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Passage controversé de Sarah Bernhardt au Québec


Sarah Bernhardt dans la pièce «Francesca da Rimini»

4 décembre 1905

L'actrice française Sarah Bernhardt effectue son unique passage à Québec à l'âge de 61 ans. Elle fait salle comble à l'Auditorium malgré la condamnation du clergé qui considère le théâtre de la «divine Sarah» comme un ennemi de la morale chrétienne.

Dans un article paru dans «L'Événement» de Québec, le 28 novembre 1905, la veille de la première de Bernhardt à l'Auditorium, l'archevêque de Montréal, Mgr Paul Bruchési , prononce un discours qui rappelle le devoir de tout bon chrétien: «...Nous supplions donc nos pieuses familles, si attachées encore au devoir et à la vertu, d'être sur leurs gardes, de s'abstenir de ce qu'elles sauront être pour elles une occasion de faute, et de préférer à tout l'honneur de leur foyer et le salut de l'âme de leurs enfants.» Lors de ses deux soirées de spectacle, Sarah Bernhardt interprète «La dame aux camélias», «Angelo, tyran de Padou» et «Adrienne Lecouvreur», dont elle remanie le texte en profanant l'Église, ce qui provoque la colère des autorités cléricales. En apprenant que de nombreux citoyens avaient assisté à la représentation malgré les mises en garde effectuées quelque temps auparavant, Mgr Bruchési s'adresse aux paroissiens en leur exprimant sa déception et son incompréhension. «Malheureusement, un grand nombre d'autres n'ont tenu aucun compte de notre parole et sont allés entendre des drames dans lesquels l'Église est insultée et la morale chrétienne foulée aux pieds...Ah! Comme il y a des esprits peu logiques et comme les convictions religieuses sont peu profondes dans certaines âmes!» La représentation du 5 décembre est la plus mouvementée, avec la présence d'un groupe de manifestants, partisans d'Henri Bourassa , qui veulent protester au nom du respect de la doctrine catholique. Bousculades, injures et projections d'objets en direction des acteurs viennent mettre un terme à la tournée de Bernardt. Informés de l'incident, les journaux des États-Unis, du Canada anglais et de l'Europe s'étonnent et se scandalisent d'un tel accueil pour une artiste de renommée internationale. Le premier ministre canadien, Wilfrid Laurier , de même qu'Henri Bourassa , sentiront le besoin de s'excuser publiquement pour la démonstration d'hostilité de leurs compatriotes. À la suite de ce passage controversé, un comité de censure sera formé pour vérifier la teneur des pièces jouées à l'Auditorium, le plus grand théâtre de la ville de Québec.


En référence: La Presse, 4 décembre 1905, p.1, 6 décembre 1905, p.1. Christian Beaucage, Le Théâtre à Québec au début du XXème siècle, Québec, Nuit Blanche, 1996, p.88-91.
En complément: Le Mémorial du Québec, tome IV, 1890-1917, Montréal, éd. La Société des éditions du Mémorial, 1981, p.161. Georgette Weiller, Sarah Bernhardt et le Canada, Quebec, Éditions Athena, 1973, 80 p. Christian Beaucage, «La divine scandaleuse: Sarah Berndnardt au Québec», Cap-aux-Diamants, n.35, Automne 1993, p.38-41.
Crédits pour la photo: Année: 1902. © nd Auteur: Inconnu. Référence: Site internet de Global net: http://www.users.globalnet.co.uk.



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