29 mars 2025
9 janvier 1974

Déclenchement d'une grève à la United Aircraft


Assemblée organisée par la FTQ à lAssemblée organisée par la FTQ à l'appui des grévistes de la United Aircraft le 21 mai 1975, ROUILLARD, Jacques. Histoire du syndicalisme québécois : des origines à nos jours, Montréal, Boréal, 1989, p. 456

La grève qui débute oppose la division de Longueuil de la United Aircraft, une multinationale américaine, à ses 2 000 employés affiliés à la section 510 des Travailleurs unis de l'automobile. Ce conflit mouvementé sera l'un des plus durs de l'histoire du syndicalisme québécois.

Les négociations débutent en août 1973 et piétinent jusqu'en décembre avant que la grève ne soit déclenchée le 9 janvier 1974. On reproche notamment à la United Aircraft de refuser la formule Rand qui prévoit que chaque employé doit verser une cotisation au syndicat, cotisation qui doit être perçue par la compagnie. L'embauche de briseurs de grève et les tentatives de négociations individuelles faites par la compagnie entraînent des actes de violence que la United Aircraft présente dans un bilan (vandalisme sur les voitures des non-syndiqués et les maisons des dirigeants, menaces téléphoniques et voies de faits sur des non-syndiqués). La compagnie bonifie légèrement ses offres en février qui sont rejetées à 85 %. Les grévistes reçoivent alors l'appui du maire et du député fédéral de Longueuil, ainsi que celui du chef du Parti québécois, René Lévesque . Au printemps 1975, la violence s'amplifie avec du vandalisme et des explosions sur le terrain de la compagnie. Des grévistes sont arrêtés, le syndicat est condamné à l'amende et la compagnie poursuit les Travailleurs Unis de l'Automobile (TUA) pour plusieurs millions de dollars. Malgré la pression, la compagnie refuse de céder et maintient ses positions. Sentant la situation sans issue, de nombreux grévistes retournent au travail. La solidarité de ceux qui demeurent en grève faiblit lorsque le secrétaire-trésorier des TUA accuse les dirigeants de la section locale de détourner les fonds de grève. En novembre 1974, la moitié des grévistes sont retournés au travail en plus des 700 personnes embauchées lors de la grève. De nouvelles offres légèrement supérieures sont également rejetées en décembre 1974. L'usine sera même occupée par une trentaine de grévistes lorsque la compagnie proposera de ne reprendre que 250 des 750 grévistes en mai 1975. Le 20 mai 1975, la grève se termine avec de faibles gains pour les grévistes. Leur seule consolation est que la majorité d'entre eux pourront reprendre le travail.


Source : Jacques Rouillard, Histoire du syndicalisme québécois: des origines à nos jours, Montréal, Boréal, 1989, p.454 à 457.