Les grandes grèves de l'histoire du Québec

 
Les grèves sont des événements marquants, révélateurs de différends profonds entre employés et patrons qui sont généralement liés aux conditions de travail offertes par ces derniers. Au cours du XXe siècle, ces conflits connaissent une évolution qu'influencent une foule de facteurs, dont la montée du mouvement syndical, l'adoption de lois encadrant cette pratique ou le rôle de plus en plus important joué par l'État-employeur.

1900
Déclenchement d'une émeute à la filature de Valleyfield
À la filature Montreal Cotton Co. de Valleyfield, une émeute éclate entre les ouvriers en grève et les militaires appelés en renfort par le maire de la ville.
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1903
Déclenchement d'une grève par les débardeurs de Montréal
Plus de 2 000 débardeurs déclenchent une grève lors de l'ouverture du port de Montréal à la navigation. Ils réclament la reconnaissance de leur syndicat, l'amélioration des conditions de travail et l'augmentation des salaires. À l'issu du conflit, qui dure cinq semaines, les patrons reconnaissent le syndicat, accordent une hausse salariale et la préférence d'embauche pour les syndiqués.
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1906
Déclenchement d'une grève au moulin à bois de Buckingham
Le refus des patrons (la famille MacLaren) de reconnaître le syndicat est à l'origine d'une grève qui éclate dans la ville forestière de Buckingham, près de Hull. La présence de policiers et l'embauche de gardes armés payés pour protéger les briseurs de grève mènent à un affrontement au cours duquel deux ouvriers, dont le président du syndicat, sont tués. La milice est alors appelée sur les lieux pour protéger les installations après la proclamation de la Loi de l'émeute.
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1919
Déclenchement d'un arrêt de travail en solidarité avec les grévistes de Winnipeg
Un mois après le déclenchement d'une grève générale à Winnipeg (2 mai), 7 000 ouvriers montréalais, dont ceux de la Canadian Vickers, manifestent leur solidarité en cessant le travail.
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1925
Déclenchement d'une grève dans l'industrie de la chaussure à Québec
Ce conflit de travail paralyse 3 000 ouvriers de la chaussure qui sont au service de 14 manufactures différentes. Affiliés à la Confédération des travailleurs catholiques du Canada (CTCC), les grévistes acceptent de soumettre leur différend à l'évêque de Québec, Mgr Joseph-Alfred Langlois, afin de dénouer l'impasse.
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1937
Déclenchement d'une grève par 5 000 ouvrières de l'industrie du vêtement
Plus de 5 000 ouvrières (et quelques ouvriers) de l'industrie du vêtement se mobilisent et déclenchent une grève qui durera 25 jours. Les deux instigatrices du mouvement, Léa Roback et Rose Pesotta , ont réussi à convaincre les ouvrières de l'importance du syndicat dans l'amélioration des conditions de travail des femmes.
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1937
Déclenchement d'une grève aux chantiers maritimes de Sorel
La grève oppose les travailleurs des chantiers maritimes de Sorel, affiliés à la Confédération des travailleurs catholiques du Canada (CTCC), à leur employeur, la compagnie Marine Industries, propriété de la famille Simard de Sorel. Les grévistes réclament la reconnaissance de leur syndicat, de meilleurs salaires et le réengagement des dirigeants syndicaux congédiés. Le conflit est long et ponctué par l'intervention d'agents de la Police provinciale, dépêchés pour protéger les briseurs de grève embauchés par l'employeur. L'arrêt de travail se solde après quelques mois par un échec dont le mouvement syndical aura peine à se remettre à Sorel.
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1937
Déclenchement d'une grève à la Dominion Textile
Cet arrêt de travail paralyse les filatures de la Dominion Textile à Montréal, Valleyfield, Sherbrooke, Magog, Drummondville et Saint-Grégoire-de-Montmorency. Les travailleurs, qui sont affiliés à la Confédération des travailleurs catholiques du Canada (CTCC), réclament une baisse des heures de travail, de meilleurs salaires et la reconnaissance de leur union. Les interventions du premier ministre Maurice Duplessis et la médiation du cardinal de Québec, Mgr Rodrigue Villeneuve, marqueront ce conflit qui se terminera le 27 août.
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1949
Déclenchement d'une grève par les travailleurs de l'amiante à Asbestos
À minuit, 2 000 mineurs de la Canadian Johns-Manville, à Asbestos, déclenchent une grève spontanée. Peu de temps après, 3 000 autres mineurs de Thetford Mines leur emboîtent le pas. Ce conflit, qui oppose les mineurs affiliés à la Confédération des travailleurs catholiques du Canada (CTCC) à trois entreprises minières, devient rapidement une cause pour les éléments progressistes de la société québécoise. La presse en parle abondamment et la CTCC y mobilise beaucoup de fonds avant que le règlement ne survienne au mois de juillet.
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1952
Déclenchement d'une grève dans le textile à Louiseville
Ce conflit, qui oppose l'Associated Textile à ses employés, éclate à la suite d'un vote presque unanime -700 sur 716- des travailleurs. Les points en litige sont la reconnaissance syndicale et la signature d'une première convention collective.
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1952
Déclenchement d'une grève chez Dupuis Frères à Montréal
Un an après avoir obtenu son accréditation, le syndicat des employés du magasin Dupuis Frères, affilié à la Confédération des travailleurs catholiques du Canada (CTCC), déclenche une grève. C'est le premier arrêt de travail que la CTCC organise contre un employeur canadien-français. Il durera jusqu'au 28 juillet.
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1957
Déclenchement d'une grève à Murdochville
La grève de Murdochville oppose les mineurs des Métallurgistes Unis d'Amérique, affiliés à la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ), à la Gaspé Copper Mines, filiale de la Noranda Mines. Celle-ci refuse de reconnaître le syndicat et utilise les tribunaux pour empêcher la Commission des relations ouvrières (CRO) de lui accorder un certificat d'accréditation. La grève est déclenchée lorsque le président du syndicat, Théo Gagné, est temporairement mis à pied.
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1957
Déclenchement d'une grève par les 7 000 travailleurs de l'Aluminium Co., à Arvida
Les 7 000 travailleurs de l'Aluminium Co., affiliés à la Confédération des travailleurs catholiques du Canada (CTCC), entreprennent une grève pour améliorer les conditions de travail dans les salles de cuves.
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1958
Déclenchement de la grève des réalisateurs de Radio-Canada
La grève de Radio-Canada pose un problème nouveau à l'époque, celui de la syndicalisation des cadres. En décembre 1958, environ 75 réalisateurs du réseau français déclenchent un arrêt de travail pour obtenir le droit de se syndiquer avec la Confédération des travailleurs catholiques du Canada (CTCC). Ils sont appuyés par 2 000 employés qui déclenchent une grève de solidarité. Le journaliste René Lévesque , animateur à l'émission «Point de mire», devient bientôt une des figures de proue du mouvement. La grève se terminera le 8 mars 1959 lorsque Radio-Canada acceptera de reconnaître le syndicat des réalisateurs.
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1963
Déclenchement d'une grève des infirmières à l'hôpital Sainte-Justine
Il s'agit d'un des premiers arrêts de travail dans le milieu hospitalier au Québec. Fait particulier à l'époque, les grévistes sont exclusivement des femmes (235 infirmières) qui réclament un rôle accru dans l'organisation des soins de santé. Cette grève «illégale», qui durera 30 jours, aura un impact considérable sur l'organisation du mouvement syndical dans le réseau de la santé.
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1964
Dénouement de la grève au journal «La Presse»
Les typographes du journal «La Presse», affiliés à la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ), ont déclenché un arrêt de travail le 3 juin 1964 pour se protéger contre les effets des changements technologiques. Il en résulte un «lock-out» qui paralyse le journal et prive plusieurs centaines de travailleurs de leur emploi pendant 214 jours. Une entente survient finalement le 23 décembre.
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1966
Déclenchement d'une grève générale par les employés d'hôpitaux
Environ 32 000 employés d'hôpitaux affiliés à la Fédération national des services de la Confédération des syndicats nationaux (CSN) décident à 92 % de quitter le travail. Cette décision étend le mouvement de grève déjà entrepris depuis quelques jours à plus d'une centaine d'hôpitaux.
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1969
Déclenchement d'une grève par les policiers de la ville de Montréal
La grève déclenchée par les 2 400 pompiers et les 3 700 policiers de Montréal sème l'anarchie dans la ville. Dépassé par les événements, le président du Comité exécutif de la ville de Montréal, Lucien Saulnier, demande au premier ministre Jean-Jacques Bertrand de prendre des mesures d'urgence pour restaurer le calme.
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1971
Déclenchement d'une grève au journal «La Presse»
Un différend sur les changements technologiques et la sécurité d'emploi amène les dirigeants du journal «La Presse» à imposer un lock-out à 350 de leurs travailleurs (typographes, clicheurs, pressiers, etc.). Un bras de fer s'engage entre la direction de «La Presse», la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ) et la Confédération des syndicats nationaux (CSN) qui représentent les employés.
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1972
Déclenchement d'une grève menée par le Front commun intersyndical
Les 210 000 employés des secteurs public et parapublic affiliés à la Confédération des syndicats nationaux (CSN), la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ) et la Corporation des enseignants du Québec (CEQ) déclenchent une grève générale illimitée. Le ministre de la Fonction publique, Jean-Paul L'Allier , se fait rassurant auprès de la population, déclarant que les services essentiels sont en général maintenus dans les hôpitaux.
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1974
Déclenchement d'une grève à la United Aircraft
La grève qui débute oppose la division de Longueuil de la United Aircraft, une multinationale américaine, à ses 2 000 employés affiliés à la section 510 des Travailleurs unis de l'automobile. Ce conflit mouvementé sera l'un des plus durs de l'histoire du syndicalisme québécois.
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1974
Débrayage des pompiers de Montréal
Malgré les appels du président de leur syndicat, environ 2 400 pompiers débrayent illégalement à Montréal. Pendant ce «week-end rouge», 25 incendies détruisent 75 maisons.
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1982
Déclenchement de plusieurs débrayages au Québec
La Fédération des Affaires sociales (FAS) ainsi que les employés du réseau scolaire débraient pour protester contre l'imposition par décret gouvernemental des conditions de travail des employés du secteur public et parapublic.
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1989
Mouvement de grève massif dans le secteur public et parapublic
Plus de 200 000 syndiqués des secteurs public et parapublic affiliés à la Centrale de l'enseignement du Québec (CEQ), à la Confédération des syndicats nationaux (CSN) et au Syndicat de la fonction publique (SFPQ) rejoignent le mouvement de grève des 95 000 membres de la Fédération des affaires sociales (FAS) affiliés à la CSN. C'est la première fois qu'un mouvement de grève prend autant d'ampleur au Québec depuis le Front commun intersyndical de 1972.
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2005
Fin de la grève à la Société des alcools du Québec
Un long et difficile conflit de travail entre la Société des alcools du Québec (SAQ) et ses 3 800 employés prend fin avec l'acceptation par ces derniers de la proposition patronale dans une proportion de 76 %.
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2008
Règlement d'un conflit de travail au Journal de Québec
Après 14 mois d'un conflit de travail acrimonieux, les employés du Journal de Québec acceptent une entente de principe conclue entre leur syndicat et leur employeur. Il s'agissait d'une première interruption de cette nature dans ce journal qui a vu le jour en 1967.
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2011
Fin d'un conflit de travail au Journal de Montréal
Les employés du Journal de Montréal, le quotidien ayant le plus fort tirage au Québec, acceptent les offres de la partie patronale à 64,1%. Cette décision met fin à un lock-out acrimonieux de plus de deux ans, le plus long conflit de travail dans l'histoire de la presse canadienne.
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2012
Entrée en vigueur de la Loi spéciale 78
Après 14 semaines de grève étudiante ponctuées de dizaines de manifestations, d'altercations avec la police et d'un blitz de négociations ratées le 6 mai, le gouvernement libéral de Jean Charest adopte la Loi spéciale 78. Dorénavant, le débat passera de la hausse des frais de scolarité, élément déclencheur du conflit, au droit des Québécois à se rassembler et manifester.
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2012
Ratification d'une entente de principe par les employés de Rio Tinto Alcan
En lock-out depuis le 1er janvier 2012, les 780 travailleurs de Rio Tinto Alcan d'Alma se prononcent massivement le 5 juillet en faveur des offres patronales. La question du recours à la sous-traitance est au coeur de ce litige qui a considérablement réduit la production du principal employeur de la ville pendant plus de 6 mois.
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