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Jean-Herman Guay (politologue) et Serge Gaudreau (historien)

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Acquisition par Albert Lévesque de la Bibliothèque de l'Action française


Albert Lévesque, éditeur, dessin d'Arthur Lemay

1926

Albert Lévesque devient le premier éditeur professionnel de littérature générale au Québec. Entre 1926 et 1937, sa maison publiera plus de 240 titres.

Collaborateur de la Bibliothèque de l'Action française, Albert Lévesque prend en flagrant délit de fraude Victor Hermann, le gérant de la Librairie, propriété de la Ligue de l'Action française. Pour étouffer un scandale et éviter la faillite, la Ligue de l'action française vend la librairie et la bibliothèque à Lévesque pour une somme symbolique. Seule condition de la vente : Lévesque devra poursuivre pendant trois ans la publication de l'«Almanach de la langue française» et de la revue «L'Action française». Au terme de l'expiration du contrat et de sa rupture avec la ligue, Lévesque commencera à publier sous son propre nom. Les Éditions Albert Lévesque seront dirigées par Lévesque lui-même de 1926 à 1937. Il deviendra ainsi le premier éditeur professionnel de littérature générale au Québec. Lui et Louis Carrier, des Éditions du Mercure, seront les premiers à séparer leurs activités éditoriales des domaines de la librairie et de l'imprimerie. À des auteurs nationalistes tels que Olivier Maurault, Jean Bruchési, Lionel Groulx et Édouard Montpetit , s'ajouteront des auteurs plus «individualistes»: Albert Pelletier, Claude-Henri Grignon , Lucien Parizeau, Éva Senécal, Jovette Bernier et Alice Lemieux. À propos de la collection «Romans de la jeune génération», lancée en 1930, Albert Lévesque écrit: «Cette série a été inaugurée dans le dessein de modifier l'orientation de nos oeuvres romanesques. Jusqu'ici nos écrivains semblaient limiter leur inspiration aux sources historiques et régionalistes, sinon apologétiques, voire romans à thèses nationales ou religieuses. En se confinant à ce genre, nos romans n'avaient guère la chance d'intéresser les étrangers ni même notre public cultivé. D'aucuns se demandaient s'il était interdit aux Canadiens français d'exploiter les richesses universelles du coeur humain, tout en s'inspirant des expériences, des moeurs et des tempéraments canadiens. La psychologie de nos individus ou celle de nos classes sociales ne mérite-t-elle pas d'être étudiée? Trouverait-on un éditeur assez audacieux pour prendre les risques de lancer de tels ouvrages, qui ne manqueraient pas de susciter une réaction? Nous avons été choisi comme instrument.»


En référence: Jacques Michon (sous la direction de), L'Édition littéraire en quête d'autonomie, Albert Lévesque et son temps, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1994, XII, 214 p. Pierre Hébert, «Quand éditer, c'était agir. La bibliothèque de l'Action française (1918-1927)», Revue d'histoire de l'Amérique française, vol. 46, no. 2, automne 1992, p.219-244.



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