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L'Union des électeurs (UE) est un mouvement de protestation de droite, tant sur le plan social qu'économique, qui appuie des candidats respectant ses orientations lors des élections générales provinciales de 1944 et 1948.
Dans un manifeste paru en 1944, les créditistes, qui sont à l'origine de l'UE, expriment leur opposition à tous les monopoles, de l'argent comme de l'État. Critiques à l'endroit du capitalisme et du socialisme, ils défendent une vision économique se fondant sur les idées du major Clifford H. Douglas, un ingénieur écossais. Celui-ci a développé la notion de crédit social qui consiste en une « distribution à tous les membres de la société, à titre égal, des surplus de la production du pays ». Ce surplus, versé par le gouvernement, permet aux citoyens d'acheter « les biens et les services produits en abondance par l'entreprise capitaliste ». La portée du programme créditiste se veut toutefois « beaucoup plus vaste » qu'une simple « réforme monétaire ». Présentant le crédit social comme « la doctrine de la société à l'avantage de tous les citoyens », les leaders du mouvement s'inspirent de la doctrine sociale de l'Église, défendent le conservatisme, s'opposent farouchement au communisme et dénoncent les partis politiques « faits pour exploiter le peuple ». À sa création, en 1939, l'UE se veut d'abord un mouvement d'éducation, dans la foulée de la Ligue du crédit social qui a vu le jour en 1936. Mais des créditistes, Louis Even et Armand Turpin, se présentent aux élections fédérales en 1940 sous la bannière Nouvelle Démocratie. Onze candidats portent ensuite les couleurs de l'UE aux élections provinciales de 1944. Cette participation au processus électoral est justifiée dans le manifeste de 1944 par le fait que : « Lors d'appels au peuple, des créditistes peuvent certainement pousser des leurs dans l'arène, lorsqu'ils se croient en nombre, et que les autres candidats sont soudés à des partis qui ferment systématiquement l'oreille aux demandes du Crédit social. » Ceux qui se présentent sous la bannière de l'Union des électeurs « ne sont pas intéressés à la conquête du pouvoir, mais au service des citoyens par ceux qui sont au pouvoir ». L'UE présente également des candidats sur la scène fédérale. Ses succès sont limités, bien que Réal Caouette soit élu dans une partielle en 1946. Les électeurs de l'UE se retrouvent surtout chez les Canadiens-français pratiquant la religion catholique et vivant en milieu rural. Ils s'expriment particulièrement lors des élections provinciales de 1948 alors que les 92 candidats de l'Union des électeurs obtiennent 140 000 voix, soit 9,2% des votes exprimés. Ce scrutin marque l'apogée et la fin de l'UE sur la scène électorale. Par la suite, elle agit comme groupe de pression, cherchant à faire avancer ses revendications auprès des partis en lice, notamment grâce au journal Vers Demain. Par exemple, en 1956, des porte-parole du mouvement annoncent publiquement leur appui aux libéraux de Georges-Émile Lapalme. Les créditistes qui se dissocieront de l'UE ne deviendront des acteurs politiques importants sur la scène fédérale qu'au cours des années 1960, puis provinciale au début des années 1970. |
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