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Tenue d'une conférence sur l'avenir de la Confédération canadienne

Lester B. Pearson, Pierre Elliott Trudeau et Daniel Johnson lors d'une conférence fédérale-provinciale
Lester B. Pearson, Pierre Elliott Trudeau et Daniel Johnson lors d'une conférence fédérale-provinciale

Les premiers ministres des provinces se réunissent à Toronto sur l'invitation du premier ministre de l'Ontario, John Robarts, pour discuter de l'avenir de la Confédération. À cette conférence, les provinces décident de reprendre les pourparlers constitutionnels interrompus en janvier 1966 avec le rejet par le Québec de la formule Fulton-Favreau.

Le premier ministre du Québec, Daniel Johnson, met l'emphase sur la nécessité de reviser globalement la constitution canadienne. Il propose une décentralisation des pouvoirs fédéraux et l'accroissement des pouvoirs des provinces, ainsi que la reconnaissance de la dualité nationale et culturelle du pays. Johnson émet également l'idée de mettre sur pied une Commission fédérale-provinciale permanente sur les droits linguistiques. Dans son discours présenté à Toronto, Johnson soutient : «que la constitution actuelle comporte encore des éléments valables en ce qui concerne l'organisation d'un Canada à dix, il faut bien admettre que cet autre Canada, le Canada à deux reste largement à inventer. Voilà sans doute pourquoi notre pays est resté jusqu'à maintenant le Canada des deux solitudes (...) Il se trouve que des deux cultures canadiennes, c'est évidemment la française qui est plus menacée dans le contexte nord-américain. Dans ce pays comme le nôtre, il est fondamental que la constitution reconnaisse les droits collectifs des deux communautés culturelles (...) Voilà pourquoi notre gouvernement a reçu le mandat de militer de toutes ses forces en faveur d'une constitution nouvelle consacrant l'égalité juridique et pratique de nos deux communautés nationales. Nous ne voulons pas imposer notre langue indistinctement à tous les Canadiens; mais nous voulons que partout où ils sont suffisamment groupés, les Canadiens français puissent servir leur pays et en être servis dans leur langue comme citoyen à part entière (...) Il y a donc un rôle que seul le Québec peut jouer pour assurer l'égalité de la nation canadienne française. C'est pourquoi, il a besoin de pouvoirs accrus.» De leur côté, les premiers ministres des autres provinces voient mal l'utilité d'une réforme majeure de la constitution. Selon eux, il est plus urgent de régler la question des relations entre les deux paliers de gouvernement. Quant aux droits linguistiques et culturels proposés par Johnson, les autres provinces montrent de l'hostilité et du scepticisme.


En référence: Le Devoir, 28 novembre 1967, p.1,7 et 17.
En complément:Pierre Godin, Daniel Johnson : (tome 2) la difficile recherche de l'égalité (1964-1968), Montréal, Éditions de l'Homme, 1980. Robert Comeau, Michel Lévesque, Yves Bélanger et al., Daniel Johnson : rêve d'égalité et projet d'indépendance, Coll. «Les leaders politiques du Québec contemporain», Sillery, Presses de l'Université du Québec, 1991, 451 pages.
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Crédits pour la photo: Année: 1967. © Historica Auteur: Inconnu. Commanditaire: nd. Référence: Site Internet Historica : http://www.histori.ca/.

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