Le Bon Dieu m'a aimé

Ce soir-là, le bon vieillard était en veine de confidences. Debout près de la clôture de cèdre, droit et solide sur ses jambes malgré ses quatre-vingt-dix ans, il parlait du passé. Avec des mots pittoresques, savoureux et expressifs comme de belles images, il évoquait sa rude vie de terrien.

Aucune amertume dans son visage labouré de rides, ni dans ses phrases énoncées d'une voix calme, posée, un peu sourde. C'était presque un siècle d'histoire paysanne qui passait sous mes yeux, plus réelle et plus colorée que sur un écran de cinéma. J'écoutais, recueilli, le cœur remué, saisi par la grandeur de cette existence toute simple, mais si riche de forte beauté humaine.

" J'en ai mangé de la misère dans ma vie ", répétait la voix assourdie du grand vieillard. " Mais la misère, ça ne fait pas mourir, vous savez. Quand on aime son travail, on n'est pas regardant sur les sacrifices. Les efforts ne coûtent pas. Puis, voyez vous, j'ai été chanceux. Le Bon Dieu m'a aimé. Il m'a toujours accordé une bonne santé et surtout il m'avait donné une sainte femme, une vraie femme de maison dépareillée... "

Une femme de maison dépareillée! La voix usée retrouvait des intonations chaudes, des vibrations jeunes, en prononçant ces mots de tendresse admirative.

Une femme de maison dépareillée, c'est-à-dire unique, sans pareille, c'est ainsi que la compagne de soixante ans de vie commune était toujours apparue à l'âme simple et droite du bon vieux paysan qui me racontait sa vie en ce soir calme de juillet. Et j'ai compris une fois de plus ce que nos foyers, ce que notre pays, doivent à la femme, à la vraie femme de maison dépareillée!

 

Des millions de mamans

Notre première femme de maison dépareillée est entrée dans la vie canadienne il y a 325 ans, au cours de l'été 1617. Elle s'appelait Marie Rollet. Son nom et sa vie appartiennent à la grande histoire, qui en dit pourtant peu de choses.

Depuis l'épouse de Louis Hébert, des millions de femmes de maison dépareillées ont vécu chez nous, écrivant la plus merveilleuse histoire familiale de tous les temps. Nos manuels devraient leur consacrer des pages vibrantes; ils se contentent de quelques paragraphes impassibles !

Il faut que nos mémoires et nos cœurs soient plus généreux, plus fidèles. Le doux poète Nérée Beauchemin a glorifié, dans son aïeule, toutes les mamans de chez nous. Méditons ces strophes, respectueuses comme une prière :

Chère défunte, pure image

Au miroir des neiges d'antan,

Petite vieille au doux visage.

Petite vieille au cœur battant

Des allégresses du courage,

Petite vieille au cœur d'enfant.

Auguste mère de ma mère,

0 blanche aïeule, morte un soir

D'avoir vécu la vie amère.

Figure d'âme douce à voir

Parmi l'azur et la lumière

Où monte l'aile de l'espoir.

Beauté que nul pinceau n'a peinte,

Humble héroïne du devoir,

Qui dans le Seigneur t'es éteinte,

Je t'invoque comme une sainte.

 

Mains émouvantes

S'assurer de jolies mains semble un problème capital si on en juge par les recettes de beauté des programmes publicitaires de la radio et des revues. Un problème exigeant des soins, des attentions, des précautions qui ressemblent à un esclavage et qui doivent coûter très cher.

Et les résultats donnent-ils vraiment ce qu'on en espère ?

Des mains comme celles que vous voyez ici au travail ne sont-elles pas plus belles, plus émouvantes que les... autres, soyeuses et parées d'ongles rutilants ?

Ces mains d'aïeules sont éloquentes. Elles nous parlent du cœur généreux qui les tient en activité incessante depuis des années, de l'âme vigilante, empressée, prévoyante, qui voit à tout dans la maison, qui pense constamment aux autres, pour soulager, consoler, réconforter, guérir.

Mains d'amour et de bonté, toujours prêtes à adoucir les douleurs, à relever les courages.

Mains ingénieuses, mains magiques, créatrices de beauté et de confort.

Mains infatigables, que rien ne lasse, que rien n'arrête, lorsqu'il s'agit du bien-être de la maisonnée.

De la barre du jour à la grosse noirceur, les mains de femmes trouvent à s'occuper. Elles ne restent jamais inactives, car au foyer il y a constamment des tâches qui mettent en branle les bras et le cœur des mamans.

Cuisine, couture, reprisage, blanchissage, nettoyage, tricots, tissage, toutes besognes de vie, de beauté, de propreté, qui tiennent en esclavage de charité les mains généreuses des mères et des grand'mères

Car, même vieillies, fanées, les mains féminines continuent de servir, de se dépenser pour les autres.

 

Mains puissantes

Les mains en prières ont fait plus, pour le bonheur et la grandeur du pays, que les mains au travail.

Si nous pouvions peser les faveurs et les grâces obtenues par les supplications des femmes de chez nous au cours de nos trois siècles de dure existence, nous serions plongés dans la stupéfaction. Nous oublions si facilement les richesses cachées, silencieuses, trop élevées pour être soumises aux mesures humaines !

L'histoire n'a pas le droit de négliger le jeu des forces invisibles qui seules peuvent expliquer une foule d'événements incompréhensibles à la courte raison raisonnante des hommes. Ces événements abondent dans la trame de nos trois cents ans de vie presque continuellement miraculeuse.

Ce n'est pas le courage physique ni l'obstination tranquille des colons, des explorateurs, des soldats, etc.. . qui ont le plus fortement contribué à la fondation et au maintien héroïque d'une France catholique en continent américain.

Dans leur foyer, les femmes ont joué un rôle discret, volontairement effacé, mais plus puissant que tout ce que les hommes ont pu accomplir de plus prestigieux.

Les mains jointes des mamans et des grand'mamans de chez nous implorent depuis des siècles pitié et protection. Elles ont écarté les dangers des guerres; elles ont appelé les bénédictions du Ciel sur les foyers, sur la patrie ; elles ont demandé au Maître de la nature de donner la vie et la fécondité à la terre nourricière; elles ont prié Dieu de maintenir les âmes chères dans les droits chemins, de ramener les égarés, de fortifier les faibles, de guérir les malades du corps et de l'âme, etc…

Elles ont tellement prié, que Dieu S'est laissé attendrir et n'a pas châtié comme il l'aurait fallu bien souvent les fautes et les sottises des hommes...

 

Épaule à épaule

Ce n'est pas l'homme ici qui est le plus fort. Ses muscles durs, tassés, trempés par les labeurs fortifiants, paraissent bien faibles en regard de l'énergie calme, souriante, discrète, de l'épouse effacée mais toute puissante !

Le vieux terrien qui rendait hommage à la femme de maison dépareillée dont Dieu lui avait fait cadeau exprimait une vérité profonde. Il magnifiait à sa façon le rôle prépondérant de la femme dans l'histoire canadienne.

Ce rôle, nous n'en exalterons jamais trop la beauté. Une page émouvante de l'abbé Groulx nous redit les grandeurs des mamans canadiennes: " …leurs mains sont rudes, gercées et grillées; mais du moins ces femmes toutes simples n'ont pas désappris l'art de coudre, de filer, ni de pétrir l'âme de leurs enfants aussi parfaitement que le bon pain. "

" C'est chapeau bas, c'est les larmes dans les yeux qu'il faudrait saluer l'aïeule canadienne-française, la première femme et la première épouse du monde: vaillante qui peinait tout le jour, qui, chaque soir, se laissait nimber par la lampe de minuit, qui souvent ne s'en allait coucher que sa lampe vidée d'huile; femme de tête et de bon sens, réglant la dépense selon les revenus, faisant les amas, les cachettes d'argent qui serviront aux heures mauvaises, avec lesquelles l'on fera instruire l'un des fils; femme de clairvoyance et d'énergie, relevant le courage de son homme, l'empêchant de faire les mauvais coups; femme de foi, faisant tête aux pires malheurs, capable de sourire, capable de chanter avec des yeux mouillés, pour qu'autour d'elle les courages restent fermes et que Dieu soit béni."

Puisse le Ciel accorder à la Patrie actuelle beaucoup de femmes de cette trempe, pour qu'autour de nous, en ces temps troublés, les âmes restent droites, les courages fermes, et que Dieu continue d'être respecté et béni !

 

Des yeux clairs, des cœurs purs

La génération des femmes de maison dépareillées n'est pas éteinte. Il reste encore chez nous des milliers de mamans conscientes de leur mission, prêtes à tous les sacrifices pour y rester, généreusement fidèles.

Ces mamans sont inquiètes. Elles voient l'avenir en noir, se demandant avec émoi ce que sera la vie pour leurs enfants. Le sort futur des fillettes les trouble plus que tout. Car c'est la femme qui souffrira le plus des révolutions d'idées et de faits qui sont en train de bouleverser complètement nos formules d'existence, nos conceptions de la dignité humaine et du bonheur de vivre.

Tout contribue actuellement à tuer chez la femme le respect de ce qui a fait sa grandeur et sa joie dans le passé. Tout l'éloigne de son milieu normal, le foyer. Les idées à la mode, les activités extérieures, le travail d'usine, etc… la déracinent insensiblement, lui font trouver la maison mesquine, lui imposent des goûts et des habitudes dont elle sera l'esclave.

Aussi les vraies mamans veillent-elles avec un soin tout spécial sur leurs fillettes. Tant qu'elles les tiennent sous leur influence presque exclusive au foyer, elles s'appliquent avec ferveur à cultiver intensément les vertus féminines que ces petites portent à l'état de germe et qui ne demandent qu'à s'épanouir en beauté.

Il importe en tout de prendre un départ solide, tendu vers un but bien défini. C'est au foyer que les fillettes reçoivent l'empreinte qui marquera définitivement leur existence. Les mamans le savent !

Dans un dernier bonsoir souriant à Jésus, cette fillette, sous l’œil réjoui de sa maman, demande de rester toujours une bonne petite fille et de garder son cœur pur et ses yeux clairs malgré tout ce que la vie lui apportera d'enlaidissant.

 

Une maman en herbe

Une fillette, c'est déjà un peu une maman. Observez Louise dans son rôle de mère de famille. Ses gestes, ses attitudes, ses propos, portent une empreinte spéciale. Ce n'est pas uniquement son sens d'imitation qui lui dicte ses façons d'agir et de parler. Cela lui vient de sa nature même déjà profondément marquée de toutes les caractéristiques féminines.

L'éducation doit tenir compte de ces facteurs. Son rôle est d'aider à l'épanouissement de chaque personnalité. Les éducateurs n'ont pas à refaire la nature à neuf; ils la prennent telle qu'elle est avec ses nuances et ses notes distinctives. L'enfant n'est pas un pain de cire inerte et passif. C'est un être vivant auquel il faut adapter nos formules de préparation à la vie. L'enfant est très influençable, mais sa malléabilité a des limites! Que les éducateurs ne l'oublient pas !

Il suit de là que garçonnets et fillettes ne peuvent être préparés de la même façon à la vie. Les mamans n'ont pas besoin de cours spéciaux de pédagogie pour appliquer cette loi de gros bon sens que beaucoup d'éducateurs et d'ordonnateurs de programmes scolaires semblent parfois perdre de vue.

C'est dans leurs jeux spontanés que les jeunes révèlent le mieux leurs goûts, leurs tendances, leurs aptitudes propres. Ces jeux fournissent de précieux renseignements à ceux qui veulent se retrouver à travers les complexités de la nature enfantine. Orientés avec discrétion et clairvoyance, ils constituent d'autre part un puissant moyen de formation et d'apprentissage de l'existence.

Cette fillette, qui donne à manger à sa poupée, affiche toute la gravité inquiète d'une maman un peu soucieuse. Les mamans sont toujours aux aguets: c'est si fragile et si mystérieux un bébé !

Louise est déjà une vraie petite maman. Qu'elle continue dans cette voie de lumière et de beauté. Plus elle avancera dans la vie plus elle découvrira que le bonheur réside dans la fidélité aux lois fondamentales dictées par le Maître de la Vie !

 

Le plus passionnant de tous les jeux

Les jeunes aiment à jouer à la grande personne. Les fillettes répètent volontiers dans leurs jeux ce qu'elles voient faire à leur maman ou à leurs grandes sœurs. Elles y mettent une ferveur et une application qui nous ouvrent les yeux sur les possibilités extraordinaires des enfants.

Pas besoin d'être grand psychologue pour découvrir l'intérêt passionné que les petits apportent à leurs tâches, surtout leurs tâches sérieuses. Leur application fait honte aux adultes !

Cette fillette en train de coudre concentre tout son esprit sur son travail. Elle sent qu'un mouvement brusque et mal calculé peut gâter la pièce qu'elle veut réussir. Aussi voyez quelle attention édifiante tend son fin visage et contrôle le jeu de la machine à coudre !

Louise restera ainsi, silencieuse et attentive, durant de longs moments, elle qui, d'ordinaire, ne tient pas en place. Effet magique du travail aimé, de l'effort qui prend tout l'être en face d'une difficulté.

Les mamans qui mettent ainsi en jeu les ressorts de la personnalité de leurs enfants se montrent sages et avisées. Elles sont bien dans leur rôle d'éducatrices préparant les petits aux problèmes et aux tâches que la vie leur réserve.

Que Louise continue à s'intéresser avec autant d'ardeur aux travaux qui conviennent à son âge et à son sexe. Elle s'apercevra de plus en plus chaque jour que le travail est le plus passionnant de tous les jeux, qu'il est le meilleur remède à l'ennui et le plus sûr moyen de remplir ses heures de joies saines et tonifiantes !

 

Un beau devoir de classe

L'école continue le foyer. Elle le complète en ajoutant aux expériences et aux leçons directes de la vie familiale une formation intellectuelle plus poussée.

L'école n'a pas le droit de se limiter à la communication du savoir. Elle ne doit pas non plus se contenter de la culture du caractère. Elle doit aussi préparer le corps, les mains, aux devoirs et aux tâches de la vie.

Épanouissement harmonieux de tout l'être, âme et corps, voilà le véritable objectif de l'école.

Ceci implique la nécessité d'ajouter aux disciplines intellectuelles et morales un dosage convenable d'exercices physiques, de travaux manuels.

Gardons-nous de dédaigner la valeur éducative du travail des mains. Ce serait un manque de réalisme dont les conséquences se feraient lourdement sentir dans tous les domaines.

La jeune écolière qui s'efforce de son mieux à bien, réussir son " devoir de couture " ne perd pas son temps comme se l'imaginent parfois des parents ou des éducateurs trop obsédés par le programme scolaire proprement dit !

Les travaux ménagers entrent, au même titre que les leçons et les exercices de dictée, de composition, d'arithmétique, etc. .. dans le plan de culture destiné à bien préparer les jeunes filles à la vie. Voilà une vérité première qu'il faut redire à temps et à contretemps !

L'immense majorité des fillettes de l'école primaire devra, plus tard, assumer la lourde mission de fonder un foyer. Il faut leur donner très tôt une haute idée du rôle qui leur incombe de continuer l'histoire familiale du Canada français.

Qu'elles apprennent, dès la " petite école ", qu'il n'est rien de plus beau ni de plus difficile que de devenir -une femme de maison dépareillée.

 

Femmes de cœur et de tête

La femme de maison dépareillée est avant tout femme de cœur et de tête, avide de culture, éprise de tout ce qui élève et grandit. Ce serait rapetisser mesquinement son rôle que de le ramener aux seules besognes matérielles de la tenue de maison, de la cuisine ou de la couture. Dans le foyer, la femme est beaucoup plus qu'une ménagère. Elle est d'abord épouse et mère, selon la belle appellation romaine : mater familias; elle est aussi intendante du foyer, maîtresse de maison, ou magistra domus, comme se plaisaient à la désigner avec respect les Romains de la grande époque.

Chez nous des écoles spéciales s'emploient à former, des femmes de maison dépareillées, dignes des mamans méritantes qui ont façonné avec intelligence et amour la race fière dont nous sommes les fils. Ces écoles n'oublient pas que c'est d'abord la tête, le cœur et l'âme de la jeune fille qu'il faut atteindre, dresser et orner.

Il y a encore des gens bien intentionnés, mais trop distraits, qui pensent que les écoles ménagères se préoccupent presque exclusivement de travaux de cuisine, de couture, de filage, de tissage, etc... Tenir maison demande beaucoup plus que des qualités de débrouillardise et d'habileté manuelle. Aussi les maîtresses d'enseignement ménager mettent au premier rang la culture d'âme, l'enrichissement de l'esprit. Elles savent que l'influence de la femme, sa dignité de vie, son propre bonheur, dépendent avant tout de son ton d'âme, de son équilibre moral, des trésors de générosité et d'élévation spirituelle que lui auront donnés celles qui ont mission de l'armer pour la vie.

Elles savent également que le sort même de la race est intimement lié à la qualité des femmes de maison que lui fournira l'école. Aussi cultivent-elles avec ferveur les " fleurs rares de la conscience et de l'intelligence " chez les jeunes filles qu'elles veulent capables de poursuivre, en l'adaptant aux temps actuels, la splendide mission de la femme en terre canadienne.

 

Un art difficile

Il arrive parfois qu'on entend des jeunes filles modernes déclarer sur un ton de dédain: " Si jamais je me marie, que mon époux ne pense pas que je vais passer ma vie accrochée à la queue de la poêle. " Voilà une définition de l'art culinaire qui en dit long sur la nécessité de rétablir le prestige des valeurs familiales !

Les écoles qui veulent former des femmes de maison ont fort à faire pour abattre les préjugés en cours. Elles doivent constamment corriger les opinions toutes faites sur les travaux du foyer. La réhabilitation des activités domestiques est véritablement une œuvre de grande portée sociale et nationale. Une œuvre difficile mais passionnante.

Quand il s'agit de cuisine les arguments ne manquent pas. L'alimentation est en effet un problème dont les répercussions sur toute la vie d'un peuple sont tellement évidentes qu'il faut être aveugle pour ne pas en saisir l'importance et la gravité.

Devenir une bonne cuisinière n'est pas une tâche facile. Il faut y consacrer des années d'étude et de travail. La seule connaissance des lois et des principes d'une bonne alimentation ne suffit pas. Il faut un entraînement poussé, des exercices multiples, des expériences presque aussi méticuleuses que les recherches de laboratoire. Durant leurs quatre années d'école ménagère régionale, les élèves consacrent près de 1500 heures à l'entraînement culinaire ! Et ce n'est qu'une initiation.

Toutes les connaissances théoriques et pratiques ne suffiront jamais à former la cuisinière parfaite, si l'élève n'est pas ingénieuse, patiente, attentive, débrouillarde. La personnalité compte, dans ce domaine, autant et plus qu'ailleurs. Et ceci nous rappelle que, même en cuisine, l'éducation importe pour le moins autant que l'instruction !

 

Les annexes du foyer

La femme de maison dépareillée ne confine pas ses activités à l'intérieur. Dans les foyers ruraux en particulier, elle doit étendre son rôle de maîtresse ingénieuse et active bien au delà des murs familiaux.

Jadis, la femme accompagnait l'homme aux champs; elle partageait presque tous ses travaux, même les plus durs. Les choses ont changé depuis la motorisation agricole. On se passe des femmes maintenant pour les opérations de grande culture.

Mais il reste bien des champs d'action féminine aux abords de la demeure. Le parterre qui multiplie les fleurs, crée un climat de beauté, égaie et parfume la demeure, relève essentiellement de la femme; le potager également, véritable mine d'or pour la cuisinière; le poulailler entre aussi tout naturellement dans les cadres du royaume féminin; même le rucher, pour celles qui ont les nerfs solides !

Le programme des écoles ménagères aborde tous ces domaines. Il s'en tient juste à des notions pour les élèves appelées à vivre en ville, mais, pour les futures campagnardes, il appuie assez longuement sur les principes et la pratique de la floriculture, de l'horticulture, de l'aviculture et de l'apiculture ! Tous ces mots à l'allure scientifique n'effraient pas les jeunes filles !

Comme on le voit, les écoles qui assument la mission de préparer des femmes de maison dépareillées pour nos foyers canadiens abordent tous les problèmes de la vie réelle. Ce sont vraiment des écoles où se donne l'éducation réaliste que nos temps réclament.

Les programmes et les règlements sont les mêmes partout, mais leur application varie selon les milieux sociaux et géographiques. Cette souplesse d'adaptation est un des principaux mérites des écoles ménagères régionales.

 

Travaux à l'aiguille

Tenue par des doigts féminins, une aiguille devient une sorte de baguette magique. Avec ce minuscule outil d'acier une habile ouvrière opère des merveilles en série !

Depuis le simple reprisage jusqu'à la broderie la plus fine et la plus compliquée, l'aiguille intervient dans une multitude de travaux domestiques. Des travaux d'utilité ou de beauté qui exigent de la patience poussée jusqu'à la minutie, de la précision méticuleuse, une grande délicatesse de doigts et d'esprit.

C'est dire que l'aiguille est un instrument de travail essentiellement féminin ! Les doigts gourds des hommes sont inhabiles à la manier comme il convient. Tout au plus peuvent-ils, sauf exceptions assez rares, s'en servir pour fixer un bouton ou fermer gauchement la plaie d'un tissu déchiré ! Les grosses mains des hommes appellent des outils plus lourds, destinés à des besognes de force plutôt que de raffinement.

Les " travaux à l'aiguille " sont donc bien à leur place dans l'ensemble des disciplines qui préparent les jeunes filles à la vie du foyer. Sous ce titre général le programme des Écoles ménagères inclut un grand nombre d'exercices qui peuvent varier suivant les milieux, les goûts et les dispositions des élèves. En certains endroits, on s'applique avec raison à entraîner les jeunes filles à des travaux d'art et de fantaisie; dans la plupart des cas, on insiste avant tout sur l'exécution parfaite des travaux courants du foyer. Un reprisage fait avec soin peut devenir, dans son genre, un petit chef-d’œuvre ! Pour atteindre aux raffinements du grand art, il faut d'abord se familiariser avec les opérations les plus simples, mais pas toujours les plus faciles, de la vie de tous les jours !

 

Depuis des milliers d'années

Il y a près de 3,000 ans Salomon ébauchait, au Livre des Proverbes, le portrait de la femme modèle, de " la femme forte dont le prix l'emporte de loin sur celui des perles. " Les qualités que les Livres sacrés exaltent chez la femme idéale sont précisément celles que nous nous plaisons à célébrer chez les femmes de maison dépareillées de notre histoire. Nos mères, inspirées par leur foi et par leur générosité naturelle, ont appliqué chez nous le programme de vertus et de travaux que les Écritures proclament l'apanage de la Femme forte.

En tête de l'énumération des vertus et des talents que le Livre des Proverbes glorifie chez la femme forte figure cet éloge :

" Elle recherche de la laine et du lin,

" et travaille de sa main joyeuse.

Éloge complété un peu plus loin par ce compliment :

" Elle met la main à la quenouille

" et ses doigts tiennent le fuseau.

Quelle approbation plus éclatante peuvent désirer les membres des Cercles de Fermières et les élèves des Écoles Ménagères ?

Ainsi le filage du lin et de la laine apparaît, depuis des milliers d'années, comme une tâche féminine digne de louanges et d'admiration.

Notre histoire catholique, tracée dans un sens de sagesse et d'élévation, vient ajouter son témoignage à celui des millénaires de l'histoire humaine.

Les femmes et jeunes filles modernes n'ont donc pas à rougir de leur fidélité au rouet et au métier.

Elles ont pour les applaudir les témoignages des Écritures, de l'histoire humaine et de nos trois siècles de vie méritoire !

L'artisanat familial

Autrefois la femme de maison dépareillée devait posséder tous les talents imaginables. Il lui fallait connaître vingt métiers différents pour répondre à tous les besoins du ménage. A cette époque, les " marchandises achetées toutes faites " étaient des articles de luxe. Dans la très grosse majorité des demeures on devait compter sur sa propre industrie pour se tirer d'affaire. Comme toujours, c'est à la femme que revenait la charge de se débrouiller pour tout le monde !

Le Père Alexandre Dugré a évoqué avec beaucoup de verve ces temps de simplicité biblique: " Quand le blé vient, l'on fait le pain de ménage; quand le bétail peut vivre, on se paie des laitages; on tisse la laine, on tanne le cuir, on sait tout confectionner soi-même. Chaque maison se suffit grâce à l'ingéniosité, cette noble fille de Robinson et de dame Pauvreté. L'on n'achète rien, pour deux bonnes raisons: faute d'argent et faute de magasins. Tout pousse du sol et on transforme tout: le lin devient toile, devient serviette, draps, chemises; avec le chanvre on sait même filer des câbles; la paille devient chapeaux et tapis; le cuir devient bottes, souliers sauvages, babiche, pièces de harnais, mitaines, genouillères, pentures de portes, fonçures de chaises... "

" La femme sait prendre la laine sur le dos des moutons et lui fait subir tous les stages jusqu'au dos de son mari; les rouets et les métiers sont établis en permanence, et les pièces d'étoffe sont les brevets de capacité des ménagères. "

De Talon à nos jours, les métiers ont connu des fortunes diverses. Leur vogue a subi des hauts et des bas, mais le bel art du tissage domestique n'a jamais complètement disparu. Il connaît présentement un regain de faveur. C'est très bien porté de nos jours de savoir tisser et de se vêtir d'étoffes fabriquées au métier. La mode a souvent du bon !

Les Cercles de Fermières et les Écoles Ménagères méritent un coup de chapeau respectueux pour avoir réhabilité une des meilleures formes de notre artisanat familial !

 

La joie de créer

C'est un plaisir très subtil que de créer quelque chose avec ses doigts... et son âme. Le travail en série, la répétition machinale de gestes automatiques, toujours les mêmes, deviennent très vite d'une monotonie abrutissante.

A la maison, la femme trouve toutes les occasions imaginables d'exercer son ingéniosité créatrice. Et ça devient un sport passionnant ! Un sport qui remplit les heures de surprises toujours renouvelées, qui fait passer le temps sans qu'on s'en aperçoive, qui maintient en belle humeur la femme, le mari et les enfants !

La femme de maison dépareillée " ne mange pas le pain de l'oisiveté ". Elle " travaille de sa main joyeuse "; aussi  " ses fils se lèvent et la proclament heureuse, son époux se lève et lui donne des éloges. " Et, affirme le Livre des Proverbes, " le cœur de son mari a confiance en elle et les profits ne lui feront pas défaut. "

Les Écritures garantissent à la Femme Forte que les profits ne lui feront pas défaut ! Avis aux nombreuses jeunes filles préoccupées de gagner leur vie plutôt que de la vivre bellement !

En formant de vraies femmes de maison dépareillées, les Écoles ménagères ouvrent à leurs élèves une carrière où " les profits ne font pas défaut "... ni les joies profondes, ni les consolations, qui, mêlées aux épreuves bien supportées, tissent le vrai bonheur de vivre.

Pour se rendre digne de ce bonheur, il faut un long apprentissage d'études, de travaux, de vertus. L'École ménagère s'efforce de placer les élèves dans un climat aimable; elle favorise l'épanouissement des personnalités et des talents et encourage les initiatives personnelles, selon les dispositions et les goûts de chacune.

 

Rester soi-même

Sans leçons ni modèles, nos mères ont su créer de fort jolies choses. Les arts domestiques anciens abondent en trouvailles originales. La production moderne, plus soignée, exécutée avec plus de fini, n'a pas toujours la fraîcheur d'inspiration des thèmes décoratifs d'autrefois.

Les jeunes filles d'aujourd'hui bénéficient de leçons données par des artistes; elles ont à leur service un équipement très amélioré; la matière première est plus abondante, plus variée, mieux ouvrée; des livres et des modèles viennent ajouter leurs conseils et leurs suggestions aux directives des maîtres. Tout cela permet de produire des œuvres d'une technique bien supérieure.

Il ne faut pas que ce soit aux dépens de l'originalité ! L'art, même modestement domestique, suppose de la création, non de la copie!

Là comme dans tous les autres domaines, l'éducation doit respecter la personnalité, l'aider à s'épanouir dans le sens de ses notes et qualités individuelles.

Ces vérités reviennent souvent dans le champ d'action des École ménagères. Il faut les redire jusqu'à saturation, au risque de passer pour rabâcheur !

C'est tellement plus simple d'imposer ses vues, ses idées, ses goûts, plutôt que de s'en tenir au rôle effacé d'orienteur, d'animateur. L'éducation, en art comme dans le reste, doit se limiter à " l'épanouissement dirigé " de chaque nature, compte tenu de ses dons et particularités. Dieu a distribué les talents et aptitudes de façon diverse; nous n'avons pas le droit de défaire son œuvre, ni d'essayer de recréer nos élèves à notre image et ressemblance ! Contentons-nous de les aider à devenir " eux-mêmes " avec plénitude et perfection.

 

Afin que tout reluise

La femme est instinctivement ennemie du désordre et de la malpropreté. Les poussières, les taches, les " traîneries ", la font souffrir et elle s'impose chaque jour d'interminables corvées de frottage, d'époussetage, de nettoyage. Elle s'acquitte volontiers de ces besognes agaçantes, payée qu'elle est par la joie de voir tout reluire en son foyer. En manipulant brosses, balais, plumeaux et " linges de vaisselle ", la ménagère chantonne, parce que la propreté est son élément naturel.

Les hommes aiment la propreté eux aussi; ils se sentent heureux dans une maison bien tenue, claire, nette, souriante. Mais ils ne comprennent pas toujours leur devoir de coopération dans ce domaine. Ils oublient que le " ménage " est toujours à recommencer, par leur faute bien souvent. La boue collée aux chaussures, les cendres de cigares ou de cigarettes secouées un peu partout, les habits laissés à la traîne, les journaux et revues semés au hasard, autant de bagatelles qui empoisonnent l'atmosphère du foyer, forcent la femme à multiplier les pas, à reprendre perpétuellement balais et plumeaux pour effacer les traces des négligences masculines !

Heureusement que la femme est naturellement conciliante et généreuse ! Elle pardonne beaucoup parce que sa nature la porte spontanément à l'oubli de soi, au sacrifice de son confort et de ses aises pour le bien des autres.

L'éducation ménagère doit toujours aboutir, on, le voit, à l'âme même de la jeune fille qu'il faut maintenir dans la ligne de ses vertus profondes, de ses tendances instinctives. Même la tenue de maison est autant affaire de formation d'âme que de savoir technique !

 

Apprentissage maternel

Une grande fille qui s'amuse avec une poupée? Eh oui! Ce qui est plus troublant, c'est que ce jeu de poupée est au programme des Écoles ménagères ! Les esprits gravement austères vont s'inquiéter !

Qu'ils se rassurent. Le jeu de poupée des Écoles ménagères est très sérieux. Il prépare les jeunes filles à leur mission future de mamans. Ce jeu n'est pas conduit au hasard des fantaisies individuelles. Il se déploie selon les principes et les données scientifiques de la puériculture. Toutes les écoles n'ont pas l'avantage de pouvoir appliquer à des cas vivants les multiples leçons et exercices par lesquels les jeunes filles s'initient aux soins que requièrent les bébés !

L’École ménagère estime que son principal devoir à l'égard des élèves est de les bien éclairer sur tout ce qui touche à leurs devoirs de mamans futures. Car il ne suffit pas de donner la vie; il faut savoir la protéger, la soutenir, dans les petits êtres fragiles que l'ignorance ou l'imprudence peuvent tuer si facilement.

Les leçons théoriques et pratiques de puériculture reçoivent donc une attention toute spéciale. Leur cours terminé, les élèves des Écoles ménagères seront prêtes à rendre service à la maison, en attendant d'utiliser pour leurs propres enfants les connaissances précieuses acquises à l'école.

Ces connaissances les aideront puissamment à jouer leur rôle de femmes de maison dépareillées. Elles ne connaîtront pas le regret cuisant qui accable bien des mères incapables de défendre victorieusement la vie ou la santé des petits êtres dont le Bon Dieu leur confie la garde.

 

Soulager les bobos

Une leçon de " premiers soins " à l’École ménagère. Le sujet choisi pour une démonstration de pansement joue son rôle avec réalisme. La complication imprévue des larmes enfantines aurait pu embarrasser l'élève appelée à montrer son savoir devant un jury d'examen. Il n'en est rien. Les jeunes filles de l'école ménagère sont habituées aux surprises. Le programme en provoque à tout instant afin de susciter chez les élèves des réactions et des solutions personnelles. Ici la jeune fille n'a eu qu'à laisser agir sa nature féminine.

D'instinct, la femme est généreuse. Les douleurs physiques ou morales l'émeuvent, éveillent en elle des élans de compassion, la poussent irrésistiblement à se porter au secours de ceux qui souffrent.

Cette sensibilité à la douleur d'autrui est encore bien plus marquée chez la mère, surtout lorsqu'il s'agit de ses enfants. Et Dieu sait si elle a souvent l'occasion de s'émouvoir, de courir calmer des peines, sécher des larmes, soulager des bobos.

La plupart du temps quelques mots apaisants ou des caresses suffisent à guérir le mal beaucoup plus apparent que réel des petits. Mais il y a d'autres cas plus graves qui requièrent une intervention rapide: brûlures, entailles, fractures, etc... La tendresse maternelle ne suffit plus alors. Il faut des connaissances au moins élémentaires de premiers soins, de médecine domestique, d'hygiène, etc ...

Les cours et les exercices de secourisme, ainsi que les leçons et les applications concrètes d'hygiène et de médecine domestiques, s'ajoutent comme un complément naturel aux classes de puériculture. Ils ne visent pas à former des infirmières ni à suggérer aux mamans futures de se substituer au médecin ! Ils veulent tout bonnement fournir une solide initiation aux premiers soins à donner aux malades ou aux accidentés. Cette initiation s'impose à la femme de maison qui tient à être bien à la page !

Nos conditions de vie trépidante et la motorisation généralisée, même à la maison, multiplient de façon alarmante les accidents journaliers. Une intervention rapide et bien au point peut sauver des vies ou empêcher de graves complications. Sans parler des risques de guerre qui planent sur nos têtes !

Sur ce point comme sur bien d'autres, les Écoles ménagères ont tenu à se montrer réalistes. Elles préparent du mieux qu'elle peuvent les jeunes filles à tous les problèmes du foyer. La Société de demain leur en saura gré !

 

L'âme mystérieuse des petits

C'est très compliqué une âme d'enfant. Beaucoup plus que ne se l'imaginent la plupart des éducateurs et des parents !

Notre influence sur les petits dépend de façon directe de la connaissance que nous possédons des lois générales de la psychologie enfantine ainsi que des nuances spéciales de chaque tempérament. En plus des principes généraux que fournissent les traités, l'observation directe et les expériences de vie, les contacts fréquents avec les jeunes sont nécessaires au dressage d'une bonne éducatrice.

Comme la femme de maison dépareillée doit être une éducatrice avant tout, l'École ménagère attache une très grande importance à la psychologie et à la pédagogie familiales. Plus encore que les cours de puériculture, ces leçons apparaissent indispensables. Les soins physiques à donner aux petits réclament un entraînement poussé. Mais combien plus faut-il s'attacher à l'art difficile de comprendre et de former les âmes !

Le devoir le plus grave de la mère c'est bien de donner à ses enfants une orientation d'âme solide et précise. C'est sur ses épaules que pèsent les principales responsabilités au sujet de la préparation de ses enfants à la vie. C'est elle qui aura les comptes les plus durs à rendre, non les éducateurs de carrière sur lesquels il est parfois si commode de se décharger de ses devoirs !

La future maman doit donc, tout autant que les élèves qui se destinent aux œuvres d'enseignement, se familiariser avec les lois et la pratique de la psychologie.

Les jeunes filles trouvent à ces études un attrait particulier. Elles s'y donnent avec toute leur âme et elles éprouvent une joie visible à expérimenter " d'après nature " les principes et les théories des manuels. Leur curiosité naturelle et leur intuition aidant, elles obtiennent de remarquables succès, même dès leurs premiers essais de psychologie appliquée!

 

Mère Aimable, patronne des Écoles ménagères, protégez nos foyers

Ils n'ont pas " réfléchi en leur cœur " ceux qui soutiennent qu'il n'est pas nécessaire de faire un " cours d'études " pour apprendre à tenir maison !

Tenir maison.,. Comprennent-ils bien toute l'ampleur de ce terme? Envisagent-ils la somme énorme de qualités, de vertus, de talents, de connaissances, qu'exige ce rôle de la part de la femme ?

La femme est tout dans le foyer; c'est elle " qui fait ou défait les maisons ". Si elle est bien préparée à son rôle d'épouse, de maman, de gérante familiale, d'éducatrice des enfants, de cuisinière, de couturière, etc... etc... la maison sera harmonieuse, belle, attirante; le mari, protégé et encouragé, vivra et travaillera pour les siens; les enfants croîtront en sagesse et en beauté dans un milieu agréable et stimulant. Et toute la Patrie bénéficiera de ce déploiement de richesses matérielles et morales !

Si la femme accepte la charge redoutable de fonder un foyer sans y avoir longuement préparé son intelligence, son cœur, son âme, ses mains, il faut craindre les pires désillusions, les plus dures catastrophes. ..

Marie, Mère Aimable, sauvez nos foyers de demain ! Maintenez dans l'âme des jeunes filles le respect des vertus et des tâches familiales. Faites qu'elles aient la force de résister aux influences qui les déracinent de leur milieu, qui les écartent de la voie splendide ouverte à la femme dans le plan divin, qui tendent à tuer en elle ce que la Providence y a mis de grand, d'élevé, de généreux !

Marie, Mère Aimable, protégez les familles de votre cher Canada ! Bénissez les efforts de tous ceux qui se dépensent pour assurer aux foyers de l'avenir des femmes de maison dépareillées, des femmes dignes de nos mamans d'autrefois !

Source: Abbé Albert TESSIER, Femmes de maison dépareillées, Montréal, Éditions Fidès, Les beaux albums Tavi no, 1942, 48 p.

Numérisé par Patrick Falardeau, mise en forme par Mathilde Cazelais