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Bilan du siècle
Site encyclopédique sur l'histoire du Québec depuis 1900
L'histoire électorale du Québec de 1867 à 2017
Analyses, carnets électoraux, tableaux
500 pages documentées et référencées
Jean-Herman Guay (politologue) et Serge Gaudreau (historien)

Disponible aux Presses de l'Université Laval
Disponible sur Amazon
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Le Bloc populaire canadien (BPC) est un parti nationaliste, présent à Québec et à Ottawa, qui voit le jour dans le sillage du plébiscite-référendum du 27 avril 1942. À cette occasion, les Canadiens acceptent massivement de « libérer le gouvernement » de sa promesse de ne pas faire la conscription pour le service militaire en Europe, où la guerre fait rage. En revanche, les Québecois francophones se prononcent très majoritairement contre cette proposition.

C'est dans ce contexte turbulent que des nationalistes canadiens-français, regroupés autour du député libéral fédéral Maxime Raymond, concoctent en 1942 le projet de mettre sur pied le BPC. Ses dirigeants et ses premiers adhérents proviennent de différentes origines : Parti libéral fédéral, Action libérale nationale, Union nationale, etc. Le Bloc attire aussi des jeunes impliqués dans la lutte contre la conscription, notamment avec la Ligue pour la défense du Canada. C'est le cas de Jean Drapeau, de Michel Chartrand et d'André Laurendeau.

Même si Raymond considère le BPC comme un mouvement, celui-ci prend dès 1943 la forme d'un parti, avec une structure et des candidats aux élections. Actif sur la scène provinciale et fédérale, une décision qui fait l'objet de débats, il a pour leader Raymond à Ottawa, puis Laurendeau à Québec.

Le programme « bloquiste » reflète la diversité des influences qui l'inspirent. Il conjugue des thèmes traditionnels et des projets réformistes. Une de ses priorités, mise en évidence lors de la crise de la conscription, est l'affirmation de l'indépendance canadienne face au Royaume-Uni. Parmi les autres thèmes abordés, il y a l'autonomie provinciale, la défense des intérêts des agriculteurs, l'aide aux familles, etc.

Le BPC prône aussi un plus grand interventionnisme de l'État à plusieurs niveaux, bien que les chefs du parti soient farouchement anti-communistes. Aux yeux de Paul-André Comeau, qui a consacré un livre à ce parti, « orthodoxie nationaliste et préoccupations d'ordre socio-économique » sont « les deux pôles de la démarche des fondateurs du Bloc ».

Certaines orientations provoquent de profondes divergences, sur le plan des nationalisations à envisager par exemple. On le constate en 1944 alors que des éléments progressistes - Paul Gouin, Philippe Hamel, René Chaloult - , identifiés à la ville de Québec, claquent la porte.

L'année 1943 reste la grande année du BPC. Bénéficiant de l'appui du journal Le Devoir, de Henri Bourassa et de l'Ordre de Jacques-Cartier, il remporte une élection partielle fédérale dans Stanstead et perce dans plusieurs sondages. Jeunes et scolarisés, ses meneurs utilisent tous les moyens pour rejoindre un électorat essentiellement francophone et nationaliste. Ils ont un journal, Le Bloc, se servent de la radio et innovent avec la formule des assemblées de cuisine. Le nouveau parti connaît aussi du succès en milieu urbain et auprès des syndiqués.

Le BPC fait également l'objet de sévères critiques. Les anglophones se méfient de son discours et, même chez les francophones, certains n'hésitent pas à qualifier ses leaders d'isolationnistes, voire d'indépendantistes, des accusations que ceux-ci réfutent.

Les élections générales provinciales de 1944 marquent une étape décisive pour le Bloc. Malgré 15,2% des voix, il ne fait élire que 4 députés, dont le chef Laurendeau. Le résultat est intéressant pour un parti à sa première participation électorale. Mais dans les faits, il confirme que les nationalistes ont préféré l'Union nationale qui reprend le pouvoir après sa défaite de 1939.

Le Bloc a également des appuis sur la scène fédérale. Lors des élections de juin 1945, il doit toutefois se contenter de deux députés, dont Maxime Raymond, alors que les libéraux raflent plus de 50% des voix au Québec. Ébranlé, le Bloc populaire tombera graduellement dans l'indifférence, avant de disparaître pour de bon en 1948, après seulement quelques années d'existence.

électionsvotes% des votessièges% des siegesdistorsion
1944191 56414,404 4,40-10,01


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