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Fin d'un conflit de travail au Journal de Montréal

26 février 2011

Les employés du Journal de Montréal, le quotidien ayant le plus fort tirage au Québec, acceptent les offres de la partie patronale à 64,1%. Cette décision met fin à un lock-out acrimonieux de plus de deux ans, le plus long conflit de travail dans l'histoire de la presse canadienne.

Les deux parties étant incapables de s'entendre sur les dispositions d'un nouveau contrat, Quebecor décide de mettre les employés du Journal de Montréal en lock-out le 24 janvier 2009. Des divergences majeures opposent la compagnie au Syndicat des travailleurs de l'information du Journal de Montréal - affilié à la Confédération des syndicats nationaux (CSN) - qui, deux jours plus tard, vote à 99% en faveur de la grève. La proposition de Quebecor comprend, entre autres, d'importantes coupures de postes que l'on justifie par la situation changeante dans le monde de la presse écrite. Malgré le lock-out, le Journal de Montréal continue d'être publié grâce à la collaboration de pigistes et d'une agence d'information, QMI, mise sur pied à l'automne 2008. De leur côté, les employés fondent Rue Frontenac, un quotidien que l'on peut retrouver d'abord sur internet, puis sous format papier. Le différend est profond et un bras de fer s'engage sur différentes tribunes entre les deux parties. En octobre 2010, les syndiqués rejettent à 89,3% une proposition de Quebecor. C'est finalement le 26 février 2011 qu'ils acceptent une nouvelle offre. Il s'agit d'un contrat de 5 ans qui prévoit le retour à temps plein au Journal de Montréal de 62 des syndiqués impliqués dans le conflit. Des indemnités d'environ 20 millions de dollars sont prévues pour la grande majorité des autres - plus de 150 - qui ne retourneront pas au journal. Ce montant, ainsi que le retrait d'une clause de non-concurrence devant lier ces derniers, sont présentés favorablement. Mais les travailleurs, ainsi que les analystes, s'entendent généralement pour reconnaître le recul du syndicat, malgré les 7 millions de dollars que la CSN aurait injectés dans cette lutte. Plusieurs s'interrogent aussi sur la pertinence de réviser la loi anti-briseurs de grève, à la lumière des nouvelles réalités dans le monde du travail.


En référence: La Presse, 28 février 2011, p. A8-A9; Le Devoir, 28 février 2011, p. B7. http://www.radio-canada.ca/nouvelles/Economie/2011/02/26/002-journal-montreal-vote.shtml



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