Manifeste laurentien (1942)

 

Les Jeunes Laurentiens sont des catholiques croyants et pratiquants. En toute leur vie publique et privée, ils ne reconnaissent pour lois suprêmes que leur foi religieuse et la morale catholique. Ils confessent que la réalisation de leur programme, même sur le plan temporel, ne va pas sans l'acceptation d'une ascèse fondée sur le catholicisme.

Le Jeune Laurentien tend en droiture à l'action. Toute sa vie, même ses études, sont orientées directement en ce sens.

 

I- Dans le domaine économique:

Le Jeune Laurentien estime qu'un peuple ne peut rester asservi dans sa vie économique, sans graves dangers pour sa culture et pour sa vie sociale et politique. C'est le rôle naturel et c'est un droit pour un peuple que d'être maître chez soi.

Le Jeune Laurentien estime de même qu'un véritable relèvement économique des siens ne peut s'opérer que par la remise des richesses naturelles de la province de Québec au service de la collectivité. Par des moyens justes mais énergiques, le Jeune Laurentien entend que soit révolu, chez nous, le règne de la dictature économique.

Comme action immédiate, dans le domaine économique, l'Association des Jeunes Laurentiens se voue

 

II- Dans le domaine social:

L'Association des Jeunes Laurentiens s'inspire de la doctrine sociale de l'Église catholique. Elle emprunte en particulier ses directives aux encycliques Rerum novarum et Quadragesimo anno.

Elle veut se consacrer

 

III- Dans le domaine national:

Les Jeunes Laurentiens adhèrent à la doctrine et à la mystique nationales définies par M. l'Abbé Lionel Groulx. Ils croient à la mission française de notre peuple et s'engagent à lui fournir les moyens d'accomplir sa haute destinée. En conséquence, ils réclament

 

IV- Dans le domaine politique:

Parmi les groupes de jeunesse, les Jeunes Laurentiens assument cette originalité de ne pas se refuser à l'action politique.

Ils revendiquent, pour tout le Canada, la pleine autonomie prévue par le statut de Westminster.

Ils revendiquent, pour leur province, la pleine autonomie dans le cadre de la constitution fédérative, et même, si nécessaire, la suppression par des moyens constitutionnels de toute entrave au libre développement économique, social ou national du Québec.

Pour parvenir à ces fins, les Jeunes Laurentiens s'engagent à réclamer et à préparer

Pour la formation d'un groupe de l'Association, les Jeunes Laurentiens ne s'embarrassent point de cadres lourds ni compliqués. Un groupe peut naître avec trois membres: un président, un secrétaire, un trésorier. Il lui suffit d'adhérer au présent manifeste, se souvenant toutefois que toute orientation politique ou autre doit recevoir l'approbation du Conseil central et que tout groupe inactif ou indiscipliné est impitoyablement rayé des cadres de l'Association.

  • Tout groupe naît dans la paroisse et se greffe sur l'entité paroissiale;

  • Le groupe urbain s'emploie:

  • Le travail d'un groupe de Jeunes Laurentiens dans les milieux ruraux.

    Il s'emploie à susciter ou à aider toutes les oeuvres des milieux urbains qui ont leur place à la campagne; spécialement les coopératives, les caisses populaires, les cercles de jeunes agriculteurs ou de jeunes éleveurs.

    En outre, il s'emploie:

    En résumé, les Jeunes Laurentiens adressent leur appel à toute la jeunesse du Canada français. Ils la convient à l'action pratique sur tous les terrains, pour une ressaisie profonde de l'âme canadienne-française pour une VÉRITABLE RENAISSANCE NATIONALE, pour l'avènement d'un QUÉBEC LIBRE DANS UN CANADA LIBRE!...

    A la jeunesse de vouloir ce que Dieu veut !

    Dieu et Patrie...

    OSONS...

     

    Sources: Le Devoir, 3 décembre 1942, p. 6 tiré dans Daniel Latouche et Diane Poliquin-Bourassa, Le manuel de la parole, manifestes québécois, Tome 2 1900 à 1959, Montréal, Éditions du Boréal Express, 1978, pp. 207-210.

    Numérisé par Igor Tchoukarine, Université de Sherbrooke