplacement des effectifs religieux à l'éducation et à la santé par du personnel formé et laïque. Le gouvernement du Québec créera aussi de nombreux emplois par la création de nouveaux services, comme le réseau universitaire québécois, ainsi que par la création de société d'état, comme hydro-Québec ainsi que la Société Générale de placement. Tous ces nouveaux emplois créés par la fonction publique servira au rehaussement de la qualité de vie des Québécois. Ces mesures de social-démocratie se poursuivra sous le gouvernement de l'Union Nationale lorque le premier ministre Daniel Johnson mis en place le développement de la Baie James. Par la suite, le gouvernement de Bourassa et Lévesque poursuivreront dans la même voie, multipliant les investissements gouvernementaux, afin de mieux désservir la population québécoise.
Nous pouvons aussi affirmer que toutes ces nouvelles mesures sociales ont un coût. Bien qu'une hausse de taxe puisse combler le manque à gagner de ces nouvelles mesures, le gouvernement fera une série d'actions afin de préserver la qualité de vie de la majeure partie de la population. Comme exemple, nous pouvons noter la création d'une taxe sur l'essence et la création de Loto-Québec, afin de trouver de nouvelles sources de financement.
Aujourd'hui nous sommes entrain d'assister au recul de la présence de l'état au sein de notre quotidien. Premièrement les crises économiques à lesquels nous avons dû faire face nous a apporter un sens plus restrictif de l'aide de l'état. De plus, la société québécoise doit faire face à l'effondrement de la pyramide sociale, soit que les baby-boomers sont plus nombreux que les générations qui les succèdent. Comme l'état ne pourra plus remplir ces engagements passés, celui-ci procède à une réajustation des politiques gouvernementales.
