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Déclenchement d'une grève chez Dupuis Frères à Montréal


Grévistes devant l'édifice de Dupuis & Frères

2 mai 1952

Un an après avoir obtenu son accréditation, le syndicat des employés du magasin Dupuis Frères, affilié à la Confédération des travailleurs catholiques du Canada (CTCC), déclenche une grève. C'est le premier arrêt de travail que la CTCC organise contre un employeur canadien-français. Il durera jusqu'au 28 juillet.

À l'époque, Dupuis Frères est un symbole pour les Canadiens français, ce qui confère une grande importance au conflit. La majorité des 1 000 grévistes sont des femmes qui reçoivent des salaires modestes. Selon Pierre Vadeboncoeur, l'avocat du syndicat de Dupuis et frères : «Un des éléments déclencheurs (de la crise) est l'arrivée d'un nouvel administrateur Roland Chagnon (...) Le renouveau impliquait le départ de plusieurs employés.» Cet arrêt de travail est marqué par plusieurs incidents, notamment lors des tentatives par la compagnie de relancer ses activités avec des briseurs de grève. C'est d'ailleurs à une de ces occasions que le célèbre boxeur Joe Louis refuse de traverser les lignes de piquetage par respect pour les grévistes. Ces derniers utilisent plusieurs moyens inusités : propagande, intimidation, explosion de bombes puantes, envoi de souris, d'abeilles et de grenouilles dans le magasin. Environ 70 grèvistes et sympathisants seront arrêtés par les policiers. Un seul sera emprisonné pour avoir bombardé le maire de Montréal, Camilien Houde, avec des oeufs, lors du défilé de la Saint-Jean-Baptiste. Lorsque le conflit se terminera, le 26 juillet 1952, les syndiqués obtiendront le respect de la formule Rand, des hausses salariales variant entre 4 et 6 $ et la semaine de 40 heures.


En référence: Confédération des syndicats nationaux, En grève! Montréal, Éditions du Jour, 1963, p.99-128.
En complément: Josette Dupuis-Leman, Dupuis Frères : le magasin du peuple, Montréal, Stanké, 2001, 290 pages. Jacques Rouillard, Histoire de la CSN, 1921-1981, Montréal, Boréal Express-CSN, 1981, 334 pages. Marguerite Sauriol, «La grève de 1952», Cap-aux-Diamants, n.72, Hiver 2003, p.95. Robert Trudel, «Famille, Foi et patrie: le credo de Dupuis Frères», Cap-aux-Diamants, n.40. Hiver 1995, p.26-29.
Crédits pour la photo: Année: 1952. © nd Auteur: inconnu. Commanditaire: Canada Wide. Référence: Canada Wide.



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