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Le Parti conservateur domine la vie politique québécoise et canadienne dans les années qui suivent la Confédération de 1867. Ses chefs à Ottawa, comme John A. Macdonald, dirigent la majorité des gouvernements qui déterminent les grandes orientations du pays, notamment avec la Politique nationale de 1878.
Les conservateurs forment également la plupart des gouvernements à Québec, bien que des tensions, relatives à l'influence grandissante de l'aile ultramontaine, minent graduellement leur popularité. De plus, la pendaison de Louis Riel en 1885, qui survient sous un gouvernement conservateur à Ottawa, marque durablement les Canadiens français. L'étroite association faite à cette époque entre tories fédéraux et provinciaux constitue alors un boulet pour ces derniers. L'arrivée d'un des leurs à la tête du Parti libéral fédéral, soit Wilfrid Laurier en 1887, contribue également à éloigner les Canadiens français des conservateurs, tant lors des élections fédérales que provinciales. De fait, les libéraux prennent le pouvoir à Ottawa en 1896 et à Québec l'année suivante. Au Québec, cette victoire met un terme à la grande époque conservatrice. Impuissants à s'imposer face aux libéraux, avec qui ils partagent sensiblement la même philosophie économique, les conservateurs provinciaux seront dorénavant évincés du pouvoir. Même s'ils obtiennent de bons résultats en termes de pourcentage de voix, la polarisation du vote entre les deux grandes formations politiques permet au Parti libéral de maintenir un net avantage au niveau des sièges à l'Assemblée législative. En 1912, par exemple, les conservateurs obtiennent 43% des votes, mais font seulement élire 16 députés sur 81. Le Parti conservateur garde des appuis fiables, particulièrement en milieu urbain et chez les anglophones, même si ces derniers se méfient de leur flirt avec les nationalistes d'Henri Bourassa en 1908. Il est cependant nettement déclassé auprès des francophones dont la grogne à l'endroit des conservateurs fédéraux, au pouvoir entre 1911 et 1921, s'accentue avec la polémique des écoles ontariennes et la crise de la conscription en 1917. L'impopularité des tories au Québec atteint un sommet historique en 1919 avec 17% des voix et une maigre représentation de 5 sièges. Des tentatives de rapprochement avec l'électorat francophone sont tentées sous Arthur Sauvé et le populiste Camillien Houde qui dirigent successivement le parti entre 1922 et 1932. La série de défaites consécutives des conservateurs provinciaux se perpétue néanmoins. Elle atteint 10 avec le scrutin de 1931. Un avocat de Trois-Rivières, Maurice Duplessis, succède à Houde à la tête des conservateurs en 1933. Rien n'indique qu'il renversera la tendance. La décision des bleus de former une alliance tactique avec l'Action libérale nationale, en 1935, permet tout de même d'ébranler le gouvernement libéral dont la majorité est réduite substantiellement lors des élections qui se tiennent en novembre. L'année suivante, plusieurs têtes d'affiche des deux partis joignent leurs forces à l'intérieur d'une nouvelle formation, l'Union nationale, qui sera dirigée par Duplessis. Cette décision pavera la voie à la défaite des libéraux, après près de 40 ans au pouvoir, lors des élections de 1936. Elle sonne également le glas du Parti conservateur dont le nom disparaîtra désormais de la scène politique. C'est désormais l'Union nationale qui incarnera les valeurs conservatrices au Québec. |
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