Manifeste anti-communiste (1932)

 

CRITIQUE

Voilà donc le communisme dont nous entreprenons la critique.

Les arguments ne manquent pas. C'est toute la philosophie spiritualiste qui condamne le matérialisme athée du "credo" communiste. Qu'il nous suffise de résumer brièvement les preuves directes et immédiates.

La proposition générale s'énonce par la formule suivante:

1 - Le communisme est injuste, parce qu'il viole un droit naturel, le droit de propriété.

2- Le communisme est néfaste, parce qu'il est: a) anti-social; b) antifamilial; c) antireligieux.

 

LE COMMUNISME EST INJUSTE

Il est donc reconnu, en pratique comme en théorie, que le communisme veut remettre tous les biens à la collectivité; chacun, par conséquent, Épuiserait, suivant ses besoins, aux ressources fournies par le travail de tous".

C'est la négation absolue du droit de propriété privée.

Or, pareille doctrine est souverainement INJUSTE; car refuser à l'homme le droit de posséder et de s'approprier les choses matérielles, c'est violer un droit légitime et nécessaire.

1 - Qu'est-ce que le droit de propriété?

C'est le "pouvoir moral de disposer d'une chose comme de sa propre personne, donc pleinement et exclusivement".

Ce qui implique la jouissance exclusive et stable, la libre disposition de la chose possédée quant à la substance et à l'utilité, le droit de l'aliéner, voire même de la détruire, pourvu que cette disposition ne viole cependant aucun droit supérieur.

2- Légitimité du droit de propriété

a) Preuve:

Un droit fondé sur la nature même de l'homme est un droit légitime;

Or, le droit à la propriété privée est fondé sur la nature même de l'homme;

Donc ce droit est légitime.

b) Explication:

L'homme peut être considéré isolément, comme individu, ou collectivement, comme être social, c'est-à-dire comme membre d'une société soit familiale, soit civile.

Dans chaque cas, le droit de propriété est lié à la nature humaine.

 

A) COMME INDIVIDU

1 - Droit et devoir qu'a l'homme de se conserver la vie:

L'homme veut naturellement et doit se conserver la vie. C'est pourquoi:

a) Guidé par sa raison, il choisit les choses nécessaires à ses besoins présents, et retient celles qui subviendront à ses besoins futurs. Car 1. les besoins matériels de l'homme ne chômeront jamais; 2. l'homme peut et doit amasser les ressources qui lui permettront de consacrer des loisirs à son progrès intellectuel et moral; 3. les biens de la terre n'étant pas illimités, ni directement utilisables (il y faut souvent, pour la moisson par exemple, un travail intense et constant), l'homme peut et doit prendre des assurances pour l'avenir: en retenant les ressources nécessaires ou même certains biens productifs, qui lui garantiront, par son travail, une humaine subsistance.

b) Sa liberté inviolable exige que les autres respectent cette conduite.

Qu'est-ce que cet usage permanent et inviolable des choses nécessaires à la vie, sinon le droit de propriété individuelle?

Et comment ce droit ne serait-il pas légitime puisqu'il est immédiatement postulé par y a en l'homme de proprement humain: son intelligence et sa liberté?

 

2-Droit de l'homme au fruit de son travail:

De plus, le travail humain (dont nous venons de parler), incorporé, cristalisé dans une matière productive à rendement lent, confère à l'homme un droit de possession stable sur cette matière même. Sinon:

a) le libre et naturel domaine de l'homme sur ses forces spirituelles et physiques, ne pouvant s'étendre au fruit de leur exercice, serait inutile ou illusoire.

b) L'homme serait à la merci: 1. des circonstances difficiles de l'avenir; 2. de l'envie et des convoitises des autres hommes.

 

3-L'ordre du monde et l'expérience:

D’ailleurs, c'est un fait d'expérience constante et universelle, révélant par le fait même, une loi de nature, que dans la création terrestre, les êtres d'un règne inférieur servent à ceux du règne supérieur.

À moins d'être matérialiste et de s'enfermer ainsi dans la contradiction, il faut reconnaître la supériorité de l'homme et la destination du règne minéral, végétal et animal au service de sa nature raisonnable.

Mais qu'est-ce encore que cette souveraineté naturelle de l'homme sur les choses, sinon le droit de propriété? (... )

 

B) COMME MEMBRE DE LA SOCIÉTÉ

L'homme n'a pas que des droits personnels; il est naturellement ordonné à vivre en société. Il a moralement besoin de la vie sociale, non seulement dans la famille, mais aussi dans l'État.

Or la vie normale de ces deux institutions exige le droit à la propriété privée.

1 - La famille

a) "Aucune loi humaine ne saurait enlever, d'aucune façon, le droit naturel et primordial de tout homme au mariage, ni circonscrire la fin principale pour laquelle a a été établi par Dieu dès l'origine: "Croissez et multipliez-vous" (Genèse, 1, 28).

Voilà donc la famille, c'est-à-dire la société domestique, société très petite, sans doute, mais réelle et antérieure à toute société civile, à laquelle dès lors, il faudra reconnaître des droits absolument indépendants de l'État.

"Ainsi ce droit de propriété que Nous avons, au nom même de la nature, revendiqué pour l'individu, il le faut maintenant transférer à l'homme constitué chef de famille".

b) "Car la famille est pour l'enfant, dont les parents sont la providence, qui suppléent à l'infirmité du jeune âge et préparent, dans son avenir, la tradition du passé. Or, comment les parents pourraient-ils exercer ce rôle de providence, s'ils n'avaient le droit de propriété? "

c) "La nature impose au père de famille le devoir sacré de nourrir et d'entretenir ses enfants; elle va plus loin. Comme les enfants reflètent la physionomie de leur père et sont une sorte de prolongement de sa personne, la nature lui inspire de se préoccuper de leur avenir et de leur créer un patrimoine qui les aide à se défendre, dans la périlleuse traversée de la vie, contre toutes les surprises de la mauvaise fortune. (... )

d) Enfin " de ce que les fils sont naturellement quelque chose de leur père, as doivent rester sous la tutelle des parents jusqu'à ce qu'ils aient acquis l'usage du libre arbitre".

Et comment cette tutelle, nécessaire et indépendante, du père de famille, sur ses enfants peut-elle s'exercer sans le droit à la propriété privée?

 

2- L État

La nature même de l'État requiert de ses membres: 1. qu'ils travaillent; 2. dans la paix; 3. à la culture et au progrès général.

Or, sans la propriété privée, le travail suffisant et la paix nécessaire sont impossibles; l'État, de plus, marche à la ruine.

a) Le travail:

1. Aliment de la vie civile, le travail, sans la propriété privée, manquerait de stimulant.

L'affaire de tous n'est l'affaire de personne.

On se désintéresse aisément de l'intérêt commun.

2. La Russie l'éprouva cruellement après que Lénine eut nationalisé les terres seigneuriales, distribuées d'abord aux paysans. Ceux-ci, dépouillés de la possession du sol, se croisèrent les bras et attendirent que l'État propriétaire les nourrit. Le résultat fut la terrible famine que l'on sait, qui emporta plus de dix millions d'habitants et força Lénine à changer de tactiques.

La suppression de la propriété privée aboutit à l'inertie et à la famine.

b) La paix:

1. Pas de paix intérieure dans un régime qui viole la propriété privée.

Car alors: aa) Les citoyens laborieux se voient frustrés du fruit de leur activité, partagé injustement avec ceux qui n'ont pas peiné: ce sont les jalousies et les discordes ou bien

bb) L'État impose par la violence le nivellement absolu dans la répartition du travail et des ressources: c'est la tyrannie.

Anarchie et tyrannie: telles sont les conséquences fatales de la suppression de la propriété privée.

2. La Russie en fit l'expérience sous la dictature de Lénine.

3. Léon XIII l'avait prophétisé avec force, trente ans plus tôt: " ... perturbation dans tous les rangs de la société, une odieuse et insupportable servitude pour tous les citoyens, la porte ouverte à toutes les jalousies, à tous les mécontentements, à toutes les discordes; le talent et l'habileté" privés de leurs stimulants et, comme conséquence nécessaire, les richesses taries dans leur source-, enfin, à la place de cette égalité tant rêvée, l'égalité dans le dénuement, dans l'indigence et la misère".

c) La culture et le progrès:

Enfin la culture et le progrès de l'État, fruits du travail pacifique, exigent qu'un certain nombre de citoyens se livrent tout entiers aux travaux de l'esprit, pour instruire, éduquer, gouverner ou évangéliser leurs semblables.

L'art, la science qu'ils cultivent, souvent à grands frais, leurs inventions, leurs études sont du plus grand service à la société, par les savants, les hommes d'État, les apôtres qu'ils lui procurent.

Mais qui ne voit que pour affranchir cette élite de la nécessité du travail matériel et lui assurer les ressources convenables pour le présent et l'avenir, la propriété privée est indispensable?

Donc, considérée comme la possession stable des choses en général nécessaires à la vie de l'homme, de tout homme - et comme individu et comme membre de la société - la propriété privée repose sur la nature humaine elle-même; elle est, par conséquent, légitime ...

 

LE COMMUNISME EST ANTISOCIAL

En effet l'application du régime communiste compromet:

  1. La prospérité économique;
  2. Les libertés;
  3. L'ordre et la paix publics.

 

1- La prospérité économique

C'est un fait psychologique reconnu qu'il faut à la plupart des hommes, pour accomplir la grande loi du travail, le stimulant de l'intérêt personnel, c'est-à-dire l'espoir de s'enrichir et d'assurer un patrimoine à leurs enfants.

Aussi, le communisme, en supprimant la propriété individuelle, supprime par le fait même un des facteurs les plus puissants du progrès économique. (..)

 

2- Le communisme compromet les libertés

En effet, dans le régime communiste, l'État est l'organisateur unique et universel de la production et de la répartition. Or, toute activité, même d'ordre spirituel, se traduit par un usage ou une consommation de biens matériels. Par conséquent, l'État, maître de la collation des emplois, pourrait, à son gré, entraver l'exercice de toutes les libertés. Et, de fait, l'État communiste ne peut se maintenir et fonctionner régulièrement, sans porter atteinte aux libertés des citoyens. (... )

 

3- Le communisme compromet l'ordre et la paix publics

En effet, le régime communiste est destiné à être une cause de désordres et de perturbation sociale. Et pourquoi?

Tâche au-dessus des forces de l'État. - Sous le régime communiste, c'est l'État qui devra dresser la statistique précise et détaillée des innombrables besoins de la consommation, puis assurer la production par une juste répartition du travail et des travailleurs, enfin organiser la distribution des biens produits, d'une façon équitable et satisfaisante pour tous. Cela exigerait, en effet, une obéissance parfaite chez tous les citoyens qui, en vertu de la loi du moindre effort, chercheraient chacun à travailler le moins possible et la besogne la moins pénible; une parfaite sagesse, prudence et justice chez les fonctionnaires, distributeurs et contrôleurs, du nombre desquels, d'abord, tout le monde voudrait être; enfin, l'obligation de consommer immédiatement ce qu'on aurait reçu sous peine de faire renaître capitalisation et propriété personnelle.

Or qu'est-ce donc que l'État pour lui accorder une telle omnipotence?

On l'oublie trop souvent, l'État n'est pas une sorte de divinité incapable de faillir à sa mission. L'État s'identifie avec des hommes soumis comme les autres mortels, à l'influence des préjugés, des passions, des intérêts, d'autant plus portés à abuser de leur autorité qu'ils disposent de pouvoirs plus étendus.

Résultats de ce régime: anarchie ou tyrannie. En essayant de concilier la liberté et l'égalité absolues, le régime communiste est condamné à osciller perpétuellement entre deux tendances.

Ou bien insister sur l'égalité de tous les citoyens, et c'est alors, pour assurer cette égalité, un communisme toujours plus centralisé et autoritaire, avec une administration qui ferait marcher au doigt et à l'oeil l'immense organisation sociale confiée à ses soins. Ce serait alors le régime le plus tyrannique que l'on puisse imaginer, et la société, dans ce cas, ne serait plus qu'une immense caserne.

Ou bien insister sur la liberté - et c'est alors un communisme de plus en plus libertaire et anarchiste. Dans ce cas, l'administration serait très large, très libérale, très démocrate. Elle serait élective, amovible à volonté, désignée par le suffrage universel, entièrement soumise au bon plaisir des citoyens. Et c'est la porte ouverte à la discorde, à la jalousie, à la calomnie et aux soupçons envers l'autorité, à la haine de tout chef et de tout règlement. Mais alors la puissante organisation centralisatrice et régulatrice, indispensable au bon fonctionnement du système, se désagrégerait en vingt-quatre heures sous la poussée de toutes les insubordinations de toutes les incohérences de la multitude. Ce serait le chaos, l'anarchie, l'effondrement de tout l'édifice administratif.

 

Conclusion

En somme, le communisme, considéré au simple point de vue économique et social, n'est pas viable. Il ne peut conserver la forme égalitaire et libertaire, sans aboutir à l'anarchie avec toutes ses conséquences. Le communisme pour durer, au moins quelque temps, ne peut être qu'autoritaire et tyrannique.

 

LE COMMUNISME EST ANTIFAMILIAL

 

1- Point de vue économique

La famille a besoin du droit de propriété privée; c'est la condition même de son autonomie, de son développement normal et du dévouement paternel.

Il lui faut au moins l'espérance d'une possession stable, d'un certain capital d'économies et d'épargnes, pour assurer l'avenir des enfants, la vieillesse des parents.

Mais le communisme supprime la propriété privée. Il arrache à la famille jusqu'à l'espérance de biens permanents. Il la condamne au régime précaire de la vie au jour le jour, à la merci des dictateurs publics.

Cette spoliation brutale brise le ressort le plus intime de l'économie familiale.

Mais il y a pire encore:

 

2- Point de vue moral

Le matérialisme égalitaire, assise doctrinale du communisme, ruine le fondement moral de la famille.

Les lois de stabilité, d'amour chrétien et d'autorité qui servent de base au mariage et à la famille, sont rejetées.

 

Plus de mariage:

Le communisme prêche l'amour libre, le divorce, l'indépendance totale.

" La femme dit Bebel, est maîtresse de son coeur. Elle le partage avec qui elle veut. Une relation cesse de lui plaire, libre à elle de la rompre et de porter ailleurs son affection" "Elle fait elle-même ou se laisse faire la cour, et dans les engagements qu'elle contracte, elle n'a jamais égard qu'à ses propres penchants".

Devant ce dévergondage, un obstacle se dresse comme un mur infranchissable: le mariage indissoluble. À bas ce mur inutile!

"Le mariage, affirme froidement Benoît Malon, est une propriété et la pire de toutes; il est une institution absurde et immorale". D’ailleurs, " l'homme et la femme ne sont que des animaux. Peut-il être question d'un lien indissoluble entre des animaux?" (Bebel).

Le Code des lois édicté le 16 septembre 1918 par le Gouvernement soviétique approuvait la liberté du divorce, l'égalité complète entre la femme et le mari. C'était rester à mi-chemin. En 1925, le Code de famille réalisait entièrement les conceptions des Soviets au sujet du mariage et de la famille, en supprimant toute distinction entre le concubinage et le mariage légitime.

Le but est évident: détruire dans ses fondements la société conjugale. Il le faut bien. puisque l'"esprit familial, qui est l'oeuvre du christianisme, est d'une essence contraire, par son origine et sa nature, à l'enseignement de Lénine".

 

Plus d'autorité paternelle:

L'esprit familial apparaît une force redoutable aux communistes. Aussi, en habiles tacticiens, ils ont repéré le point psychologique: l'autorité du père. Ils la ruineront.

Nous savons comment le socialiste Bebel pose en principe l'indépendance de la femme; Benoît Malon, lui, revendique l'autonomie de l'enfant.

 

En résumé:

Le communisme est essentiellement antifamilial parce que:

a) Sa doctrine sur l'amour libre, l'union libre, le divorce légal (d'après le Code de 1926), conduit infailliblement à la dislocation de la famille;

b) Sa doctrine sur l'égalité parfaite des droits du chef et des membres brise la hiérarchie de la famille et ruine l'autorité patemelle;

c) Sa doctrine sur la propriété privée et sur l'éducation des enfants atteint la famille dans son indépendance;

d) Enfin parce qu'il sanctionne la polygamie, la prostitution, les pratiques néo-malthusiennes: ce qui est tarir la fécondité de la famille.

Voilà l'immoralité antifamiliale de la théorie communiste.

 

LE COMMUNISME EST ANTIRELIGIEUX

Un système matérialiste, radicalement athée, ne peut être qu'antireligieux. Tel est le communisme.

Système matérialiste:

Niant tout " au-delà", réprouvant toute doctrine religieuse qui prêche au peuple l'existence d'une autre vie, le communisme n'envisage la vie humaine qu'au seul point de vue terrestre. Son Dieu, c'est l'État populaire; sa fin: les jouissances humaines; son culte: la production des richesses. Bref, un idéal "purement humain", exclusivement temporel. (... )

Réaliser le paradis " sur terre" : voilà donc l'aspiration profonde des communistes. Aussi selon l'expression du poète du socialisme, le juif Henri Heine, abandonnent-ils "le ciel aux ange, et aux moineaux".

 

Système athée

" En fait de religion, nous sommes athées", clama au Reichstag, le chef autorisé du socialisme démocratique, Bebel.

Rien d'étonnant à cette profession de sans-Dieu, car la religion s'oppose, disent-ils à l’émancipation prolétarienne. Le juif Karl Marx affirme que la religion est "l'opium du peuple", le narcotique qui tue l'intelligence de l'homme et retarde son développement économique. (... )

Cet esprit athée, il faut le remarquer, n'est pas le propre de telle ou telle branche du communisme. Les doctrinaires socialistes de toutes nuances: saint-simoniens, marxistes, communistes, anarchistes, mencheviks, bolcheviks ou léninistes, furent des anticléricaiix déclarés et intransigeants. (...)

 

Système persécuteur

Le communiste prêche non pas un athéisme vague, mais un athéisme persécuteur. S’il accorde un semblant de tolérance ou de neutralité relativement aux croyances religieuses, a supprime peu après cette tolérance; car, la persécution est dans la logique même du système. (... )

Pourquoi cette lutte acharnée contre Dieu? Parce qu'elle fait partie du plan de révolution universelle. Dans le sixième Congrès de l'Internationale communiste, tenu à Moscou, en septembre 1928, on adopta ce programme: " Les communistes considèrent qu'il n'est pas nécessaire de masquer leurs desseins. Ils déclarent ouvertement que leur objectif ne peut être atteint que par le renversement forcé de tout l'ordre social existant. L'emprise de la bourgeoisie ne peut être détruite que par une violence impitoyables.

Puisque la campagne antireligieuse est partie intégrante de la lutte universelle, quelle est inséparable en pratique des visées politiques et économiques du communisme, il est clair qu'il existe en U.R.S.S. un athéisme implacable, organisé et militant, soutenu par l'État. Si le collectivisme est le corps du communisme, l'athéisme en est l'âme.

Il est donc bien faux de croire que la persécution actuelle, un des éléments essentiels du plan quinquennal, n'est qu'un simple accident, un conflit isolé, temporaire, entre l'Église et l'État, car le communisme réclame non seulement le gouvernement temporel, mais surtout une juridiction sans limite sur les âmes elles-mêmes, sur les consciences, sur la liberté humaine qu'il voudrait abolir, sur toutes les croyances: chrétiennes, judaïques ou mahométanes, afin de rayer à jamais de la conscience humaine l'idée même de Dieu.

 

Sources : École sociale populaire, Cahier anti-communiste, no 217-218, février-mars 1932 tiré dans Daniel Latouche et Diane Poliquin-Bourrassa, dir. Le manuel de la parole, manifestes québécois, Tome 2, 1900 à 1959, Montréal, Les éditions du Boréal Express, 1978, pp.123-130.

Numérisé par Igor Tchoukarine, Université de Sherbrooke