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Bilan du siècle
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L'histoire électorale du Québec de 1867 à 2017
Analyses, carnets électoraux, tableaux
500 pages documentées et référencées
Jean-Herman Guay (politologue) et Serge Gaudreau (historien)

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Affrontements entre policiers et manifestants lors du défilé de la Saint-Jean-Baptiste à Montréal

24 juin 1968

Le défilé de la Saint-Jean-Baptiste dans les rues de Montréal est marquée par une violente altercation entre policiers et manifestants indépendantistes. Cette journée entrera dans l'histoire du Québec comme le «Lundi de la matraque»

La tenue d'une élection fédérale, le 25 juin, donne une coloration bien particulière à ce défilé de la Saint-Jean-Baptiste. Les mouvements nationalistes y participent massivement, manifestant (sur la rue Sherbrooke, en face de la Bibliothèque municipale de Montréal) leur insatisfaction à l'endroit du premier ministre du Canada, Pierre Elliott Trudeau , qui siège à l'estrade d'honneur avec le maire Jean Drapeau et d'autres dignitaires. Le premier ministre, dont l'hostilité pour la thèse indépendantiste est bien connue, devient rapidement la cible des manifestants qui scandent «Trudeau traître, Trudeau vendu, à bas Trudeau». En peu de temps, l'émeute éclate. Des drapeaux canadiens sont brûlés, des voitures de police renversées et des projectiles sont même lancés en direction de Pierre Elliott Trudeau . Les policiers perdent rapidement le contrôle de la situation et chargent sans distinction sur tout ceux qui semblent manifester : hommes, femmes, enfants, personnes âgées. Les événements de la soirée mènent à 290 arrestations alors que plus de 125 manifestants, spectateurs et policiers sont blessés. Dans son autobiographie, Pierre Elliott Trudeau relate ainsi l'événement : «Il y eut dans l'estrade des «mouvements divers», comme disent les comptes rendus d'assemblées, peut-être même un début de panique quand presque tous les notables se levèrent pour sortir. Un agent préposé à ma sécurité personnelle tenta aussi de me faire battre en retraite, mais sans succès. Je n'avais pas du tout envie d'obéir à une violence aussi saugrenue. Je déteste la violence. Démocrate, je n'admets pas qu'une infime minorité d'agitateurs tente de chasser à coups de pierres les invités de la majorité.» À la grandeur du pays, la télévision diffuse des images de la manifestation et de la résistance du premier ministre. Le lendemain, le Parti libéral qu'il dirige sortira victorieux de l'élection générale.


En référence: Le Devoir, 25 juin 1968, p.1.
En complément: Pierre Godin, La poudrière linguistique, Montréal, Boréal, 1990, p.52-58. Pierre Elliott Trudeau, Mémoires politiques, Montréal, Le jour, 1993, p.100. Le lundi de la matraque, 24 juin 1968 , Montréal, Éditions Parti pris, 1968, 155p.



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