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Déclenchement d'une émeute à la filature de Valleyfield


Groupe d'ouvriers travaillant dans une filature au début du siècle

25 octobre 1900

À la filature Montreal Cotton Co. de Valleyfield, une émeute éclate entre les ouvriers en grève et les militaires appelés en renfort par le maire de la ville.

Les soldats, appelés par le maire Langevin pour faire cesser cette «menace à la paix», ouvrent le feu et utilisent leurs baïonnettes pour décourager les grévistes qui résistent tant bien que mal. Les 250 ouvriers affectés à la construction de la nouvelle usine demandent une augmentation de 25 cents par jour. Cette hausse porterait leur salaire quotidien à 1,25 $, comme celui des employés réguliers de l'usine. Au cours du conflit, neuf militaires sont grièvement blessés et un hôpital temporaire est même installé dans les quartiers. Malgré les mandats d'arrestation émanant du maire Langevin, le président du comité de police donne l'ordre de ne pas les exécuter. Il y a donc un seul ouvrier qui est arrêté, François Bougie. Le chef de la police, dépassé par les événements, raconte dans ces mots l'état de la situation: «le désordre règne à Valleyfield, la ville est presque rendue à un état de sauvagerie». Une déclaration officielle provenant de la Montreal Cotton de Montréal raconte cette version des faits : «Au mois de mars dernier, une grève éclata dans nos fabriques. La Compagnie se montra généreuse envers les grévistes et leur accorda une augmentation de salaires. Depuis lors, des troubles plus ou moins graves n'ont cessé de régner dans nos fabriques et il y a eu plusieurs fois menaces de grève. La Compagnie s'est toujours appliquée à rendre justice à ses employés et elle avait réussi, jusqu'à ces jours derniers, à éviter une nouvelle grève.» Le lendemain, la plupart des grévistes rentrent au travail, sous le regard intéressé de la population et des journalistes. Soulignons que, quelques mois auparavant, une autre compagnie de textile, la Dominion Cotton Mills, avait utilisé la milice pour mettre fin à un conflit dans ses usines de Magog.


En référence: La Presse, 26 octobre 1900, p.1, 29 octobre 1900, p.1.



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