Manifeste fasciste (1933)

 

Nous assistons en ce moment à l'effondrement d'une civilisation qui a dominé le monde depuis la Révolution Française. Cette civilisation est celle de la démocratie libérale. Elle sombre dans un chaos indescriptible, dans un tumulte de souffrances, de misères, de perturbations sociales, de bouleversements politiques, de maux économiques, de divisions internationales et de dissensions religieuses comme jamais l'humanité n'en a été témoin. Sur les ruines de cette démocratie libérale, dont la structure vermoulue cède graduellement dans tous les pays, commence de surgir, dans un gigantesque enfantement douloureux et lent, la naissance d'un monde nouveau. Et, comme le monde moderne qui agonise, le monde nouveau ne pourra revêtir que deux aspects, mais plus précisés et plus avancés: celui de gauche et celui de droite, jusqu'au jour où, dans un colossal combat mondial, l'un des aspects essaiera d'absorber et annihiler l'autre. Ce sera alors la dernière bataille, avant-coureuse de la fin des temps. Acteurs obligatoires dans le drame solennel et émouvant que nous réserve notre époque, nous n'avons pas le droit de nous contenter du rôle de témoins et de chercher dans l'inaction un refuge pour notre indifférence, notre tiédeur ou notre frayeur. Si peu que nous ayons de conviction, il va falloir les défendre, car l'ennemi devant lequel nous sommes lancés pour un combat décisif, avec toutes les autres races chrétiennes, est d'un caractère et d'une gravité tels qu'il nous va falloir combattre non seulement pour triompher, mais pour que l'ennemi soit définitivement mis hors d'état de nuire dans l'avenir, et pour que nous puissions cheminer sans contrainte vers la fin ultime qui nous est dévolue, comme collectivité et comme individus.

La crise économique qui atteint si cruellement le monde entier n'est que l'aspect extérieur et superficiel de la crise plus profonde qui secoue le monde et menace les fondements même de la civilisation chrétienne. À un moment donné, nous nous sommes engagés dans la voie, séduisante mais fausse, du matérialisme, parce qu'elle brisait l'armature spirituelle de notre société occidentale, et cette voie nous a conduits au désastre...

Les Juifs sont les enfants de Satan, ils font l'oeuvre de leur père... Comme leur père, les Juifs ne veulent rien servir, ni la Gentilité, ni un drapeau, ni un souverain, ni une patrie, ni aucun ordre établi, ni aucune loi existante, ni aucune autorité régulière. Comme leur père, les Juifs demandent l'émancipation, la liberté. Émancipation de tout ce qui n'est pas Juif! Liberté de poursuivre leur oeuvre sataniste...

Parce qu'ils n'ont jamais été déistes, les Juifs n'ont jamais su comprendre les messages de Dieu pour les sauver. D'un pacte spirituel, ils ont fait une entente matérialiste. Et, aujourd'hui comme hier, ils croient que leur ancien privilège de race-élue n'est qu'un privilège matériel qui leur donne le droit de dominer toutes les autres races; ils croient que les autres races, composées de goyim sans âmes, ont été créées simplement pour servir Israël et lui assurer la suprématie mondiale, ils croient qu'ils ont un droit de naissance à toutes les richesses de la terre et qu'ils sont les princes réels de ce monde...

Le Juif n'ajoute rien à la richesse spirituelle ou matérielle d'une nation. Il arrive toujours en immigrant pauvre et, à force d'expédients malhonnêtes, finit par s'emparer de toute la richesse matérielle. Il se sert ensuite de celle-ci pour détruire, par de multiples organisations de propagande et d'action directe, la richesse spirituelle du pays. Dans le domaine spirituel, le Juif, matérialiste, ne peut gagner aucune bataille. Dans le domaine matériel, il les gagne toutes, parce qu'il joue de malhonnêteté avec des rivaux que leurs traditions et leur formation forcent d'être honnêtes. Aussi, le Juif ne voit-il la possibilité de sa conquête mondiale qu'en faisant descendre l'humanité dans le domaine matérialiste...

La juiverie, à cause de son essence même, à cause de ses instincts destructifs, à cause de son immémorial atavisme de corruption, à cause de son sentiment exclusivement matérialiste, voilà le grand danger, le seul, l'unique, tant pour le matériel que pour le spirituel des peuples. C'est pourquoi la question juive doit être à la base de tout véritable fascisme, de tout mouvement sérieux de régénération nationale. Autant il est nécessaire pour les réactionnaires de détruire toute influence juive et tout juivisme, autant il est nécessaire pour le socialisme d'avoir des chefs juifs. Dans tous les gouvernements socialistes, dans tous les groupes socialistes, les principaux chefs et inspirateurs sont juifs, en quelque pays que l'on regarde, car ces mouvements juifs ne pourraient réussir avec une direction non-juive. De même, les véritables dirigeants du libéralisme sont juifs, pour les mêmes raisons...

Les antisémites n'ont pas de griefs personnels contre les Juifs pris isolément. Ce qu'ils veulent détruire, c'est la philosophie libérale des Juifs, parce que cette philosophie est l'antithèse et l'ennemie de la philosophie chrétienne, et parce que l'organisation internationale secrète des Juifs est le système politique de cette philosophie destructrice...

C'est parce que les Juifs étaient contenus dans leurs ghettos et mis hors d'état de nuire, durant le moyen-âge, que cette époque fut si brillante, si policée, socialement si pacifique, si positivement chrétienne…

La question juive, avec ses multiples aspects et ses conséquences dans tous les domaines, est donc basique et fondamentale dans tout projet de restauration nationale et politique, et elle doit être d'autant plus considérée que chaque axiome fasciste, nationaliste et chrétien trouve dans la philosophie judaïque et son action un axiome opposé qui tend le détruire...

Ce dont chaque pays a besoin, et le nôtre en particulier, ce sont des formules jeunes et vigoureuses, qui pourront opérer un redressement et provoquer une renaissance. Les vieilles idées démocratiques sont des couleurs déteintes, un sel affadi; la vieille structure démocratique tombe de décrépitude, rien ne peut la relever; la démocratie libérale a fait ses preuves, elle n'a apporté que des misères et des malheurs. Le monde a fait fausse route, il faut changer de voie, les circonstances matérielles et l'état des esprits l'exigent. Aux foules qui cherchent et attendent une solution ne s'offrent, répétons-le, que deux alternatives: le fascisme ou le socialisme. La question a déjà été soumise sous d'autres formes: chrétien ou juif, Rome ou Moscou...

Le fascisme n'admet pas que le pouvoir émane, dans l'État fasciste, d'une section du peuple ou d'une majorité électorale accordée à un parti politique, puisque l'État comprend tout le peuple. Il décrète que tout pouvoir vient de Dieu; que le pouvoir n'est pas un droit, mais un devoir qu'on ne peut revendiquer au nom d'un groupe, de certains intérêts ou voire de soi-même, mais seulement au nom de Dieu et de la vérité .

Le voeu et les aspirations du peuple doivent servir à renseigner le gouvernement sur les besoins du peuple, mais la popularité ne comporte par elle-même aucun titre au pouvoir. Cette différence avec la doctrine libérale paraîtra tout à l'heure plus claire lorsque nous étudierons le fonctionnement gouvernemental et électoral du fascisme.

Le fascisme considère que la loi humaine est un reflet de la loi divine, et que tout chef tire son autorité de la loi divine qu'il est chargé de faire respecter et d'appliquer. Mais, quelque haut placé que soit le chef, quelque grand qu'il soit, il reste lui-même soumis à cette loi, qu'il ne saurait enfreindre sans saper les bases de sa propre autorité. C'est pourquoi la conception fasciste s'oppose à la tyrannie du pouvoir démocratique issu de la majorité du nombre, comme à la tyrannie du pouvoir personnel absolu, puisque personne dans l'État fasciste ne peut être au-dessus de la loi. Un chef fasciste peut, en tout temps, être destitué par le grand conseil politique de la nation s'il trahit la charte qui a été confiée à sa direction, charte à laquelle il est le premier soumis et dont il doit être le serviteur modèle.

Qui doit décider la forme de gouvernement que l'État doit adopter, pour amener un régime fasciste? À cette question nous répondons: quiconque est, en réalité, au moment du choix, l'autorité effective. Si une autorité nominale cesse de fonctionner, une autorité réelle doit être mise à sa place...

En un mot, le fascisme considère que nos ancêtres ont été nos coopérateurs pour établir le pays dans lequel nous vivons et que nous devons, à notre tour, coopérer avec nos descendants. L'État fasciste est donc un État avant tout traditionnaliste, qui fait de la tradition son guide vers la réalisation des aspirations nationales. C'est pour cela que, sans prescrire aucune forme particulière de gouvernement, le fascisme cherche à éviter les défauts de la démocratie, en préférant les intérêts permanents de la nation et l'incorporation de ses traditions et ses aspirations ETHNOLOGIQUES à n'importe quelle sorte d'agitation politique TEMPORAIRE. En somme, le fascisme préfère l'ethnocratie à la démocratie. Le gouvernement de l'État fasciste cherche constamment à réaliser les intérêts suprêmes de la nation, tels que confirmés par une large consultation des opinions EXPERTES, à déterminer le peuple à toujours étudier et défendre l'intérêt national primordial et, s'il est nécessaire, à lui faire faire des sacrifices temporaires en vue d'obtenir des avantages plus durables.

Le fascisme est une formule de redressement politique, social et économique, et il ne croit pas que l'on puisse opérer ce redressement sans tenir compte des racines profondes de la civilisation chrétienne. Elle a pour inspiratrice et pour guide la religion chrétienne, formatrice des individus. Comme les individus qui composent la nation doivent vivre suivant les principes de leur formation religieuse, il est indispensable que l'État coopère étroitement avec la religion. Hitler est le gouvernant qui est allé le plus loin, à ce sujet. Dans sa première déclaration officielle comme chancelier à Potsdam, il posait le principe politique suivant: "Le gouvernement de la Nouvelle Allemagne est persuadé que la religion est la seule base de toute morale, de l'instinct de famille, du peuple et de l'État, et il la défendra" ... Le fascisme reconnaît que la religion est la dépositaire, la gardienne et l'interprète de la morale. Le fascisme, et la constitution de Potsdam le définit clairement, est le premier défenseur et soutien de la religion. Le fascisme répudie entièrement le rêve de l'homme divinisé et du paradis sur terre, rêve issu de la Révolution de 1789, et il veut imposer un retour aux principes de la pure tradition chrétienne. Et quand nous parlons de tradition chrétienne, il n'est aucunement question de ce qu'on pourrait appeler la bigoterie, le cléricalisme ou le puritanisme, puisque l'État est une forme de pouvoir purement laïque.

Le fascisme décrète... que les individus sont naturellement inégaux. En vertu de ce principe, l'organisation sociale ne peut plus être individualiste; elle est entièrement sociale. L'individualisme est un crime qui est puni suivant les maux qu'il occasionne. L'individu, dans l'État fasciste, appartient à la classe à laquelle il est normalement dévolu par naissance, atavisme, éducation, aptitude et avancement personnel. Cependant, l'individu n'est pas abandonné à ses propres ressources, mais encadré et soutenu par des organisations corporatives.

Le travail est considéré par le fascisme comme un devoir social obligatoire pour tous les individus. Il ne tolère pas plus les paresseux riches que les paresseux pauvres. Et, dans tout ce qu'il fait, l'individu n'a pas le droit de s'occuper seulement de lui-même-, il doit aussi s'occuper des autres. L'individu doit subordonner ses intérêts personnels à ceux du bien général et à ceux de l'État qui exerce l'autorité nécessaire. Il n'est pas seulement une unité indépendante, dans la nation, mais membre d'une communauté pour le bonheur présent et futur de laquelle il porte de graves responsabilités. Il peut, et même il doit avoir des intérêts personnels, mais il ne doit pas chercher son avantage dans une direction opposée à celle du bien commun. Il doit donc agir dans un esprit corporatif et patriotique. Sa vie, dans la société, doit se modeler sur les devoirs de sa vie individuelle dans sa famille, qui est naturellement corporative, guidée par une autorité permanente et stable, et dont l'État se fait le plus ferme soutien et défenseur. L'État considère la nation comme la grande famille nationale, extension de la petite famille, et il se fait le défenseur naturel de la grande et de la petite famille...

La fascisme combat avec acharnement la lutte des classes, suscitée par le libéralisme et avivée par le socialisme, et il prend les moyens législatifs et économiques voulus pour la faire cesser. Il considère que toutes les classes sociales sont nécessaires et que, au lieu d'être naturellement antagonistes, elles se complètent les unes les autres.

Il faut admettre l'inégalité des classes comme des individus, conséquence de l'inégalité naturelle, loi fondamentale de la nature. Comme les roues d'un même rouage d'horlogerie, les différentes classes doivent fonctionner suivant un rythme coordonné, dans un mouvement d'ensemble, suivant un ordre et une harmonie qui assurent l'avancement et le progrès de toute la nation. Chaque classe accomplir sa fonction, dans l'organisme social; chaque classe a ses devoirs et ses droits propres qui forment sa tradition. À la haine de classe socialiste, comme à la tyrannie de classe du capitalisme, le fascisme oppose une solidarité sociale basée sur une juste répartition des droits et des devoirs. Dans chaque classe, le fascisme reconnaît des hiérarchies, des élites personnelles et responsables.

Le fascisme répudie le socialisme et accepte la doctrine sociale chrétienne. Il l'applique suivant un mode corporatif. Tout, dans le fascisme, est basé sur cette idée corporative, mettant chaque aptitude et chaque compétence à sa place normale, comme dans une corporation industrielle ordinaire, avec cette différence que, plus un chef a d'influence et de puissance, plus nombreux sont ses devoirs et plus rigoureux sont les comptes que l'État exige de lui.

Le droit de propriété est sacré, dans l'État fasciste. Cependant, puisqu'il est reconnu comme un droit, il comporte des devoirs. Si le socialisme prêche que " la propriété, c'est le vol"; si le libéralisme proclame que " tout individu peut indistinctement faire ce qu'il veut avec ce qu'il possède", le fascisme proclame que la propriété privée est un dépôt que l'individu peut posséder et transmettre à ses héritiers sans taxe immodérée sur le capital, POURVU qu'il fasse un usage raisonnable de son privilège et qu'il développe à sa capacité maximum, pour l'intérêt commun en même temps que le sien, cette part du sol national ou de capital ou d'industrie qui est laissée entre ses mains.

Le fascisme décrète qu'aucun homme n'a le droit de laisser une portion de bonne terre improductive pour de seules fins égoïstes de sport ou de plaisir; encore moins qu'un individu puisse appauvrir ses propriétés en les déboisant sans besoin ou en y occasionnant des foyers malsains par négligence de les drainer. Aucun propriétaire n'a le droit de laisser des maisons habitables tomber en ruines; s'il n'a pas le moyen de tenir sa propriété en bon état, le propriétaire doit la vendre, ou l'État se charge de la développer pour lui, moyennant rémunération. L'inertie ou la négligence de produire est considérée inexcusable pour tout possesseur de capitaux. Chaque fois qu'un possesseur de capitaux fait preuve de négligence ou d'incapacité, l'État fasciste prend charge de ce qu'il a. Personne n'a le droit de démolir une construction magnifique ou d'intérêt historique sans la permission du gouvernement. Personne ne peut vendre, pour exportation dans un pays étranger, des trésors artistiques, car ces trésors sont considérés comme partie de l'héritage national et ceux qui en sont les dépositaires temporaires ne peuvent pas les aliéner pour un gain personnel. L'État fasciste tient à garantir la propriété individuelle non seulement pour l'individu, mais aussi pour ses héritiers. Les mines, forêts, carrières et autres sources potentielles de richesses doivent être suffisamment développées, et l'État fasciste est prêt à aider par des prêts et de la main-d'oeuvre experte leur développement pour le meilleur intérêt collectif national.

L'État fasciste dirige un système de coordination du progrès national, et a empêche, à cette fin, toute surcapitalisation, la formation de nouvelles entreprises dans le genre de celles dont le pays est déjà suffisamment pourvu ou qui n'ont pour seul but qu'une compétition de coupe-gorge.

Si le fascisme se fait le défenseur du droit de propriété, dans toutes les sphères imaginables, il se permet d'intervenir lorsque le droit de propriété entre en conflit avec l'intérêt de l'État et le bien général. Le fascisme est conscient de son devoir primordial de diriger, et il accomplit ce devoir intelligemment, en coordonnant toutes les forces productrices de la nation. C'est ce qui peut lui permettre de contrôler la production, suivant les besoins naturels du pays et de ses marchés extérieurs, et restreindre toute surproduction basée sur des besoins artificiels spéculatifs. C'est donc opposer l'idéal de service au mercantilisme industriel et à l'idéal de production pour le seul avantage du profit, ainsi que protéger la propriété personnelle contre le capitalisme agioteur.

Le fascisme établit une démarcation très nette entre le capital et le capitalisme. Le capital est un élément économique absolument indispensable pour la vie d'une nation. Le capitalisme est une tyrannie économique et sociale exercée par certains détenteurs de capitaux...

Le fascisme est peut-être plus fanatiquement anti-capitaliste que le socialisme, parce qu'il perçoit plus sainement les méfaits du capitalisme et les remèdes qu'il faut apporter aux maux qu'il occasionne. Parce que la chirurgie fait souffrir, ce n'est pas une raison pour abolir la chirurgie. Pourtant, telle est la logique du socialisme: parce que le capital a commis des abus, il faut abolir le capital! Le fascisme a une façon plus intelligente de régler le problème.

Il se propose d'abord, par des lois préconisées dans ses programmes politiques, lois qui diffèrent suivant les lieux et les genres d'abus, d'écraser définitivement le despotisme et la tyrannie du capitalisme. Dans le domaine positif, il décrète que les rôles jusqu'ici maintenus doivent être renversés et que la finance doit cesser d'être la maîtresse, pour devenir la servante de l'agriculture, de l'industrie et du commerce. La force inerte de l'argent doit être assujettie à la force vive des activités humaines.

Le fascisme pose aussi en principe que seuls le travail d'un individu ou une mise réelle de fonds peuvent rapporter des profits. C'est dire que le capital ne pourra plus être spéculatif, mais devra devenir purement productif. La spéculation sur des titres sans valeur réelle, sur des stocks de valeur fictive ou imaginaire, est ce qui cause la grande misère moderne et la maldistribution des richesses. Le capitalisme actuel exige de la nature et des classes travailleuses, des produits naturels et un travail humain qui sont compensés par des valeurs dont les trois quarts ne valent pas un sou.

Le fascisme considère comme un devoir de rendre le plus productif possible toute mise réelle de fonds dans une entreprise, mais il est en même temps déterminé à détruire l'exploitation des masses par les capitaux, dont l'existence a été rendue possible par les lois démocratiques régissant les compagnies et les sociétés anonymes.

Les entreprises capitalistes devront tendre, dans l'État fasciste, à revenir à l'ancien système des entreprises de famille, et les chefs en seront entièrement responsables, devant des lois rigoureuses. Le capital sera aisé et protégé, mais dans les limites de devoirs stricts et d'un esprit de juste coopération avec les activités qu'il devra servir.

Le fascisme considère l'agriculture comme la première, la plus importante et la plus vitale des industries nationales et lui accorde préséance, même dans la représentation parlementaire, où elle a droit à un plus grand nombre de représentants que toute autre industrie. Elle reçoit une aide équivalente à la considération qu'on lui porte. Le premier acte du fascisme est de spiritualiser l'agriculture, de la décentraliser et de la réorganiser sur des bases corporatives. Les détails de cette réorganisation, comme on le conçoit, font l'objet de programmes politiques qui viendront à leur heure. La colonisation, considérée comme l'un des aspects de l'agriculture, partage au même titre dans la considération de la première industrie nationale.

Comme tous les citoyens sont astreints à travailler, dans l'État fasciste, il s'ensuit qu'il y a des lois pour protéger les travailleurs de tous genres, de même qu'il y a des lois pour punir ceux qui ne veulent pas travailler. Ces lois vont jusqu'à défranchiser, comme antinationaux, les fainéants qui refusent de reconnaître le devoir du travail. Cependant, les travailleurs manuels, parce qu'ils en ont un plus grand besoin, ont une protection toute particulière...

Le fascisme comporte l'abolition de tous les partis politiques. En réalité, il n'y a même pas de parti fasciste, sauf pendant le temps que dure encore l'ère démocratique, car le fascisme est un système gouvernemental et non un groupement partisan.

La situation canadienne nous prouve suffisamment que le régime des partis empêche tout gouvernement nationale. Que notre gouvernement soit libéral ou conservateur, c'est toujours le gouvernement d'une moitié de la population, l'opposition représentant l'autre moitié. Quelle unité d'action, quelle permanence de continuité, quelle stabilité réelle, quelle sécurité pouvons-nous avoir, avec un tel régime? Aucune.

Le pouvoir, sous le régime démocratique des partis politiques, est basé sur la souveraineté du nombre, sur la majorité des voix, c'est-à-dire sur une masse anonyme, instable, incohérente et totalement irresponsable. Ce mode électoral prête à corruption et, de fait, n'est que corruption. L'autorité qu'il confère n'est que nominale, elle est toujours timide, toujours insuffisante.

Le suffrage universel, tel qu'il est pratiqué dans les pays démocratiques, est issu du faux principe de l'égalité de tous les citoyens. Et, quelque parti qui soit au pouvoir par le moyen du suffrage universel, il est incapable de gouverner. Le suffrage universel ne produit que des politiciens professionnels, susceptibles de corruption et capables de corrompre l'électorat de qui ils détiennent le pouvoir; il ne produit pas d'hommes d'État, sauf en de très rares exceptions. La qualité d'homme d'État exige des mesures de prévoyance, de sagesse et de sacrifice que la masse électorale ne consentira jamais. On n'obtient pas la sagesse en multipliant à l'infini le nombre des ignorances; et, sous le régime démocratique, la sagesse se résume dans le "non" ou le "oui" exprimé par l'ignorance générale, que l'on dénomme " suffrage universels.

Le fascisme n'a donc aucune confiance dans le système électoral démocratique, qui procède toujours par le mensonge des fausses promesses, ou l'intimidation, ou la corruption, et qui ne confère le pouvoir qu'à une classe ou un groupe d'intérêts de la nation. Les gouvernants qui doivent exercer des talents d'hommes d'État et une grande vision ne doivent pas être forcés de faire leur cour à la popularité, car ce n'est pas le nombre de voix en faveur d'une loi qui doit compter, mais la sagesse et l'équité de cette loi. C'est pourquoi, sous le fascisme, les majorités ne veulent rien dire, à moins qu'elles ne soient des majorités d'hommes d'expérience et d'esprit patriotique.

L'opposition parlementaire est, aux yeux du fascisme, l'une des plus grandes futilités dont il convient de se débarrasser. Toute opposition parlementaire semble être un corps d'agitateurs salariés dont la tâche stupide est de retarder et entraver l'action du gouvernement au pouvoir, de mal représenter sa conduite et de critiquer les lois au point de créer dans l'esprit public des doutes sur leur justice et de diminuer le respect qu'elles devraient inspirer; et souvent, à cause des craintes que lui inspire l'opposition, un gouvernement néglige de passer des lois que les circonstances rendraient impérieuses. Le fascisme répudie J'erreur démocratique des oppositions parlementaires et exige que tout soit avec et dans l'État, et qu'aucun groupe ne soit contre l'État.

Le gouvernement de parti est lui-même une source de gaspillage national, car son administration est toujours privée de grands et réels talents qui dépensent leur énergie dans des critiques artificielles et improfitables de la politique du gouvernement, gaspillant aussi le temps et l'énergie des ministres qui, à tout bout de champ, sont obligés de recourir à des moyens artificiels de défense et de contre-attaque. De plus, la nécessité de trouver des excuses, des justifications ou des explications pour les actes administratifs ne permet le succès parlementaire qu'à des avocats, dont la profession consiste en ce genre d'occupations, plutôt qu'à des hommes d'affaires d'une habileté pratique. L'inefficacité de la plupart des ministres dans la conduite de leurs ministères pourrait trouver une explication dans ce facteur psychologique, car on sait que les ministres sont ordinairement sauvés des impasses de leur vie publique par leurs subalternes.

Le fascisme ne se contente pas de critiquer et souligner les graves défauts du système parlementaire démocratique, il offre mieux. Son système parlementaire est un système corporatif à base consultative, c'est-à-dire un système d'administration d'État fonctionnant comme une administration de compagnie ordinaire, le peuple étant appelé à faire connaître ses besoins à des époques déterminées, généralement tous les cinq ans. Le fascisme établit d'abord comme principe que le système représentatif n'est pas d'imposer la volonté d'une masse impersonnelle et aveugle aux hommes d'État en autorité, mais seulement pour que ceux-ci puissent prendre connaissance des besoins des diverses parties de la communauté. Et, sur ce principe, il échafaude le système parlementaire le plus logique, le plus pratique et le plus scientifique qui puisse satisfaire aux besoins modernes...

L'État Corporatif Fasciste peut être défini comme le Conseil Industriel Conjoint poussé à ses conclusions logiques. Les intérêts économiques de la nation sont groupés en trois grandes Confédérations:

  1. La Confédération des employeurs;

  2. La Confédération des employés;

  3. Les travailleurs intellectuels, (professionnels, artistes, etc.)

Les unités qui composent ces Confédérations sont les associations d'employeurs, les syndicats ouvriers et les sociétés professionnelles. Elles sont formés en Fédérations de différentes catégories, telles que les fédérations de l'Agriculture, de l'industrie productive, des Mines, du Commerce, du Transport sur terre, du Transport sur mer, de la Finance. Dans les unes et les autres, les Fédérations d'employeurs et les Fédérations d'employés restent distinctes et séparées.

ÉCONOMIQUEMENT, les grandes Confédérations sont reliées par un organisme d'État, la Corporation pour l'industrie concernée. Toutes les corporations travaillent sous l'autorité spéciale d'un ministre des Corporations. Leur rôle consiste à voir à ce que les Confédérations fonctionnent en accord avec la loi, règlent leurs disputes mutuelles par la conciliation, coordonnent leur travail d'avancement et de bien-être, et règlent le chômage et les échanges de main-d'oeuvre dans la catégorie particulière d'industrie dont s'occupe la corporation.

POLITIQUEMENT, les Confédérations, ou plutôt les Fédérations qui les composent, sont appelées à soumettre leur liste de candidats pour la Chambre des Communes, et bien que les employeurs et les employés choisissent un nombre égal de candidats pour représenter leurs intérêts respectifs, les différentes subdivisions de l'industrie ne sont pas traitées avec la même importance. Ainsi, l'Agriculture est traitée avec une importance nationale beaucoup plus grande que, par exemple, la Finance, et on lui accorde un plus grand nombre de représentants.

Une fois dressées par les Fédérations, les listes de candidats sont soumises au Grand Conseil National, qui exerce le pouvoir sélectif d'amender ces listes. Les listes, ainsi amendées, sont alors soumises au vote d'un électorat qui comprend les membres des Confédérations et les personnes qui paient un certain minimum d'impôts et de taxes. L'électorat vote sur la liste globale. Si la liste obtient une majorité, ceux qui y figurent deviennent membres du nouveau Parlement; si la majorité vote contre la liste, une autre doit être dressée suivant la même procédure et soumise de nouveau ...

Le fascisme a des données très précises sur la liberté. Ces données sont, en résumé, l'opposé exact de l'interprétation apportée par la Révolution Française sur la liberté. La liberté n'existe pas, par elle-même, car c'est simplement la conséquence de la jouissance d'un droit. On est libre d'user ou non d'un droit, mais la liberté n'engendre aucun droit. Les socialistes et les libéraux en font un principe premier, justement pour placer sur le rnême pied que les nationaux d'un pays ceux qui sont totalement étrangers à ce pays et n’y jouissent d'aucun droit. Un Canadien a des droits, en Canada, et n'a aucune liberté à demander. C'est parce qu'il n'a pas de droits que le Juif, partout, fait appel à la liberté.

Il n'existe aucun droit qui permette de faire le mal, et par conséquent toute liberté à ce sujet est inexistante. Quant au bien, il a tous les droits et il n'est aucunement nécessaire de réclamer la liberté de le faire. De plus, le droit de se libérer du bien n'existe pas. On ne peut se libérer que du mal, et tout autre signification donnée à la liberté est fausse.

Qu'est-ce qui est mal, alors? Le fascisme considère comme un mal tout ce qui peut attenter à l'unité nationale, aux traditions, aux coutumes, aux moeurs, au patriotisme, à la suprématie politique, économique et sociale des nationaux sur la terre que leur ont léguée leurs ancêtres; tout ce qui peut affaiblir ou amoindrir les institutions nationales et religieuses acceptées; tout ce qui peut entraver le progrès des nationaux dans toutes les sphères économiques, sur la seule terre où ils peuvent donner libre cours à leurs aspirations. La presse elle-même est sujette à ces conditions, de même que la finance locale et étrangère, qui peuvent tout faire sauf ce qui vient en conflit avec le véritable intérêt des nationaux, auquel elles sont rigoureusement assujetties. Le droit de critique existe pour la presse, en Italie et en Allemagne comme partout ailleurs, mais une critique qui n'offre pas le remède au mal qu'elle dénonce, une critique qui n'a pas d'autre but que de diminuer la confiance dans les instructions dévouées à l'avancement du pays, une critique qui tend à compromettre l'unité nationale ou susciter des antagonismes de classes, sont sévèrement réprimées. Pareilles critiques, on le conçoit, sont au service de choses mauvaises, et le mal n'a aucun droit, dans l'État fasciste.

Ces considérations nous amènent forcément au problème de la nationalité. Quels sont ceux qui ont des droits, en Canada? Les Canadiens, me répondrez-vous. Qu'est-ce qu'un Canadien? Est-ce qu'un Zoulou d'Afrique peut devenir un Canadien? Les libéraux ont terriblement embrouillé ces questions, dans le passé, au point que très rares sont ceux qui peuvent y répondre.

Dans l'empire britannique, tous sont sujets britanniques, ayant droit à la protection des lois impériales et du drapeau britannique. Le titre de sujet britannique n'est pas un titre anglais, ni écossais, ni gallois, ni canadien, ni australien. C'est un titre purement impérial. Et un sujet britannique qui a droit à la protection britannique impériale n'a pas nécessairement un titre aux droits des Canadiens en Canada, ou des Australiens en Australie. Depuis que le Statut de Westminster a été passé, le Canada et les autres dominions sont des pays entièrement autonomes, égaux entre eux et égaux avec la Grande-Bretagne, n’ayant pour lien politique que la personne du Souverain, qui forme le principe actif d'autorité pour tous ces pays. Il s'ensuit donc que le Canada a des titres de citoyenneté pour ses nationaux, comme n'importe quel autre pays du monde. Le titre de sujet britannique accorde la protection royale, mais ne confère aucun droit national. Dans notre pays, il faut donc avoir plus que ce titre pour jouir de droits positifs: il faut être citoyen canadien...

Pour être citoyen canadien, il faudra être ce que les Canadiens ont été jusqu'ici: des gens de race blanche, d'une religion ou l'autre chrétienne, parlant la langue anglaise ou la langue française. Et, par mesure de protection contre les dangers possibles de I'immigration future, il faudra, même pour ceux qui le sont déjà, faire une probation de plusieurs années comme sujets britanniques avant de devenir des citoyens canadiens jouissant de tous les droits politiques et civils.

Voilà, quels sont les principaux aspects, les doctrines et le fonctionnement du fascisme, la grande formule moderne de redressement, de régénération chrétienne, et de restauration nationale, politique, sociale et économique. C'est, en résumé, un retour énergique à la tradition, à la justice et la charité chrétiennes, en tenant compte des conditions de notre époque, des ruines accumulées par le libéralisme démocratique, et des besoins de l'heure; c'est l'affirmation intense des droits nationaux et religieux; c'est la lutte contre un matérialisme contraire à ce qui forme notre essence propre; c'est la destruction définitive de la fausse démocratie, qui a construit l'édifice social suivant des données qui ne correspondent pas avec les fondations du même édifice; c'est la libération de l'emprise juive sur le monde, du contrôle de notre héritage par les étrangers, de notre vie économique étranglée par des dictatures tyranniques.

Il faut un changement, non un changement superficiel, mais un changement radical de tout notre système politique. L'État ne doit plus se contenter d'être un simple administrateur des deniers qu'il perçoit, mais il doit reprendre son rôle de dirigeant, qui est le rôle le plus important, si nous admettons que nous avons des destinées nationales réelles et que nous devons y atteindre. Dans les mouvements populaires que tous peuvent étudier facilement, on discerne à ne pas s'y tromper un désir de changement dans le sens indiqué. Les masses populaires remuent partout et font entendre le même cri, dans chaque province, dans chaque ville, dans chaque village. Ce cri se traduit par l'expression populaire suivante: " Rouge ou bleu, c'est la même chose, il n'y a pas de différence. Que l'un ou l'autre soit au pouvoir, c'est toujours la même clique financière qui nous exploite, et c'est toujours le gouvernement, rouge ou bleu, qui soutient cette clique, la protège et lui permet de poursuivre l'oeuvre qu'elle a commencées. Ce cri de la foule, il ne faut pas s'y méprendre, indique que l'on n'a plus confiance dans la démocratie et dans son système politique. La démocratie, qui a créé les oligarchies financières et les dictatures matérialistes, est devenue leur esclave et elle est totalement incapable de les contrôler, encore moins de les détruire. Ce cri de la foule, et les partis politiques devront en prendre avis, pour orienter leur conduite, est un cri pour ce que seul le fascisme peut offrir...

La crise va continuer, car ceux qui l'ont déclenchée, après l'avoir préparée de longue main, ont intérêt à ce qu'elle se continue. La bataille qu'ils ont engagée va se poursuivre jusqu'au bout; ils ne desserront pas la contraction de leur or, paralysant tout crédit, et par conséquent tout commerce, toute industrie. Par des moyens extraordinaires, les chefs politiques pourront trouver des calmants temporaires, mais ils ne pourront guérir ni le mal ni ses causes. Seule la destruction du matérialisme abusif, par le fascisme, apportera le remède.

Le régime démocratique, et les partis qui le soutiennent, auront disparu d'ici dix ans. Les progrès que fait le socialisme dans l'Ouest canadien et les centres industriels d'Ontario, de même que le mouvement qui couve pour le fascisme dans tout l'Est du Canada, sont une preuve que la démocratie ne peut plus conserver ses positions et qu'elle n'est plus désirée, pas plus par les tempéraments de gauche que les tempéraments de droite. Et ce mouvement s'accentue avec une rapidité qui, avouons-le, ne manque d'effrayer les chefs sérieux des vieux partis politiques. Comme il faudra faire un choix entre les deux systèmes qui s'offrent: le socialisme et le fascisme, il importe de préparer les esprits en faveur du système qui convient le mieux à nos traditions et notre mentalité: le fascisme. L'élite, les chefs de groupes, ceux qui commandent l'attention des masses, portent en ce moment la plus grave responsabilité de toute notre histoire canadienne. De leur action dépendra la direction dans laquelle le peuple, aux grands moments de détresse et peut-être de panique, se lancera. C'est présentement pour eux un devoir impérieux, une pressante obligation, non seulement d'étudier et de se convaincre, mais d'user de toute leur influence pour faire pencher l'opinion du côté le plus conforme à nos traditions et nos aspirations véritables. Il n'est pas suffisant, pour tous les chefs responsables, de se contenter du rôle négatif et passif de dénoncer le socialisme qui lève, il faut prendre activement fait et cause pour sa contre-partie la meilleure; il faut se faire apôtre de la cause qui sauvera le pays. Car à quoi servira tout notre bagage de traditions, à quoi serviront les bonnes doctrines, à quoi servira l'élite, s'il faut attendre que le socialisme s'empare du pays, chasse et détruise toutes ces grandes forces morales? C'est aux heures du danger que le sentiment du devoir doit le plus héroïquement s'exprimer, et le sentiment du devoir s'impose plus rigoureusement pour l'élite, pour les chefs, que pour les masses incohérentes qui, elles-mêmes, demandent des chefs et des directions.

Il faut, en précurseurs de sa venue certaine, porter partout l'évangile fasciste, le seul qui pourra nous sauver et nous restaurer. Alors que le socialisme essaie de tuer le peu de foi nationale et chrétienne qui nous reste, le fascisme vient la réveiller. Car, le fascisme est essentiellement un mouvement de foi, foi dans la vérité et la justesse de nos traditions, foi dans notre mission nationale, foi dans notre race, foi dans notre caractère chrétien. Le fascisme, c'est le dégagement individuel et collectif du matérialisme, en même temps qu'une plongée dans les sources spirituelles de la nation. Le fascisme, c'est le refoulement de l'appel aux sentiments égoïstes et aux instincts inférieurs de l'homme, en même temps qu’un contre-appel à l'esprit de sacrifice et aux instincts les plus nobles, nous rappelant que la vie nationale, pas plus que la vie individuelle, n'est une partie de plaisir, mais une soumission constante au sens du devoir, de l'honneur et du travail; que, dans la vie nationale comme dans la vie individuelle, rien de beau ni de grand ne s'obtient sans effort et sans sacrifice. Le fascisme, c'est le cri de guerre contre les forces malsaines, contre les injustices sociales, contre les doctrines destructrices, contre les principes démoralisateurs, en niêrne temps que c'est le cri de résurrection et de renaissance, un cri franc, clair et pur qui pénètre jusque dans la grande conscience intérieure collective et qui nous sauvera, si nous savons le répéter sans relâche jusqu'au jour du grand réveil. Et ce cri, chez nous, qui s'opposera à tous les cris matérialistes, nous le résumerons dans un mot que tous les vrais Canadiens français sauront comprendre, après avoir été si longtemps endormis: " Âme du vieux Québec, éveille-toi!"

 

Sources : Adrien Arcand, Fascisme ou Socialisme, Montréal, Le Patriote, 1933. tiré dans Daniel Latouche et Diane Poliquin-Bourrassa, dir. Le manuel de la parole, manifestes québécois, Tome 2, 1900 à 1959, Montréal, Les éditions du Boréal Express, 1978, pp.135-145.

Numérisé par Igor Tchoukarine, Université de Sherbrooke