Le département du procureur général a approuvé la demande d'incorporation de la Ligue de Vigilance sociale; la charte vient d'arriver.
Les incorporateurs de la ligue sont: Son Exc. Mgr Joseph Charbonneau, archevêque de Montréal; le T. R. John Dixon, évêque anglican; Edwin J. White, église presbytérienne; Harry G. Tuttle, modérateur, United Church; 0. W. Rodomar, église russe orthodoxe; John Yrrdmaa, église finlandaise de St-Nhchel; Stanley S. Stock, église baptiste; Hirsh Cohen, président du conseil des rabbins orthodoxes; Matt Junker, commandant de la division de l'armée du salut; E. Fabre Surveyer, juge de la Cour supérieure; Philippe Dehase, président de la Fédération des Ligues du Sacré-Cur; J.-Alfred Bernier, ancien président général de la Société Saint-Jean-Baptiste; Dr L.-P. Ereaux, M.D., médecin et chirurgien; H. T. Cohen, manufacturier; J. Cyril Flanigan, du Montreal Council for a Christian Social Order; Dr Magnus I. Seng, médecin et chirurgien
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Maintenant la ligue est prête à s'engager dans la dernière étape, la présentation d'une deuxième requête pour une enquête judiciaire sur l'administration de la police de la métropole et ses relations avec la prostitution et le jeu commercialisé et les "protecteurs" de ces entreprises illégales. Grâce à la collaboration des Ligues du Sacré-Cur de Montréal présidées par M. Alphonse Coulombe et dirigées par le R.P. Racine, S.J., et du Montreal Council for Christian Social Order, présidé par le chanoine W. H. Davison, la Ligue a obtenu la signature de plus de 15 000 électeurs pour sa deuxième requête et des résolutions provenant d'environ soixante-dix sociétés représentant plus de 100 000 membres.
Depuis avril, les collaborateurs de la Ligue, ses enquêteurs et ses avocats ont amassé un volume insoupçonné de faits et de témoignages précis provenant de sources variées: sociétés de Bienfaisance et de Charité, policiers et anciens policiers, politiciens, hommes d'affaires, anciens condamnés, victimes de méthodes de haute main employées par la police, et enfin épouses, mères et enfants dont les maris, pères, fils et filles ont été victimes de la prostitution et des jeux commercialisés. Tous ces faits et ces témoignages ont été soigneusement tamisés. Ils démontrent les relations existant entre les rois de la pègre, leurs " protecteurs " et certains officiers de police
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Jusqu'à maintenant, les faits recueillis tendent à démontrer que la pègre qui pressure notre ville est puissamment organisée avec des méthodes semblables à celles qui existaient dans les autres grandes villes du continent à l'époque où la pègre y régnait: New York, Chicago, Saint-Louis et Minneapolis; les rafles et descentes sont faites à des heures convenues après préavis, leur fréquence est fixée d'avance, ainsi que le nombre d'arrestations et le tarif des amendes; le jour de la perception du paiement aux "protecteurs" et de la division entre eux sont réglés, comme dans un contrat; les véritables maîtres et riches exploitants, ainsi que les propriétaires d'immeubles où ils s'abritent, sont assurés de l'immunité et tout concurrent du "syndicat" est vivement liquidé
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La Ligue a grand besoin de l'appui de la presse (plusieurs journaux font un travail superbe) et de l'appui moral et financier des citoyens et sociétés qui désirent une ville libérée de la dictature de la pègre.
(Le Devoir, 10 août 1948.)Source: Jean HAMELIN, Histoire du catholicisme québécois. Le XXe
siècle t. 2 " De 1940 à nos jours ". Montréal, Boréal, 1984, p.
148-149.
Numérisé par Patrick Falardeau, mise en forme par Mathilde Cazelais