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Début du Sommet des Amériques à Québec

20 avril 2001

La ville de Québec accueille 34 chefs d'État et de gouvernement des deux Amériques venus discuter d'enjeux continentaux comme le projet de Zone de libre-échange des Amériques (ZLÉA) et l'adoption d'une clause visant à inciter les pays représentés à se conformer à certains principes démocratiques.

Des mois avant sa tenue, un vent de contestation souffle sur ce sommet que plusieurs considèrent comme un processus secret, peu respectueux des principes démocratiques, où se prennent des décisions qui contribuent aux intérêts du commerce et non des individus. Certains manifestent leur opposition lors du Sommet des peuples qui se déroule à partir du 16 avril. D'autres promettent d'utiliser une approche plus agressive pour se faire entendre, un défi auquel les forces policières, bien au fait de sommets semblables qui se sont déroulés dans la violence, se préparent depuis quelques mois. L'espace d'une semaine, un véritable mur se dresse dans Québec autour du périmètre à l'intérieur duquel se rencontreront les chefs d'État et de gouvernement de 34 pays des deux Amériques. Dès le 20 avril, des confrontations éclatent à différents endroits autour du mur, volant littéralement la vedette aux politiciens et aux enjeux qui sont relégués au second plan. Un déploiement de force impressionnant se dresse devant les contestataires, les deux parties «communiquant» par le biais de projectiles, d'insultes et de gaz lacrymogènes. L'arrivée des principaux leaders, comme l'Américain George Bush et le Mexicain Vincente Fox, retient également l'attention des médias. Les grands thèmes à l'ordre du jour -ZLÉA, démocratie, lutte contre la drogue, etc.- font l'objet de nombreux articles et analyses, mais sans vraiment qu'ils supplantent dans les médias le climat de violence qui monopolise presque l'attention des journalistes. Les positions américaines, telles que décrites par le président Bush («nous cherchons à obtenir plus de liberté, non seulement pour les gens vivant à l'intérieur de nos frontières, mais aussi pour le commerce qui traverse nos frontières») sont au coeur de la contestation. Une imposante manifestation pacifique est organisée le 21 avril. Selon les estimations, de 25 000 à 40 000 personnes y participent. Elle réunit syndicalistes, féménistes, autochtones, groupes d'action communautaire, environnementalistes et associations étudiantes, tous inquiets par le caractère secret des négociations qui se déroulent entre les leaders politiques. Le 22, dernier jour du sommet, une clause «démocratique» est adoptée par 33 des 34 pays représentés, de fortes pressions étant exercées sur le président haïtien Jean-Bertrand Aristide pour qu'il fasse les efforts nécessaires afin de démocratiser davantage son pays. Cette clause «démocratique» dit notamment que «toute altération ou interruption inconstitutionnelle de l'ordre démocratique dans un État de l'hémisphère constitue un obstacle insurmontable à la participation [...] au processus du sommet.» Les discussions sur la ZLÉA sont également abordées dans la déclaration finale, dite de Québec, dans laquelle on retrouve le passage suivant : «Nous saluons les progrès importants réalisés à ce jour quant à la création de la Zone de libre-échange des Amériques (ZLEA), y compris l'élaboration d'un avant-projet d'Accord de la ZLEA. Tel que convenu lors du Sommet de Miami, le libre-échange, exempt de subventions et de pratiques déloyales, accompagné d'un flux croissant d'investissements productifs et d'une plus grande intégration économique, encouragera la prospérité à l'échelle régionale, permettant ainsi d'élever le niveau de vie, d'améliorer les conditions de travail des peuples des Amériques et de mieux protéger l'environnement. La décision de rendre public l'avant-projet de l'Accord de la ZLEA démontre clairement notre engagement collectif à l'égard de la transparence et d'une communication accrue et soutenue avec la société civile». Un soulagement suivra le dénouement du sommet, le rôle des policiers, l'évaluation des dégâts et le bilan des négociations occupant la une des manchettes du lundi dans tous les journaux du Québec et du Canada.


En référence: Le Devoir, 21 avril 2001, p.1 et A14, 23 avril 2001, p.1, A7.



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