Déclenchement d'une grève au moulin à bois de Buckingham

 


En 1906, durant la grève de Buckingham, on utilise les forces de l'ordre pour protéger les briseurs de grève.Année: 1906. © Archives de la CSN Auteur: Inconnu.. Référence: Archives de la CSN..

[12 septembre 1906]

Le refus des patrons (la famille MacLaren) de reconnaître le syndicat est à l'origine d'une grève qui éclate dans la ville forestière de Buckingham, près de Hull. La présence de policiers et l'embauche de gardes armés payés pour protéger les briseurs de grève mènent à un affrontement au cours duquel deux ouvriers, dont le président du syndicat, sont tués. La milice est alors appelée sur les lieux pour protéger les installations après la proclamation de la Loi de l'émeute.

À la suite de l'implantation d'une section d'un syndicat international à l'usine de bois de Buckingham, plus de 400 travailleurs déclenchent la grève le 12 septembre 1906. Ils exigent la reconnaissance syndicale, la réduction des heures de travail et une hausse des salaires variant entre 12 et 15 cents l'heure. Les meneurs sont congédiés et les patrons, la famille MacLaren, embauchent des briseurs de grève et des gardes armées. Le 8 octobre, un affrontement survient entre les grévistes et les briseurs de grève. Les gardes armés ouvrent le feu et abattent deux ouvriers, dont le président du syndicat, Thomas Bélanger. Lorsque interrogé, M. J. B. Clément, le vice-président de l'Union des Chevaliers du travail, raconte l'affrontement en ces termes : «nous trouvant sur les terrains des McLarens et sur le chemin public à la fois, nous étions mêlés. Contre nous, ils étaient une cinquantaine. Il y en avait de cachés dans les bois qui tiraient sur nous. Un jeune Canadien-français (sic) élevé au milieu de nous et à la charité de tous a été vu tirant derrière les arbres, contre nous...» Devant la mort de son président, il déclare: «on a tué notre président, on l'a assassiné, c'est tout ce que l'on voulait. La preuve qu'une coterie voulait surtout le frapper, c'est que c'est lui qui a été atteint le premier». La loi sur l'émeute est alors proclamée et la milice est dépêchée pour résoudre le conflit. Alors que plusieurs meneurs sont emprisonnés, les syndicats internationaux organisent des manifestations et des collectes. Le syndicat sera démantelé mais le maire sera battu lors des prochaines élections municipales.


En référence: La Presse, 9 octobre 1906, p.1, 9-10.
En complément: Pierre-Louis Lapointe, Buckingham, ville occupée, Hull, Éditions Asticou, 1983, 165 p. Centrale de l'enseignement du Québec, Histoire du mouvement ouvrier au Québec (1825-1976) : 150 ans de luttes, Montréal, CEQ-CSN, 1979, p.93.

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