Action démocratique du Québec

 


L'Action démocratique du Québec (ADQ) voit le jour en 1994, dans un contexte trouble provoqué par deux échecs retentissants de la politique constitutionnelle du Parti libéral du Québec (PLQ): celui de l'accord du lac Meech (1990) et celui du référendum de Charlottetown (1992). Le premier ministre Robert Bourassa n'est alors plus en mesure d'empêcher un groupe de militants libéraux plus nationalistes de quitter le parti et de former l'ADQ.

S'inspirant des recommandations d'un rapport déposé à un congrès du PLQ par Jean Allaire en mars 1991, cette nouvelle formation propose un transfert massif de pouvoirs fédéraux vers le Québec en vue de lui donner plus d'autonomie au sein de la fédération canadienne. Deux figures sont à l'origine de l'ADQ, soit Jean Allaire et Mario Dumont, jusque-là à la tête des jeunes libéraux. Le premier des deux est le chef du parti au moment de sa création, en 1994, mais il cède rapidement la direction au second.

Mario Dumont incarne l'ADQ à l'Assemblée nationale et dans l'opinion publique pendant presque toute son histoire. Bien que Dumont soit le seul élu en 1994 et 1998, les adéquistes récoltent des appuis substantiels dans l'électorat. En 1995, lors du référendum sur la souveraineté, la jeune formation s'allie au Parti québécois dans le camp du Oui. Après la victoire du Non, elle se démarque toutefois en proposant un moratoire sur les questions constitutionnelles.

Se présentant commue l'alternative aux vieux partis, l'ADQ remet en question le modèle hérité de la Révolution tranquille. Elle consacre ses ressources à défendre des politiques de centre droit : réduction de la taille de l'État, abolition de certaines institutions et plus grande ouverture au secteur privé. L'Action démocratique tient un discours relativement simple : autonomie des individus et des familles, autonomie du Québec et même autonomie des établissements scolaires face aux Commissions scolaires qu'elle propose de démanteler. L'autonomisme, par opposition au fédéralisme des libéraux et au « souverainisme » des péquistes, devient la clé de voûte du parti sur le plan constitutionnel.

L'ADQ connaît un succès passager en 2002 et 2003, mais elle atteint son apogée lors du scrutin de 2007. Avec 41 députés et plus de 30% des suffrages, elle devient l'opposition officielle. Cette récolte n'est pas étrangère au fait que, par les années antérieures, le parti de Mario Dumont a mis de l'avant un nationalisme défensif, parfois ethnique, en particulier lors de la crise des accommodements raisonnables.

L'équipe adéquiste qui arrive à l'Assemblée nationale en 2007 est cependant inexpérimentée. Sur plusieurs dossiers, les parlementaires improvisent ou manquent de cohérence. Aussi, lors du scrutin de 2008, l'ADQ s'effondre et Mario Dumont annonce sa démission sur le champ, prenant tout le monde par surprise. Les années suivantes sont difficiles pour le parti, tenaillé par des divisions internes.

La fusion avec la Coalition pour l'avenir du Québec (CAQ) de Francois Legault, en 2012, marque la fin de l'ADQ. Cependant, le programme adopté par ce nouveau parti indique qu'il défendra devant l'électorat un certain nombre d'idées portées pendant quatorze ans par Mario Dumont et les adéquistes.

électionsvotes% des votessièges% des siegesdistorsion
1994252 7216,461 0,80-5,66
1998480 63611,811 0,80-11,01
2003694 12218,184 3,20-14,98
20071 224 41230,8441 32,801,96
2008531 35816,377 5,60-10,77
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