Le gouvernement du Canada a consacré d'énormes efforts et ce, depuis longtemps, pour trouver un terrain d'entente en vue d'assurer la réussite de la Conférence de Kyoto.
Ces efforts ont nécessité de nombreuses consultations auprès de parties prenantes canadiennes les provinces et les territoires, les entreprises et l'industrie, les organismes à vocation environnementale, les milieux scientifiques et autres et, en raison de la nature mondiale du changement climatique, nous avons mené des pourparlers avec un vaste groupe représentatif à la fois des pays développés et en développement à travers le monde, à la recherche de ce terrain d'entente.
Marqués au coin de la collaboration et de l'intégration, ces efforts ont pris beaucoup de temps. Mais cela était essentiel.
Nous pensons que notre proposition peut se révéler un catalyseur afin de contribuer à atteindre un consensus à Kyoto consensus qui sera bon pour le Canada et pour le monde. Selon nous, la réussite de la Conférence de Kyoto est un impératif crucial. À la fois le contenu et l'opportunité de notre proposition vont dans ce sens.
Après Kyoto, le gouvernement du Canada commencera immédiatement à élaborer et à finaliser un plan de mise en oeuvre canadien complet. Et ce faisant, nous ferons appel à la pleine participation de tous les partenaires possibles du secteur public et du secteur privé, de même qu'à celle des organismes non gouvernementaux, des collectivités locales et de chaque Canadienne et Canadien. Tous les secteurs de la société doivent participer et seront les bienvenus.
Au cours des dernières semaines, nous avons souvent mentionné les six caractéristiques essentielles de l'approche que nous entendons adopter concernant la mise en oeuvre, mais il vaut la peine de les répéter :
§ D'abord, nous comptons faire une différence. Nous comptons atteindre les objectifs convenus à l'échelle internationale. Il ne s'agit pas d'un miroir aux alouettes. Cela doit être clair maintenant, afin d'envoyer des messages précis quant au prochain cycle des investissements du stock de capital;
§ Deuxièmement, nous chercherons à être totalement rassembleurs, à travailler en partenariat, parce que nous sommes tous responsables de ce problème et nous devons participer ensemble à l'élaboration, puis à la mise en oeuvre des meilleures solutions canadiennes possibles;
§ Troisièmement, nous devons nous soucier d'être équitables. Nous ne souhaitons pas qu'une province, une région ou un secteur porte une partie déraisonnable du fardeau;
§ Quatrièmement, nous ne comptons pas imposer une taxe sur le dioxyde de carbone;
§ Cinquièmement, nous soutiendrons fortement toutes les dispositions souples que pourraient contenir l'accord de Kyoto (mise en oeuvre conjointe, permis échangeables, crédits à l'exportation, etc.) pour atteindre une rentabilité maximale, au Canada et à l'étranger;
§ Et sixièmement, nous nous efforcerons de transformer le défi posé par le changement climatique au Canada en des nouvelles possibilités de croissance économique, de création d'emplois, de percées technologiques et de nouvelles occasions pour exporter tout cela dans le contexte de la protection et de l'amélioration de notre environnement.
Dans ce cadre, avant la fin de décembre, nous préciserons les initiatives exactes vers lesquelles nous orienterons le financement supplémentaire de 20 millions de dollars par an prévu dans le budget fédéral de 1997 concernant les mesures en matière de changement climatique. Cela s'ajoute à la somme de plus de 70 millions de dollars par an que mon ministère consacre déjà à ces fins. C'est un début.
Pour l'avenir immédiat, je compte que nos efforts de mise en oeuvre seront centrés sur plusieurs fronts importants où nous pouvons faire des progrès évidents, démontrer notre sérieux et insuffler de l'élan.
L'un de ceux-ci consiste à renforcer, à élargir et à approfondir les mesures adoptées volontairement par des entreprises et l'industrie afin de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. Il nous faut concentrer nos efforts sur les moyens pratiques par lesquels elles peuvent accélérer et augmenter l'impact de leurs initiatives.
Le deuxième point central sera l'efficacité énergétique et l'économie de l'énergie dans les procédés industriels, les véhicules, les bâtiments commerciaux et les maisons. Nous nous attendons à une combinaison de règlements, de mesures d'encouragement et de leadership par l'exemple de la part du gouvernement pour montrer des gains dans ce domaine.
Le troisième point central consistera à améliorer la disponibilité et l'utilisation réelle de toutes les formes de sources d'énergie renouvelables et de remplacement qu'il s'agisse des grandes sources que l'on connaît bien comme l'hydroélectricité, aux formes plus expérimentales d'énergie solaire, éolienne, géothermique et de la biomasse.
Quatrièmement, nous devons encourager les projets de cogénération créateurs et leur intégration efficace aux réseaux électriques. Dans les cas appropriés, nous devrions également poursuivre des initiatives de systèmes énergétiques de quartier comme étant des options viables sur le plan local.
Cinquièmement, et ce qui importe peut-être le plus, nous devons accroître et améliorer nos efforts combinés en recherche, en sciences et en technologie. Tout comme nous soutenons depuis longtemps la pile à combustible de Ballard, et des solutions basées sur la biomasse comme celles qui ont permis la création d'un nouveau partenariat entre Petro-Canada et Iogen Corporation et tout comme Pan Canadian est sur le point de mettre en oeuvre une technologie de la séquestration pour contenir l'équivalent des émissions de 100 000 véhicules par an il nous faut aller de l'avant pour être à la fine pointe de l'innovation sur tous les fronts et dans une vaste diversité de partenariats (publics et privés) pour nous donner les meilleurs avantages technologiques possibles.
Tout cela nous aidera à atteindre nos objectifs en matière de changement climatique, tout en créant de nouvelles possibilités sur le plan économique au Canada et de nouvelles occasions d'exporter.
Lorsque notre plan de mise en oeuvre canadien aura suffisamment mûri, nous tournerons la page de la ratification officielle de l'accord de Kyoto, tout en surveillant étroitement les positions officielles et le comportement de fait de nos grands partenaires commerciaux et compétiteurs.
Nous savons tous que d'atteindre les impératifs découlant de Kyoto constituera un grand défi qui ne sera pas facile. Mais cela ne signifie pas que nous pouvons nous dégonfler face à la question ou nous dégager de notre responsabilité. Nous ne pouvons simplement pas nous contenter d'observer pendant que le reste du monde agit.
Nous devons exercer une influence constructive afin d'aider à façonner les résultats de Kyoto. Puis, nous devons prendre en compte ces résultats et les tourner à notre avantage.