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Lomer Gouin (1861-) Homme politique

Photo de Lomer Gouin

Gendre de l'ancien premier ministre du Québec Honoré Mercier, dont il a marié la fille Éliza en 1888, il est élu pour la première fois à l'Assemblée législative en 1900. La même année, il fait son entrée dans le cabinet du premier ministre libéral Simon-Napoléon Parent à titre de Commissaire des Travaux publics. Ministre de la Colonisation et des Travaux publics l'année suivante, il démissionne avec deux de ses collègues en 1905, entraînant la chute de Parent à qui il succède. Premier ministre du Québec de 1905 à 1920, il poursuit dans la tradition libérale en encourageant le développement des richesses naturelles par le capital étranger. La province vit alors une intense phase d'industrialisation. Lomer Gouin privilégie également une gestion prudente, malgré quelques interventions marquées dans le domaine de la voirie et de l'éducation. La situation économique favorable et l'impopularité des conservateurs contribuent aux immenses majorités qu'il obtient lors des élections générales de 1908, 1912, 1916 et 1919. Cet âge d'or du Parti libéral au Québec se continuera après son départ, en 1920. Gouin évolue ensuite sur la scène fédérale, un phénomène inusité pour un premier ministre du Québec. Après avoir été élu à la Chambre des communes, il devient ministre de la Justice dans le gouvernement de William Lyon Mackenzie King (1921-1924). Il terminera sa longue carrière politique comme lieutenant-gouverneur de la province de Québec, en 1929. Il occupe ce poste lorsqu'il décède, en mars de la même année. Son fils Paul, sera lui-même député à l'Assemblée législative quelques années plus tard.


En référence: Charles-Marie Boissonnault, Histoire de la politique de la province de Québec (1867-1920), Québec, Éditions Frontenac, 1936, p. 196-225.
«...Le fait, par exemple, que la situation financière de la province de Québec soit excellente, et que seule à peu près de toutes les provinces de la Confédération, elle n'ait pas été obligée de recourir au meratorium durant la grande guerre témoigne hautement en faveur de l'habileté administrative de celui qui dirigeait alors ses affaires. Il est incontestable que Sir Lomer Gouin a tiré de nos ressources naturelles un excellent rendement. Il a régularisé d'une façon lucrative pour la province l'exploitation de nos mines, de nos forêts, de nos forces hydrauliques. Si, dans le domaine de la colonisation, tout est encore loin d'être parfait, il est non moins incontestable que de grandes améliorations ont été produites, et que la méthode avec laquelle se poursuit l'ouverture des nouveaux cantons les rend beaucoup plus accessibles aux véritables colons. Tout en y mettant la prudence dont il savait user en toute chose, et en agissant de manière à ne pas heurter de front nos concitoyens de langue anglaise, il s'est posé résolument en chef de la province française du Dominion, et a constamment défendu avec autant d'habileté que de fermeté, nos droits législatifs contre les empiétements du pouvoir fédéral. »

Jules Dorion, « Le départ de Sir Lomer Gouin », L'Action catholique, 12 juillet 1920, p. 3.


«...Si nous avions à la caractériser ici en la résumant, nous dirions que sa carrière a été toute marquée par les traits d'une énergie infatigable, d'un jugement très sûr et d'une pondération prévoyante qui en ont fait le meilleur premier ministre que notre province ait connu. Sous sa direction, nos finances ont acquis une prospérité que ni la crise de 1913, ni la guerre et ses obligations, n'avaient su ralentir. Cette prospérité, due à une administration sage et pleine d'initiative, il a su la faire servir à des oeuvres de progrès. Nous lui devons essentiellement la création des bonnes routes dans notre province, l'institution de l'enseignement technique, les développements de l'éducation dans tous les domaines, les progrès constants de notre colonisation et l'extension de notre province jusqu'à l'extrême limite de l'Ungava. C'était un premier ministre dans toute l'acceptation du mot, sachant concilier la pensée à l'action et les développements intellectuels aux progrès matériels. »

« Le départ de Sir Lomer Gouin », Le Canada, 9 juillet 1920, p. 4.


«...Il était indiscutablement quelqu'un. On ne poursuit point, sans de fortes qualités, une pareille carrière. Ces qualités, on s'accorde à le reconnaître, étaient d'un ordre plus solide que brillant. Si Lomer ne visait point d'ailleurs à l'éclat et, sous un régime qui donne tant à la parole, il s'était presque fait du silence une arme et une force. Il était essentiellement un homme de grand bon sens, doué d'une grosse puissance et facilité de travail, calculateur et tenace, instinctivement prévenu, a-t-on dit, contre toute nouveauté, mais très apte aussi à profiter de l'expérience et de la critique, même dure. C'est une qualité qui ne court pas les chemins, et à laquelle ses adversaires ont plus d'une fois rendu un indirect hommage en déclarant qu'il leur avait dérobé telle ou telle idée juste. Sir Lomer Gouin était, en dépit de son goût et de son habituelle politique du silence, un orateur net, précis et d'une très remarquable clarté d'exposition. »

Omer Héroux, « Sir Lomer Gouin », Le Devoir, 30 mars 1929, p. 1.


«...Il était doué d'une extraordinaire faculté de conception, d'une vision qui ne l'a jamais trompé, et d'une extrême sûreté de main dans l'exécution. Il était aussi un meneur d'hommes incomparable. De sorte que, pendant qu'il fut à la direction du gouvernement, il exerça une autorité aussi absolue que s'il eût été revêtu d'une dictature, et s'en servit pour entreprendre et pousser à bonne fin de grandes oeuvres, toutes fructueuses et fécondes, et qui ont virtuellement changé la face de notre province. (...) L'histoire reconnaîtra en Sir Lomer un des plus grands politiques de notre temps. Il faisait pourtant un saisissant contraste avec un autre transcendant politique dont notre province se glorifiera à jamais - Sir Wilfrid Laurier. L'un et l'autre possédaient les mêmes admirables qualités d'homme d'État, mais tandis que Sir Wilfrid attirait à lui les masses par une sorte de charme magnétique, sir Lomer, lui, les conquérait par la force prenante qui rayonnait de sa personne et vibrait dans tous ses discours. »

« Sir Lomer Gouin », La Patrie, 30 mars 1929, p. 96.


«...c'est grâce à lui si le Québec est aujourd'hui l'objet des éloges les plus flatteurs de la part des autres provinces du Dominion et même des pays étrangers. Il a su consolider l'harmonie entre les différentes races dont se compose notre population. Il a su mener de front les améliorations de l'ordre éducatif et celles de l'ordre matériel. Avec une claire vision de nos besoins actuels, avec persévérance, parfois en dépit d'une vive opposition, il a su s'en tenir à la ligne de conduite qu'il s'était tracée dès le début, convaincu qu'il marchait dans la bonne voie. Et l'avenir lui a donné raison. Il a mérité cette confiance de ses concitoyens qu'il s'est sans cesse efforcé de gagner. Il a fait oeuvre utile et féconde. Il peut redescendre maintenant dans la vie privée, heureux et fier de ce qu'il a accompli. Peu d'hommes politiques peuvent se flatter d'en avoir fait autant. »

« Sir Lomer Gouin démissionne », La Presse, 9 juillet 1920, p. 4.


«...Sir Lomer Gouin was one of the ablest, most constructive and farseeing of the many distinguished sons of this province who have given their talents and energies to the upbuilding of Canada. The list is a long and splendid one, but the place which the late Lieutenant-Governor occupied in the esteem of his fellow citizens was in some respects greater than that of any of his contemporaries or predecessors. Rarely indeed have the qualities of leadership, of executive capacity, of parliamentary skill and of devotion to public duty been combined in one personality in anything like such marked degree as was the case with Sir Lomer Gouin. (...) As Premier of Quebec, he inaugurated policies which added greatly to the economic strength of the province and provided the foundations upon which his successors have continued to build. He possessed a sound knowledge of both law and finance, and he understood, as few others did, the true needs of the province. He held, throughout his long administrative career, the complete confidence of his compatriots and of English-speaking citizens as well, and his personal friendships were as mutually strong in one race as in the other. »

« Sir Lomer Gouin », The Gazette, 29 mars 1929, p. 10.

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