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Présentation des conclusions du rapport de la Commission Gendron

13 février 1973

Chargée d'enquêter sur la situation de la langue française et sur les droits linguistiques des francophones, la Commission Gendron avait remis les deux premières tranches de son rapport final au gouvernement le 31 décembre 1972.

La première recommandation de la commission est de faire du français la seule langue officielle au Québec et de reconnaître le français et l'anglais comme «langues nationales» des Québécois : «Nous recommandons que le gouvernement du Québec se donne comme objectif général de faire du français la langue commune des Québécois, c'est-à-dire une langue qui, étant connue de tous, puisse servir d'instrument de communication dans les situations de contact entre francophones et non francophones.». Le rapport propose également au gouvernement 31 mesures susceptibles de renforcer la place du français en milieu de travail, tout en soulignant l'importance de bien défendre les droits de la minorité anglophone. Afin de bien comprendre la situation des immigrants, le rapport de la commission brosse le portrait suivant : «Les immigrants sont arrivés au Québec pour améliorer leur situation matérielle et pour assurer un meilleur avenir à leurs enfants. Ils ont été obligés de travailler en anglais pour vivre et ils ont vu les Canadiens français leur donner l'exemple. Ils ont constaté qu'à Montréal du moins, une partie des parents canadiens-français envoyaient leurs enfants aux écoles anglaises et aux écoles privées, chaque fois que leurs moyens leur permettaient de le faire. Ils ont donc suivi la même voie. Leur bilinguisme leur paraissait absolument nécessaire, et ils n'ont jamais cessé de réclamer des écoles bilingues neutres, afin que leurs enfants reçoivent la meilleure formation possible.» Appelé à commenter les informations rendues publiques, le ministre de l'Éducation, François Cloutier, déclare que son gouvernement attendra encore avant de déposer sa loi linguistique. Depuis sa création, en décembre 1968, sous le gouvernement de l'Union nationale, la Commission Gendron aura coûté environ 2,3 millions de dollars.


En référence: La Presse, 13 février 1973, p.1 et 6, et 14 février 1973, p.1, A2, A11-A12 et A15. Le Devoir, 13 février 1973, p.1 et 8. Jean-Denis Gendron, Rapport de la Commission d'enquête sur la situation de la langue française et sur les droits linguistiques au Québec, tome III, Québec, gouvernement du Québec, 1972, p.264.
En complément: Conseil de la langue française, Le français au Québec: 400 ans d'histoire et de vie, Québec, Publications du Québec-Fides, 2000, p.249. Raymond Saint-Pierre, Les années Bourassa : l'intégrale des entretiens Bourassa-Saint-Pierre, Montréal, Éditions Héritage, 1977, 295 pages.



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