Adoption par l'Assemblée législative du fleurdelisé comme drapeau officiel du Québec

 


Maurice Duplessis à l'Assemblée législative, le jour de l'adoption du fleurdelisé comme drapeau officiel du Québec.Année: 1948. © La Presse Auteur: Inconnu. Commanditaire: La Presse. Référence: Site du Gouvernement du Québec : http://www.fleurdelise.gouv.qc.ca/.

[21 janvier 1948]

Proposée par le député indépendant René Chaloult, l'adoption d'un drapeau québécois est votée par l'Assemblée législative le 21 janvier 1948. L'après-midi même, le fleurdelisé flotte du haut de la tour du Parlement à Québec.

Peu après le dénouement de la Deuxième Guerre mondiale, le gouvernement unioniste de Maurice Duplessis demande au Parlement canadien de doter le pays d'un drapeau distinctif. Devant la division des opinions à Québec et la décision du gouvernement fédéral d'adopter le Red Ensign, l'Assemblée législative forme un comité de douze personnes afin d'étudier cette question. Aussitôt, l'idée du fleurdelisé est mise de l'avant, recueillant l'appui de nombreux groupes nationalistes. Le premier ministre Maurice Duplessis demeure hésitant à se compromettre, mais l'enthousiasme pour ce projet et le retour de la question au feuilleton par le député Chaloult, en décembre 1947, l'amène à reconsidérer ses positions. Au matin du 21 janvier, la motion proposée par Chaloult reçoit l'approbation unanime du Conseil des ministres et le fleurdelisé devient par arrêté ministériel le drapeau du Québec. Le même après-midi, vers 15 heures, il flotte du haut de la Tour du Parlement. Le premier ministre annonce la nouvelle aux députés en déclarant : «...nous nous rendons avec une grande joie au désir de la population (...) Ce drapeau, ce sera le Fleurdelisé avec une légère modification. Nous avons en effet décidé, conformément aux principes de l'héraldique, de faire redresser les fleurs de lis qui apparaissent aux quatre coins du drapeau.» Le chef de l'Opposition libérale, Adélard Godbout , approuve immédiatement l'idée, tout comme le chef du Bloc populaire, André Laurendeau , et l'instigateur du projet, le député indépendant René Chaloult, qui rend hommage au premier ministre en ces termes : «Ce drapeau est un geste autonomiste d'un gouvernement qui défend l'autonomie. Je remercie le gouvernement et je le félicite; le premier ministre vient de poser là un geste digne de Honoré Mercier. Désormais, lorsque nous arriverons au Parlement et que flottera sur la tour notre drapeau, nous nous sentirons plus chez nous.» C'est à l'unanimité que l'Assemblée législative approuve la «motion Chaloult» demandant «de doter cette province, au cours de la présente session, d'un drapeau véritablement québécois.» La sanction d'une loi sur le drapeau sera donnée le 9 mars 1950.


En référence: Le Devoir, 22 janvier 1948, p.1. Luc Bouvier, «L'histoire du drapeau», L'Action nationale, vol. LXXXVI, no.3, mars 1996, p.123-134. Luc Bouvier, «Vers le fleurdelisé», L'Action nationale, vol. LXXXVI, no.9, novembre 1996, p.97-107. Luc Bouvier, «Le fleurdelisé», L'Action nationale, vol. LXXXVI, no.10, décembre 1996, p.99-111.
En complément: Conrad Black, Duplessis : (tome 2) le pouvoir, Montréal, Éditions de l'Homme, 1977. René Chaloult, Mémoires politiques, Montréal, Éditions du Jour, 1969, 295 pages. G.-Raymond Laliberté, Une société secrète: l'Ordre de Jacques-Cartier, Coll. «L'homme dans la société», Montréal, Hurtubise HMH, 1983, p.239-242. Bernard Veyron, Les 50 ans du fleurdelisé: les origines mystérieuses de la fleur de lys, Québec, Les publications du Québec, 1998, 15 p. Pierre Boucher, Le cinquantième anniversaire du fleurdelisé, Québec, Commission de la capitale nationale du Québec, 1998, 23 p.

  ©  Tous droits réservés - Bilan du Siècle - Directeur: Jean-Herman Guay Perspective monde