Tenue d'un plébiscite sur la conscription par le gouvernement fédéral

 


Caricature illustrant le soulagement de King après le vote sur la conscription.Année: 1942. © Archives nationales du Canada Auteur: Inconnu.. Référence: Archives nationales du Canada, NAC/ANC C-24354..

[27 avril 1942]

Le gouvernement fédéral tient un plébiscite pan-canadien sur la promesse du premier ministre William Lyon Mackenzie King de ne pas rendre la conscription obligatoire. Les Canadiens votent majoritairement pour désengager King de sa promesse alors qu'au Québec la population s'oppose massivement (71 %) au projet de conscription.

Comme en 1914, le recrutement de soldats canadiens pour participer à la guerre en Europe se fait d'abord sur une base volontaire. Les effectifs envoyés (125 000 hommes) s'avèrent vite insuffisants, mais le gouvernement est limité dans ses actions par les propos du premier ministre Mackenzie King et de son bras droit, Ernest Lapointe , qui avaient promis de ne pas recourir à la conscription. Subissant de fortes pressions, le gouvernement libéral décide de tenir un plébiscite pour relever le gouvernement de sa promesse. Les nationalistes canadiens-français «s'opposent au principe même d'un plébiscite qui demande à la majorité d'effacer une promesse faite à la minorité.» Pour manifester leur opposition au projet, ils fondent la Ligue pour la défense du Canada qui est animée par Georges Pelletier et André Laurendeau . Le vote a lieu le 27 avril 1942. La question posée est : «Consentez-vous à libérer le gouvernement de toute obligation résultant d'engagements antérieurs restreignant les méthodes de mobilisation pour le service militaire?» Le résultat confirme la volonté des Canadiens qui acceptent à 63,7 % de délier le gouvernement de sa promesse faite aux Canadiens français. Par contre, au Québec, 71,2 % des voteurs, un pourcentage qui atteint environ 85 % chez les francophones, refusent la conscription. Ce «vote de race», comme le décrit l'économiste François-Albert Angers , oblige le premier ministre MacKenzie King à faire preuve de prudence s'il ne veut pas plonger le pays dans une crise. De fait, la conscription ne sera effective qu'en 1944.


En référence: Sous la direction de Craig Brown, Histoire générale du Canada, Montréal, Boréal, 1990, p.553-564. Susan Mann Trofimenkoff, Visions nationales : une histoire du Québec, Saint-Laurent, Trécarré, 1986, p.336-357. Paul-André Linteau, René Durocher, Jean-Claude Robert, François Ricard, Histoire du Québec contemporain : le Québec depuis 1930, Montréal, Boréal, 1986, p.131-144.
En complément: J.L. Granatstein, «Le Québec et le plébiscite de 1942 sur la circonscription», Revue d'histoire de l'Amérique française, vol.27, no.1, juin 1973, p. 43-62. André Laurendeau, La crise de la conscription 1942, Montréal, Éditions du jour, 1962, 158 pages. Bernard Saint-Aubin, King et son époque, Coll. «Jadis et naguère», Montréal, La Presse, 1982, 409 pages. J.L. Granatstein, Conscription in the Second World War, Toronto, Ryerson Press, 1969, 85 p. J.L. Granatstein et al., Broken Promises: A History of Conscription in Canada, Toronto, Copp Clark Pitman, 1985, 281 p.

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