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Bilan du siècle
Site encyclopédique sur l'histoire du Québec depuis 1900
L'histoire électorale du Québec de 1867 à 2017
Analyses, carnets électoraux, tableaux
500 pages documentées et référencées
Jean-Herman Guay (politologue) et Serge Gaudreau (historien)

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Assemblée à Drummondville dans le cadre de la Saint-Jean-Baptiste

19 juin 1902

L'avocat Napoléon Garceau tient une grande manifestation nationaliste lors de la Saint-Jean-Baptiste, à Drummondville. Son but est d'influencer le premier ministre du Canada, Wilfrid Laurier , à résister contre les pressions impérialistes qu'il risque de subir lors de son voyage en Angleterre.

Des orateurs nationalistes profitent d'une grande assemblée organisée à l'occasion de la Saint-Jean-Baptiste pour demander au premier ministre Wilfrid Laurier de défendre l'autonomie canadienne lors de sa prochaine visite en Angleterre. Parmi eux, on retrouve Louis Lavergne, Victor Geoffrion, Dominique Monet, Henri Bourassa , Aimé Beauparlant, Joseph-Édouard Perrault et Armand Lavergne. Les orateurs invitent les Canadiens français à être fiers et à se faire respecter par leurs compatriotes de langue anglaise. Pour eux, les deux ethnies doivent faire front commun afin de développer un patriotisme qui ne soit ni français, ni anglais, mais essentiellement canadien. Les résolutions formulées sont les suivantes: «Les délégués des comtés de Drummond, Arthabaska, Yamaska et Bagot, réunis en convention à Drummondville pour célébrer la fête nationale, protestent de leur attachement inviolable à leur nationalité et à tous les éléments qui la constituent: leur foi, leur langue, leurs lois, leurs traditions.» En plus de réaffirmer «leur fidélité entière à la couronne d'Angleterre», ils se disent également «prêts à sacrifier leurs biens et leur vie pour maintenir l'intégrité nationale, ainsi que leur pères l'ont fait dans le passé; mais (...) se refusent à accepter des modifications qui diminuent l'indépendance et l'autonomie du peuple canadien, à resserrer davantage les liens qui unissent le Canada à la couronne britannique, et à assumer envers l'Empire des obligations plus onéreuses que celles que la constitution canadienne (...) impose et dont la Grande-Bretagne s'est déclarée satisfaite.» «En conséquence, cette convention approuve l'attitude que le premier ministre du Canada a prise à ce sujet à la dernière session du parlement fédéral, et qu'il a déclaré devoir maintenir à la conférence intercoloniale qui doit bientôt se réunir à Londres.» Ces résolutions ont été adoptées à l'unanimité et câblées à Laurier, à Londres. Pour la première fois, un programme politique à caractère nationaliste [canadien] était proposé à un auditoire populaire.


En référence: La Presse, 20 juin 1902, p.1.
En complément: Robert Rumilly, Henri Bourassa : la vie publique d'un grand canadien, Montréal, Chantecler, 1953, p.124-131. Robert Rumilly, Histoire de la province de Québec: Israël Tarte, Montréal, Éd. Bernard Valiquette, 1944, p.117-124.



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