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La Ligue nationaliste canadienne (LNC) est à sa création, en juin 1902, un « mouvement d'éducation populaire ». Elle apparaît dans un contexte propice à l'éclosion du sentiment nationaliste canadien et développe dans son programme, rendu public en janvier 1903, une « pensée sociale conservatrice teintée d'un certain progressisme ». Son nationalisme se veut pan-canadien, fondé sur la coopération entre Canadiens français et anglais ainsi que sur le respect de la dualité linguistique et religieuse.

Henri Bourassa joue un rôle clef dans la mise sur pied de la LNC. Souvent en opposition au premier ministre Wilfrid Laurier, ce député libéral fédéral défend des positions tranchées, notamment sur le français dans les écoles manitobaines ou la participation canadienne à la guerre des Boers (1899-1902), qui inspirent les fondateurs du mouvement nationaliste. On retrouve dans celui-ci des journalistes comme Armand La Vergne et Olivar Asselin ainsi que de jeunes intellectuels issus des collèges classiques.

Dans le manifeste qu'elle publie en 1903, la LNC développe trois axes principaux. D'abord, le désir d'une plus grande liberté du Canada face à Londres dans les politiques internationales que l'on définit comme une « plus large mesure d'autonomie politique, commerciale et militaire, compatible avec le maintien du lien colonial ». Sur le plan intérieur, la ligue souhaite le respect des juridictions provinciales définies en 1867 et une « plus large mesure d'autonomie compatible avec le maintien du lien fédéral ».

Enfin, la LNC veut que les politiques économiques et culturelles soient développées par les Canadiens. En ce sens, elle s'oppose par exemple à l'exploitation des ressources naturelles par les étrangers, modèle qui est privilégié par les gouvernements de l'époque, notamment ceux des libéraux à Québec, tant sous Simon-Napoléon Parent que Lomer Gouin.

Un moment charnière de la LNC sur le plan politique survient en 1907. Bourassa démissionne alors de son poste de député à la Chambre des communes et pose sa candidature dans une partielle provinciale. Défait par le libéral Adélard Turgeon, il revient à la charge l'année suivante lors des élections générales. Il n'y a à cette occasion que trois candidats nationalistes, dont La Vergne et Bourassa.

Ce dernier gagne d'ailleurs deux sièges - ce qui est permis à l'époque - , alors que La Vergne est élu dans Montmagny. Malgré la victoire libérale, la progression des conservateurs, qui passent de 7 à 14 députés, laisse envisager un changement possible du rapport de force au Québec.

Précisons que la LNC ne constitue pas un parti, mais plutôt une étiquette sous laquelle des candidats décident de se présenter. Bien que leur voix est portée par un journal - Le Nationaliste - , ceux-ci ne peuvent compter sur une organisation comparable aux libéraux. En revanche, ils ont l'appui des conservateurs et, en Bourassa, ils comptent sur un orateur d'exception qui galvanise les foules, nombreuses à assister à ses assemblées publiques.

Bourassa, qui met Le Devoir sur pied en 1910, est vite désenchanté par les conservateurs qu'il a soutenus à Ottawa en 1911. Le Devoir accorde son support aux Bleus en 1912, mais son fondateur n'est plus sur les rangs. Seulement deux candidats nationalistes briguent les suffrages à cette occasion dont La Vergne, victorieux une fois de plus dans Montmagny. Il sera le dernier député de la LNC qui ne sera pas représentée lors des élections de 1916.

électionsvotes% des votessièges% des siegesdistorsion
19086 2982,573 4,051,48
19122 7030,931 1,230,31


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