Élection de Gabriel Loubier au poste de chef de l'Union nationale

 

[19 juin 1971]

Le départ de l'ex-premier ministre Jean-Jacques Bertrand amène l'Union nationale à tenir un congrès au leadership. Il se solde par la victoire de Gabriel Loubier.

Cinq candidats sont sur les rangs lors de ce congrès, mais trois seulement possèdent de véritables chances de l'emporter. Il s'agit de Gabriel Loubier, Marcel Masse et Mario Beaulieu, tous ex-ministres dans le cabinet de Jean-Jacques Bertrand. La veille du vote, le parti tient d'ailleurs une soirée en hommage à l'ex-premier ministre Bertrand. Le 19 juin, Loubier prend l'avance dès le premier tour, obtenant l'appui de 529 délégués contre 482 pour Masse, 178 pour Beaulieu, et 26 pour les deux autres candidats. Il faut attendre le troisième tour avant que Loubier ne concrétise son triomphe en obtenant 607 votes, 23 de plus que Masse. Le parti sort déchiré de l'épreuve alors que Masse, considéré comme le porte-parole de l'aile nationaliste de l'Union nationale, se rallie timidement au vainqueur. Soucieux de ne pas fermer la porte aux partisans de son rival, le nouveau chef, qui s'est déjà prononcé clairement contre un filrt avec les «séparatistes», clame que l'objectif de sa formation consistera à : «...implanter le bastion d'un nationalisme très éclatant et d'essayer de faire en sorte que nous puissions vivre à l'intérieur d'un Canada uni mais jamais à l'intérieur d'un Canada uniforme.» Deux ans plus tard, l'Union nationale sera impuissante à faire élire un seul candidat lors de l'élection générale du 29 octobre 1973. Ce cinglant échec mènera à la démission de Loubier, le 30 mars 1974. Il sera remplacé sur une base intérimaire par Maurice Bellemare.


En référence: Le Devoir, 19 juin 1971, p.1 et 6, 21 juin 1971, p.1, 3 et 6.
En complément: Herbert F. Quinn, The Union nationale : Quebec nationalism from Duplessis to Lévesque , Toronto, University of Toronto Press, 1979, 342 p.

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