Élections québécoises de 1908 dans les médias

 
«...Le parti libéral est allé à la bataille contre son adversaire traditionnel, le parti conservateur et, malgré la défection d'une partie de ses forces qui lui ont tiré dans le dos, il a remporté une brillante victoire. La province de Québec a affirmé de nouveau son attachement au parti libéral qui lui a donné dix ans d'administration honnête, de bonne finance et de progrès dans toutes les directions. La bataille a été rude et le champ de bataille est jonché de morts et de blessés. Et l'élément dissolvant, le nationalisme, a pris pied dans la législature provinciale. (...) M. Bourassa et M. Lavergne apportent à Québec un nouvel élément, dont nous ne pouvons guère, à l'heure où nous écrivons, préciser le rôle. À deux, ce rôle ne pourra pas être bien important. Peut-être, mieux instruits de ce qui se fait à Québec, emploieront-ils leurs énergies débordantes à des besognes plus utiles que celles des dernières années. »

« La victoire d'hier », Le Canada, 9 juin 1908, p. 4.


«...Le Premier Ministre a été dans cette lutte invraisemblable (le comté de Saint-Jacques) qui lui était livrée sur un terrain qu'on croyait lui appartenir, le bouc émissaire de son gouvernement, et il a porté le poids de tous les reproches qu'avait accumulés une administration rendue difficile par l'excès même de sa puissance. Dans la défaite de MM. Pelletier et Leblanc, nous voyons une velléité du peuple de refaire l'administration provinciale, non avec des éléments qui ont en quelque sorte fait leur temps, mais avec des hommes jeunes et nouveaux. Et c'est, croyons-nous, parce que Henri Bourassa incarnait selon la conception populaire, l'idée nouvelle, qu'il a réussi à vaincre l'esprit de parti tant enraciné dans notre population, à enrôler sous sa bannière libéraux et conservateurs habitués à se combattre, et à l'emporter contre son adversaire. Le parti conservateur, par contre, a sans doute fait meilleure figure qu'en 1904, alors qu'il s'était simplement retiré sous la tente, mais il n'a pas réalisé ses espérances. Et cela provient principalement, nous en avons la conviction, de ce qu'il n'a pas placé devant les électeurs un programme net et précis qui répondit à leurs aspirations. »

« L'appel au people », La Patrie, 9 juin 1908, p. 4.


«...ceux-là n'ont peut-être pas tort qui annoncent déjà la création, sous l'autorité de MM. Bourassa et Tellier, d'un grand parti nouveau qui ralliera la masse du parti conservateur, les nationalistes et les libéraux indépendants. Nous ignorons les desseins de ces hommes et nous ne cherchons point à les deviner, mais la force des choses presse de ce côté. Il y a très longtemps que l'on prédit cette concentration d'éléments que tout rapproche : la disparition de MM. Le Blanc et Pelletier - regrettable au point de vue de l'ancien parti conservateur - semble bien la préparer. Un fait certain, c'est qu'il y a quelque chose de nouveau dans la province de Québec. Il suffit de regarder un peu autour de soi pour le constater. L'élection de M. Bourassa à Saint-Jacques contre le chef du gouvernement et les influences combinées d'Ottawa et de Québec, dans une circonscription réputée imprenable, est un éclatant symptôme. L'enthousiasme fou qui a marqué cette élection, la passion qu'elle a soulevée à travers toute la province doivent ouvrir les yeux aux plus aveugles. Il y a quelque chose de changé. Le gouvernement a pour lui la force numérique, la situation acquise, mais l'enthousiasme et l'élan sont ailleurs. »

Omer Héroux, « Les élections », La Vérité, 13 juin 1908, p. 380.


«...The Oppositions in the two new Legislatures (Québec et Ontario) will both be weaker than genuine public interest would demand, though there will be a marked improvement in this regard in the Province of Quebec. (...) The infusion of Bourassa blood into the Opposition campaign in Quebec, gave the cause a fillip which will make it a more serious factor in legislation for the next Legislature term. From this, the province stands to gain, for the Gouin Government is left with an overwhelming majority to carry on its programme. In the province at large, its hold upon the people is not at all shaken. Mr. Bourassa's spectacular fight in St. James division attracted the attention of the whole country; and it is again made evident that the French Canadian voter loves a dashing fighter. Much of the marvellous hold of Sir Wilfrid Laurier on this province is due to the passionate admiration of our people for the born orator and the courageous campaigner. »

« The provincial elections », The Montreal Daily Star, 9 juin 1908, p. 4.


«...In their effect upon federal parties the elections of yesterday will tend to help the Conservatives. The Liberals lost ground both in Ontario and in Quebec. The latter was expected, the former was not. (...) Instead of seven members, its number in the last Legislative Assembly, the Opposition in the new one will number fifteen or sixteen, while there will be with it a few independent Liberals, who owe their places to Conservative votes. The effect of the change will be good. The Government will understand that there is a public sentiment in the province which resents unfair dealing and which may easily become powerful enough to overthrow it, if there are any more such incidents as its surrender to the railway subsidy hunters in the closing days of the last session of the Legislature. »

« The Elections », The Montreal Gazette, 9 juin 1908, p. 6.



  ©  Tous droits réservés - Bilan du Siècle - Directeur: Jean-Herman Guay Perspective monde