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Première parution du journal «Le Pays» fondé par Godfroy Langlois


Godfroy Langlois et sa fille

1910

Le député libéral Godfroy Langlois fonde le journal «Le Pays». Journaliste de carrière, Langlois a également participé à d'autres quotidiens bien connus, dont «La Patrie» et «Le Canada». Dès sa première parution, le tirage s'élève à 4 000 copies pour atteindre 14 700 copies en 1915. Son existence sera toutefois éphémère puisqu'il s'éteindra en 1921.

Militant de la laïcisation complète de l'enseignement, Langlois imprègne sa vision au journal «Le Pays» qui est de tendance libérale radicale. Cette idéologie l'oppose rapidement au journal «Le Devoir» de Henri Bourassa , dont le discours est plus conservateur. Pour Langlois, «Le Pays» se veut une «machine de guerre contre les arrivistes (...) surtout les éléments du parti libéral, qui pour se maintenir au pouvoir (sont) prêts à toutes les compromissions et les éteignoirs qui (s'opposent) au progrès intellectuel et social.» Par conséquent, ce journal s'attaque autant au Parti libéral, qui est à son avis trop opportuniste, puis à l'Église qui s'ingère dans les affaires temporelles. Sa plus grande lutte concerne la réforme du système scolaire puisqu'il prône la gratuité de l'éducation, l'instruction obligatoire, etc. Mais il a aussi d'autres préocupations telles que l'assainissement des moeurs politiques, la modernisation de l'État et l'élargissement des «horizons intellectuels.» En 1913, Monseigneur Paul Bruchési interdit aux catholiques la lecture de ce journal. Langlois s'indigne devant cette atteinte à la liberté de presse :«Pourquoi cette interdiction ? Est-ce parce que nous avons passé le fer rouge sur ces deux plaies: le Saint-Jean-Baptiste et le magnanisme ? Le Saint-Jean Baptiste qui a endormi la province de Québec au rythme séduisant et aux sonorités vaines de ses orateurs officiels et qui enseigne aux crédules et aux ignorants que nous sommes le plus grand peuple du monde. Le magnanisme qui a abruti les cerveaux et fait de la Routine une religion d'État, qui a arrosé de grâce acondantes les salaires de famine et l'analphabétisme de notre province.» Vers 1915, le contenu québécois du «Pays» diminuera alors qu'une plus grande place sera accordée aux affaires françaises. En 1920, des difficultés financières entraînent la réduction du nombre de pages. L'année suivante, à bout de souffle, la direction annonce la suspension des activités du journal en espérant renaître bientôt.


En référence: André Beaulieu et al., La Presse Québécoise: des origines à nos jours. Tome IV, 1896-1910, Québec, Presses de l'Université Laval, 1979, p.334-337.
En complément: Robert Rumilly, Histoire de la province de Québec: Sir Lomer Gouin, Montréal, Éditions Bernard Valiquette, 1944, p.121-122.
Crédits pour la photo: Année: 1922. © nd Auteur: inconnu.



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