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Le Parti québécois (PQ) est une formation nationaliste qui propose de faire du Québec un pays souverain. Jusqu'au milieu des années 1990, cette souveraineté était liée à un projet d'association ou de partenariat économique avec le reste du Canada. Depuis, il s'agit d'une option souhaitable, mais non nécessaire.

Fondé en 1968 par René Lévesque, une des figures les plus marquantes de la Révolution tranquille, ce parti a combiné d'une manière originale le nationalisme et la social-démocratie. Dès sa première participation électorale, en 1970, il devient un joueur politique incontournable qui amène un réalignement des forces politiques.

De sa naissance jusqu'à sa prise du pouvoir en novembre 1976, le PQ a enregistré une croissance quasi continue auprès des francophones, de la génération du baby-boom et d'un électorat plus scolarisé. Il disposait d'un appui solide auprès des syndiqués, ceux de la fonction publique en particulier. Une large portion des artistes et intellectuels épousait également la cause de la souveraineté telle que défendue par le PQ. Les formations indépendantistes qui préexistaient au PQ se sont d'ailleurs ralliées ou dissoutes à la fin des années 1960, lui laissant le champ libre pour formuler et incarner la cause souverainiste.

L'échec du référendum de 1980 provoque un plafonnement du mouvement, voire une contraction majeure. Ce piétinement va révéler plus que jamais la présence de deux tendances : les modérés et les « pressés », souvent qualifiés de radicaux ou de « purs et durs ». Quand René Lévesque appuie les conservateurs de Brian Mulroney sur la scène fédérale en 1984, il en résulte une crise qui fait ressortir des tensions internes profondes. C'est Pierre Marc Johnson, associé aux modérés, qui prend alors la relève.

En 1990, l'échec de l'Accord constitutionnel proposé par Brian Mulroney va relancer le mouvement souverainiste. Jacques Parizeau, qui incarne une approche plus radicale, dirige alors les troupes. Le Parti québécois prend le pouvoir en 1994 et tient en 1995 un deuxième référendum sur la question de la souveraineté du Québec. Le camp du NON l'emporte encore, mais par une très faible marge. Après la défaite, le PQ connaît une stagnation et de nombreuses tensions internes. Davantage identifié aux modérés, Lucien Bouchard prend la relève, puis c'est au tour de Bernard Landry, d'André Boisclair et de Pauline Marois de diriger, souvent dans la tourmente, le parti. C'est d'ailleurs lors des congrès et conseils nationaux que les débats sont les plus vifs.

Le Parti québécois se situe généralement au centre-gauche. Il a ainsi contribué à accroître le rôle de l'État. Par exemple: protection des terres agricoles, établissement d'un réseau de garderies publiques et d'une assurance médicaments, financement des partis politiques. Il a cependant ajusté ses propositions politiques en fonction de la conjoncture économique et de l'état des finances publiques. Déjà, lors de la crise économique du début des années 1980, René Lévesque avait dû remettre en question des hausses de salaires consenties à la fonction publique, ce qui avait provoqué des tensions avec sa base électorale. Sous la direction de Lucien Bouchard, le Parti québécois a également opté pour des mesures d'austérité.

À un autre niveau, une des contributions les plus importantes du PQ est la Charte de la langue française (Loi 101). Adoptée dans la controverse en 1977, celle-ci fera par la suite l'objet d'un large consensus auprès de la population francophone ainsi que de la classe politique.

Globalement, le Parti québécois est parvenu pendant plus de trente ans à rallier les courants nationalistes ainsi que les forces de gauche et du centre politique. Depuis le milieu des années 2000, cette hégémonie est cependant contestée, à gauche et à droite, par des forces explicitement indépendantistes et d'autres qui affichent un nationalisme modéré.

Entre 2012 et 2014, le Parti québécois effectue un bref retour au pouvoir sous Pauline Marois, la première femme à devenir premier ministre du Québec.

électionsvotes% des votessièges% des siegesdistorsion
1970662 40423,067 6,48-16,57
1973897 80930,226 5,45-24,76
19761 390 35141,3771 64,5523,17
19811 773 23749,2680 65,5716,32
19851 320 00838,6923 18,85-19,84
19891 369 06740,1629 23,20-16,96
19941 751 44244,7577 61,6016,85
19981 744 24042,8776 60,8017,93
20031 269 18333,2445 36,002,76
20071 125 54628,3536 28,800,45
20081 141 75135,1751 40,805,63
20121 393 70331,9554 43,2011,25
20141 074 12025,3830 24,00-1,38


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