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Pierre Elliott Trudeau (1919-) Homme politique

Photo de Pierre Elliott Trudeau

Fils d'un riche homme d'affaires montréalais, il étudie dans plusieurs écoles réputées et participe à la fondation de la revue «Cité libre», en 1950. Dans ses écrits, il exprime un désir de changement et dénonce avec mordant le conservatisme des élites canadiennes-françaises. La montée du nationalisme québécois l'incite à se lancer dans l'arène politique à Ottawa, en 1965, aux côtés de Gérard Pelletier et Jean Marchand (les trois colombes). Il se fait vite remarquer comme ministre de la Justice (1967-1968) et, en 1968, remporte la course à la succession du chef du Parti libéral du Canada, Lester B. Pearson. Son charisme fait de lui une vedette lors de la campagne électorale de 1968 (la «trudeaumanie»), qu'il remporte aisément. L'adoption de la Loi sur les langues officielles démontre son désir de renforcer l'identité française du pays, mais celle des mesures de guerre, passée dans le contexte de la Crise d'octobre 1970, lui vaut l'inimitié des milieux nationalistes québécois. À la tête d'un gouvernement minoritaire, en 1972, puis majoritaire, en 1974, il voit le programme social-démocrate de son gouvernement affecté par l'inflation qu'il cherche à apaiser par le contrôle des prix et des salaires. Vaincu par les Conservateurs de Joe Clark, en 1979, il se retire, puis se ravise et reprend le pouvoir en février 1980. Ses interventions passionnées lors du référendum de 1980 fouettent les troupes fédéralistes qui rejettent le projet de souveraineté-association du Parti québécois. En 1982, il réalise un vieux rêve en rapatriant la Constitution canadienne, accompagnée d'une formule d'amendement et d'une Charte des droits et libertés. Le refus du Québec de signer la dite Constitution constitue toutefois matière à controverse, tout comme le programme énergétique du gouvernement et les déficits importants qu'il accumule entre 1981 et 1984. Après plus de quinze années à la tête du gouvernement, ce controversé premier ministre se retire en 1984. Sa vision du Canada, son héritage politque et son style unique continueront encore longtemps de fasciner les historiens.


En référence: Pierre Trudeau, Mémoires politiques, Montréal, Éditions Le jour, 1993, 338 p. Stephen Clarkson, «Trudeau», Montréal, Boréal, 1990-1995, 2 v. Michel Vastel, «Trudeau le Québécois», Montréal, Editions de l'Homme, 1989, 320 p. Richard Gwyn, «Le prince», Montréal, France-Amérique, 1981, 481 p.

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