La voix des jeunes : Sommet du G11 organisé par la Jeune Chambre Internationale


L'honorable Susan Whelan
Ministre de la Coopération internationale

À l'occasion du « Sommet 2002 du JCI-G11 »
Calgary (Alberta)


Bonjour.

Je tiens tout d'abord à vous remercier de m'avoir invitée à m'adresser à vous aujourd'hui. J'aimerais aussi féliciter les organisateurs de ce sommet, qui ont réuni des délégués du monde entier pour débattre des grands enjeux actuels.

On se doit de féliciter votre organisation, la Jeune Chambre internationale, pour l'excellent travail qu'elle a fait pour aviver l'esprit d'entreprise et pour améliorer vos collectivités et le monde entier. Votre participation au sein d'organisations internationales et votre engagement envers la collectivité mondiale nous inspirent tous.

Mon ministère, l'Agence canadienne de développement international — l'ACDI — se fait un plaisir d'appuyer la tenue de cet événement et la participation des représentants africains. De telles rencontres permettent de souligner le rôle prépondérant que jouent les organisations non gouvernementales, les institutions, les organisations du secteur privé et, comme c'est le cas aujourd'hui, les jeunes, aux chapitres de la gouvernance et du développement. Elles nous rappellent la nécessité de créer un espace et la capacité nécessaires pour débattre les problèmes qui nous préoccupent, tant à l'échelle nationale qu'à l'échelle internationale.

Je ne me ferai pas l'écho du cliché selon lequel notre avenir est entre les mains des jeunes, que vous êtes les dirigeants de demain. Je voudrais cependant vous dire que, même si vous n'êtes pas les élus qui représentent vos pays respectifs au Sommet du G8 à Kananaskis, il est évident que vous êtes déjà des dirigeants au sein de vos propres collectivités. La qualité du monde actuel vous incombe autant que celle du monde de demain.

Votre engagement indéfectible envers vos collectivités et vos pays est primordial pour assurer le maintien de la démocratie et du caractère inclusif de nos sociétés actuelles et futures.

Tout cela revêt une importance particulière dans le cadre du développement international et de celui de l'Afrique.

Les dernières décennies consacrées au développement international nous ont enseigné des leçons sur les mesures qui fonctionnent et sur celles qui ne fonctionnent pas. Plus nous prenons conscience de la complexité du développement, plus nous comprenons la nécessité de réduire la pauvreté au moyen d'une approche intégrée et globale. Il nous faut donc compter sur la participation conjointe des gouvernements, du secteur privé, des institutions et des organisations non gouvernementales des pays en développement et des pays donateurs.

C'est pourquoi le Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique — le NPDA — constitue une initiative si prometteuse. Le NPDA, conçu et élaboré par des dirigeants africains, prône un partenariat renouvelé entre les dirigeants de l'Afrique et leurs populations respectives, entre les Africains mêmes, et entre les Africains et le reste de la planète.

Dans ce document, des dirigeants africains ont admis que la responsabilité première du développement du continent africain leur revenait. Ils ont reconnu que l'aide internationale, à elle seule, n'était pas suffisante pour relever les nombreux défis de l'Afrique. Ils se sont donc engagés à renforcer la gouvernance, à réduire la corruption et à créer les conditions favorables à l'investissement de fonds privés.

Toutefois, le succès des initiatives de réduction de la pauvreté qui seront menées dans le cadre du NPDA repose entre les mains des populations africaines. Tous les segments de la société au sein des pays africains doivent prendre part à ce nouveau partenariat et travailler ensemble.

Afin de favoriser les débats qui doivent s'amorcer maintenant au sein de l'Afrique, le Canada a créé un fonds visant à soutenir les projets africains dont le but consiste à mieux faire connaître le NPDA. Il a également été l'hôte d'une conférence enmai dernier, à Montréal, qui a réuni plus de 500 représentants d'organisations non gouvernementales, d'institutions et de sociétés privées du Canada et de plus de 30 pays africains. Les délégués africains ont clairement fait connaître leur volonté de participer aux activités du NPDA. À l'issue de la rencontre, nous étions tous plus convaincus que jamais de l'importance de rassembler tous les secteurs de la société pour travailler au développement, et ce, dès maintenant.

L'exclusion croissante et continue de l'Afrique du processus de mondialisation représente un sérieux handicap à la prospérité du continent et une menace à la stabilité mondiale. On a déjà dit que « la pauvreté, où qu'elle existe, constitue un danger pour la prospérité de tous ». Dans le contexte actuel de mondialisation des sociétés et des marchés, cette phrase prend tout son sens de jour en jour. Il faut que la mondialisation bénéficie à tout le monde, y compris aux populations d'Afrique.

Le NPDA a réussi à susciter un dialogue en Afrique, entre les pays membres du G8 et partout dans le monde. L'idée même d'un partenariat renouvelé a attiré notre attention et a favorisé un dialogue sans précédent sur l'avenir de l'Afrique. Le fait d'avoir animé les débats sur les défis de ce continent et sur ce qu'ils représentent pour le reste du monde est, en soi, une mesure concrète et très positive.

Les dirigeants du G8 maintenant réunis à Kananaskis vont débattre du NPDA et y apporter leur propre réponse, soit le Plan d'action pour l'Afrique. Ce plan viendra appuyer le NPDA. Il misera sur des domaines dans lesquels le G8 peut réellement ajouter une valeur aux efforts qui sont déployés en vue de relever les nombreux défis de l'Afrique. Au nombre de ces domaines, on trouve la consolidation de la paix et la sécurité, la gestion de crises dans les secteurs de la santé et de l'éducation, le renforcement de la gouvernance démocratique, l'ouverture au commerce et aux investissements, de même que l'agriculture et l'eau.

En tant qu'hôte de la rencontre du Sommet du G8 de cette année à Kananaskis, le premier ministre du Canada, M. Jean Chrétien, s'est personnellement engagé à mettre la question du développement de l'Afrique au premier plan des discussions du Sommet. D'ailleurs, en affectant au projet la somme de 500 millions de dollars en décembre dernier, le Canada a été le premier pays à appuyer l'élaboration par le G8 d'un Plan d'action pour l'Afrique.

Le Canada accorde énormément d'importance au développement de l'Afrique. Ce continent et le Moyen-Orient font partie depuis longtemps du plus vaste programme géographique de l'ACDI. Au printemps, lors de la conférence internationale sur le financement du développement, organisée par les Nations Unies à Monterrey, le premier ministre Chrétien s'est engagé à accroître l'aide internationale du Canada d'au moins 8 p. 100 par année au cours des années à venir. Il a depuis précisé que cette augmentation profiterait en grande partie à l'Afrique, seul continent à connaître une hausse de la pauvreté. J'ai par ailleurs annoncé, la semaine dernière, l'octroi de 34 millions de dollars sous forme d'aide humanitaire aux populations de l'Afrique australe, qui sont victimes d'une crise alimentaire qui s'aggrave de jour en jour.

Il revient désormais à des gens comme vous et moi de veiller à ce que l'Afrique demeure au premier plan des priorités mondiales. Dans quelques jours, le Sommet du G8 sera terminé, mais il faudra des années pour éradiquer la pauvreté, en Afrique comme dans le reste du monde. Veillons à ce que le monde ne perde pas de vue cet objectif, même quand les dirigeants du G8 ne sont pas réunis dans le cadre d'un sommet.

Je suis persuadée que vous avez constaté, au fil des réunions de ces derniers jours, la promesse faite par la communauté internationale et par l'Afrique. En discutant ensemble et en travaillant ensemble, nous accomplirons de grandes choses. Je suis impatiente de prendre connaissance des résultats de vos débats.

Si vous avez des questions, je me ferai un plaisir d'y répondre dès maintenant.

Merci.