| «...Encore une période électorale de terminée. Il faut espérer que ce sera la dernière d'ici quelque temps, car, depuis moins d'un an le pays a été agité plus qu'à son tour par les tourments de la politique ; et il est vraiment désirable que les esprits, comme les affaires, reviennent à leur état normal; car, les nations, comme les individus, ne peuvent subir impunément une fièvre trop prolongée. (...) Quant à la question de tempérance, si nous sommes heureux d'adresser des félicitations et des remerciements à la plupart des candidats, qui ont fait honneur à leur parole, nous regrettons d'avoir à constater que la fièvre de la lutte en a porté quelques-uns, ou leurs agents, à oublier les promesses faites. Il s'est fait, nous dit-on, dans quelques coins de comté, des abus de boisson qui auraient même été jusqu'au drame, si nous en croyons les nouvelles qui nous sont parvenues. Espérons que ce dernier vestige des déplorables habitudes passées ne tardera pas à disparaître, et que les élections futures auront partout ce cachet de dignité qu'il nous est donné maintenant de constater dans presque toute l'étendue de la province. Le peuple et les gouvernants ne s'en porteront que mieux. »
« Les élections du 15 », L'Action sociale, 17 mai 1912, p. 4. «...C'est donc bien le prestige de Sir Lomer Gouin, sa politique d'avancement et de progrès, son dévouement aux intérêts de toutes les classes de la population; c'est sa magnifique politique d'éducation, c'est sa géniale politique des bons chemins, qui ont été acclamés par 60 pour cent des électeurs de la province. Nous l'en félicitons cordialement, comme nous félicitons très cordialement la population de Québec de la preuve de solide intelligence qu'elle vient de donner à la face de tout le Dominion qui avait les yeux sur elle. Car il lui a fallu résister à de tentantes avances qui lui étaient faites, avec le sans-gêne, d'ailleurs, le plus cynique, par le gouvernement d'Ottawa, dont les ministres parcouraient les villes et les campagnes, les mains pleines de promesses et de patronage, faisant miroiter aux yeux des électeurs, cales-sèches, tunnels, jetées, bureaux de poste, quais, élévateurs, etc., toutes sortes de richesses qui seraient à eux, s'ils élisaient un gouvernement conservateur. Le peuple de la province a méprisé ces tentatives honteuses de corruption en bloc et a splendidement affirmé sa résolution de rester fidèle au parti libéral. » « La victoire libérale », Le Canada, 17 mai 1912, p. 1. «...L'ensemble des conditions d'ordre local tendait donc à entraîner la défaite de M. Gouin. Deux ou trois actes sympathiques à la province de la part du pouvoir fédéral pouvaient faire de cette défaite une débâcle. Combien de libéraux nous ont dit : Si le cabinet Borden avait rappelé la loi navale et rendu justice à la minorité du Keewatin, nous étions balayés ! Le gouvernement fédéral n'a pas rappelé la loi navale : il s'est contenté, sous la pression de nos amis, de déclarer qu'il la rappellerait plus tard, laissant à ses adversaires l'avantage de crier à son insincérité; il s'est allié à un parti de l'opposition libérale pour sacrifier les droits de la minorité du Keewatin et déshonorer la parole du parlement canadien. L'élection du 15 mai marque le premier contrecoup de cette fausse manoeuvre et cette défaillance. Il est inutile de fermer les yeux à l'évidence : d'autres facteurs comptent sans doute dans le résultat, mais l'un des plus considérables - le plus considérable, de l'avis de plusieurs - c'est la déception et la réaction nées des fausses manoeuvres du cabinet fédéral. » Omer Héroux, « L'élection de mercredi », Le Devoir, 17 mai 1912, p. 1. «...Le scrutin de mercredi a prouvé une fois de plus que le peuple n'aime pas changer de gouvernement pendant une période de prospérité, même si cette prospérité n'est pas l'oeuvre des hommes qui sont à la tête de l'administration. Au mois de septembre (élections fédérales) cette règle n'a pas été suivie, parce qu'une question nouvelle et de vitale importance s'imposait à l'attention des électeurs; dans la campagne qui vient de finir, le peuple ne s'est pas arrêté pour chercher si ceux qui l'ont gouverné depuis quatre ans l'ont bien ou mal servi ; il s'est contenté de voter selon ses anciennes affiliations de partis, ou il s'est abstenu de voter. Il s'est dans une très large proportion abstenu. Cela tient beaucoup, dans les circonscriptions rurales, à ce que les travaux de la terre réclament en ce moment tous les bras, et dans les villes, cela tient à ce que la loi qui ordonne la fermeture de tous les ateliers n'est pas mise en vigueur. Si tous les citadins avaient chômé, mercredi après-midi, comme le commande la loi électorale de 1903, un bien plus grand nombre se seraient sans doute acquittés de leurs devoirs d'électeurs. » « L'élection », La Patrie, 17 mai 1912, p. 4. «...le député conservateur de Saint-Georges, M. Gault, attribue l'insuccès de l'opposition et la victoire du gouvernement à deux causes principales, premièrement l'apathie générale de l'électorat et secondairement la grande dépense promise par le gouvernement pour les bons chemins. Pour ce qui est de l'apathie des électeurs, si elle a réellement existé, il nous semble que l'opposition ne doit s'en prendre qu'à elle-même. C'était à l'opposition de réveiller les électeurs. Si elle ne l'a pas fait, c'es donc qu'elle ne disposait pas d'arguments assez forts, c'est donc que les accusations qu'elle a tant ressassées n'étaient pas sérieuses. Le peuple est resté froid, parce qu'il a jugé que les attaques de l'opposition contre le gouvernement n'étaient pas suffisamment justifiées, et souvent même n'étaient pas sincères. Quant à la grande dépense promise par le gouvernement pour les bons chemins, nous admettons volontiers qu'elle a été pour beaucoup dans le résultat de mercredi. Mais c'est justement ce que le peuple attend du gouvernement qu'il ne recule devant aucun sacrifice pour la cause des bons chemins. » « Les causes », La Presse, 17 mai 1912, p. 4. «...L'absence de M. Bourassa et l'attitude des trois ministres lâcheurs ont été, il n'y a pas à le nier, pour beaucoup dans l'insuccès du parti conservateur. S'il n'y avait pas eu trahison à Ottawa, M. Tellier n'aurait pas perdu son allié, M. Bourassa, au dernier moment. La province a manqué une excellente occasion de mettre à sa tête un homme d'État d'une grande valeur. Il faut déplorer la victoire de Godfroy Langlois. C'est une triste preuve que les idées semées par le Pays et la Calotte pénètrent notre population, notamment dans les villes. Parmi les vainqueurs du 15 mai il se trouve les éléments nécessaires pour former le noyau d'un groupe radical. M. Langlois jugera-t-il enfin l'heure venue de jeter bas son masque ? Nous le souhaitons. » « M. Gouin revient au pouvoir », La Vérité, 18 mai 1912, p. 349. «...Sir Lomer made the shrewdest move of his campaign when he pointedly and categorically disassociated himself and his Government from the « lost cause » of reciprocity. If he had aroused the apprehension and antagonism of the commercial interests by permitting it to be inferred that a victory for Gouin would be interpreted as a reactionary movement toward Reciprocity, the story might have been different. But he proved his political acumen by scenting at once the danger created by Mr. Lemieux's ill-considered utterance, and he met that danger promptly by a most emphatic repudiation. This action on his part makes very clear what the Liberals who win think of the policy of the Liberals who lost. » « Sir Lomer's victory », The Montreal Daily Star, 16 mai 1912, p. 10. «...There was little to excite the antagonism of the people, and Quebec's people, like those of other places, are liable to be indifferent in regard to public matters when there is nothing to the fore to provoke their anger. The vote in some of the Montreal constituencies appears to have been small, and possibly this state of affairs was general. In so far as it was the Government would gain. Early in the campaign, also, Sir Lomer Gouin dissociated himself form the attempt to introduce federal issues into the discussions, and declared that so far as he was concerned, neither reciprocity, the navy issue nor the Keewatin schools should have anything to do with the judgement to be pronounced by the voters. This, especially in Montreal, disarmed some who a few months ago were active in combating the Liberal party in the federal arena and probably did not cause the Government the loss of a vote. It also helped to deprive the result of significance as affecting federal politics. » « The Election result », The Montreal Gazette, 16 mai 1912, p. 8. |
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