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Bilan du siècle
Site encyclopédique sur l'histoire du Québec depuis 1900
L'histoire électorale du Québec de 1867 à 2017
Analyses, carnets électoraux, tableaux
500 pages documentées et référencées
Jean-Herman Guay (politologue) et Serge Gaudreau (historien)

Disponible aux Presses de l'Université Laval
Disponible sur Amazon
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L'Action libérale nationale (ALN) voit le jour en 1934, dans le contexte bouillonnant de la crise économique. Parmi ses fondateurs, on retrouve des libéraux déçus par l'attitude du gouvernement de Louis-Alexandre Taschereau face à la crise. Cette insatisfaction est clairement exprimée dans le programme de l'ALN publié dans Le Devoir du 28 juillet 1934. On y attribue le marasme « à la mauvaise distribution dans le domaine économique, à l'avidité de la haute finance et aux abus de toutes sortes qui se sont glissés dans l'application du régime démocratique ».

Les instigateurs de l'ALN puisent à différentes inspirations. Une d'entre elles est le Programme de restauration sociale de 1933 dans lequel les membres de l'École sociale populaire s'inquiètent d'un affaiblissement des repères traditionnels de la société dans un monde en bouleversement. Le corporatisme y est présenté comme une voie alternative au capitalisme et au communisme qui ne constituent pas des solutions crédibles à la crise. La crainte d'une montée de la gauche est particulièrement forte chez les élites canadiennes-françaises, à la lumière de l'apparition de partis socialistes, comme la Co-operative Commonwealth Federation (CCF), dans d'autres provinces.

Concrètement, l'ALN propose une série de mesures empruntant à la fois aux valeurs dites traditionnelles, telles que le retour à la terre, et à d'autres plus progressistes : nationalisation de l'électricité, bonification des programmes sociaux, lutte aux trusts, aide au développement de la petite et de la moyenne industrie, etc. La corruption au sein du gouvernement est également au centre des préoccupations de l'ALN qui veut assainir les moeurs électorales.

Le désir de se démarquer des libéraux est mis en évidence par le fait que la figure de proue du parti est Paul Gouin, petit-fils de l'ex-premier ministre Honoré Mercier et fils d'un autre ex-premier ministre, le libéral Lomer Gouin. En 1934, Paul Gouin réunit autour de lui plusieurs libéraux dissidents, comme le député Oscar Drouin, ainsi que des figures connues comme le docteur Philippe Hamel ou le nouveau maire de Québec, Ernest Grégoire, prêts à tenter l'aventure électorale en 1935.

Une étape décisive dans l'histoire de l'ALN survient le 7 novembre 1935. En pleine campagne électorale, Gouin décide de faire une alliance stratégique avec les conservateurs de Maurice Duplessis. Les deux formations demeurent autonomes, mais ne présenteront pas de candidats dans les mêmes circonscriptions afin de ne pas partager les voix face aux libéraux. La stratégie porte des fruits : l'ALN remporte 26 sièges et les conservateurs 16, contre 48 pour les libéraux qui se maintiennent difficilement au pouvoir.

Une lutte de coulisses s'engage au sein de l'opposition. Elle est remportée par Duplessis de qui Gouin se dissocie avant les élections du 17 août 1936. Plusieurs membres de l'ALN se joignent tout de même à l'Union nationale, un nouveau parti dirigé par Duplessis qui accède au pouvoir et met fin à 40 ans de règne libéral. À cette occasion, ni l'ALN ni Gouin ne sont sur les rangs.

Déçu comme d'autres progressistes de l'approche conservatrice adoptée par le gouvernement Duplessis, Gouin tente de relancer le parti dont il devient officiellement le chef le 24 juillet 1938. Malgré le fait qu'elle compte 56 candidats sur les rangs lors des élections de 1939, l'ALN ne récolte toutefois qu'un maigre 4,5% des voix et ne parvient à faire élire aucun député. Ce piètre résultat marquera la fin de cette formation.

électionsvotes% des votessièges% des siegesdistorsion
1935161 23930,0626 28,89-1,17
193925 5234,530 0,00-4,53


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