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Après avoir été un groupe de réflexion, la Coalition Avenir Québec (CAQ) devient en 2011 un parti politique qui rejette les étiquettes souverainiste ou fédéraliste sur le plan constitutionnel. Cette formation dénonce également l'immobilisme des partis en place sur le plan économique et propose des réformes en profondeur dans les finances de l'État, en plus de restaurer l'intégrité du gouvernement.

C?est un ex-ministre du Parti québécois (PQ), François Legault, qui est à l'origine de la CAQ avec l'homme d?affaires Charles Sirois. Après avoir quitté le PQ en juin 2009, Legault consulte plusieurs acteurs importants de la scène politique québécoise avant de produire un manifeste, en février 2011. Son plan d'action tourne autour de thèmes généraux : valoriser l'éducation, assurer la vitalité de la culture québécoise, accroître la productivité des services publics et créer une économie de propriétaires et non de succursales. Il effectue ensuite une tournée de la province et invite les citoyens à lui faire des propositions.

La CAQ devient un parti politique le 21 novembre 2011. Un de ses premiers défis consiste à augmenter le nombre de ses membres. Un pas dans cette direction est franchi en décembre 2011 lorsque l'Action démocratique du Québec (ADQ) fusionne avec elle. La plupart des têtes d'affiche de cette formation, dont quelques députés de l'Assemblée nationale, joignent les rangs de la CAQ. Celle-ci obtient également l'adhésion de quelques péquistes et libéraux.

Les quatre priorités de la Coalition sont l'éducation, la santé, l'économie ainsi que la langue et la culture. Avec le temps, des engagements plus précis sont formulés avec l'intention de « faire le ménage » dans les finances publiques en coupant dans les structures et en réinvestissant « sur le terrain ».

Souvent présentée comme une formation de droite, la CAQ ne remet pas en question toues les interventions de l'État, mais elle s'interroge sur la pertinence de certaines d'entre elles. Par exemple, elle envisage de fermer les Commissions scolaires et les Agences de la santé ainsi que de faire des économies importantes à Hydro-Québec. Avec les sommes épargnées, Legault promet toutefois de donner un médecin de famille à chaque Québécois et d'augmenter le salaire des professeurs en retour d'un mécanisme d'évaluation de leur travail. Ces engagements annoncent des relations houleuses avec les syndicats, ce que reconnaît le chef caquiste.

Par ailleurs, la CAQ mise sur le thème de l'intégrité pour rallier l'électorat. Avec son candidat vedette, l'ex-policier Jacques Duchesneau, elle se fait fort de mettre fin à la collusion dans le monde de la construction et aux liens présumés entre cette industrie, le crime organisé et le financement des partis politiques. Sur le plan constitutionnel, Legault réitère également sa volonté de défendre les intérêts du Québec, mais en rejetant le projet indépendantiste ainsi que les « chicanes avec Ottawa ». Cette position lui attire les critiques de leaders fédéralistes et des souverainistes.

Lors de son premier test électoral, le 4 septembre 2012, la CAQ effectue des percées auprès de l'électorat francophone, surtout dans les régions et la ville de Québec. Sa popularité croissante suscite même l'intérêt des anglophones, des journaux comme The Gazette et The National Post invitant ses lecteurs à voter pour elle. Nez à nez en deuxième position avec le Parti libéral dans les sondages, la Coalition semble capable de former l'opposition officielle. Elle ne recueille toutefois que 27% des voix et doit se contenter de 19 députés - dont le chef Legault - sur les 125 de l'Assemblée nationale.

Lors des élections suivantes, la CAQ voit ses appuis chuter à 23,5%, mais elle accroît sa représentation en faisant élire 22 députés.

électionsvotes% des votessièges% des siegesdistorsion
20121 180 23527,0519 15,20-11,85
2014975 60723,0522 17,60-5,45


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